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Le Lion et le Vent de John Milius (1975)

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White Square Le Lion et le Vent de John Milius (1975)

Message par Albéric le Jeu 28 Fév - 11:58


Résumé :
En octobre 1904, un groupe de berbères commandés par le sheik El Raisuli fait irruption dans le quartier européen de Tanger et enlève une veuve américaine, Mrs. Pedecaris, et ses deux enfants. Raisuli exige une rançon extravagante : une forte somme d'argent, l'expulsion de tous les étrangers du pays... et la tête de son oncle le Pacha. Aux Etats-Unis, le président Theodore Roosevelt, conseillé par son secrétaire d'État John Hay, entrevoit le parti qu'il peut tirer de l'incident pour favoriser sa réélection. Il lance sa campagne sur le slogan : "Pedecaris vivante ou Raisuli mort". Petit à petit, une certaine complicité s'instaure entre Mrs. Pedecaris et son ravisseur, qui la sauve d'un groupe de nomades pillards. Devant l'indifférence du Pacha, les Marines américains prennent le palais d'assaut. Raisuli se voit proposer un marché par les autorités occidentales. Flairant un piège mais fidèle à sa parole, le sheik rend ses otages, mais il est fait prisonnier par le corps expéditionnaire allemand. Mrs. Pedecaris intervient alors auprès des Américains pour obtenir le respect de la promesse de Roosevelt. Les Marines affrontent les Allemands et libèrent le sheik qui pourra s'en retourner libre dans son Rif.

Me restent en tête la prestation de Sean Connery et la super musique de Jerry Goldsmith.
J'en garde un bon souvenir mais c'est trop loin dans mon esprit.
Je laisse la main à Derfel et Dark Schneider. ;)


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White Square Re: Le Lion et le Vent de John Milius (1975)

Message par Derfel le Ven 1 Mar - 0:44

Le pitch :
Au début du vingtième siècle, une citoyenne américaine est kidnappé avec ses enfants par des Berbères, au Maroc. Les tentatives pour obtenir sa libération vont aller des pressions diplomatiques à une intervention militaire.

J'ai vu le film à sa sortie, au cinéma, en 1975.
Ce fût une année faste pour Sean Connery qui tourna ensuite L'homme qui voulut être Roi dirigé par John Huston et qui enchaîna avec La Rose et la Flèche, ce dernier réalisé par Richard Lester. Connery choisissait alors des rôles à des lieues de l'image de 007.
John Huston joua le rôle de John Hay dans The Wind and the Lion et dirigea immédiatement après Connery et Michael Caine dans le génial The Man Who Would Be King.

J'avoue que je perçois ces 3 oeuvres comme des réussites. Le cheik Mulai Ahmed er Raïsuli dans le film de Milius puis Daniel Dravot dans l'adaptation du livre de Rudyard Kipling et finalement un Robin des Bois vieillissant dans un film d'aventure qui a su prendre ses marques de la vision du Robin des Bois traditionnel.

Mais revenons à Le Lion et le Vent et au contexte politique de l'époque.

Après la démission de Nixon suite au scandale du Watergate, Gerald Ford reprit en 1974 le flambeau présidentiel. Nixon et Kissinger venaient de pratiquer une politique réaliste poussée (Realpolitik) qui n’avait pas été repris depuis Théodore Roosevelt : la politique étrangère fondée sur le calcul des forces et l'intérêt national.
Le Lion et le Vent se base sur le réel enlèvement d'un citoyen américain au Maroc en 1904 pendant le mandat de Théodore Roosevelt, justement, et à la veille des élections américaines (Roosevelt remporta l’élection présidentielle en novembre 1904).

Critique sociale des années '75 ou hasard, nul ne le sait mais il se dégage de ce film une nostalgie de l'époque où la liberté était synonyme de grands espaces et de peuples non sédentarisés.
On nous présente l'Amérique comme une force brute face à des sauvages berbères. Plus le film avance et plus notre capital de sympathie se polarise du côté des tribus du rif. À la toute fin, même si l'on voit que Roosevelt a gagné son pari d'utiliser cet évènement à des fins politiques on sent que les vrais gagnants sont ces tribus de pirates marocains.

Le choix de Connery pour le rôle de Raïsuli était surprenant, mais il sût insuffler au personnage une énergie et un humour qui lui permit de littéralement porter le film sur ses épaules. Brian Keith interprète un Roosevelt très ressemblant, mais ses présences à l'écran ne sont que des moments de transition entre les scènes de Connery. Même Candice Bergen, qui est crédible dans son rôle d'Eden Pedecaris (toute ressemblance avec la vraie personne kidnappée, Ion Perdicaris ne semble pas fortuite) ne sert que de faire-valoir à Connery.

On retrouve la force militaire américaine dirigée par la politique de Roosevelt, les troupes françaises, les Allemands, le Sultan mais la vedette du film, la puissance, l'idéologie qui en sort victorieuse, c'est celle du Raïsuli de Connery. Malgré de multiples scènes d'action, à nul moment nous pourrions associer Connery à Bond, la transformation est réussie.

Le Lion et le Vent semble un Lawrence d'Arabie revisitée avec ses folles chevauchées face à des armes modernes. Cette fois, le sage n'est pas un occidental, mais un Musulman qui pourrait nous donner des leçons concernant l'honneur, le respect, sur sa philosophie de la vie ainsi que sa vision religieuse des choses.

Deux nominations aux Oscars de 1976 pour le meilleur son et la meilleure trame sonore, récompenses qui furent toutes deux remportées par le film Jaws.
Mon avis personnel ? Le score musical de Jerry Goldsmith est plus majestueux.


Un petit mot de John Milius :



Un décompte fort surprenant...
Au final, le sheik er Raïsuli de Connery trucida combien de personnes selon vous ?



Et le mot de la fin qui serait d'actualité à notre époque concernant la politique étrangère américaine. À vous de prendre position, qui est le plus fort du Lion ou du Vent ?
(J'adore cette scène) :thumright:



Dernière édition par Derfel le Ven 1 Mar - 2:59, édité 2 fois

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White Square Re: Le Lion et le Vent de John Milius (1975)

Message par Albéric le Ven 1 Mar - 1:05

ça c'est du post ! :thumright:
Oui la scène finale est excellente car intemporelle (donc brûlante d'actualité).
Oui le score de Jerry Goldsmith est génial. Faut que je mette la main dessus.

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White Square Re: Le Lion et le Vent de John Milius (1975)

Message par Derfel le Ven 1 Mar - 1:32

Merci, merci. Suite à ton invitation, je me devais de faire un petit effort. :roll:

Je vous invite à lire le texte concernant er Raïsuli sur Wikipedia (vous n'avez qu'à cliquer sur l'image), c'est fort instructif et ça démontre que le choix des personnages dépasse largement celui d'Eden Pecedaris et du président Roosevelt.

Sidi Mohamed ben Abdallah el-Raisuni (connu comme Raisuli pour la plupart des anglophones, également Raissoulli, Rais Uli and Raysuni, 18711-avril 19252) était le Chérif (descendant du prophète Mahomet) de la tribu des jebala du Maroc au début du xxe siècle, et considéré par beaucoup comme l’héritier du trône du Maroc. Bien que considéré par les étrangers et par le gouvernement marocain comme un brigand, quelques Marocains le considèrent comme un héros, combattant un gouvernement répressif et corrompu, tandis que d’autres le considèrent comme un voleur. L'historien David S. Woolman se réfère à lui comme un mélange de Robin des Bois", d'un baron féodal et d'un bandit tyrannique : le dernier des pirates barbaresques.

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White Square Re: Le Lion et le Vent de John Milius (1975)

Message par Oncle Kiin le Ven 1 Mar - 14:33

Derfel a écrit:
Cette fois, le sage n'est pas un occidental, mais un Musulman qui pourrait nous donner des leçons concernant l'honneur, le respect, sur sa philosophie de la vie ainsi que sa vision religieuse des choses.

J'aime beaucoup aussi l'image romanesque de l'homme sage et rude du désert. J'ai adoré le Stilgar de Dune, et tant d'autres.
Mais attention tout de même à ne pas confondre le réel et la fiction :)
Les pirates barbaresques, c'était quand même avant tout l'esclavage massif, dans des conditions souvent infernales. Entre autres des blancs (Esclaves chrétiens, maîtres musulmans : L'esclavage blanc en Méditerranée (1500-1800)) et des noirs (Le génocide voilé: Enquête historique)
Quant au Raisuli en personne, quand on lit ce qu'en dit cet article (The real raisuli) pourtant rédigé par un de ses défenseurs, on voit bien que c'était pas non plus le mec super sympa qu'on inviterait à une soirée, quoi :lol:

Pour moi ça rejoint un peu ce que disait Dark Schneider à propos des N'avis dans le topic sur Avatar : je trouve très intéressant qu'on me présente comme "possibles" et respectables des sociétés pourtant très étrangères à mes valeurs, et très lointaines de mon quotidien (soit par leur nature purement fictionnelle, soit par leur éloignement géographique et dans le temps). Mais ça ne signifie pas que j'aurais envie, pour rien au monde, de vivre en leur sein ^^ (Que ce soit dans la société guerrière des N'avis ou dans une tribu de bandits berbères d'il y a un siècle.)


Derfel a écrit:Et le mot de la fin qui serait d'actualité à notre époque concernant la politique étrangère américaine. À vous de prendre position, qui est le plus fort du Lion ou du Vent ?
(J'adore cette scène)

Ah oui, très belle scène, ça me donne envie de voir le film.
Après, le plus fort du Lion ou du Vent, je n'en sais fichtre rien ^^
En dignité et en légitimité, il me paraît évident que ce serait le Lion, mais là encore, c'est plus compliqué que ça en a l'air... Aux dernières élections US, par exemple, tous les candidats sauf un étaient du côté du "Vent". Et le seul "Lion" (isolationniste qui a même fait une bonne partie de sa campagne sur le pacifisme ou en tout cas l'arrêt de l'ingérence américaine dans le monde), c'était Ron Paul, le candidat du parti... libertarien, dont le reste du programme donnerait des boutons à la plupart des Européens :lol: (Et on retombe presque sur Goodkind, du coup :P)

:scratch:
Edit : Oulà, c'est moche mes liens, désolé. Je débute dans l'utilisation des forums, et j'ignore s'il est possible de "lier" les liens au texte pour éviter ça...

modération : j'ai fait de mon mieux pour récupérer le coup (Albéric) ;)
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