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Brandon Sanderson, Fils des Brumes

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White Square Brandon Sanderson, Fils des Brumes

Message par Oncle Kiin le Mer 13 Fév - 15:21


Résumé : Fils-des-Brumes, tome 1 - L'Empire Ultime
Luthadel est la capitale de l’Empire Ultime, sur lequel règne depuis plus de mille ans le Seigneur Maître (The Lord Ruler), un tyran qui enferme son peuple dans la misère. Dans la ville constamment soumise aux pluies de cendre, Vin survit parmi une troupe de voleurs, grâce notamment à un don étrange qu’elle même ne comprend pas vraiment. Sa rencontre avec Kelsier, qui lui révèle la véritable nature de ses capacités, va bouleverser sa vie et l’amener à participer à un projet fou : renverser l’Empire.

Pour commencer, j'espère que je ne me trompe pas de fil ! J'ai hésité entre poster ça ici ou bien ouvrir un fil spécifique au nom de l'auteur. Amis modos, vous êtes seuls juges :)

Brandon Sanderson est ma dernière très grosse claque en date, et il arrive à un moment parfait de mon parcours de lecteur.
En effet, tout en reconnaissant que la "fantasy méchante et sale" (post-Martin en quelque sorte), a produit quelques merveilles, j'avoue que je commençais à me lasser un peu de cette mode. J'avais envie de retrouver les sensations que m'avaient procurées des ouvrages de fantasy plus traditionnelle, mais coulées dans une narration moderne et efficace. En gros, une "BCF" consciente de ses stéréotypes, sachant les épuiser ou les contourner de manière maligne, mais sans renier ni mépriser ses fondamentaux.

Et voilà donc Fils-des-Brumes.
Il est délicat d'en brosser un portrait en quelques lignes, tant il y a de matière. Sachant surtout que les meilleures choses à en dire constitueraient des spoilers :twisted:
Mais on peut lister quelques points forts tout de même :
-- Le système de magie, évidemment, cette allomancie basée sur l'ingestion de métaux et, entre autres, des pouvoirs d'ordre magnétique. La magie, c’est LE truc de Sanderson, il est surtout connu pour ça, et c’est vrai que c’est ici très bien fait, rien à dire.
-- La caractérisation des personnages : épatante, alliant efficacité, lisibilité et émotion. On adore évidemment Kelsier (le voleur au grand cœur, tout en nonchalance charismatique, avec un sens de la répartie génial) et Vin (la petite gamine des rues sauvage et parano,
Spoiler:
qui apprendra à devenir une demoiselle à la cour, et même à se faire des amis
), mais la vraie réussite c’est cette galerie de persos secondaires, tous plus cools et bien campés les uns que les autres. Ça passe par des manies, des habitudes de postures ou des tics de langage, des goûts divers et variés... ça pourrait être trop, mais à mes yeux c’est juste bien, sans jamais franchir la frontière de la caricature gros sabots.
-- Les dialogues, bien troussés, malins, vivants, à l’humour parfaitement dosé. Si on compare avec un ouvrage de jeunesse comme Elantris, on voit que l'auteur a cette fois su s'émanciper davantage de sa filiation avec Eddings, et éviter la caricature pour atteindre une sorte de perfection en la matière.
-- Des rebondissements de malade :)
-- La manière dont presque tout ce qui a précédé en fantasy est digéré, assumé, accepté, sans copier bêtement ni s’en démarquer bêtement.
-- Au moins deux passages qui mériteraient d’être étudiés en détail, à savoir :
1) la scène où Kelsier expose son plan au début (meilleure scène de ce type jamais vue, et excellent moyen de présenter les enjeux du récit de manière dynamique et vivante)
2) le premier bal de Vin,
Spoiler:
en particulier sa rencontre avec Elend Venture
(passage merveilleusement touchant, par sa délicatesse et son humour, et bluffant d’efficacité, puisque le truc est brossé en deux ou trois pages).
-- Beaucoup de choses, y compris dans les thématiques, qui sous des dehors parfois naïfs sont bien plus malignes qu’elles n’en ont l’air. Je crois que c’est un truc important dans les œuvres de l’auteur, ça : le côté « plus malin que ça en a l’air ».


Pour finir, c’est sûrement très bête, mais je me demande si Vin ne tient pas son nom de Vin Diesel. Comme c’est une gamine un peu butch, qui castagne pas mal, et connaissant le côté geek de Sanderson, ça ne m’étonnerait pas ^^ (Vin Diesel est quand même la seule star de films de tatanes qui raconte dans les interviews télé sa passion pour Dungeons & Dragons :p)

modération : il était temps qu'on ouvre un topic sur l'auteur fantasy qui monte (Albéric) ;)
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Oncle Kiin
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White Square Re: Brandon Sanderson, Fils des Brumes

Message par Albéric le Mer 13 Fév - 21:20

Concernant le tome 1 :

Le très bon 1er chapitre nous immerge d’emblée dans un univers sombre et désespéré au sens propre comme au sens figuré (univers que le personnage principal n’aura de cesse de détruire, comme Paul Atréides dans Dune).
Et avec le recul, ce 1er tome de Mistborn ressemble fort à un remake fantasy de V pour Vendetta.
Kelsier, transfiguré par son martyr, à la fois fantasque et tourmenté, combat seul contre tous un système totalitaire auquel tout le monde s’est résigné.
N’y-t-il que lui pour résister au vil oppresseur ?
Que nenni, mais c’est bien le seul à croire en une possible libération.
En alterne séances de level-up et atermoiements de midinette, Vin n’arrive pas à la cheville d’Ivy.
Fin du rêve… 😢

Ne revenons pas sur le duo Kelsier/Dockson et leurs équipiers, qui rappelle le duo Locke Lamora/Jean Tannen et leurs amis, qui rappelait le duo Georges Clooney/Brad Pitt et leurs camarades, qui reprenait les rôles de Frank Sinatra/Dean Martin et leurs compères du Rat Pack…
Mais on peut regretter que nombre de personnages potentiellement très intéressants ou à défaut très sympas ne soient qu’esquissés alors qu’on subi l’impératif de besoin de mettre en avant une héroïne adolescente (censée faire du pied au lectorat adolescent ?)

Ne revenons pas sur les références aux kung-fu movies : les lignes bleues de l’allomancie remplacent les lignes vertes de 0 et de 1 de la Matrice, et les tractions/répulsions allomantiques remplacent les câbles du cinéma HK…
Mais cela fait plaisir de voir des auteurs de chorégraphier leurs scènes d’action pour rendre leurs récits immersifs et donc captivants.
Dommage que l’auteur abuse quelque peu de la ficelle au point de rendre parfois ses combats illisibles, et pire encore répétitifs.
Spoiler:
Mais on nous gratifie d’un époustouflant combat entre le Survivant de Hathsin et l’Inquisiteur d’Acier !!!

Et je vous laisse le plaisir de la découverte concernant le très réjouissant système de magie : l’allomancie et la ferrochimie.
Simples, cohérentes, efficaces et fascinantes… On se surprend à trouver tout cela très naturel !

Un autre point fort du roman c’est de dépeindre une révolution et donc de développer des thèmes sociopolitiques de bon aloi.
La tyrannie du Seigneur-Maître s’appuie sur des aristocraties collaboratrices bouffies d’orgueil pour asservir les masses laborieuses.
On s’inspire plus volontiers des luttes des classes du XIXème siècle que du médiéval fantastique, même si aux niveaux économiques et technologiques on doit naviguer quelque part entre la Renaissance et le XVIIIème siècle
En tournant les pages, on peut revoir Les Misérables de Victor Hugo, le Germinal de Zola, les Mystères de Paris d’Eugène Sue
Mais avec l’économie de plantation et les problèmes de métissage l’auteur doit davantage se référer aux États-Unis esclavagistes.

Toutefois 3 bémols viennent ternir une chouette histoire et un fort bel ensemble :
- un vraie hétérogénéité de rythme (défaut constant dans tout le cycle et dans tous les livres de l’auteur : un truc vraiment très pénible)
On papote, on magouille mais finalement on agit très peu, du coup s’installe une routine avec le schéma préparatifs / palabres / mission d'espionnage / boulette / cata / rattrapage de la cata avant d’enchainer sur un autre cycle du même acabit.
Bref les 500 premières pages contrastent avec les 100 dernières truffées de twists, de révélations et de nouvelles interrogations.
- le personnage de Vin, qui fait ici office d’héroïne adolescente douée de grands pouvoirs latents qui ne demandent qu’à se révéler… Mais vous connaissez la chanson non ? C’est la même qu’on nous ressert depuis des années en Big Commercial Fantasy !
Spoiler:
(les triomphes de Vin effacent trop facilement les sacrifices de Kelsier : je trouve que cela sonne cruellement faux…)
- C’est ballot de développer tout un univers pour quasiment le laisser quasiment de côté :
on nous tease avec un univers post-apocalyptique où domine un soleil rouge caché par les pluies de cendres diurnes…
on nous tease avec un cadre urbain où dominent des palais-cathédrales aux tours gothiques masquées par les brumes nocturnes
Mais on ne va pas plus loin ! Cela pourrait se justifier par les personnages underground, mais c’est un défaut récurrent à tous ses livres.

Nombreux sont les parallèles entre l’Empire Ultime et le Dune de Franck Herbert :
Spoiler:
Le Seigneur Maître = l’Empereur Dieu, Les Grandes Maisons = le Landsraad
l’atium = l’épice, les Ferrisiens = les mentats, le programme de reproduction = le Bene Gesserit, Les Kandras = les golems teilaxu
Et je ne parle même pas des citations de début de chapitre qui ressemble beaucoup aux mémoires de l’Empereur-Dieu !!!


Si on creuse, on pourrait démasquer un efficace attrape-tout (Matrix, V pour Vendetta, Dune...)
Mais il ne faut pas bouder son plaisir, malgré qques défauts, l’ensemble est de fort belle facture. :thumright:
Enchaînons donc avec le tome 2, car que vont devenir les apprentis libérateurs du Dominat ?

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White Square Re: Brandon Sanderson, Fils des Brumes

Message par Oncle Kiin le Jeu 14 Fév - 14:39

Plutôt d'accord avec tes impressions, Albéric. Je suis beaucoup plus indulgent pour cause de gros coup de coeur, mais rien à redire sur le fond.

J'avoue, je n'ai jamais lu V pour Vendetta, donc tout cet aspect-là m'a forcément échappé. Mais le rapport avec Dune est effectivement incontestable.
Quant à Matrix et aux films HK, ça sent beaucoup dans les combats, oui. Ca m'avait d'ailleurs amusé, parce que tellement typique de la manière raisonnable et méthodique qu'a Sanderson de travailler. Il sait qu'il ne sait pas, on peut supposer qu'il n'a jamais pratiqué de sports de combat, ni étudié la tactique militaire, etc., donc il prend ce qu'il connaît, ce qui appartient à sa culture, et il essaie de bosser à partir de ça. Il y a dans cette démarche une humilité et une envie de bien faire que je trouve très sympathique.

Tout le côté "initiatique" et "émois adolescents" ne m'a pas dérangé.
Question de goûts, et puis j'ai eu le sentiment que justement l'auteur renouvelait assez bien tout ça. (En te lisant je m'aperçois que concrètement la prise de distance est moindre que je ne l'avais ressentie à ma lecture, mais c'est bien une preuve que ça marche, et qu'il a réussi sur ce point à me raconter cette éternelle même histoire sans m'ennuyer :) )

OK enfin avec tout ce que tu cites à propos des thèmes sociopolitiques. J'ajouterais qu'il y a même l'expression d'une inquiétude un peu plus contemporaine à travers le statut des Skaa.
Spoiler:
Extrait du lexique :
« Skaa
Les paysans de l’Empire Ultime. Ils étaient autrefois de différentes origines et nationalités, mais le Seigneur Maître, lors de ses mille ans de règne, s’efforça d’étouffer en eux tout sentiment d’identité pour créer une espèce unique et homogène de travailleurs esclaves. »
Remplaçons "travailleurs" par "travailleurs et consommateurs", et on retombe sur un courant d'idées tout à fait actuel (quoi qu'on puisse en penser par ailleurs).

HS total : J'ignorais tout de l'expression "Rat Pack", mais je viens grâce à toi de comprendre la généalogie du terme "Brat Pack", utilisé pour désigner la bande d'acteurs des comédies 80's (Molly Ringwald, James Spader et cie, autour de réals comme John Hugues) :)
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White Square Re: Brandon Sanderson, Fils des Brumes

Message par Oncle Kiin le Jeu 14 Fév - 14:46


Résumé : Fils-des-Brumes, tome 2 - Le Puits de l'Ascension
En mettant fin au règne brutal et millénaire du tyran, ils ont réalisé l’impossible.
À présent, Vin la gamine des rues devenue Fille-des-Brumes, et Elend Venture, le jeune noble idéaliste, doivent construire un nouveau gouvernement sur les cendres de l’Empire. Mais trois armées menées par des factions hostiles, dont celle des monstrueux koloss, font le siège de Luthadel. Alors que l’étau se resserre, une légende évoquant le mystérieux Puits de l’Ascension leur offre une lueur d’espoir.
Et si tuer le Seigneur Maître avait été la partie la plus facile ?



Toujours très bon, mon préféré de la trilogie je pense.
Là encore, ça serait trop dommage de spoiler, aussi vais-je en dire le moins possible sur l’intrigue en elle-même.

Toujours beaucoup de fausses pistes, de retournements de situation, etc. Puisqu'on a désormais compris, en tant que lecteur du premier volume, comment Sanderson fonctionne et quels sont les genres de pièges qu'il nous tend, cela crée un jeu permanent entre l'auteur et nous, d'une façon que j'ai trouvée habile et savoureuse.
Par ailleurs, l'intrigue fait peut-être moins "fabriquée", plus fluide d'une certaine manière.

Les personnages continuent de gagner en profondeur et en crédibilité, notamment ceux qui n'avaient qu'un rôle "utilitaire" dans le tome 1 et dans lesquels on plonge cette fois de façon plus détaillée. Les personnages principaux évoluent, on les voit changer et mûrir face à leurs nouvelles responsabilités, cet aspect est vraiment réussi. Je veux dire, c'est quelque chose qu'il n'aurait surtout pas fallu rater, et il me semble que l'auteur s'en sort très bien à ce niveau-là.

Le worldbuilding s'étoffe et s'approfondit. Il n'y a pas tant d'éléments que ça, finalement : deux ou trois castes étranges, deux ou trois races non-humaines, quelques mystères. Mais on sent déjà que les questions qu'on se peut se poser finiront par se rejoindre et que rien ne sera laissé à pendouiller. Je préfère ça à un background trop riche mais où la moitié des éléments ne seront jamais vraiment utilisés ou expliqués.

L’ambiance super-héros, déjà bien présente dans le premier volume (avec tout le côté Gotham, et ces Fils-des-Brumes accroupis sur les toits comme des gargouilles avant de s’élancer entre les bâtiments tels Spiderman, etc.) ne se dément pas : une thématique à la Magneto pointe même son nez
Spoiler:
à travers le personnage de Zane
, et les combats deviennent toujours plus grosbills/comics, avec un certain nombres "d’images arrêtées" dans les descriptions des scènes d’action, qui produisent un effet très cinématographique.

Parmi les détails un peu subtils, je crois avoir repéré quelques passages assez fins et drôles où l’auteur semble puiser dans son vécu quotidien. Pour décrire par exemple la scène où Elend rédige son discours, ou bien dans les scènes où Vin étudie, relit et trifouille des extraits du "tome 1". C’est assez Sanderson, ça, ce retour fréquent (mais subliminal) au réel, au quotidien, voire à la modernité vécue. Ce n’est jamais assez marqué pour faire sortir du bouquin, mais on le sent matois, il y en a toujours un peu plus que ce qui est concrètement raconté, un peu façon Whedon, bref j’aime bien.
Spoiler:
(Tout le côté « Internet » des cerveaux de métal des ferrochimistes, par exemple.
Mais aussi, plus personnel sans doute pour l’auteur, la thématique de l’impermanence des textes, qui évoluent, sont sans cesse changés, à mi-chemin entre une réflexion sur le travail quotidien de l’écrivain et une mise en abîme des nouveaux supports textuels de l’ère informatique.)

Le lexique est sympa aussi, on y découvre de petits détails pas vraiment explicités dans le texte, etc.
Ceci dit, là ça dépend vraiment des goûts, mais je suis assez friand des lexiques à la fin des livres de fantasy ou SF, donc personnellement ça m'a beaucoup plu.
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White Square Re: Brandon Sanderson, Fils des Brumes

Message par Albéric le Jeu 14 Fév - 19:06

Très belle chronique du tome 2 ! :thumright: (même si je serais un chouïa moins enthousiaste)

OK enfin avec tout ce que tu cites à propos des thèmes sociopolitiques. J'ajouterais qu'il y a même l'expression d'une inquiétude un peu plus contemporaine à travers le statut des Skaa.
Tout à fait d'accord, et c'est fort dommage que dans l'Alliage de Justice on fasse marche arrière avec un détestable "travailles et tais-toi" revendiqué par les héros du livres qui pourchassent des bandits révolutionnaires qui aurait pu être ceux du tome 1.

Si on compare avec un ouvrage de jeunesse comme Elantris, on voit que l'auteur a cette fois su s'émanciper davantage de sa filiation avec Eddings, et éviter la caricature pour atteindre une sorte de perfection en la matière.
L'héritage Eddings est encore plus présent dans le tome 2 tant Elend ressemble à Garion avec tous ses conseillers qui lui apprennent à être Roi (la ferrochimiste est un sosie de Polgara).

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White Square Re: Brandon Sanderson, Fils des Brumes

Message par Oncle Kiin le Jeu 14 Fév - 21:46

Albéric a écrit:la ferrochimiste est un sosie de Polgara.

Oh mazette, maintenant que tu le dis... :lol:
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White Square Re: Brandon Sanderson, Fils des Brumes

Message par Oncle Kiin le Ven 15 Fév - 13:13



Résumé : Fils-des-Brumes, tome 3 - Le Héros des Siècles
Qui sera le Héros des Siècles ?
Pour mettre fin à la tyrannie, Vin a tué le Seigneur Maître. Mais en essayant de fermer le Puits de l’Ascension, elle a laissé s’échapper une des formes maléfiques de l’Insondable. Depuis, les Inquisiteurs et les brumes font toujours plus de victimes, tandis que les cendres qui tombent du ciel menacent d’affamer les hommes et d’ensevelir le pays.
Vin et Elend tentent de sauver ce qui peut encore l’être. Pour cela, ils doivent à tout prix découvrir les derniers secrets du Seigneur Maître : l’ultime cachette d’atium, le plus puissant métal des Fils-des-Brumes… et l’identité du Héros des Siècles.



Un léger cran en-dessous des deux premiers, selon moi, mais quand même très bien.
Toujours autant de rebondissements, des persos toujours aussi cools et attachants, une intrigue savamment maîtrisée d’un bout à l’autre, une intelligence politique et une culture historique qui affleurent sans tomber dans le message lourdingue, un final inattendu.

C'est d'ailleurs ce final qui m'a un tout petit peu déçu. Les autres twists et révélations de ce volume m'ont parfois vraiment scotché, notamment l'identité du Héros des Siècles et la manière dont c'est amené, mais la toute fin m'a semblé presque un peu facile.
Cependant, toutes les histoires sont bien conclues, les mystères convergent et s'expliquent de façon cohérente, c'est un sans faute à ce niveau-là. On a réellement une trilogie qui tient debout toute seule, même si l'auteur réutilisera plus tard cet univers.

A noter enfin : tous les romans de Sanderson, hormis ses écrits YA, se déroulent dans le même "univers", entendu cette fois au sens large, à savoir le Cosmere. On peut très bien lire ses ouvrages sans le savoir ni s'en préoccuper, mais il peut être amusant de repérer les quelques détails (certains personnages secondaires récurrents, certains éléments de worldbuilding) qu'il laisse traîner afin de fournir des indices sur la mythologie et les grands enjeux cosmiques/magiques du Cosmere.
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White Square Re: Brandon Sanderson, Fils des Brumes

Message par Albéric le Sam 16 Fév - 17:11

A noter enfin : tous les romans de Sanderson, hormis ses écrits YA, se déroulent dans le même "univers", entendu cette fois au sens large, à savoir le Cosmere. On peut très bien lire ses ouvrages sans le savoir ni s'en préoccuper, mais il peut être amusant de repérer les quelques détails (certains personnages secondaires récurrents, certains éléments de worldbuilding) qu'il laisse traîner afin de fournir des indices sur la mythologie et les grands enjeux cosmiques/magiques du Cosmere.
J'ai peur que cela sente plus l'argument commercial qu'autres choses (genre "Sanderson, le nouveau Moorcock"), car vu qu'il a déjà du mal à faire des liens entre les 2 cycles de Fils-des-Brumes, je n'imagine pas les manières dont il va relier les autres cycles entre eux...

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White Square Re: Brandon Sanderson, Fils des Brumes

Message par Oncle Kiin le Sam 16 Fév - 19:56

Argument commercial, je ne crois pas. En tout cas, pas que. (En admettant même que ça ne soit pas plutôt un repoussoir, d'ailleurs. Moi, au début, ça m'avait un peu rebuté.)
Je pense que c'est quelque chose de sincère qui le travaille depuis longtemps, si je recoupe différentes interviews. Je dirais depuis le début de sa carrière, lorsque les réalités éditoriales et son désir de "parfaire son métier d'abord" le contraignirent à proposer des romans isolés ou de courtes séries, là où il aurait souhaité se lancer dans une série-fleuve avec une cosmogonie énorme.

En revanche, j'ai parfois peur que ça soit confus et raté, oui :(

Je suppose qu'on pourra se faire une idée plus précise de cet aspect des choses à mesure de la parution de Stormlight Archive.
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White Square Re: Brandon Sanderson, Fils des Brumes

Message par Albéric le Dim 17 Fév - 20:24

Ce que je vais écrire va paraître assez dur, mais qui aime bien châtie bien et j'ai adoré Mistborn.

Je pense que c'est quelque chose de sincère qui le travaille depuis longtemps, si je recoupe différentes interviews.
J'ai du mal à qualifier Sanderson de sincère tant il n'assume pas ses influences (et plus il rencontre le succès et moins il assume ses inspirations, ça c'est mauvais signe).

Je dirais depuis le début de sa carrière, lorsque les réalités éditoriales et son désir de "parfaire son métier d'abord" le contraignirent à proposer des romans isolés ou de courtes séries,
Mistborn fait plus de 2000 pages : on ne peut pas parler de série courte.

là où il aurait souhaité se lancer dans une série-fleuve avec une cosmogonie énorme.
J'ai toujours trouvé cela assez prétentieux, comme si la valeur d'un auteur se mesurait au nombre de signes écrits, mais comme effectivement certains fantasix considèrent que plus une saga est longue et meilleure elle est (mdr l'EdV) et plus un livre a de pages et plus intéressant il est...

En revanche, j'ai parfois peur que ça soit confus et raté, oui
Quand tu vois que pour Mistborn il crée tout un univers pour que 80% du cycle se déroule dans la ville de Luthadel, et que de cette ville on ne nous offre pas beaucoup de choses.
Et pour l'Alliage de Justice c'est encore pire : on passe de la base du gentil à la base du méchant en 3 temps (bal, commissariat, train).

Je suppose qu'on pourra se faire une idée plus précise de cet aspect des choses à mesure de la parution de Stormlight Archive.
Sanderson a l'air de vouloir égaler le maître en la matière Robert Jordan, tant sur le worlbuilding de ouf que sur le nombre de pages de ouf (on part sur un méga décalogie donc plus de 10 000 pages et découpage mercantile oblige on aura 20 livres en français).
Par contre le pitch a l'air supra cool : dommage qu'on repère immédiatement les emprunts à d'autre oeuvres. La planète venteuse est un classique de la SF (cf. Brussolo) et les armures qui rendent surpuissants, et bien c'est tout un pan de l'animation des années 80 qui est mis à contribution... Mais l'association des 2 peut dépoter du tonnerre et Sanderson sait y faire !


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White Square Re: Brandon Sanderson, Fils des Brumes

Message par Oncle Kiin le Dim 17 Fév - 21:18

Albéric a écrit:
Mistborn fait plus de 2000 pages : on ne peut pas parler de série courte.

C'est pas pour le plaisir de pinailler, d'autant que concrètement tu as raison (2000 pages c'est pas court), mais en toute franchise j'ai toujours vu/ressenti Mistborn comme "une série courte". Une trilogie, quoi. Ses premières pages/chapitres ne font pas sonner mon radar à série-fleuve, ni n'allument l'état d'esprit particulier dans lequel je me plonge quand je lis des séries très longues.
Pas sûr d'être super clair, mais bon :lol:


là où il aurait souhaité se lancer dans une série-fleuve avec une cosmogonie énorme.
Albéric a écrit:J'ai toujours trouvé cela assez prétentieux, comme si la valeur d'un auteur se mesurait au nombre de signes écrits, mais comme effectivement certains fantasix considèrent que plus une saga est longue et meilleure elle est (mdr l'EdV) et plus un livre a de pages et plus intéressant il est...

En même temps, pour ceux qui aiment ça, c'est peut-être pas tant une question de "prouver sa valeur" qu'une question de "grosse envie de le faire".
Il y a quelque chose avec les gros cycles en fantasy. Ca ne touche pas tout le monde, ça ne constitue certainement ni l'aristocratie ni même la "bonne formule" des oeuvres de fantasy, mais je fais partie de ces lecteurs qui aiment ça, j'avoue.
Qu'on se comprenne bien : je n'ai jamais entendu quelqu'un dire "si ça fait 10 000 pages, le contenu sera forcément bon", et je ne le dis pas non plus :) Mais la longueur de ces histoires leur apporte indéniablement un truc en plus à mes yeux.
J'aime bien aussi les trilogies et les stand alone, certains figurent parmi mes oeuvres préférées. Et une décalogie ne sera pas par principe meilleure qu'un bouquin en un seul volume. Mais si l'histoire me plaît, et qu'elle se prête à ce format (ce n'est pas nécessairement le cas), alors oui, le fait que ça fasse dix volumes ajoutera quelque chose à mon plaisir et à mon immersion.
Et je comprends parfaitement qu'un auteur qui a aimé ces séries en deux trillions de tomes ait envie d'écrire la sienne. Pour la prétention je ne sais pas, je ne suis pas dans sa tête. Peut-être. Mais même sans ça, l'idée de se lancer dans un truc si vaste, le frisson particulier que ça doit représenter de plonger ainsi dans une histoire qui va durer des années voire des décennies (en temps réel du monde réel, je veux dire ^^)... eh bien, j'imagine que ça ressemble un peu à cette qualité particulière d'émotion que m'inspirent ces méga-séries, en tant que lecteur. Du coup je le comprends


En revanche, j'ai parfois peur que ça soit confus et raté, oui
Albéric a écrit:Quand tu vois que pour Mistborn il crée tout un univers pour que 80% du cycle se déroule dans la ville de Luthadel, et que de cette ville on ne nous offre pas beaucoup de choses.
Et pour l'Alliage de Justice c'est encore pire : on passe de la base du gentil à la base du méchant en 3 temps (bal, commissariat, train).

Voilà, exactement.
Pour l'instant j'adore ses univers, je les trouve cohérents et tout, mais je ne peux pas m'empêcher de leur trouver parfois un côté un peu carton-pâte. Ou disons, à la limite de l'être. Cette impression qu'il a créé ce dont il avait besoin, et qu'il n'y a pas grand-chose derrière le décor. C'est pour ça que je redoute un peu son histoire de Cosmere, parce que là, s'il n'approfondit pas réellement, à mon avis ça passera beaucoup moins bien.
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White Square Re: Brandon Sanderson, Fils des Brumes

Message par Albéric le Lun 18 Fév - 9:15

C'est pas pour le plaisir de pinailler...
Non tu ne pinailles pas, sur le fond tu as raison... C'est juste que cela tire quand même à la ligne.

Et je comprends parfaitement qu'un auteur qui a aimé ces séries en deux trillions de tomes ait envie d'écrire la sienne.
C'est vrai que ce qui aurait été prétentieux cela aurait été de commence par une série fleuve.
Alors qu'il a attendu d'atteindre un certain niveau d'assurance avant de s'y lancer.
Reste que la concomitance entre la sortie du 1er tome de Stomlight Archive et celui du dernier tome de la RdT fait un peu OPA sur un très gros lectorat fan des mégacycles.
(rappelons que Jordan n'aurait pas sorti sa série fleuve sans la garantie de son épouse éditrice)

Pour l'instant j'adore ses univers, je les trouve cohérents et tout, mais je ne peux pas m'empêcher de leur trouver parfois un côté un peu carton-pâte. Ou disons, à la limite de l'être. Cette impression qu'il a créé ce dont il avait besoin, et qu'il n'y a pas grand-chose derrière le décor. C'est pour ça que je redoute un peu son histoire de Cosmere, parce que là, s'il n'approfondit pas réellement, à mon avis ça passera beaucoup moins bien.
Content de ne pas être le seul à m'en être aperçu car sur Elbakin ils n'y voient que du feu...
Le pire c'est que ce n'est pas un défaut ou une lacune, mais une technique d'écriture pour rédiger plus et plus vite pour pouvoir sortir 2 livres par an et occuper ainsi la scène.

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White Square Re: Brandon Sanderson, Fils des Brumes

Message par Albéric le Lun 25 Fév - 13:55

Il y en a, faut qu'ils arrêtent de fumer le moquette : Vin n'est ni une femme fatale à la Gina Lollobrigida ni une badass trop vénère avec une épée géante à la Soulcalibur ou à la Berserk !



Spoiler:


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White Square Re: Brandon Sanderson, Fils des Brumes

Message par Oncle Kiin le Lun 25 Fév - 14:33

Haha :shock:
Mais la deuxième, c'est pas à un moment où elle est chargée à bloc de potin* et où elle pique l'épée géante d'un koloss ?


* Oui, je me doute que ce bout de phrase doit avoir l'air super bizarre si on a pas lu la série :lol:
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White Square Re: Brandon Sanderson, Fils des Brumes

Message par Albéric le Lun 25 Fév - 14:38

Oncle Kiin a écrit:Mais la deuxième, c'est pas à un moment où elle est chargée à bloc de potin* et où elle pique l'épée géante d'un koloss ?
Vu la taille des Koloss j'ai un doute.
Vu le design de l'épée j'ai un très gros doute.
Dans tous les cas, ce n'est vraiment pas très représentatif du personnage de Vin.

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Message par Oncle Kiin le Mar 7 Mai - 0:47

En parlant de l'Alliage de justice, il vient d'être désigné lauréat du Prix Imaginales, catégorie Roman étranger.
Bon... J'aime vraiment beaucoup Brandon Sanderson, mais je ne sais pas si j'aurais parié sur lui ce coup-ci. Il y avait tout de même en lice Magie brute et Le Lion du Caire (que je n'ai pas encore lus mais qui si j'en crois le buzz avaient su rassembler un public enthousiaste).

Et sinon, vilain HS parce que je ne sais pas du tout où poster ça : Le Puits des Mémoires de Gabriel Katz, dans la catégorie Roman francophone. Acheté mais pas encore lu, je ne peux rien en dire.
Là encore, la sélection était belle et la concurrence rude : entre autres Le Sang des 7 rois, et La Somme des Rêves que je suis en train de lire (et d'apprécier).


modération : j'ai déplacé l'intervention ici car on est dans le même univers que Fils-des-Brumes, on pourra toujours faire marche arrière ultérieurement (Albéric) ;)
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White Square Re: Brandon Sanderson, Fils des Brumes

Message par Albéric le Mar 7 Mai - 17:59

Concernant le tome 2 : le Puits de l'Ascension :

L’effet de surprise a disparu mais c'est un bon roman de fantasy.
Ce 2e tome est moins épique et héroïque que le 1er (quoique…), mais aussi plus homogène et plus régulier paradoxalement : le papier à musique est mieux réglé et du coup on ne repère un peu moins les mécaniques d’écriture.
Dans le 1er tome, la bande à Kelsier voulait réaliser un coup d’Etat.
Dans le 2e tome, la bande à Kelsier doit construit un nouvel Etat.
Mais à l’Ancien Régime du Seigneur Maître succède le chaos de l’incertitude pour tous les protagonistes qu’ils soient blancs, noirs, ou gris.
... et malgré tout difficile de ne pas déceler l'héritage Eddings.

Les + :
- beaucoup de « politique » avec son lot de complots, de suspicions de trahisons et de retournement de situation…
… on pourrait presque croire que l’auteur lorgne sur le TdF
- Vin et Elend gagne en maturité face à l’adversité, un peu comme à des Enfants de Dune inversés
- Une réjouissante partie de « il faut chercher le traître » avec son lot de fausses pistes à la Agatha Christie.
- Un final bien comme il faut avec son lot d’actes héroïques et d’actes tragiques

Les - :
- qques descriptions de combats assez lourdes en début de roman (a-t-on besoin de connaître les tenants de toutes les Tractions / Répulsions de tous les protagonistes desdits combats ?)
- qques déséquilibres dans le traitement des personnages, Brise occupant autant de place dans le roman que tout le reste de la bande à Kelsier, mis à part Vin, Elend et ce bon vieux Sazed !
- les Seigneurs de la Guerre venant faire le siège de Luthadel aurait pu être davantage étoffé dans le traitement de leur personnage
- on grince des dents devant la naïveté voire l’imbécilité de nos héros à certains moments (il traine dans l’Empire Ultime 2 dizaines d’Inquisiteurs d’Acier capables d’à peu près n’importe quoi : ils ne s’en inquiètent pas trop ; les Inquisiteurs d’Acier désertent leur monastère-forteresse millénaire pour aller on ne sait où faire on ne sait quoi : toujours aucune inquiétude ; on signale la présence d’un ou plusieurs Inquisiteurs d’Acier dans les rues de la capitale et c’est toujours Cool Raoul.
Ils le font exprès ou quoi ! Et après ils viennent pleurer quand le ciel leur tombe sur la tête)


Si on connaît mieux les Kandra et les Koloss, mais il reste beaucoup à dire sur les Inquisiteurs d’Acier…
Laissez-moi devinez :
Spoiler:
il y a toujours des marres de sang partout ils passent donc y aurait-il un 3e type de magie basé sur le sang ?


Dernière édition par Albéric le Jeu 21 Aoû - 11:25, édité 4 fois

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White Square Re: Brandon Sanderson, Fils des Brumes

Message par Albéric le Mar 7 Mai - 19:38

Concernant le tome 3 : Le Héros des siècles

J’ai été un peu moins enthousiasmé par ce 3e volume que par les 2 tomes précédents (accoutumance au Sanderson’s style ?), mais la qualité est toujours au rendez-vous.
Je dirai même qu’il est mieux écrit : mieux construit dans l’équilibre et le rythme, moins prolixe de détails, moins « bavard » (cela serait presque dommage que les 2 premiers n’aient pas été écrit avec cette plume là…)

C’est donc avec un grand plaisir que j’ai retrouvé la Bande des Survivants dans leur lutte pour retarder l’inévitable.
Bref on retrouve Vin, Elend, Sazed, Marsh, Spectre, Teensoon et quelques autres dans une course contre l’apocalypse !

Un très bon cycle qui a le bon goût de ne pas trop s’éterniser et qui présente 3 tomes qui en plus de suffire à eux-mêmes ou presque forme un tout aussi cohérent qu’intéressant :
- tome 1 : révolution et filouteries
- tome 2 : reconstruction et intrigues
- tome 3 : fuite en avant et fin du monde

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White Square Re: Brandon Sanderson, Fils des Brumes

Message par Albéric le Mar 7 Mai - 20:00


Résumé de l'Alliage de justice :
Kelsier, Vin, Elend et les autres font désormais partis de l’Histoire – ou de la religion. Les chemins de fer côtoient les canaux, les rues sont éclairées à l’électricité et les premiers gratte-ciel partent à l’assaut des nuages. Mais les anciennes magies allomantique et férochimique existent toujours. Un outil précieux pour les hommes et femmes courageux qui tentent de faire régner la justice dans les terres sauvages qu’on appelle les Rocailles. Après vingt ans là-bas et une récente tragédie, Wax Ladrian est de retour à la métropole d’Elendel. À la tête d’une Maison noble, il doit ranger ses pistolets pour assumer de nouveaux devoirs. Ou du moins le croit-il. Car les demeures et les rues élégantes de la ville pourraient bien s’avérer plus dangereuses encore que les plaines poussiéreuses des Rocailles…

J’étais acquis à la cause de Brandon Sanderson après la trilogie Fils-des-Brumes.
Là avec l’Alliage de Justice j’aurais du me régaler et la très efficace introduction western et son gunfight allomantique étaient de très bon augure. Et bien pourtant ma lecture fut très laborieuse : 1 mois et demi pour lire 250 pages.
Pour commencer ce n’est pas un western steampunk, mais un comic victorien.


Je vais vite passer sur les points positifs :
- on entre rapidement dans l’univers et dans l’histoire
- c’est bien plus original que du médiéval fantastique
- les scènes d’action sont cinématographiques
- les enjeux sont dans la mouvance des comics
- c’est fluide, c’est efficace, c’est rythmé
- on identifie rapidement les personnages auxquels on pourra s’attacher (normal il n’y en a que 2 !)

Sur le fond le bouquin est découpé en 2 parties : tant pis pour les spoilers, mieux vaut être averti
Dans la 1ère partie plusieurs semaines s’écoulent dans les ellipses qui séparent les chapitres qui nous permettent de découvrir l’univers de Fils-des-Brumes 3 siècles après les événements du Héros des Siècles.
On retrouve un aristocrate vigilante qui s’associe à un side-kick action-humour et une jeune ingénue à la fois belle et intelligente, passionnée et réservée. Cela lorgne carrément sur les terres de la Batman Family mais ce n’est pas assumé du tout. On a même droit au majordome complice et à l’armurier malicieux (Batman Begins je te vois).
La 2e partie se résume en une traque de 48h qui se termine par une longue scène d’action blockbusterienne.
On retrouve un gentleman baroudeur et un roublard transformiste qui doivent démasquer une mystérieuse conspiration et stopper les plans d’un super-vilain mégalomane.
Cela ressemble à s’y méprendre à du Wild Wild West mais ce n’est pas assumé du tout.

J’ajoute les multiples références aux héros divinisés de Fils-des-Brumes qui ne servent à rien puisque qu’on nous offre quasiment aucune indice pour faire les liens.
J’ajoute les multiples références aux exploits de Wayne, Wax et Miles dans les rocailles qui ne servent à rien puisqu’on nous offre quasiment aucun n’indice pour aller plus loin.
J’ajoute l’univers steampunk carrément survolé puisque qu’on passe des salles de bal aux planques des criminels entre un passage au commissariat ou à la batcave.

Et puis idéologiquement j’ai un peu de mal : passer des skas exploités par l’aristocratie aux pauvres exploités par la bourgeoisie… Je me dis que plus les choses changent et plus elles sont les même. Alors le vrai (le faux ?) justicier défenseur de l’ordre établi qui châtie le faux justicier (le vrai ?) qui veut faire la révolution pour changer la société, cela me laisse particulièrement perplexe.
Mais pas problèmes, le progrès est en marche car les riches n’ont plus le droit de tuer les pauvres selon leurs caprices.
(Mais ils peuvent détruire leurs vies d’un claquement de doigt, mais ceci est sans doute une autre histoire).


Sur la forme les défauts sont nombreux ! Des tics d’écriture maladroits que je n’avais pas décelés auparavant.
Et que les branchouilles VOphiles ne viennent pas nous dire que la traduction de Mélanie Fazi est mauvaise…

Genre des personnages pris en flagrant délit de cabotinage
Et que Wayne se lance dans un canular de collégien, et qu’il enchaîne sur une grande tirade intimiste avec violon et pathos avant de repartir avec un calembour à 2 balles ridicule.

Genre des personnages pris en flagrant délit de poticherie
les révélations sur Marasi ? Wax et Wayne s’en foutent.
Marasi connaît par cœur les exploits de Wax, Wayne et Miles ? Ils s’en foutent.
Marasi assemble les pièces du puzzle plus rapidement que Wax et Wayne ? Ils s’en foutent.

Genre des dialogues minimalistes :
- dynamite
- yep
- go
- ok

Genre des descriptions foireuses :
« Il se réfugia derrière les caisses. Mais un bandit essayait de le contourner en passant derrière les caisses. Donc il sauta par dessus les caisses, tira pour s’en débarrasser et courut vers dans la direction opposée vers d’autres caisses. »

Genre le vilain copier-coller d’une description explicative du style de combat de Wayne alors que les scènes d’action se compte sur les doigts d’une main…

Genre les deus ex machina, parfois annoncés à l’avance, parfois arrivant comme des cheveux sur la soupe, qui sont toujours là pour relancer l’intrigue ou pour sauver le héros du merdier dans le quel il s’est idiotement fourré.

Genre l’humour qui tombe souvent à plat et donc dessert le récit plutôt qu’il ne le sert.

Et que dire de cette désagréable mode qui consiste à obliger lecteur à aller de l’avant en révélant bien plus de choses dans les 5 dernières pages que dans les centaines qui ont précédé, comme ses séries où il se passe plus de choses dans les 30 secondes du cliffhanger final que dans les 40 minutes précédentes ?

Bref, hors de question d’accuser Mélanie Fazi d’avoir massacré le travail de Brandon Sanderson.
Car au final c’est quand même beaucoup de blabla parfois bien maladroit pour faire avancer l’intrigue entre les quelques scènes d’action ou les quelques rebondissements. Tout aurait largement tenu dans un BD de 50 pages.
Coup de mou, foirade ou baisse de régime ?
En pur produit des ateliers d’écriture Sanderson sait trousser son affaire, mais sur la forme c’est la réutilisation des mêmes formules bien rôdées et sur le fond c’est du recyclage bien d’autres auteurs.
Si vous ne connaissez pas l’auteur vous allez kiffé, si vous le connaissez déjà vous serez sans doute très déçu.

Un court roman qui sera fort plaisant pour le « tout venant » et les fans de Fils-des-Brumes.
Mais le lecteur averti se tournera vers le Frey de Chris Wooding, un western steampunk plus intéressant.
Mais le lecteur très averti se tournera vers Larry Correia qui avec Grimnoir avait réalisé un mix magie/industrie beaucoup plus abouti (avec des scènes d’action qui roxent plus avec des personnages plus héroïques)
Bref on est en droit d’attendre beaucoup plus d’un auteur comme Brandon Sanderson.
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White Square Re: Brandon Sanderson, Fils des Brumes

Message par Albéric le Mar 7 Mai - 20:03

Oncle Kiin a écrit:En parlant de l'Alliage de justice, il vient d'être désigné lauréat du Prix Imaginales, catégorie Roman étranger.
Bon... J'aime vraiment beaucoup Brandon Sanderson, mais je ne sais pas si j'aurais parié sur lui ce coup-ci. Il y avait tout de même en lice Magie brute et Le Lion du Caire (que je n'ai pas encore lus mais qui si j'en crois le buzz avaient su rassembler un public enthousiaste).
C'est le moins bon des Sanderson qui est primé.
Mais comme la sortie de son nouveau cycle est repoussé à l'automne, le plan marketing tombe à plat.
Presque tous les autres lauréats lui étaient très largement supérieurs. Dommage pour eux.


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White Square Re: Brandon Sanderson, Fils des Brumes

Message par Albéric le Sam 31 Aoû - 10:06

Vu qu'il s'en inspire énormément pour ses scènes d'action (les lignes bleues remplaçant les lignes vertes), autant assumer à fond (mais l'auteur ne s'assume pas et c'est bien dommage...) :
Ah quand une version live de Fils-des-Brumes ?


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White Square Re: Brandon Sanderson, Fils des Brumes

Message par Albéric le Dim 6 Oct - 8:34

Oncle Kiin a écrit:OK enfin avec tout ce que tu cites à propos des thèmes sociopolitiques. J'ajouterais qu'il y a même l'expression d'une inquiétude un peu plus contemporaine à travers le statut des Skaa.
Allons plus loin. Pourquoi j'ai kiffé L'Empire Ultime ?
Parce qu'un superhéros mi Spartacus mi V pour Vendetta décidait de prendre les armes et de libérer le peuple de la tyrannie et de l'exploitation quoi qu'il puisse en coûter.

Mais Brandon Sanderson n'a pas de couilles :
- la monarchie parlementaire remplace la monarchie absolue
- la bourgeoisie remplace l'aristocratie
- les prolétaires remplacent les esclaves
- les héros défenseurs de l'ordre établi remplacent les héros révolutionnaires
...
Bref braves gens restez à votre place, les zélites éclairées savent ce qui est le mieux pour vous.



Mais tous ces thèmes autour de la lutte des classes, comme Oncle Kiin je les ai retrouvés pour mon plus grand bonheur dans Le Sang des 7 rois de Régis Goddyn.

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White Square Re: Brandon Sanderson, Fils des Brumes

Message par Oncle Kiin le Dim 6 Oct - 14:46

Marrant, moi je ne l'ai pas du tout pris comme un manque de couilles, mais au contraire comme une marque de réalisme et de culture historique que j'ai trouvé assez bien vue, et plutôt inattendue dans ce type de fantasy.

La genèse, l'évolution et la conclusion du process révolutionnaire dans Mistborn m'ont semblé correspondre à une réalité objective (et récurrente, pour ne pas dire structurelle) : celle de la génération, de l'accompagnement puis de la récupération de ces process, par des forces concurrentes au pouvoir en place, mais pas moins aliénatrices. (La révolution, c'est comme le casino : à la fin, la banque gagne toujours...)

Et je n'ai pas ressenti la description de cette mécanique comme une manifestation d'approbation de l'auteur. Pas vraiment non plus comme une mise en garde ou un programme des pièges à éviter, car effectivement je ne perçois pas en Sanderson un farouche révolutionnaire ( ), mais je crois qu'il voulait simplement donner de la crédibilité et de la profondeur à son décor sociopolitique en essayant d'être le plus proche possible de la réalité historique des mouvements de libération, ni plus ni moins.


Concernant le Sang des 7 Rois, en effet j'ai apprécié cette valeur ajoutée. Pour être parfaitement honnête, certains aspects du traitement de cette thématique m'ont d'abord rendu un peu méfiant, car je craignais, comment dire, que l'auteur ne soit trop prisonnier d'une certaine sociologie (Régis Goddyn est prof, manifestement et naturellement marqué par
le logiciel conforme à son environnement, ce qui est humain et bien normal) qui aurait donc pu aboutir facilement aux clichés d'une idéologie bateau voire un peu has been. Mais j'ai été rassuré par ce que j'ai senti de son tempérament d'auteur, ce côté malin voire malicieux, cette manière de toujours creuser un peu plus profond qu'on aurait cru au début (d'ailleurs ça s'applique également à son rapport au genre et à la narration), et finalement, pour l'instant j'ai trouvé tout ça plutôt brillant, prenant des voies souvent inattendues (à ce niveau-là, j'ai adoré toute la dernière partie !), et pas du tout aussi lisse que je ne l'avais craint par préjugé.

Ca me fait chier de ne pas encore avoir pu attaquer la suite, d'ailleurs... Mais bon, j'ai déjà quatre en livres en cours de lecture, donc ça sert à rien d'avoir les yeux plus gros que le ventre, il me faut être un peu patient
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White Square Re: Brandon Sanderson, Fils des Brumes

Message par Albéric le Dim 6 Oct - 16:13

Oncle Kiin a écrit:Marrant, moi je ne l'ai pas du tout pris comme un manque de couilles, mais au contraire comme une marque de réalisme et de culture historique que j'ai trouvé assez bien vue, et plutôt inattendue dans ce type de fantasy.
Mon ressenti se base surtout sur la lecture de L'Alliage de justice où j'avais l'impression de retrouver le Batman de The Dark Knight Rises où Bruce Wayne abandonne les gens qu'il avait promis de sauver pour voler au secours des traders de la Bourse de Gotham... Plus lèche-cul du grand capital du meurs !

(Régis Goddyn est prof, manifestement et naturellement marqué par
le logiciel conforme à son environnement, ce qui est humain et bien normal)
Oh le gros cliché... Il est bel et bien fini le temps des profs marxistes post mai 1968 !
 

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Message par Oncle Kiin le Dim 6 Oct - 16:28

Albéric a écrit:
Oh le gros cliché...
Oui, je sais. Non mais j'ai quand même un peu honte, hein. Donc je suis à moitié pardonné ? ^^


Albéric a écrit:Il est bel et bien fini le temps des profs marxistes post mai 1968 !
Ceci dit, même si on a toujours tort d'avoir des préjugés (et le cas dont on parle me l'a encore prouvé), je dirais pour ma défense que mon préjugé était néanmoins un peu plus riche et subtil que celui que tu veux bien me prêter :p
Pas du tout l'endroit pour en parler, mais en deux mots, j'avais plus en tête le cliché d'une certaine gauche inoffensive, justement, que celui du prof marxiste à l'ancienne. Mais là, franchement, déjà comme je l'ai dit j'ai un peu honte d'étaler mes petits a priori minables sur la toile, et surtout je crois qu'on sort pas mal trop du cadre de ce forum (A)
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