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Greensnake de Tsui Hark (1993)

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White Square Greensnake de Tsui Hark (1993)

Message par Albéric le Mer 2 Jan - 17:02


Résumé :
Green Snake et White Snake sont 2 créatures surnaturelles qui, pour vivre parmi les humains, ont pris une apparence féminine. Elles installent leur repaire dans un palace hanté et partent à la rencontre des hommes. Sur leur chemin, un moine bouddhiste grand chasseur de fantômes et un étudiant niais…

Les 10 premières minutes on se demande à quel ovni cinématographique on a affaire.
Où allait-on avec ce moine halluciné qui contemple un paysage urbain rouge sang peuplé de freaks ?
Ensuite il faut passer sur des FX complètement hideux même pour le cinéma HK de l’époque.
Pour le reste il s’agit d’une comédie romantique fantastique finalement assez proche des codes de l’opéra…
… avec toutes les spécificités cinéma asiatique en général et hongkongais en particulier.

Le film conserve un bon rythme en alternant les intrigues sentimentales de 2 démons en quête d’humanité, les doutes et interrogations de l’amoureux transi et les interventions d’exorcistes tout droite sortis de l’univers des manga.
Le film dégage une profonde sensualité parfaitement incarnée par les interprétations de Joey Wong et Maggie Cheung magnifiquement sublimées par la caméra de Tsui Hark (qui avait déjà transformé la désormais légendaire Brigitte Lin en Dame de Glace dans Legend of Zu, mais ceci est une autre histoire).
Le film tire clairement son épingle du jeu au niveau des visuels : images, photos, couleurs rendent hommage au formidable héritage de Mario Bava (cette démarche sera reprise par la succession de tableaux colorés d’Hero).
La bande son de James Wong qui s’inspire de Bollywood, est réussie et apporte une jolie plus-value au film.
Sur le fond c’est plus profond qu’il n’y paraît de prime abord : jalousie, tolérance, ambition, justice, opposition entre le Serpent Blanc qui veut ressentir les émotions humaines et le super-moine Fahai qui veut s’en débarrasser…

Le final du film qui mélange mise en scène kitchouille digne des plus grands nanars et drame humaniste digne des plus grandes tragédies interloque au plus haut point.
On peut verser une larme sur Serpent Vert qui découvre joie immense et douleur insondable au même moment.
Et ces moines intégristes, avec une divinité unique, une organisation unique, une pensée unique, obsédés par la pureté idéologique, la leur et ceux des pécheurs à remettre dans le droit à chemin à n’importe quel prix, menés par un sociopathe mégalomane qui oppriment volontiers les faibles au nom du Bien avec un étendard rouge sang géant…
… font furieusement penser aux représentants d’un régime totalitaire bien connu.
Dès lors le film peut être totalement réinterprété :
- le film commence par une naissance favorisée par l’exorciste bouddhiste :
cet acte de bienveillance enclenche tout un cycle d’événements heureux
- le film se termine par une naissance empêchée par l’exorciste bouddhiste :
cet acharnement enclenche tout un cycle d’événement malheureux
Et si le héros du film c’était Hong Kong, partagé entre monde occidental (le monde non naturel, ni bon ni mauvais), et la Chine continentale (le monde des humains auquel les moines intégristes ne comprennent quasiment rien) ?

Avec très peu de moyen pour ne pas dire aucun, Tsui Hark arrive à faire un film raté mais fascinant qui appartient clairement au haut du panier du cinéma HK. Après on est sensible ou pas à ce genre de cinéma.
Vu ce qu’il a fait en remakant son propre film Zu, on imagine sans peine le chef-d’œuvre qu’il aurait pu réaliser en remakant également son Green Snake.
Mais les producteurs courtisans n’ont pas voulu prendre de risques avec la censure du PCC.
(Déjà que son Detective Dee a fait grincer pas mal de dents à Hong Kong et Pékin !)
Talentueux, imaginatif, visionnaire, Tsui Hark est toujours trop en avance sur temps : avec de vrais budgets et des équipes techniques à la hauteur de ses ambitions, il entrait au panthéon des réalisateurs de films de genre…


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