David Gemmell
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Ange, Ayesha

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White Square Ange, Ayesha

Message par Oncle Kiin le Jeu 21 Fév - 16:07



Résumé : Ayesha
« L'œuvre la plus ambitieuse et la plus réussie de la Fantasy épique française. »
Le Monde
Dans les royaumes orientaux de Tanjor, le Peuple turquoise est en esclavage depuis des millénaires. Mais il chérit une légende qui lui donnera un jour le courage de se révolter : la légende d'Ayesha, la déesse qui commandera aux étoiles et rendra la liberté à ses enfants condamnés.
La jeune reine Marikani n'est pas insensible à leur sort, mais elle a d'autres soucis. De retour d'exil, elle espère rallier la cité d'Harabec et reprendre le trône dont on l'a écartée. Malgré« tout son orgueil, elle aura besoin de l'aide d'Arekh, un galérien cynique et brutal dont elle a sauvé la vie.
Ils n'ont rien en commun. Leur rencontre va pourtant changer le destin de toute une civilisation, bien au-delà de tout ce qu'ils pouvaient imaginer.

Ceci est l'histoire d'une femme indomptable, de ceux qui l'ont aimée et de ceux qui l'ont trahie. C'est l'histoire d'une révolution.




Cette édition intégrale, au nom qui fleure bon les récits de Sir H. Rider Haggard (où Ayesha est "She-who-must-be-obeyed" ^^), regroupe les trois tomes initialement parus sous le nom : Le Peuple turquoise, La Flamme d'Harabec et La mort d'Ayesha (titre de la série : Les Trois lunes de Tanjor).

On parle souvent de chef d'oeuvre de la fantasy française à propos de ce roman, et je suis assez d'accord. Pas un véritable coup de coeur personnel en ce qui me concerne, mais difficile d'en nier les immenses qualités.

La révolution d'un peuple d'esclaves. C'est sur ce thème vieux comme l'Ancien Testament qu'Ange a décidé d'asseoir sa trilogie.
Ce faisant, les auteurs esquissent un pas de côté par rapport à la théorie des échelles en fantasy (à savoir : est-ce que les enjeux seront les seuls intérêts personnels du protagoniste, le destin d'une cité, d'un royaume, du monde, ou carrément d'ordre cosmique). Avec une thématique d'une telle force mythologique/historique, on sait qu'on ne sera pas dans l'anecdotique, loin de là, mais pas non plus dans un ordinaire sauvetage du monde. Première originalité, première habileté, donc.

Toujours concernant les thématiques : lorsque le premier livre était sorti, il avait été présenté comme une fresque sur le racisme et le fanatisme religieux (ce qui est juste) et je me souviens que ça avait plutôt eu un effet repoussoir sur moi, ces sujets-là pouvant facilement être traités de manière convenue, maladroitement moraliste et ennuyeuse. Ici, il n'en est rien. On est face à quelque chose de pas du tout candide ou simpliste, et ces questions sont abordées avec une profondeur et une subtilité qui m'a parfois fait penser à Dune, de Frank Herbert.

L'univers : un cadre oriental, exotique, sans trop tomber dans les poncifs "1001 nuits" non plus. Pour être honnête, nous ne sommes pas face à un worldbuilding très travaillé, ni aussi riche que dans certaines oeuvres. Il y a assez peu d'éléments spécifiquement fantasy, au bout du compte, et ceux qui apparaissent sont plutôt destinés à une entreprise de déconstruction (par ailleurs intéressante). En revanche c'est souvent flamboyant, les paysages/architectures en jettent et les descriptions sont superbes, j'y reviendrai.

Les personnages : c'est ici, pour moi, que le bât blesse. J'ai adoré certains personnages secondaires (Harrakin !), mais je n'ai jamais réussi à m'attacher réellement aux protagonistes principaux. Je n'ai pas trouvé qu'ils "vivaient" suffisamment. La faute en incombe probablement à leur sérieux, la dignité (souvent amorale, certes) de leurs objectifs et la gravité de leurs tempéraments, qui là encore m'ont rappelé Dune. Sauf que dans Dune il y a, pour compenser, cette manière de plonger en profondeur dans l'esprit et les pensées des héros, cette omniprésence de la focalisation interne poussée à son paroxysme, qui manque peut-être ici. Ou bien qui ne fonctionne pas de façon assez crédible ou séduisante pour susciter l'implication du lecteur.
A noter cependant : si on jette un oeil aux critiques sur le net, on remarque que de nombreux lecteurs ont aimé ces persos, et notamment Arkeh qui semble avoir beaucoup de fans, alors qu'il m'a laissé assez froid. Donc ne pas prendre mon avis pour argent comptant sur ce point ^^

L'écriture : à ce niveau-là, j'ai été absolument conquis. C'est exactement ce que je recherche, et j'ai plus d'une fois pensé à certaines des meilleures pages de Robin Hobb.
Mais avant d'en venir au roman lui-même, j'en profite pour m'offrir une petite digression, en essayant de ne pas trop troller :)
Depuis quelques années, quand je lis des critiques de livres à droite ou à gauche, en particulier sur cette question du style, je souffre parfois de ce que je ressens comme une certaine cuistrerie ambiante. Au point d'en venir à me demander si ce ne serait pas moi qui planerais et qui n'aurais aucun goût... Mon problème, en gros, c'est que bien souvent des styles que j'ai jugé verbeux et maladroits sont loués pour leur immense qualité littéraire, et je ne comprends pas pourquoi. J'ai l'impression que c'est quelque chose qui est apparu surtout sur internet, et généralement chez des gens que je devine un peu plus jeunes que moi. Une sorte de mode, quoi. Si j'étais méchant, je dirais qu'on est toujours en quête de ce qui nous manque, et que c'est peut-être un vocabulaire et une syntaxe en léger déclin générationnel qui les poussent à s'extasier ainsi devant ce qu'ils croient être de la "grande littérature". Mais au fond je n'en sais rien, hormis que ce phénomène m'inquiète un peu. Fin de la parenthèse.
Ici, heureusement, rien de ce genre. C'est même le parfait contre-exemple ! C'est très bien écrit, simplement très bien écrit.
Un style de bon goût, classique sans être désuet, un choix des mots précis et évocateur, assez classe sans être prétentieux, un rythme et un registre de langue pertinents selon les contextes, bref une sorte d'idéal du "nécessaire et suffisant", bien loin des travers que j'évoquais ci-dessus.
Les descriptions sont par exemple magnifiques, et constituent pour moi le gros point fort de l'écriture de ce roman.
C'est paradoxal pour un texte, mais par moments ça me donne le sentiment qu'il y a presque une "charte graphique". Pas évident à expliquer, hélas : disons que l'aspect visuel est particulièrement prégnant et soigné, chaque scène possède sa coloration, presque son "coup de crayon", d'une certaine manière... à rapprocher sans doute du fait qu'Ange soit aussi auteur de BD.

Le scénario enfin est retors, voire virtuose (si n'étaient quelques transitions un peu trop rapides, et un rythme parfois précipité qui pourra décontenancer), bourré de tension et de coups de théâtre, avec des moments vraiment poignants. Sans compter cette inéluctabilité oppressante qu'on ressent d'un bout à l'autre.
Spoiler:
Non, je ne suis pas obsédé par Dune :oops: Mais encore une fois, difficile ici de ne pas penser à Paul et sa certitude inquiète d'un "dessein terrible".
Bref, si j'avais accroché aux personnages, je pense que j'aurais pu être cloué à mon siège. Et même sans ça, je vois bien qu'objectivement l'histoire est très bien foutue.

En conclusion, eh bien, difficile de faire l'économie de cette lecture, à mon avis. Même si comme moi on ne tombe pas entièrement sous le charme, ça reste tout de même une des oeuvres les plus marquantes de la fantasy francophone.
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White Square Re: Ange, Ayesha

Message par Invité le Jeu 21 Fév - 16:53

Personnellement, j'ai bien aimé le personnage de Arekh del Morales des Miras, galérien au passé mystérieux qu'on devine trop aristocratique pour n'être qu'un simple ruffian. Il a justement ce petit côté tragique classique que j'aime bien.

Maintenant,
Spoiler:
l'idylle entre Ayesha et Arekh
était tellement prévisible et cliché que ça m'a un peu indisposé, mais l'auteur se rachète bien au final. L'ensemble est assez bien ficelé et très agréable à lire en effet.

En bref, une trilogie honnête, mais si je devais choisir un champion de la fantasy française, personnellement j'irais plutôt chercher du côté de Pierre Pevel et de sa trilogie de Wielstadt, par exemple.
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White Square Re: Ange, Ayesha

Message par Albéric le Jeu 21 Fév - 17:05

Depuis quelques années, quand je lis des critiques de livres à droite ou à gauche, en particulier sur cette question du style, je souffre parfois de ce que je ressens comme une certaine cuistrerie ambiante. Au point d'en venir à me demander si ce ne serait pas moi qui planerais et qui n'aurais aucun goût... Mon problème, en gros, c'est que bien souvent des styles que j'ai jugé verbeux et maladroits sont loués pour leur immense qualité littéraire, et je ne comprends pas pourquoi. J'ai l'impression que c'est quelque chose qui est apparu surtout sur internet, et généralement chez des gens que je devine un peu plus jeunes que moi. Une sorte de mode, quoi. Si j'étais méchant, je dirais qu'on est toujours en quête de ce qui nous manque, et que c'est peut-être un vocabulaire et une syntaxe en léger déclin générationnel qui les poussent à s'extasier ainsi devant ce qu'ils croient être de la "grande littérature". Mais au fond je n'en sais rien, hormis que ce phénomène m'inquiète un peu. Fin de la parenthèse.
Belle théorie, mais je n'y crois car en fait on peut distinguer :
- une majorité de lecteurs pour qui le fond prime et pour qui le style est une plus value appréciable, et qui recherchent un bon conteur d'histoire
- une minorité de lecteurs pour qui le forme prime et pour qui l'histoire est une plus value appréciable, et qui recherchent un bon jongleur de mots

J'appelent ces derniers les littéreux, je les ai identifiés chez les blasés d'en face :
- leurs lectures sont gâchés par des fautes de traductions, des fautes de français, des coquilles
- ils capables de faire une critique littéraire en parlant syntaxe, grammaire et conjugaison
- ils sont en quête permanente du chef-d'oeuvre, et donc on n'a a droit à des "c'est pas mal, mais c'est moins bien écrit que Hugo / Zola / Proust / Tolstoï / Hemingway / Damiaso / Jaworski...
- pas d'univers, pas d'histoire, pas de personnages... c'est pas grave car c'est très bien écrit...


Pour en revenir à Ayesha, une très bonne trilogie
Le 1er est un peu short malgré le début génial, mais le tome 2 avec sa ville du désert à la Prince of Persia et le tome 3 avec sa révolution totale et sa guerre totale sont mémorables.

PS : pour moi bien au-dessus de Wielstadt, mais ceci est une autre histoire...

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White Square Re: Ange, Ayesha

Message par Oncle Kiin le Jeu 21 Fév - 17:32

Tarentio a écrit:
En bref, une trilogie honnête, mais si je devais choisir un champion de la fantasy française, personnellement j'irais plutôt chercher du côté de Pierre Pevel et de sa trilogie de Wielstadt, par exemple.

Ah ça, je ne peux pas dire, Pevel étant mon Arlésienne depuis des années :oops:
Mais j'ai enfin commandé ses bouquins (Wielstadt et les Lames), qui devraient arriver d'un jour à l'autre. Je compte bien me plonger dedans dès que possible.
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Oncle Kiin
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