David Gemmell
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Régis Goddyn, Le Sang des 7 Rois

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White Square Re: Régis Goddyn, Le Sang des 7 Rois

Message par Albéric le Lun 30 Juin - 17:18

Concernant le tome 3 :

Le plaisir de la découverte étant dissipé, il faut maintenant bien cerner les caractéristiques de ce cycle. Il ne faut s’attendre ni à une complexité vertigineuse, ni à une prose étourdissantes, ni à un festival d’action non stop. Le worldbuilding est épuré, le magicbuilding est épuré, le dramatis personae évolue au fil des événements des romans (certains personnages apparaissant, d’autres disparaissant) et l’alternance des POVs ne permet pas vraiment d’approfondir la caractérisation des personnages.
Nous sommes avec ce 3e livre dans la saison 3 d’un très sympathique roman feuilleton d’environ 3000 pages. Chaque chapitre est une histoire en soi, l’auteur effectuant une coupure toutes les 400 pages pour qu’à 1 livre corresponde 1 saison. Ce qui nous fait 1 livre tous les 6 mois pour les lecteurs : le rythme est donc bien pensé.
Mais je commence à percevoir les limites inhérentes au projet. Le côté autodidacte de l’auteur se ressent dans l’hétérogénéité des POVs certes, mais aussi de l’ensemble : on change souvent de ton voire de registre d’un chapitre à l’autre (pas facile d’alterner tragi-comique, mélancolie douce-amère, romance fleure bleue, les utopies sociales des exilés du Goulet ou des amazones du Jourd, le grimm & gritty de la dystopie totalitaire des Gardiens de Lothar et Rufus avec leurs crimes de masse…)
Il y évidemment un plan d’ensemble, mais on sent quand même qu’on se laisse volontiers porter les personnages qui eux-mêmes se laisse volontiers porter par les événements. Comme le dit Régis Goddyn, au bout de 4 chapitres, on a tellement divergé de la ligne d’origine qu’il vaut mieux changer son fusil d’épaule… ^^

J’ai un peu moins apprécié ce tome 3 que les tomes 1 et 2, principalement parce qu’il présente un faux air de tome de transition.
Mais j’avoue avoir des atomes crochus avec cette belle aventure :
- Parce que je suis sur la même longueur d’onde que l’auteur concernant les homines crevarices.
Le monde semble divisé en 2 catégories : il y a ceux qui vivent leur vie et ceux qui veulent contrôler celles des autres pour se donner un sentiment de supériorité, et ces derniers sont prêts à tout et au reste pour être puissant et le rester…
Que dit Théod à son ancien camarade révolutionnaire qui rejoint les tortionnaires ?
« Que reste-t-il d’humain en toi, toi qui veut utiliser ta force pour exploiter les faibles ? »
Que dit Kenshiro Orville à Jagi Cravan ?
« Que reste-t-il d’humain en toi, toi qui veut utiliser ta force pour exploiter les faibles ? »
- Parce que je reste persuadé qu’il s’agit d’un cycle de Fantasy classique différent qui peut constituer une bonne alternative aux autres cycles de Fantasy classique.
On pioche dans la littérature française (Jules Verne), la littérature américaine (Fritz Leiber) et la littérature allemande (Wolfgang Hohlbein), certains passages dégagent un parfum de SFFF des années 1970, d’autre un parfum plus subtil qui renvoit aux classiques de la littérature générale (j’ai bien aimé « la princesse des marais » et « la sorcière des taillis »).
Cela sent la patine, cela sent le vintage. Pour moi c’est un compliment et donc je laisse les hipsters habituels à leurs lubies littéraires habituelles (tout ceux qui considèrent que tout ce qui est daté de plus de 15 ans est vieillot, désuet, dépassé, poussiéreux, à la papa, bref has been…).
- Orville est roublard et un peu paillard, bref rabelaisien, mais il se fait progressivement le défenseur de la veuve et l’orphelin.
Mine de rien, il marche dans les pas des héros tels Vaelin Al Sorna, Corvus, Rictus, Corfe, Skilgannon, Druss, Waylander…
Ne viole jamais une femme, ne fais pas de mal aux enfants.
Ne mens pas, ne triche pas, ne vole pas. Laisse cela aux gens médiocres.
Protège les faibles contre les forces du mal.
Et ne laisse jamais l'idée de profit te guider sur la voie du mal.
- et puis il y a cet hommage à la littérature avec la rencontre d’un mage aveugle avide de lecture et d’une jeune padawan qui s’est pris au jeu de l’écriture avec la rédaction de son journal…

Pour tout reste direction spoilerland : (et dire que ce n’est qu’un tome de transition !)

Spoiler:
Les 7 mages originaux, fondateurs des 7 royaumes, transmettent leur pouvoir à leur mort par métempsychose, à la manière des avatars de l’anime Le Dernier Maître de l’air. OK !
- Braseline a hérité des terrifiants pouvoirs de Kradath, mais on ne sait pas de qui…
- le bébé de Jean et Eliette a hérité des pouvoirs de Lulius Never, tué par Orville dans le tome 2
- le vieil Oldarik a hérité des pouvoirs du fondateur du 2e ou 3e royaume depuis une sacrée éternité…
Oldarik qui s’inscrit dans les lignée des Merlin, Gandalf, Belgarath, Macros le Noir, Maître Yoda et cie… ^^
- on ne sait de qui Orville et Rosa tiennent leurs pouvoirs…
Reste 2 postes à pourvoir :
- on ne sait pas si Sébédia est morte ou encore en vie…
- peut-être que Cravan n’a pas dit son dernier mot… ou que l’auteur nous réserve encore des surprises !
Et concernant le sang bleu, le côté Highlander se renforce avec ces immortels frappés de quasi stérilité…

Le sacrifice de Théod nous apprend que les rebelles ne sont pas responsables des empoisonnements du tome 1…
Accompagné de Tarman et d’Hybold, Adelmond mène sa révolution de velours ou Goulet.
Pas de nouvelle des mystérieux maîtres du führer Lothar…
Mais tandis que Rufus démantèle la Rébellion à grand coup de désertions collaborationnistes (mort aux socio-traîtres !), de nouvelles résistances apparaissent un peu partout : les Compagnons du Verrou à Gradlyn, le Quatrième royaume contacté par les compagnons de Rouault, vaillante et sémillante émule d’Arlette Laguiller, le Cinquième Royaume qui s’allie aux contestataires du Goulet, Mother Aléaïde qui se met en quête de vengeance avec Luigi et Rombus…^^ La lutte des classes se poursuit !

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White Square Re: Régis Goddyn, Le Sang des 7 Rois

Message par Albéric le Dim 16 Nov - 20:02


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White Square Re: Régis Goddyn, Le Sang des 7 Rois

Message par Albéric le Mer 7 Jan - 11:27

Régis Goddyn a écrit:Aux quatre coins du livre 6 qu'on va la retrouver l'histoire, éparpillée par petits bouts, façon Puzzle. Moi, quand on m'en fait trop, je correctionne plus : je dynamite, je disperse, je ventile !

Ça va être du joli...
Super sympa, le clin d’œil à Michel Audiard ! ^^ et meilleurs vœux à l'auteur s'il passe dans le coin...

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White Square Re: Régis Goddyn, Le Sang des 7 Rois

Message par Albéric le Mer 18 Fév - 9:31

Le nouveau tome dans les starting blocks !


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White Square Re: Régis Goddyn, Le Sang des 7 Rois

Message par e-bou le Mar 21 Avr - 17:21

Diable, il est bien loin pour moi, ce livre 3. Le livre de transition est plutôt le 5, en fait, qui commence à donner les clés de cet univers vers la moitié du volume.

Le livre 5 est sorti, le 6 est en bêta-lecture, et je commence le livre 7 avec une étrange sensation. Dans quelques mois, le sevrage...
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White Square Re: Régis Goddyn, Le Sang des 7 Rois

Message par Albéric le Sam 8 Aoû - 10:47

Concernant le tome 4 :


Le tome 3 était placé sous le signe de la mélancolie, et l'auteur continue ici d'explorer le fardeau de l'immortalité avec par exemple un Léo plus Highlander que jamais qui nous fait ici de bien tristes adieux...
Mais ce tome 4 est plutôt placé sous sous le signe de la flânerie : nous flânons toujours avec les tribulations du chevalier-mage Orville, mais aussi avec le Gardien Sylvan accompagné de Falco puis de Martin, avec le Gardien Tarman confronté à la folie de Braseline la petite pyromancienne psychopathe puis à celle de Sa Majesté Lothar, avec Rouault et d'André en infiltration sur la Crête, avec Mother Aléïde, Luigi, Rombus et Ethercos en quête de l'arme pour vaincre le sang bleu, avec Fernest dans le désert méridional aidant tantôt Rosa a retrouver Sébédia la mage rebelle, tantôt Ferrand à entraîner les amazones immortelles du Jourd, avec Fanette et Martha dans une auberge de la capitale, avec Adelmond et Asertimas qui continuent à développer le Huitième Royaume créé par Orville, avec les pirates Jof, Poète et La Bûche qui entrent à leur tour en rébellion...
Pendant ce temps-là, Sa Majesté Lothar continue sa politique suprématiste et ses délires eugénistes et productivistes, dignes des dirigeants nationaux-socialistes du IIIe Reich, conduisant ainsi le monde à sa perte... Régis Goddyn se lâche niveau grimm & gritty sans pour autant verser dans le voyeurisme : il faut qu'ils soient haïssables ces méchants, sinon comment pourrions-nous vraiment les détester ? ^^


Et puis Orville retrouve Léo et Pétrus, et après avoir délivré cette pourriture de Vallade, synthèse de tout ce que le capitalisme prédateur a produit de dégueulasse (l'ennemi de mon ennemi est mon ami, mais avec des amis comme ça, plus besoin d'ennemis hein !), il décide de passer à la vitesse supérieure : penser en mage tout en restant Orville... C'est donc tout naturellement qu'il prend la tête de la coalition pirate !
Et enfin les choses s'accélèrent : les Compagnons du Verrou et les Compagnons de l'Alambic entrent en action, tandis que les Troisième et Quatrième royaumes entrent en guerre contre la dictature du sang bleu. Le roi Arcol le Lâche devient le roi Arcol le Brave et son fils Geluin marche dans les pas des héros de légendes en œuvrant à la seule cause qui lui reste encore : être le sauveur de son peuple ! Sa Majesté Lothar lance alors une contre-offensive générale pour écraser les derniers bastions de résistance : la bataille entre les réfugiés escortés par la coalition pirate et la flotte de Lothar aura lieu au Goulet où convergent les derniers défenseurs du monde libre...
Cette conclusion volontiers épique pourrait faire penser à un détournement du SdA, la noble et vénérable Minas Tirith étant remplacée par un trou paumé dont personne ne voulait ayant pris pour emblème un pigeon à crocs, mais inconsciemment on touche du doigt un archétype universel : en Occident, La Bible nous racontait comment Moïse voulait éloigner son peuple du courroux du pharaon Ramsès ; en Orient, Le Roman des Trois Royaumes nous racontait comment Liu Bei voulait éloigner son peuple du courroux du dictateur Cao Cao...

Le roman-feuilleton tragi-comique de Régis Goddyn continue et c'est toujours avec grand plaisir que je poursuis l'aventure d'Orville et ses amis (et je m’amuse d’autant plus quand je tombent sur les critiques des prescripteurs d’opinion ayant pignon sur rue qui n’ont toujours pas compris au bout de 2000 pages qu’on était dans un roman-feuilleton et dans le tragi-comique, et qui pestent contre des longueurs bien modestes alors qu’ils n’en voient pas dans La Roue du Temps de Robert Jordan, célèbre dans le monde entier pour ses longueurs qui durent parfois des tomes entiers… mdr !). Mine de rien, on retrouve beaucoup de classiques du genre que l'auteur prend un malin plaisir à détourner, d'où l'impression de familiarité, mais tout est fait par un auteur autodidacte qui déboule de nulle part avec une bonne volonté évidente et une bonne humeur débordante : ce qu'il fait, on ne le retrouve pas ailleurs... Régis Goddyn est sans doute aussi à l'aise avec la gravité qu'avec la légèreté (mort de rire le passage avec le désorceleur Egon Stantzman : remember Ghostbusters ! ^^),
du coup on se retrouve avec quelque chose qui se situe entre les romans fantasy humanistes de David Gemmell et les romans fantasy humoristiques de David Weber (qui lui aussi s'amusait à détourner les archétypes tout en les aimant et en les respectant). Je crois même que l'auteur a désormais les épaules assez larges pour réaliser un vrai truc epicness to the max : s'il souhaite emprunter cette voie, je le suivrai là-bas avec joie !

Mais le côté autodidacte joue aussi parfois en défaveur de l'auteur... On assume carrément mais joliment de se laisser plus ou moins porter par ses créations, mais la séparation Orville / Oldarik fait hiatus, la jonction entre le groupe d'Orville et celui de Jof est assez bordélique, tout ce qui se passe autour de Martha est bien nébuleux, quand aux très Science-Fiction pilotes devant qui Sa Majesté Lothar serre des fesses ils sont plus mystérieux tu meurs... Va-t-on vers un bon vieux Planet Opera vancien ou un truc plus novateur lorgnant vers le cyberpunk des Wachowskis ? Malin comme un singe ce Régis Goddyn... ^^

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White Square Re: Régis Goddyn, Le Sang des 7 Rois

Message par Albéric le Mer 3 Fév - 17:31





Bientôt la fin de l'aventure...

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