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Vos déceptions fantasy

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White Square Re: Vos déceptions fantasy

Message par Oncle Kiin le Sam 27 Avr - 22:42

Ah au fait, j’ai lu la Horde du Contrevent, d’Alain Damasio. En entier.
Et puisqu'on dit qu'une image vaut mieux qu'un long discours :






(Du coup, pas envie de poster ma critique sur tout l'internet mondial, mais si l'un de vous y tient, je peux éventuellement lui envoyer en MP.)
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White Square Re: Vos déceptions fantasy

Message par Dark schneider le Dim 28 Avr - 11:47

Ah, je veux ! Malgré toutes ces qualités évidentes...j'ai plutôt eu tendance aussi à considérer La Horde du Contrevent comme une de mes déceptions littéraires...
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White Square Re: Vos déceptions fantasy

Message par Albéric le Dim 28 Avr - 17:20

+1, j'aime bien la confrontation des points de vue.
Moi j'ai bien aimé car j'ai été happé par l'univers.

Alain Damasio fait de la SF a l'ancienne mais au lieux d'élaborer un planète-opéra il s'est lancé dans quelque chose de beaucoup plus ambitieux d'un point de vue littéraire.
Mais en flirtant allègrement avec la frontière du postmodernisme, il a rendu son histoire difficile d'accès. Et c'est peut-être bien dommage car du coup son livre devient assez clivant.

J'ai envie de le défendre car blackboulé par des spécialistes de l'édition en SFFF, il a fondé sa propre maison d'édition pour publier son bouquin.
Et il a été au bout de son projet en composant l'OST de son livre : c'est assez rare pour le signaler.

Dans tous les cas un gars qui ne manque ni de talent, ni d'imagination, ni de sincérité.

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White Square Re: Vos déceptions fantasy

Message par Albéric le Dim 28 Avr - 19:08

Je double post pour répondre à Oncle Kiin :
oui on aurait pu avoir un belle histoire humaine dans un univers de SF total si l'auteur n'avait pas trop cédé à la tentation du postmodernisme et du déconstructivisme.
(quoique franchement à ce niveau là, j'ai lu bien pire avec des pensum illisibles d'un ennui sans nom car sans histoire et sans univers)

Et qui sait on pourra l'avoir avec l'adaptation en film d'animation vu que les aspects littéreux plus ou moins rebutants selon les gens ne seront pas de la partie !
(coproduction franco-japonaise avec Marc Caro comme directeur artistique : j'attends cela avec impatience !)


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White Square Re: Vos déceptions fantasy

Message par Sieben le Jeu 2 Mai - 13:45

Une adaptation en film d'animation va vraiment voir le jour ?

Se serait génial en tout cas. J'ai apprécié La Horde du Contrevent, un de mes ouvrages favoris en SF. D'ailleurs est-ce vraiment de la SF ? Assez inclassable selon moi, à mi-chemin entre la fantasy, la SF et le fantastique. Ce que j'aime chez Damasio c'est sa recherche du mot juste, le mot qui claque. Il fait de belles phrases emballées dans une belle histoire. Je comprends la réaction d'Oncle Kiin, j'ai dû m'accrocher les 100 premières pages pour vraiment rentrer de plein pieds dans cette folle aventure. Les personnages sont tellement attachants, chacun d'entre eux possède un rôle bien particulier et une personnalité complexe. Après c'est clair, on adhère ou pas. Pour moi, l'histoire et le style de l'auteur étaient suffisamment originaux et démarqués pour que je sois emballé. La seule petite déception, c'est le dénouement qui nous est révélé un peu trop vite (quelques centaines de pages avant la fin).
Spoiler:
Lorsque le scribe se ballade dans la bibliothèque de la grande cité et qu'il tombe sur un passage d'un livre qui dit que "la Terre est comme une orange". On comprend tout de suite où l'auteur va nous amener et d'emblée il n'y a plus de suspense.

Pour ceux qui sont fâchés avec l'auteur, je ne leur conseillerai donc pas "Aucun souvenir assez solide", un recueil de nouvelles de Damasio encore plus difficile d'accès. En revanche, si vous voulez lui donner une seconde chance essayez "La Zone du Dehors", sorte de 1984 d'Orwell dans le futur, un gros coup de gueule de l'auteur sur les mauvaises tournures qu'est en train de prendre notre société. Une grosse bouffée d'oxygène aussi. Et toujours cette recherche du verbe parfait.
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White Square Re: Vos déceptions fantasy

Message par Dark schneider le Lun 24 Juin - 11:11

Pour revenir sur la Horde, il est vrai que le fanatisme de pas mal de lecteurs envers ce livre a eu tendance à me braquer, mais ce, qu'après l'avoir lu. Ca a d'abord attisé ma curiosité, j'ai donc attaqué le bouquin, et je ne l'ai finalement apprécié que modérément...toutes les éloges qui j'ai pu lire on fait le reste et ça a contribué pour moi à en faire ressortir plus que jamais les défauts.  

Plusieurs problèmes donc : 

- L'histoire. On part sur un pitch assez simple, une quête d'identité mêlée à un désir d'exploration, le tout prétexte à de nombreuses élucubrations philosophiques. Pourquoi pas. Sauf que cette histoire ne m'a pas beaucoup accrochée. 

- La horde et ses 23 narrateurs. Le truc systématiquement considéré comme une innovation énorme par plein de lecteurs. Sauf que ça n'a rien de vraiment neuf, on en revient au Point of view déjà largement utilisé par Herbert dans son cycle de Dune.  
Et puis ça ne tient pas ses promesses : les principaux narrateurs se comptent sur les doigts d'une main.

- les nombreux gadgets littéraires censés contribuer à l'immersion dans un univers unique. Ca a eu tout l'effet inverse pour moi. Les signes pour identifier les narrateurs m'ont fatigué : obligé de régulièrement revenir sur mon marque page, et m'obligeant à un travail de mémorisation que je n'avais pas envie de faire de ce que je considère avant tout comme une lecture loisir. Les ponctuations pour simuler le vent : totalement fumeux et au final guère utile car de toute façon illisible. La numérotation à l'envers : totalement gadget et contribuant à deviner très vite le dénouement de l'intrigue. Les néologismes : certains sont pas mal, d'autres bofs.

- Le style d'écriture. Je suis mitigé. Force est de reconnaître que l'auteur parvient parfois à de véritables moments de grâce, des passages véritablement magnifique, surtout vers la fin du bouquin. C'est parfois poétique sans être pompeux. Mais j'ai trouvé le début difficile. En fait c'est surtout à partir du volcan que j'ai trouvé que le style montait d'un cran. Le fameux duel de Caracole, si techniquement c'est hyper impressionnant, ne m'a pas paru spécialement beau sur le plan littéraire. Les quelques scènes de combats ne m'ont pas vraiment convaincu et jure parfois avec le reste. Au final une impression étrange, celle d'un auteur qui reste dans la littérature de pitch à l'américaine mais qui tente parfois de s’élever à un tout autre niveau sur le plan littéraire, j'ai trouvé le tout un peu déséquilibré.   

Bref, plein de choses qui finalement ont plus contribué à me sortir du livre qu'autre chose. Je n'ai pas vraiment envie de lire autre chose de l'auteur. Et pourtant, force est d'admettre que cet une lecture qui marque, qui ne laisse pas indifférent, et dont le se souvient bien. Les qualités sont là, après c'est pas mal une question de goûts. Mais pas que. Car je pense que certains défauts sont vraiment avérés et je peine à comprendre du coup les éloges aussi peu nuancés. 
Quant à l'auteur, il attire plutôt la sympathie, c'est certains.
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White Square Re: Vos déceptions fantasy

Message par Albéric le Mer 21 Aoû - 14:51


Résumé de Mordred de Justine Niogret :
"Ecoutez ! Ecoutez la sinistre et triste histoire de Mordred, le chevalier renégat !"
Face sombre des légendes arthuriennes, Mordred est le traître, fruit des amours illicites et incestueuses d'Arthur et de sa soeur Morgause. S'il fait un temps parti des chevaliers de la Table ronde, il est chassé de celle-ci avant de lever une armée pour combattre Arthur.
C'est l'histoire officielle, du moins. Peut-être Mordred n'était-il pas aussi fou que les gestes le prétendent ? Peut-être était-il un garçon sensible et droit ? Peut-être Arthur n'est-il pas le héros que l'on chante et que Mordred n'avait pas le choix ?


Sans aucune surprise, un roman intimiste de 150 pages sans univers et sans intrigue donc il ne se passe quasiment rien et on ne s'attache à rien du tout.
Je n'ai même pas envie de développer tellement c'était ennuyeux : un excellent style ne fait pas tout !

Tandis que les bobos s'extasient sur ce nouveau "chef-d'oeuvre", personne ne parle de son Cœur de rouille sans doute steampunk qui sortira bientôt dans la Collection Pandore (384 pages : avec 2x plus de contenu que d'habitude, elle ne pourra pas jouer à cache-cache)

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White Square Re: Vos déceptions fantasy

Message par Albéric le Mer 28 Aoû - 20:34


Résumé du tome 1 du Livre Malazéen des glorieux défunts:
Le mécontentement gronde dans le vaste empire malazéen ; des décennies de guerres interminables, de purges, de querelles intestines et aussi de heurts avec Anomander Rake – le seigneur de Lunerre – et ses mystérieux Tiste Andii ont fini par saigner à blanc les innombrables Etats vassaux qui le constituent. Même les légions impériales, depuis longtemps rodées aux effusions de sang, aspirent à quelque répit. L'autorité de l'impératrice demeure pourtant absolue, garantie par les redoutables assassins de la Griffe.
Aux yeux du sergent Whiskeyjack et son escouade désabusée de Brûleurs de Ponts, ainsi qu'à ceux de Tattersail, unique magicienne survivante de la Deuxième Armée, la fin du siège de Pale aurait dû permettre de panser les blessés et de pleurer les nombreux morts. Mais l'impératrice en a décidé autrement, car Daurujhistan, la dernière des Cités Libres de Genbackis, reste encore invaincue...



Cela me navre de mettre le mégacycle de Steven Erikson dans la catégorie déception, mais j’assume.

Doté de couvertures très évocatrices, de résumés qui font clairement envie, de critiques élogieuses voire dithyrambiques, et auréolé de son titre de meilleur cycle de dark fantasy de tous les temps, c’est conquis d’avance que me suis lancé dans le tome 1.
=> Pas convaincu du tout car malgré un potentiel de ouf l’auteur ne fait absolument aucun effort pour se rendre accessible.
=> Sans l’aide du wiki anglais ne je serais même pas allé au bout du livre VF, c’est vous dire !


Il y a une foultitude de personnages intéressants, mais on n’a même pas de structure en POV pour suivre leur histoire.
Et en plus ils n’y ont aucune tonalité : il faut toujours aller dans le who’s who car on peine à les distinguer et se les représenter.
Du coup on se moque de leur destin et ils meurent dans notre indifférence. Et je ne parle même pas d’un grosbillisme digne d’un mauvais shonen : chaque personnage, adversaire, groupe est toujours plus puissant que celui d’avant car doté de pouvoirs de la mort qui tuent (et comme le roman fait 700 pages, on en finit plus !).

Le worldbuilding est vertigineux : en bon ethnologue l’auteur est hyperprolixe sur les mœurs et les coutumes de nombreux peuples humains, inhumains, semi-divins, divins. Mais on balance des tonnes et des tonnes d’informations qu’on peine carrément à assimiler, d’autant plus qu’on s’acharne à passer sous silence le plus important.
On nous raconte un guerre mondiale et totale fantasy qui se déroule sur plusieurs continents à plusieurs niveaux, sauf qu’à la fin du bouquin on ne sait toujours pas qui combat qui et pourquoi.
On devine un empire impérialiste (oxymore) en voie de totalitarisation, mais l’auteur ne se donne même la peine d’expliquer que la chef des services secrets s’est couronnée impératrice après avoir fomenté un coup d’Etat et assassiner son prédécesseur.
Du coup on se retrouve on pleine purges staliniennes entre anciens loyalistes et nouveaux apparatchiks, mais ce n’est pas explicité…
… Comment voulez comprendre les tenants et les aboutissants des agissements des persos sans cela !

Et la montagne accouche d’une souris : on tease tout le roman sur un tyran-sorcier invincible, véritable ADM magique, et on s’en débarrasse avec un telle facilité qu’on a envie de laisser tomber le livre par terre…
Et il y aussi des trucs zarbi qui sortent de nulle part (genre la maison ambulante vampire, où la magicienne qui décide de suicider en poupée vaudou…).


Le potentiel est énorme, et sans doute qu’ensuite la mayonnaise prend et que cela monte grave en puissance, mais cela n’excuse ce 1er tome qui ne ménage pas ses efforts pour rebuter les easy readers.
Et vu comme c’est très compliqué à comprendre en français, ne comptez pas sur moi pour continuer en VO.

Glen Cook aussi ne se donne aucunement la peine de rendre ses romans accessible aux lecteurs, mais :
- on peut s’attacher aux personnages facilement identifiables
- on peur s’accrocher à l’humour noir qui fait passer la pilule
- une fois qu’on a les clés, c’est tout de suite limpide
(genre Qushmarrah qui est une relecture des guerres puniques)


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White Square Re: Vos déceptions fantasy

Message par Albéric le Mer 11 Sep - 21:19


Résumé de Lee Winters de Lon T. Williams :
Pour Lee Winters, shérif d’une bourgade perdue de l’Ouest profond, s’il n’y avait que des malandrins à appréhender tout serait tellement simple...
Mais le Far West recèle bien d’autres mystères, autement plus terrifiants et que le seul maniement du colt ne saurait résoudre : revenants, farfadets, chat wampus et autres créatures de légende se pressent dans les broussailles et hantent les canyons.



Le pitch est très sympa : mélanger western et fantastique, voire western et mythologie gréco-romaine.

Sauf que c’est très répétitif.
Chaque nouvelle commence par le shérif adjoint Lee Winters qui revient d’une mission lambda et qui se fait surprendre par la tombée de la nuit avec son cheval Canon Ball dans l’un des lieux désertiques et hanté qui entourent Forlorn Gag. Survient une rencontre surnaturelle qui est le monster of the week de l’intrigue, et tout finit au salon de Doc Bogannon après la mention de la belle et fidèle épouse Myra.

Sauf que c’est très daté.
C’est du pulp western issu de Real Western Stories et rien ne ressort vraiment ni par le fond ni par la forme. Plus grave les nouvelles de la même eau d’Howard, antérieures de 25 ans, font beaucoup plus moderne et cela reste bien moins intéressant que la série beaucoup plus ambitieuse qu’elles annoncent : Les Mystères de l’Ouest ! Reste cette frontière de l’ouest sauvage qui fait ici rêver car on y voit se mêler le passé et le présent, le monde des vivants et le monde des morts.

PS : c’est sympa à Xavier Mauméjean d’avoir ressuscité Wayne Barrow dans la préface.

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White Square Re: Vos déceptions fantasy

Message par Albéric le Ven 1 Nov - 20:09


Résumé de Cœur de rouille :
Des robots traqués, jadis fidèles serviteurs. Des machines brisées, un mausolée de fer dans ce qui était auparavant la cité du ciel. Et partout flotte l'odeur de chair pétrifiée, car un tueur mécanique écorche les vivants pour voler leur peau. Saxe survit en travaillant sur les golems actionnés par magie. Dresde est une automate qui n'a connu que le luxe avant que son maître l'abandonne. Tout les sépare, et pourtant ils vont partager un rêve commun : s'enfuir de la forteresse volante. Une course peut-être sans espoir : retrouver la mythique porte ouvrant sur la liberté.

Justine Niogret a moissonné tous les prix francophones de l'imaginaire. En ce qui me concerne elle est définitivement abonné aux déceptions car elle n'écrit pas de la SFFF qu'on se dise !

Ici dans un monde post-apo, le golem Pue-la-Viande, le savant Saxe et le robot Dresde tente de découvrir les causes de la disparition de l'humanité. Ils doivent échapper à de mystérieux ennemis dont on ne sait pas vraiment s'ils existent et on tombe dans un atmosphère onirique et le petit côté FMA est totalement phagocyté par les discours philosophiques sur le sens de la vie.
J'avais écrit qu'avec un roman de 400 pages, elle ne pourrait plus jouer au cache-cache des novellas... En fait, les masques sont tombés : elle est d'un Cheval de Troie des cercles intellos prout prout qui en roulant à fond la caisse pour elle veulent boboiser le genre (cad le couper du grand public public qui n'aura plus accès qu'au bas de gamme qui vend du temps de cerveau disponible).

Dans la lignée du manga (Fullmetal Alchemist) et du chef-d'œuvre classique (Metropolis), Justine réussit ici la fusion entre steampunk et fantasy.
En fait il n'y a rien à fusionner car le côté Fantasy est inexistant, et le côte Steampunk est ultralimité.
Bon là, j'ai le sentiment de mettre fait arnaquer donc je développerai quand je serai calmé...


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White Square Re: Vos déceptions fantasy

Message par Oncle Kiin le Sam 2 Nov - 1:28

Erf, c'est con, parce que le résumé et surtout le passage que tu mets en citation font plutôt saliver.
De mon côté, toujours pas lu le seul bouquin de Niogret que je possède (Mordre le bouclier), et pour être honnête je suppose que ça sera pas trop ma came. Malgré tout, depuis quelque temps je me disais justement que j'allais bientôt me lancer, suite à ma lecture de l'interview de l'autrice sur Elbakin. Ce qu'elle laisse entrevoir de sa personnalité m'a vachement séduit (alors que les interviews d'auteurs ont plutôt tendance à m'irriter ou m'ennuyer, habituellement). Bref, du coup, ça m'attriste d'autant plus, ce que tu dis là ^^

Enfin, je testerai tôt ou tard, histoire de me faire ma propre idée, de toute façon.
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White Square Re: Vos déceptions fantasy

Message par Albéric le Sam 2 Nov - 8:12

@ Oncle Kiin
La présentation me faisait saliver aussi, et l'auteure est tout autant talentueuse que sympathique. Mais ce qu'elle écrit est aux antipodes de ce que je recherche et qui me plait...

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White Square Re: Vos déceptions fantasy

Message par Albéric le Ven 7 Fév - 7:09

MarieC concernant Mordred a écrit:Pour chacun de ses romans, tout tient dans le style et l'ambiance qui lui sont propres, entre violence et onirisme cruauté laide et tendresse, réalisme et non-dit. Le lecteur adhère et adore (c'est mon cas) ou le livre lui tombe des mains, car en dehors de cette écriture sublime et de ces personnages si forts et ténus à la fois, il n'y a pas grand chose...
C'est exactement cela. C'est quitte ou double et comme c'est difficile d'y retrouver l'adn du genre c'est difficile d'y adhérer quand on aime la littérature d'évasion sinon d'aventure. On lorgne quand même largement plus sur les ingrédients de la white-lit que sur ceux de la SFFF.

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White Square Re: Vos déceptions fantasy

Message par Albéric le Dim 25 Mai - 20:09


Résumé du tome 1 : Jade
Elle est née dans la poussière et la pauvreté d’un village écrasé sous le soleil de l’équateur. Elle ne se rappelle pas de sa mère, elle ne se rappelle même plus son nom. Son plus ancien souvenir remonte au jour où son père l’a vendue à ce grand homme au teint de lait. Dans la cour du Grenadier, où on lui a enseigné à devenir une grande dame et une courtisane accomplie, elle fut baptisée Émeraude, joyau parmi les beautés sélectionnées pour un duc immortel.
Elle s’est choisi un autre nom : Jade.
Au centre de ce monde, où les dieux s’immiscent dans les affaires des hommes, règne le duc immortel de la cité de Hautcuivre, qui contrôle tout le commerce de la mer des Tempêtes. Mais le duc n’est pas tout-puissant, et l’œuvre des siècles n’a pas éradiqué tous ses ennemis. Jade a été éduquée pour devenir le jouet des hommes. Certains voient en elle le moyen de parvenir jusqu’à lui, et de le tuer en brisant le sortilège qui le maintient en vie. C’est ainsi que Federo et la Chorégraphe deviendront les seuls amis de Jade, et que la réussite du complot visant à débarrasser Hautcuivre du tyran reposera entièrement dans les mains d’une jeune esclave rebelle.



Ou je suis passé totalement à côté du truc ou le livre est particulière mal fagoté.
Ce n’est pas l’histoire d’un aller et d’un retour, mais celui d’un double retour à la case départ.
Je n’ai pas souvenir d’avoir lu une histoire aussi bancale, hormis certains romans expérimentaux de Roger Zelazny qui n’était pas destinés à être publiés. Je me demande comment l’éditeur Tor Books a pu publier cela en l’état.
Et je n’ai même pas envie de commenter le 4e de couverture d’Eclipse qui fleure un peu l’escroquerie…

Jay Lake reprend la formule du très bankable Brandon Sanderson, pur produit des ateliers d’écriture américains, à savoir endormir les lecteurs avec un faux-rythme sur plusieurs centaines de pages pour mieux le prendre par surprise dans les 75 dernières en l’assommant avec une avalanche de twists et de révélations.
Sauf que ça ne marche qu’avec une bonne exposition des enjeux et un teasing suffisamment bien dosé, et ce n’est pas absolument pas le cas ici : les enjeux sont explicités à 50 pages de la fin et il n’y aucun fil directeur entre les différentes parties du roman, qui se lisent plus comme des récits séparés qu’autre chose donc on se retrouve sans aucune tension narrative.
On aurait collée à la suite 3 nouvelles de l’auteur, on n’aurait sans doute pas fait pire.
Et sur 400 pages Jay Lake nous fait du Robin Hobb, ce qui est parfaitement antinomique avec la méthode Sanderson (en plus il n’y a même pas de chapitrage qui pourrait dynamiser le tout)
Fatalement, avec un tel développement le grand final ne peut être que très décevant sinon complètement WTF...


Jay nous fait le mariage de la carpe et du lapin en commençant par de low fantasy entre la Princesse Sarah de Frances Eliza Hodgson Burnett et le Kim de Rudyard Kipling (on est donc dans le roman d’apprentissage), avant de basculer dans la high fantasy grosbill ou tout le monde ou presque a des pouvoirs divins.
On a quelques lourdeurs (théogonie, théogénie, casuistique, dialectique, fragmentation psychique), mais rien de bien méchant.
Le style de l’auteur est vraiment très bon, la prose se faisant très sensorielle (je gage que le travail de la traductrice Valéry Reigneaud n’y est pas étranger). De même, la description de l’Extrême-Orient tropical qui a vu naître Jade sait être évocatrice en très peu de mot. Dommage de cloîtrer l’héroïne presque immédiatement.
On a d’abord une longue phase de formation de courtisane qui alterne cuisine, couture et brimades.
Cette partie entre Robin Hobb et Jacqueline Carey est très réussie et assez immersive.
Mais le premier rebondissement du roman est géré n’importe comment et initie une phase d’action et d’intrigue torchée en quelques pages à l’image de cette d’action « de haute volée » expédiée en quelques lignes…
:
Quand l’héroïne connaît ses premières règles, elle pète un câble, s’automutile le visage et tue sa tutrice en chef. WTF ?
Elle est rattrapée dans sa fugue et aidée dans sa cavale par Federico et la Chorégraphe qui lui révèlent qu’ils sont des révolutionnaires qui veulent assassiner le Duc, en lui retirant son immortalité, mais pour cela il faut lui murmurer à l’oreille une formule magique dans une langue contre laquelle il ne s’est pas encore prémuni.
Federico était chargé de sélectionner une jeune étrangère suffisamment rebelle pour ne pas être formatée par le Faiseur.
La Chorégraphe était chargé d’en faire une ninja une fois entrée dans l’écurie du Faiseur pour qu’elle puisse agir en tant qu’assassine une fois glissée dans la couche du Duc.
Mais le Faiseur et le Duc en font qu’un ! L’auteur veut faire une révélation fracassante, mais comme on a vu ni l’un l’autre auparavant et qu’on ne sait absolument rien de Hautcuivre, de son gouvernement et de sa société, c’est très bof.
La chute du Duc immortel, de ses soldats immortels et ses serviteurs immortels (on sent l’influence de son ami Brandon Sanderson…) fait très contes de fées, et j’ai vraiment cru qu’on allait bâtir un magicbuilding dessus. Oui mais non.
Retour à la case départ, avec un très émouvant mais très court retour au pays.
Je me suis dit que ce n’était que la mise en place et qu’on allait passer à autre chose, mais on poursuit avec une longue phase de formation d’assassine qui alterne kung-fu, prières et brimades. Pourtant c’est au final la partie de j’ai préférée, l’auteur étant assez inspiré pour nous décrire un Extrême-Orient à la fois crasseux et glorieux, avec ses us et coutumes exotiques. Mais là encore, l’auteur se sent obligé de cloîtrer très rapidement son héroïne
Dans la dernière partie, fatalement truffée de trucs bizarres puisque que rien n’est amené avant le dénouement (comme cette succession finale de deus ex machina digne d’un mauvais shonen), tout s’effrite et se décompose très rapidement. On peine à trouver les subtiles intrigues politiques évoquées par l’héroïne, car elles sont ou implicites, ou incohérentes, ou maladroites… Dans tous les cas vraiment rien de complexe ou de subtile.
Hautcuivre est menacé par un chef bandit. Comment une nation impérialiste peut-elle trembler devant une armée de 1000 hommes (qui passe à 10 000 comme par magie à quelques pages de la fin) ? On se le demande.
Et pourquoi les nouvelles autorités ont désespérément besoin de Jade pour résoudre le problème ? On se le demande.
Et dès qu’on revient à Hautcuivre on enquête directement dans les égouts pour se retrouver nez à nez avec des dieux semi-comateux, des grands-prêtres, des théopompes et des avatars tous plus bizarres les unes que les autres. WTF !
Il y a un whodunit sur l’identité du redoutable seigneur de guerre. Et quand le vient la révélation… Sérieux OMG WTF !
L’auteur tente bien d’apporter des éclaircissements, mais du coup on se retrouve avec une avalanche d’incohérences.
Et pour couronner le tout, le moteur du récit est apparaît vraiment à 50 pages de la fin : la dispersion théogonique.
:
Pour faire simple, les dieux naissent, vivent et meurent en fonction du nombre et de la foi de leurs adorateurs.
Concept supracool développé avec humour par Fritz Leiber, repris par exemple dans La Trilogie des avatars de Richard Awlinson ou La Rose du prophète de Margaret Weiss et Tracy Hickman.
Mais ce qui ici aurait être génial tombe complètement à plat car l’auteur balance tout cela sans effort de worldbuilding. Difficile de faire plus maladroit que cela. Oui bon après coup, tous les récits mythologiques et les discussions théosophiques disséminés çà et là et qui semblaient ne servir à rien prennent sens, mais cela reste quand même particulièrement mal fichu.

Niveau psychologie des personnages je m’interroge car les motivations de Jade sont confuses voire contradictoires.
:
D’un côté l’auteur rend très loin les sentiments de cette petite orientale qui résiste avec ses armes à l’acculturation forcée dont elle est l’objet, s’accrochant désespérément à ce qu’elle peut (ses souvenirs d’enfance avec sa grand-mère, sa robe de clochettes et le vieux bœuf Endurance), avant de se rendre compte qu’un retour à la normale est impossible car elle a trop changé pour s’intégrer à la culture de son pays d’origine. On est dans la thématique de la résistance à la colonisation.
D’un autre côté il y a des éléments forcés voire caricaturaux.
Le père de Jade l’a vendue à un étranger : elle va inconsciemment détester les figures masculines (sauf les gays, voir plus loin).
Elle est élevée pour devenir la prostipute du Duc, donc par esprit de contradiction elle va devenir lesbienne.
Elle est brimée, fouettée et humiliée à répétition ? C’est tout naturellement qu’elle va développer des tendances BDSM…
Oui les adolescents sont versatiles, mais Jade change souvent d’avis et assez radicalement !
Elle fait tout pour revenir chez elle, mais laisse tomber quelques instants après y être parvenue à destination.
Elle jure de ne jamais revenir à Hautcuivre mais y revient dès qu’on l’y rappelle.
Sa relation avec la Chorégraphe ? je t’apprécie, je te déteste, je t’aime, je te hais… Bref du je t’aime moi non plus jusqu’à la plus mauvaise scène que j’ai jamais lu en Fantasy en dehors de Terry Goodking (une scène de cul lesbiano-xénophile avec du BDSM crade et un macho libidineux qui mate toute cela en gémissant de plaisir) !
Elle jure de consacrer sa vie à la lutte du trafic d’enfants mais ne fait absolument rien du tout pour changer les choses…
Les autres personnages sont peu nombreux, pour la plupart ils ne font que passer en coup de vent dans la vie de Jade, et s’ils ne le font pas sont terriblement peu approfondis. Franchement, absolument rien de marquant pour un livre de 550 pages.

Le wordbuiding donne l’impression d’être famélique. Il aurait pu être intéressant, mais en fait il ne sert à rien…
:
Une hutte près d’une rizière, une cabine de bateau, la cours du grenadier, une cabine de bateau, la cours de la Déesse du Muguet, le temple de Sang-Noir, la tente du supervilain. On est dans l’huis-clos intimiste durant presque tout le roman.
Même quand on prend l’air c’est de nuit voire dans les égouts. Je ne sais si une allusion à l’agoraphobie d’un proche de l’auteur, mais c’est carrément frustrant !
On ne saura rien sur Hautcuivre et la côte de Granite, on n’en saura rien sur les 400 années de tyrannie du Duc, on ne saura presque rien sur le peuple félin des Pardins, on ne saura presque rien sur le Sélistan et la Cité-Etat de Kalimpura.
On voit bien que le Sélistan symbolise l’extrême orient exotique et mystérieux et Hautcuive un Occident colonialiste à la vieille de la Révolution Industrielle : il y a un petit côté sailpunk voire steampunk, mais l’horizon est constamment bouché par quatre murs…

Il y a un aussi fond sexuel un peu douteux qui sous-tend une bonne partie du roman.
:
Les allusions gays ne servent à rien : WTF ! Les romances lesbiennes déboulent de nulle-part : WTF !
Si l’auteur ne ménage pas ses efforts pour construire une héroïne adolescente lesbienne crédible, cela ne marche pas.
Car dans le roman colocataires féminines = lesbiennes (comme cette sororité d’assassines de moins de 15 ans), hommes = gros machos libidineux, l’héroïne va forcément les affronter, et les exceptions à la règle sont forcément gays, et l’héroïne va forcément se lier d’amitié avec eux.
Oui je me répète là, mais c’est tellement grotesque passé un cap…
Jade hurle régulièrement qu’elle n’est la catin de personne, mais baise comme une bête avec le premier mec un peu prévenant (gay forcément)…
Jade qui dit tout savoir de la nature féminine s’étonne d’être tombée enceinte après son premier rapport sexuel avec un mâle. On se croirait dans une mauvaise telenovela !
Et les tendances sado-maso de l’héroïne adolescente vont et viennent sans prévenir : WTF !
J’ai longtemps pensé à une émule de la Phèdre de Jacqueline Carey, mais ce cycle fonctionnait parce qu’on avait un univers uchronique fouillé, une galerie de personnages intéressantes et des intrigues bien ficelées. Rien de tout cela ici malheureusement.


J’aurais vraiment aimé adorer ce livre, d’autant que l’auteur a une belle plume et un gros potentiel.
Il y a des passages excellents, et des passages torchés qui les font oublier.
Et comme les bons passages sont au début et les mauvais à la fin…
Si on voulait faire un roman d’apprentissage, la dernière partie ne sert à rien et vient contredire tout le reste. Si on voulait refaire un Assassin royal au féminin, tout condenser en 1 seul volume c’est n’importe quoi. Si on voulait décrire une bataille entre dieux, les 400 premières pages ne servent à rien et viennent contredire tout le reste. Si on voulait refaire un cycle à la Sanderson, attendre la fin pour faire de l’action et du suspens c’est n’importe quoi.
Je ne mets pas 1 étoile parce que l’auteur a une belle plume, mais l’ensemble m’a semblé être un gros gâchis. Je suis très sévère. Je dois même donner l’impression de rager inutilement, mais la déception est à la hauteur des promesses entrevues dans la 1ère moitié à Hautcuivre puis à Kalimpura.
Notez que l’auteur a livré un rude combat contre son cancer et s’est fortement engagé dans la lutte contre ce fléau avant d'en mourir le 1er juin 2014.

Edit :
Avec du recul, en virant la partie à la Jacqueline Carey et la partie à la Brandon Sanderson, on aurait pu construire un excellent Kung-Fu (la vieille série avec David Carradine) fantasy à partir de la partie se déroulant à Kalimpura... Là cela aurait vraiment été original pour le coup !

Et puis ce délire américain des mariages précoces… Société pré-contemporaine = mariage à 12 ans ?
C’est un fantasme ou quoi ???


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White Square Re: Vos déceptions fantasy

Message par Albéric le Lun 26 Mai - 13:49


Résumé du tome 1 : Les Mille Noms
Dans le désert de Khandar, une mystérieuse et sinistre magie, oubliée depuis des siècles, est sur le point de ressurgir des ténèbres. Marcus d’Ivoire, capitaine des Coloniaux de Vordanai, s’est résigné depuis un certain temps à mener à bien sa mission dans un avant-poste loin de tout, où il ne se passe jamais rien. Mais une rébellion soudaine le laisse à la tête d’une force brisée dans une forteresse loin d’être imprenable.
Hiver Ihernglass fuit son passé en se faisant passer pour un homme et cherche à passer inaperçue. La voilà pourtant promue ! Elle va donc devoir renouveler ce nouveau défi et affronter de terribles épreuves.
Leurs destins à tous deux se retrouvent placés entre les mains d’un énigmatique nouveau Colonel, officiellement envoyé sur place pour restaurer l’ordre. Mais celui-ci poursuit ses propres buts, en lien avec la magie...



Merci Babelio, Masse critique, et Eclipse de m’avoir permis de découvrir la flintloque fantasy de Django Wexler.
C’est bien écrit, bien construit et bien traduit mais je suis vraiment dubitatif car je ne me suis pas pris au jeu alors que tout dans le 4e de couverture m’emballait et inconsciemment, je me suis mis à lire en diagonale les tonnes de dialogues qui n’apportent vraiment pas grand-chose à l’ensemble et difficile de ne pas faire de comparaison entre La Campagne des ombres et Les Elfes de fer.
On retrouve un régiment en disgrâce, inexpérimenté, mal équipé et mal préparé, qui est envoyé outremer mater une révolte indigène et retrouver coûte que coûte un trésor magique avant de mystérieux ennemis.
Mais là où Chris Evans piochait chez RA Salvatore, Django Wexler lui pioche chez Brandon Sanderson.


Niveau personnage l’auteur respecte étonnamment une stricte parité, états d’âmes des uns et des autres y compris.
D’un côté nous avons le brave capitaine Marcus d’Ivoire entouré de quelques amis peu nombreux et peu approfondis qui nous offrent le POV des officiers. Le personnage pétri d’idéaux et de principe est carrément d’alignement loyal bon : il possède un agréable capital sympathie même s’il n’arrive pas à la cheville d’Ibram Gaunt (Les Fantômes de Gaunt de Dan Abnett pour le côté épique) et de Toubib (La Compagnie noire de Glen Cook pour le côté humoristique).
D’un autre côté nous la brave soldate Winter Ihernglass accompagnée entouré d’amis sympathiques certes mais très lisses qui nous offre le POV des hommes de troupe, et ce malgré sa fulgurante montée en grade à coup de deus ex machina.
On a également en interlude les POVs des rebelles, mais malgré le faible nombre de pages qui leur sont consacrées j’ai éprouvé du mal à remettre en place la grande prêtresse, l’assassin, le nécromancien, le général, les imans et les qadis.
Le personnage qui est censément être au cœur du roman, le Colonel Janus, est finalement très peu montré…
… à l’image du héros rebelle le Fantôme d’Acier qui fait office de Zorro du désert !
Et on retrouve ce putain de défaut des Elfes de fer : certains perso sont nommés par leur nom ou leur prénom en fonction des scènes, donc on doit parfois attendre des dizaines voir des centaines de pages avant de pouvoir associer les 2…
Un petit dramatis personae au début ou à la fin aurait facilement levé les ambigüités.
Reste qu’on se retrouve avec 5 personnages principaux féminins dans un livre qui traite d’une guerre rude et sale : ou l’auteur a volontaire féminiser son propose pour partir à la conquête d’un public féminin, ou l’auteur comme son modèle l’auteur est mormon… Car si quelques indices laissent à penser que Winter est lesbienne, les romances initiées sont d’un grande pudibonderie, à l’image de la relation tout public entre Marcus et Jen.
Sinon bonjour la suspension d’incrédulité :
Spoiler:
2 femmes travesties en soldats dans la même armée et le même régiment qui viennent du même orphelinat… mdr !
Et puis Winter qui change de sexe pour disparaître mais pas de nom, ce n’est vraiment pas très très malin…

Niveau militaire, tout est fait pour rappeler la campagne d’Egypte de Napoléon Bonaparte, le colonel Janus état censé être son alter-ego (l’auteur ne se prive pas d’inclure une tirade qui verse dans ce bon vieux Napoléon bashing) mais au final j’ai plus eu l’impression d’un remake de la Révolte des Cipayes qu’autre choses. D’ailleurs le livre ressemble pas qu’un peu aux livres de la série Sharpe se déroulant en Inde : Sharpe's Tiger, Sharpe's Triumph, Sharpe's Fortress. On est donc largement plus dans les guerres coloniales que dans les guerres napoléoniennes.
Et il faut attendre 150 pages sans intérêts consacrées à des problèmes de hiérarchie, d’intendance et ou manœuvres avant le 1er coup de feu ; et 1er affrontement se résume à une canonnade de mitraille… Heureusement la bataille du Pont, largement inspiré de celle de Rorke Drift, est vraiment pas mal du tout !

L’opération reconnaissance du groupe de Winter nous met dans le bain de belle manière et ensuite c’est un gros bordel où on ne sait plus qui combat qui, où, pourquoi et avec quoi. D’un côté c’est un peu incohérent, mais on est réellement plongé dans le chaos de la guerre. C’est presque du Dan Abnett (normal puisque que les 2 auteurs s’inspire du Sharpe de Bernard Cornwell), mais du Abnett light car mais si niveau poudre on est servi, niveau sang et sueur on reste dans le PG13…
Je me suis dit que 2 ou 3 batailles de cet acabit et on tenait un super bouquin.
Que nenni dans tout le reste du roman on se contente quelles que soient les situations de former le carré et c’est gagné.
L’auteur réussit même l’exploit de rendre plate la scène qui aurait du être la plus cool du roman.
Spoiler:
(le dernier carré dans l’oasis contre une horde de morts-vivants !)

Le worldbuilding est très limité. A ce niveau on ne va pas très loin.
Spoiler:
L'Empire Vordanai remplace l’Empire Britannique à la tête d’un ersatz d’Occident chrétien divisé entre protestants progressistes et catholiques rétrogrades (oui on n’échappa au catholique bashing), et un une clone d’une Egypte musulmane en rébellion qui n’évite aucun cliché (le prince fantoche, les fanatiques religieux, les indigènes impressionnables surnommés les peaux grises, le désert impitoyable et les nomades cruels).

Le magicbuilding est limité. A ce niveau on ne va pas très loin.
Spoiler:
Le concept central est très cool : en se liant à un djinn par la connaissance de son Vrai Nom, on peut s’approprier ses pouvoirs et devenir l’équivalent d’un superhéros ou d’un super vilain à la DC comics ou à la Marvel comics.
Sauf qu’il faut attendre les dernières pages pour que cela apparaisse et que cela soit explicité.
L’Infernavore rappelle le ka’kari noir de L’Ange de la nuit de Brent Weeks, donc on peut espérer un tome 2 plus fun et plus rythmé.
Mais c’est quand même ballot pour un livre fantasy qu’entre la nekya du début et l’attaque de la horde zombie à la fin, le surnaturel soit quasiment absent.

Le background est limité. A ce niveau on ne va pas très loin.
Spoiler:
On parle d’un grand sorcier devenu un tyran sous le nom de Roi Démon il y a 1000 ans. A mon avis il a du être vaincu par un adolescent orphelin annoncé par une prophétie et armée d’une épée magique il y a 1000 ans aussi…
Il y aurait des tensions entre Faucons et Colombes, mais tout est balancé dans une tirade et après on n’en parle plus avant la fin.
Il y aurait des tensions entre religieux progressistes (forcément protestants ?) et religieux ambitieux (forcément catholiques ?), mais tout est balancé dans une tirade et après on n’en parle plus avant la fin.
Je suppute une cabale néocons qui veut voler la magie des Khandarai pour établir un nouvel ordre mondial…
Mais j’extrapole à partir de quelques tirades seulement, tellement on nous explique rien.
Quant aux motivations des révoltés, elles se résument à chasser les étrangers.

L’intrigue est très linéaire, puisque qu’on passe d’un affrontement à un autre à la recherche des Mille Noms sans réelle surprise et entre l’introduction et le dénouement, le surnaturel tarde à montrer le bout de son nez.
Les révélations sur le Fantôme d’Acier et les Desolais ne marchent pas.
Spoiler:
Le Fantôme d’Acier qu’on n’a presque pas vu de tout livre est… roulement de tambour… Personne !
Les nomades desolais sont redoutablement organisés car… roulement de tambour… ils communiquent par héliographe !
La révélation de l’identité du sorcier occidental fait son petit effet, mais comme on n’en parle pas j’en avais totalement oublié son existence… Ce whodunit n’est vraiment pas au point !
Et bien sûr, plein des cliffhangers à la fin qui obligent à acheter la suite…
Tout clairement ne méritait pas autant de pages, et je m’attendais au moins à une belle ambiance du désert.
Une mention de la chaleur au début, une mention du manque d’eau à la fin et puis rien.
Les descriptions sont trop peu nombreuses et trop lisses pour s’imaginer beaucoup de choses.
Cela me fait de la peine d’écrire cela mais niveau Desert Adventures, Howard offrait plus d’action, plus d’ambiance et donc plus de suspens dans ses nouvelles consacrées à El borak écrites dans les années 1930…

Et pour le plaisir de pinailler, quelques bonnes vieilles incohérences :
Spoiler:
- si les Mille noms sont si puissants, pourquoi les révoltés ne s’en servent-il pas ?
- s’il faut mettre les Mille noms à l’abri, pourquoi attendre la dernière seconde pour le faire ?
- si l’Empire Vordanai veut absolument gagner, pourquoi envoie-t-il les pires éléments avec le pire équipement ?
- si les Coloniaux sont si nazes et les indigènes si nombreux, pourquoi gagnent-ils systématiquement ?
(sans doute la supériorité manifeste de l’homme blanc ?)
Là j’ai un peu peur qu’on reprenne un cahier des charges américano-américain :
1) les WASP doivent toujours combattre dans le bon camp
Donc on a droit à des redondances sur les fanatiques religieux et sur les méchants eunuques…
2) les WASP doivent toujours l’emporter, y compris en dépit du bon sens
3) les WASP doivent être supérieur technologiquement
Du coup les canons pourris des Coloniaux marchent toujours mieux que les pièces de collection du Prince…


C’est plus appliqué et plus novateur que le tout venant fantasy, mais cela ne va pas très loin et cela tire à la ligne.
Quand Django Wexler s'inspire d'autres auteurs cela marche bien (la série Sharpe, la bataille du pont Rorke, la formule Sanderson), quand l'auteur est livré à lui même c'est vraiment naïf (un roi-sorcier tyrannique qui régnait il y a 1000 ans, une méchante église catholique, un Zorro musulman et un Sergent Garcia, des romances plates…).
C’est dommage car si l’auteur avait plus d’imagination ou plus d’ambition on aurait pu avoir un Mademoiselle de Maupin fantasy. Oui mais non, ne demandons pas aux diplômés d’écriture créative de faire preuve de créativité.
Amis néophytes, allez-y sans craintes car cela reste bien troussé.
Amis easy readers, vous pouvez y aller car il s’agit d’un début de cycle assez sympathique.
Hardcore readers, passez votre chemin il y bien plus palpitant y compris et surtout en flintloque fantasy.
Car le cycle des Poudremages de Brian McClellan lui est supérieur en tout point !

edit: et comme tous les auteurs qui ne savent où ils vont et/ou tirent à ligne, l'auteur change de fusil d'épaule : sa trilogie comptera 5 tomes !


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White Square Re: Vos déceptions fantasy

Message par Albéric le Lun 26 Mai - 18:16



Résumé de Morwenna de Jo Walton :
Morwenna Phelps, qui préfère qu'on l'appelle Mori, est placée par son père dans l'école privée d'Arlinghust, où elle se remet du terrible accident qui l'a laissée handicapée et l'a privé à jamais de sa sœur jumelle, Morganna. Loin de son pays de Galles natal, Mori pourrait dépérir, mais elle découvre le pouvoir des livres, notamment des livres de science-fiction. Samuel Delany, Roger Zelazny, James Tiptree Jr, Ursula K. Le Guin et Robert Silverberg peuplent ses journées, la passionnent. Alors qu'elle commence à reprendre du poil de la bête, elle reçoit une lettre de sa folle de mère : une photo sur laquelle Morganna est visible et sa silhouette à elle brûlée. Que peut faire une adolescente de seize ans quand son pire ennemi, potentiellement mortel, est sa mère. Elle peut chercher dans les livres le courage de se battre.

Je ne veux pas rager contre un livre que je n'ai pas fini, et que je ne finirai jamais, donc je laisse la parole à la spécialiste Fantasy de Babélio
boudicca a écrit:Morwenna est une jeune adolescente qui se remet tant bien que mal de la mort de sa jumelle et doit trouver sa place dans un environnement totalement nouveau, loin de son Pays-de-Galle natal auprès d'un père qu'elle n'a jamais connu et dans une école dont elle a du mal à saisir tous les codes. Son seul réconfort : ses livres, et plus particulièrement ceux de SF et de fantasy. Le pitch n'est pas vraiment transcendant, mais les nombreuses critiques dithyrambiques rencontrées partout sur le web ont fini par me convaincre de me lancer à mon tour dans l'aventure. Et me voilà bien embêtée, car sans avoir pour autant détesté, je ne peux pas vraiment dire que j'ai été très emballée... Premier bémol : aucune intrigue. Moi qui n'ai pourtant rien contre un rythme lent et l'absence d'action, je peux vous dire que trois cent page de journal intime relatant la vie quotidienne d'une adolescente, c'est long... École, famille, amis, lectures..., la vie de Morwenna n'est pas particulièrement trépidante, et ce n'est pas les quelques éléments fantastiques ajoutés à l'ensemble (la jeune fille voit des fées et se figure sa mère en sorcière maléfique) qui viendront donné beaucoup du piment au récit.

On s'ennuie donc (beaucoup), même si certains passages viennent malgré tout réveiller l'intérêt du lecteur. Certaines réflexions de Morwenna concernant son amour pour la lecture ou encore l'intérêt qu'elle trouve à lire de la fantasy ou de la SF font souvent mouche, et parleront à tous les amateurs des littératures de l'imaginaire (les quelques passages concernant Tolkien sont notamment très réussis). J'ai cependant du mal à comprendre la raison pour laquelle l'auteur se sent obligée de citer par le détail l'ensemble des ouvrages lus par son héroïne (et croyez moi, il y en a beaucoup...), car l'accumulation de références ne fait que rendre la lecture plus ardue encore. Morwenna aime lire de la SF et de la fantasy, on le comprend très vite, pas besoin de nous dresser l'inventaire de toute sa bibliothèque ! Parmi les quelques points positifs il faut cela dit avouer que les personnages mis en scène par l'auteur se révèlent souvent attachants ou touchants. C'est le cas du vieux Sam, du père de Morwenna, et bien sur de la jeune fille elle-même, dans laquelle tout amateur de littérature (notamment de l'imaginaire) ne manquera pas de se reconnaître à un moment ou un autre.

C'est avec regret que j'avoue ma grande déception quant à ce roman présenté comme « une ode à la littérature et à la différence », qui réunissaient pourtant toutes les caractéristiques pour me plaire. La magie de Jo Walton et de son « Morwenna » n'aura pas opéré sur moi, et j'en suis bien désolée...

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White Square Re: Vos déceptions fantasy

Message par Marv le Lun 26 Mai - 18:26

J'ai été à deux doigts  de l'acheter celui là, je l'avais même en possession alors que je me dirigeai d'un pas assuré vers la caisse de ma bouquinerie de proximité ...mais j'ai fais marche arrière alors qu'un doute s'est définitivement installé ainsi que le prix d'ailleurs.
 Je sais pas, depuis le début j'ai un mauvais pressentiment avec ce roman, un peu comme "Qui a peur de la mort" dont on vente tant de mérites dans un esprit bien pensant et consensuel, et quand on intellectualise trop un livre pour en parler, tout en oubliant d’évoquer tout simplement le plaisir de lecture , çà sent pas bon..
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White Square Re: Vos déceptions fantasy

Message par Albéric le Lun 26 Mai - 18:31

@ MEGALOCK
350 pages pour 21,5€.
Quelle est la taille de police utilisée ?
(je me superméfie maintenant !)

Par contre c'est un chouette bouquin de littérature générale, mais moi je n'ai aucune envie de lire de la littérature générale. Il y a déjà le réel à supporter, alors hors de question de me taper en plus la littérature du réel.

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White Square Re: Vos déceptions fantasy

Message par Marv le Lun 26 Mai - 18:34

assez d'accord, je choisis mes livres comme mes films en fonction de leurs capacités à me faire voyager et me divertir. Les melo dramatique c'est pas pour moi non plus
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White Square Re: Vos déceptions fantasy

Message par Albéric le Lun 26 Mai - 18:39

MEGALOCK a écrit:assez d'accord, je choisis mes livres comme mes films en fonction de leurs capacités à me faire voyager et me divertir. Les melo dramatique c'est pas pour moi non plus
entendu aux Imaginales :
Régis Goddyn a écrit:J'écris pour m'évader. Aucun intérêt à suivre l'histoire d'un cadre supérieur à la gare de Compiègne qui s'ennuie en attendant le train qui va l'emmener au travail en février alors qu'il fait -5°C...
Pierre Pevel a écrit:... Sauf s'il se fait attaquer par des Orcs !!!
Joe Abercrombie a écrit:... And dragons !!!

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White Square Re: Vos déceptions fantasy

Message par Marv le Lun 2 Juin - 23:37

Albéric a écrit:

Résumé du tome 1 : Jade
Elle est née dans la poussière et la pauvreté d’un village écrasé sous le soleil de l’équateur. Elle ne se rappelle pas de sa mère, elle ne se rappelle même plus son nom. Son plus ancien souvenir remonte au jour où son père l’a vendue à ce grand homme au teint de lait. Dans la cour du Grenadier, où on lui a enseigné à devenir une grande dame et une courtisane accomplie, elle fut baptisée Émeraude, joyau parmi les beautés sélectionnées pour un duc immortel.
Elle s’est choisi un autre nom : Jade.
Au centre de ce monde, où les dieux s’immiscent dans les affaires des hommes, règne le duc immortel de la cité de Hautcuivre, qui contrôle tout le commerce de la mer des Tempêtes. Mais le duc n’est pas tout-puissant, et l’œuvre des siècles n’a pas éradiqué tous ses ennemis. Jade a été éduquée pour devenir le jouet des hommes. Certains voient en elle le moyen de parvenir jusqu’à lui, et de le tuer en brisant le sortilège qui le maintient en vie. C’est ainsi que Federo et la Chorégraphe deviendront les seuls amis de Jade, et que la réussite du complot visant à débarrasser Hautcuivre du tyran reposera entièrement dans les mains d’une jeune esclave rebelle.


R.I.P JAY LAKE


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White Square Re: Vos déceptions fantasy

Message par Albéric le Mar 3 Juin - 0:08

Il a beaucoup souffert (chimio, rayons, opérations, pneumonectomie...) donc paix à son âme.

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White Square Re: Vos déceptions fantasy

Message par Sieben le Mar 26 Aoû - 21:54

Désolé je poste ça là mais j'ai la flemme de créé le même sujets pour le genre SF. J'ai fini mes lectures Science-Fiction pour cette année et globalement très déçu quand même. J'en ai plein d'autres sous le coude mais j'ai clairement fait de mauvais choix. Je ne vais pas les commenter (pas spécialement envie de les défoncer sur la toile, j'ai ruminé dans mon coin), le moment pour les noter viendra à la fin de l'année quand on fera un bilan de nos lectures mais, vite-fait:

Déçu par Minority Report (Dick) ce recueil de nouvelles n'est pas aussi bon que d'autres il réunit surtout celles adaptées en film ; Dark Plagueis (Star Wars) (Luceno) qui manque d'action et de plein de choses ; Chroniques martiennes (Bradbury) qui n'est pas mauvais mais qui n'est juste pas de la SF et dont certaines nouvelles m'ont paru ridiculement has been, Tous à Zanzibar (Brunner) imbitable, Flûte, flûtes et flûtes (Asimov) clairement un recueil de nouvelles qui n'auraient jamais dû être publiée avant d'avoir été achevée ; Les menhirs de glace (KS Robinson) que je viens juste de terminer et qui... bon... il me rappelle Herbert mais en pire quand même, enfin je veux dire par là qu'il privilégie l'aspect philosophique et la profondeur des idées, à la forme et aux côté fun et distrayant, me suis fait un peu chier quoi. On peut en parler mais si c'est pour dire du mal (y a aussi du bien à en dire) je vais m'abstenir cette fois.

Mais y a eu du bon aussi : Demain les chiens (Simak) ; Days (Lovegrove) qui n'est pas de la SF mais ranger là-dedans pour je ne sais quelle raison ; Les Racines du Mal (Dantec) un sacré pavé ; L'oreille interne (Silverberg) toujours bon ce Robert même s'il raconte un peu trop sa vie. Eux, on pourra en reparler avec plaisir.

Maintenant je vais passer un peu à d'autres trucs moins fun mais tout aussi distrayant. De l'histoire, actus, classiques...
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White Square Re: Vos déceptions fantasy

Message par Derfel le Lun 4 Mai - 19:31

Albéric a écrit:
C’est bien écrit, bien construit et bien traduit mais je suis vraiment dubitatif car je ne me suis pas pris au jeu alors que tout dans le 4e de couverture m’emballait et inconsciemment, je me suis mis à lire en diagonale les tonnes de dialogues qui n’apportent vraiment pas grand-chose à l’ensemble et difficile de ne pas faire de comparaison entre La Campagne des ombres et Les Elfes de fer.
On retrouve un régiment en disgrâce, inexpérimenté, mal équipé et mal préparé, qui est envoyé outremer mater une révolte indigène et retrouver coûte que coûte un trésor magique avant de mystérieux ennemis.
Mais là où Chris Evans piochait chez RA Salvatore, Django Wexler lui pioche chez Brandon Sanderson.
Django Wexler a écrit:Unfortunately, it looks like The Shadow Throne release in France has been delayed due to problems at Panini Press.  We're still looking for a new publisher, so I don't have a new release date yet, but rest assured we're working on it!
    Thanks so much for reading.  I really hope to have the new books out in French soon.

    Django

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White Square Re: Vos déceptions fantasy

Message par Sieben le Dim 22 Nov - 13:04

La cité de Windwir vient d'être anéantie, et avec elle la Grande Bibliothèque où reposait la mémoire du monde. L'onde de choc de cette catastrophe rompt les équilibres politiques et religieux des Terres Nommées, attise les convoitises, ravive les complots, met à mal les alliances. La guerre est inévitable.
     Rudolfo le roi tsigane, seigneur des Neuf Maisons Sylvestres, est le premier sur les lieux et recueille dans les ruines un automate de métal. Agité de sanglots et rongé par la culpabilité, celui-ci s'accuse d être à l'origine du drame. Quel est son terrifiant secret ? A-t-il été manipulé ? Qui voulait la destruction de Windwir et pourquoi ?

     Mais voilà que Neb, un jeune moine orphelin qui a assisté à l'horreur, commence à faire des rêves prophétiques...




« Nous vivons l'âge d'or de la Fantasy, et voilà qu'arrive Ken Scholes, avec sa puissance, son inventivité et sa stupéfiante clarté, et qu'il nous donne une leçon. »
Orson Scott Card,


Lu une centaine de pages, arrêté au chapitre 8. J’abandonne, c’est au-dessus de ce que je peux supporter.

D’accord Card, et sinon ça va bien la picole ? A moins que tu aies glissé ce gentil mot pour un petit biffeton. Dans ce cas-là je comprends, il faut bien que tu mange.


Mais tout cela n’est pas sérieux, j’ai parcouru quelques critiques sur internet et je ne me retrouve quasiment dans aucune d’elles. Rares sont les lecteurs à s’être sentis comme moi, un peu arnaqué. 8,5 sur 10 selon Elbakin, est-ce bien sérieux ? Pourtant, je n’ai pas le sentiment d’être un blasé.

Je suis pourtant très demandeur de ce genre d’histoire science-fantasy post-apocalyptique, mais, quand vous avez lu Chroniques de Tramorée de Negrete, dont on va dire pour résumer que le synopsis est ressemblant ou proche ou appartenant au même sous-genre, Lamentation de Ken Scholes fait vraiment pitié en comparaison.

Mais même sans chercher à comparer en fait, même si je n’avais pas lu Tramorée, prit séparément ce Lamentation est d’un faible niveau à tout les points de vues. Je suis déçu, mais déçu… ma pire lire lecture tous cycles confondus. Oui, même derrière Le Second Soleil de Teur, même derrière le cycle des Ravens.

Pourquoi ? Pffffffffff…

Pour toutes ses incohérences, incohérences géographiques, incohérences temporelles, quand ce n’est pas un manque de crédibilité. C’est bien simple, l’Odieux Connard pourrait faire un spoiler de ce bouquin. Les adorateurs de ce roman peuvent me mettre au défi de les relever, sans problème. Je n’ai pas pris de notes, alors il faudrait que je relise les 100 premières pages donc j’aimerai éviter de le faire mais je pourrais.

Encéphalogramme plat des personnages, comportement manichéen, aucune profondeur psychologique, incohérence dans leur idiosyncrasie. Sérieux, ce bouquin est truffé d’incohérences insupportables. Le monde décrit ici doit être grand comme la Creuse vu les distances que les personnages sont capables de parcourir en une seule journée. Les complots sont mous et peu inspirés. Mort de rire devant Jin Lin Tam qui dit que le prévôt Sethbert est "intelligent" alors qu’il passe son temps à se vanter d’avoir détruit Windwir, comportement incohérent par rapport à la situation qui est de donner le change aux tziganes en faisant croire qu’on vient secourir la cité.

Pourquoi un prévôt pour quelqu’un qui gouverne sur des cités-Etats indépendantes ? Pourquoi des tziganes ? En quoi sont-se des tziganes ? Pourquoi cette mascarade de banquet avec trois pékins et cette danse entre le roi tzigane et la concubine du prévôt devant celui-ci ? Pourquoi Jin Li Tam, la fille d’un des hommes les plus puissants du monde n’est-elle qu’une simple concubine du prévôt dont ce dernier la traite comme une pute ? Pourquoi lorsque celui-ci reconnaît savoir qu’elle est une espionne, cette dernière ne s’enfuie pas ou n’est pas mise aux arrêts ? Pourquoi est-elle toujours libre d’agir à sa guise ? Pourquoi ne se doute-t-elle de rien ? Pourquoi Neb le seul survivant de la cité détruite n’est pas mieux surveillé par les gardes du prévôt ? Le plan mit au point par Jin Li Tam pour s’évader avec Neb est incohérent est foireux : pourquoi se préoccupe-t-elle de ce bouseux ? Incohérence, puisque si elle est invisible, lui ne l’est pas et le fait qu’ils soient reliés à une cordelette (visible), les gardes verraient tout de suite une cordelette flotter dans le vide et Neb se faire traîner par une force invisible.

Putain ! C’est comme ça en permanence ! On n’y croit pas, jamais, à aucun moment je n’ai ressenti de la crédibilité pour le monde décrit, il n’est pas palpable. Cette histoire en l’état est inachevée et manque cruellement de consistance à tout les niveaux.

La construction même du bouquin me dérange. 4 POV en tout par chapitres : Petronus le vieux inutile (laborieux son POV), Rudolfo roi des gitans, Jin Li Tam la gonzesse de service, et Neb le jeune puceau. Chaque POV a droit en moyenne à 3 ou 4 pages, cela fait une dizaine de pages par chapitres. C’est peu, on enchaîne de minis-scénettes sans aucun intérêt où les personnages disent du rien ou des platitudes. Une construction qui veut faire très cinématographique ou série télé mais qui fait très immature, et non pas une plume "maîtrisée" et "mature" comme j’ai pu le lire.


C’est un premier roman, donc j’aurai pu comprendre ces défauts et les accepter, mais comme le livre est annoncé comme un must have…

Quant au style de Scholes, ok ça va, écriture simple, accessible au plus nombre, ça ne vole pas plus haut qu’un Barclay. Lisez plutôt Gemmell qui fait largement mieux dans un même style mais plus riche. Non mais cela aurait pu être Jaworski derrière la plume que cela aurait été quand même naze tellement cette histoire est bancale et pauvre.

Cela débutait plutôt bien comme dans Les Monarchies Divines avec la cité de Windwir ravagée par ce qui ressemble au feu nucléaire (un sortilège ancien d’un âge des machines-magiques), pour qu’ensuite le récit se mette en place trèèès lentement dans un gloubi-boulga indigeste et incohérent. De l’action ? Y en a pas, que dalle, en tout cas jusqu’au chapitre 8. Ah oui, une bataille allait débuter mais elle est totalement incohérente et très mal amené. Le roi tzigane réunit son ost, ok (en 3 trois jours hein quand même ;) ). Mais son adversaire le prévôt Sethbert ? La veille ils dînaient tout les deux tranquilou et le lendemain ils s’affrontent ? Pourquoi tout ce cinéma bidon sur la paix ? Et puis, Sethbert ne s’est pas déplacé avec toute son armée que je sache. Pourquoi Sethbert ne tue-t-il pas directement Neb en loucedé plutôt que de… Rhaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa !



Ce livre a remporté le prix Imaginales 2011 du meilleur roman étranger. Vraiment ? Sérieux là ? C’est une blague ?!    



Reste la couverture superbe de Marc Simonetti. Et Isaak le robot qui ressent des émotions humaines. Isaak un robot asimovien (aaaah comme Isaac Asimov, ouhlala subtilité...).

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Sieben
Navarque de la flotte macédonienne

Date d'inscription : 12/02/2013

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