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Robert Jordan, La Roue du Temps

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White Square Robert Jordan, La Roue du Temps

Message par Derfel le Ven 21 Jan - 23:15

Une nouvelle traduction... mais vous en pensez quoi, vous autres ?


Dernière édition par Derfel le Jeu 27 Mar - 14:21, édité 4 fois

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White Square Re: Robert Jordan, La Roue du Temps

Message par Tarento le Lun 24 Jan - 15:27

Si quelqu'un en doutait encore, voilà qui semble bien illustrer la future ligne éditoriale de Bragelonne, qui préférera investir dans un blockbuster, qui a déjà été publié dans je ne sais combien d'éditions, que de miser sur quelque chose de nouveau et d'audacieux. Navrant...

J'ose à peine espérer qu'une partie des bénéfices espérés seront consacrés à la publication d'auteur moins "rentables".

Ceci-dit, ces considérations ne s'adressent pas bien entendu à l'oeuvre de Jordan en elle-même, qui est excellente par ailleurs (même si elle a tendance à tirer en longueur sur la fin - business oblige!)
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White Square Re: Robert Jordan, La Roue du Temps

Message par Owen Odell le Lun 24 Jan - 18:48

Je sens qu'il vas falloir chercher une maison d'édition qui attache moins d'importance aux revenus (qui n'en fait pas sa priorité absolue,soyons réaliste ^^").
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White Square Re: Robert Jordan, La Roue du Temps

Message par Derfel le Lun 24 Jan - 22:57

Tarentio a malheureusement tout à fait raison.

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White Square Re: Robert Jordan, La Roue du Temps

Message par Albéric le Mer 22 Aoû - 17:01

Bien vu Tarantio ! ;)
Après tout Feist, tout Brooks, tout Goodking, Bragelonne prend des risque de ouf en reprenant depuis le départ une série fleuve de BCF déjà éditée ! C'est reparti pour 11000 pages : yahoo !!!

Mais je ne ne vais pas cracher dans la soupe, je suis très content que les fans de high fantasy BCF puissent trouver leur came avec de belles éditions à un bon rapport qualité/prix.
Il fut un temps où les éditions de ces livres étaient moyennes avec des couvertures pourries.

Je ne parlerai pas du cycle et de son auteur, car je ne veut pas dégoûter les lecteurs/lectrices potentiels.
Le 1er tome peut accrocher ou au contraire rebuter, on m'a dit que jusqu'au 5ème tome c'est top, mais sachez quand même que fantasyliterature.com a mis 0,5/5 au 9ème tome....

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White Square Re: Robert Jordan, La Roue du Temps

Message par Derfel le Mer 31 Oct - 23:43

Alors, La Roue du Temps, ça vaut le détour ou pas ?

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White Square Re: Robert Jordan, La Roue du Temps

Message par Albéric le Jeu 1 Nov - 9:55

@ Derfel
Cela a tellement de fans, et ils sont tellement à fond de dedans (les fanboys et les fangirls de La Pierre de Tear sont géniaux !) que cela doit valoir sacrément le détour pour le public visé.
Mais cela fait 11000 pages, et dans le même temps on pourrait lire 30 autres livres !

Perso j'ai détesté le tome 1 :  
- sur le fond décalque de Tolkien avec une bande de copains en vadrouille sous la houlette d'un mentor magicien et d'un mystérieux rôdeur de noble ascendance qui doivent échapper à de sombres cavaliers noirs... (et je passe l'Auberge de Bree et le Haut des Galgals)
- sur la forme cela tire à ligne avec un paquet de descriptions à mi chemin entre Tolkien (on connaît chaque fil de chaque vêtement) et Balzac (on connaît les planches de chaque barraque)
et puis comme dans l'Epée de Vérité (qui plagie la Roue du Temps d'ailleurs) on doit sauver le monde mais on s'arrête dans chaque patelin dudit monde ce qui nous donne des intrigues secondaires et ternaires qui n'en finissent plus

Par contre le worlbuilding de Randland est vertigineux et très bien fichu (fabuleux jdr potentiel s'il n'existe pas déjà)  :thumright:

Spoiler:


Pour info les éditeurs avaient tous refusé son cycle puis son épouse est devenue éditrice et l'a édité.
Jordan lui a rendu hommage en l'intégrant dans tous les personnages féminins de son cycle qui sont...
... non, n'en parlons pas car cela relève de la psychanalyse de couple et cela ne nous regarde pas. :roll:


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White Square Re: Robert Jordan, La Roue du Temps

Message par Derfel le Jeu 1 Nov - 12:31

Merci, albéric.
En ce qui a trait au premier tome, tu parles de L'Oeil du Monde et non pas de la préquelle, Nouveau Printemps ?

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White Square Re: Robert Jordan, La Roue du Temps

Message par Albéric le Jeu 1 Nov - 14:07

En ce qui a trait au premier tome, tu parles de L'Oeil du Monde et non pas de la préquelle, Nouveau Printemps ?
Evidemment. D'ailleurs je donnerais bien une 2ème chance au cycle en me lançant dans l'adaptation en comics, ma foi plutôt bien fichue.
(mais elle ne couvre que les 2 tomes cités, et c'est fort dommage).

Spoiler:


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White Square Re: Robert Jordan, La Roue du Temps

Message par Thanos le Lun 5 Nov - 10:13

albéric a écrit:- sur le fond décalque de Tolkien avec une bande de copains en vadrouille sous la houlette d'un mentor magicien et d'un mystérieux rôdeur de noble ascendance qui doivent échapper à de sombres cavaliers noirs... (et je passe l'Auberge de Bree et le Haut des Galgals)
Bon ça a la limite ce n'est pas rédhibitoire, on peut dire la même chose de la Tapisserie de Fionnavar, qui est pourtant excellent.

albéric a écrit:- sur la forme cela tire à ligne avec un paquet de descriptions à mi chemin entre Tolkien (on connaît chaque fil de chaque vêtement) et Balzac (on connaît les planches de chaque barraque)
et puis comme dans l'Epée de Vérité (qui plagie la Roue du Temps d'ailleurs) on doit sauver le monde mais on s'arrête dans chaque patelin dudit monde ce qui nous donne des intrigues secondaires et ternaires qui n'en finissent plus
ça par contre ça m'embête davantage... Du coup j'hésite à m'y plonger...
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White Square Re: Robert Jordan, La Roue du Temps

Message par Albéric le Dim 2 Déc - 8:35

@ Thanos
j'hésite à m'y plonger...
Ben oui, cela fait au moins 11 000 page quand même ! :!:

Et pour dire un mot de La Tapisserie de Fionavar, je suis loin de trouver cela excellent.
L'auteur a clairement écrit beaucoup en s'affranchissant des guimicks tolkinien.
Néanmoins il a beaucoup de bons points et cela constitue un cycle satisfaisant.
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Message par Derfel le Dim 2 Déc - 16:46

Pour ma part, je vais m'y plonger, mais dans quelques temps.
Justement, savoir que le récit se permet de longues pauses et d'interminables descriptions fait que mes attentes vont être plus basses.
Alors, probablement qu'au final, je ne serai pas déçu.

C'est tout de même un roc dans le domaine des sagas de Fantasy.

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Message par Albéric le Sam 2 Fév - 8:26

Bragelonne a sorti en moins d'un an 5 tomes de presque 900 pages. Un très gros rythme quoi.
Franchement entre le soin, le prix, le rythme... on ne se moque vraiment pas du monde !

Et que peux-on lire sur ten.nikable :
Moi c'est le T5 de la RdT en VO. Plus envie d'attendre les traductions de Bragelonne...
Comment on appelle un lecteur qui ne peut pas attendre quelques mois la suite de sa saga fétiche ?
Un gros fanboy junkie en attente de sa dose.

Je m'étais fait bashé quand j'avais écrit qu'attendre près de 7 ans pour la suite du TdF c'était relou...
... et au même moment l'administrateur qui m'était tombé sur le râble avait bien ragé parce la sortie du nouveau tome de sa saga fétiche était annoncée avec un malheureux retard d'1 mois.
Le pire, c'est qu'ils ne se rendent même plus compte de leur mauvaise foi caractérisée.



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Message par Derfel le Dim 3 Fév - 2:28

Albéric a écrit:Bragelonne a sorti en moins d'un an 5 tomes de presque 900 pages. Un très gros rythme quoi.
Franchement entre le soin, le prix, le rythme... on ne se moque vraiment pas du monde !
Je m'étais fait bashé quand j'avais écrit qu'attendre près 7 ans pour la suite du TdF c'était relou...
Bragelonne publie La Roue du Temps à un rythme d'enfer, les gens devraient plutôt s'en réjouir.

Pour Le Trône de Fer, c'est évident que le rythme de publication est une aberration, surtout que George RR Martin se disperse en même temps sur d'autres projets... il y a de quoi serrer les dents.

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Message par Viruk1976 le Sam 30 Mar - 20:42

Un regret, quand je regarde tous les livres que j’ai sur La Roue du Temps, et toujours pas de fin. Ça m’énerve un peu, les personnages sont dur à suivre, mais a présent que je suis lancé, je tiens a savoir la fin, mais franchement, je conseillerai a personne de commencer à le lire.
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Message par Albéric le Dim 31 Mar - 16:29

Viruk1976 a écrit:Un regret, quand je regarde tous les livres que j’ai sur La Roue du Temps, et toujours pas de fin. Ça m’énerve un peu, les personnages sont dur à suivre, mais a présent que je suis lancé, je tiens a savoir la fin, mais franchement, je conseillerai a personne de commencer à le lire.
Tu as mis le doigt sur un truc là. Cette série est trop longue, à fortiori pour une histoire à suivre.
On est obligé de tout lire pour comprendre l'histoire, les personnages et leur évolution.
Mais avec 11 000 pages tu es obligé de faire des pauses sinon c'est l'overdose...
... mais dès que tu fais une pause il y a tellement de personnages, intriques, lieux & cie qu'on est quasiment obligé de reprendre la lecture en amont car on en a trop oublié pour poursuivre.

Effectivement un cycle difficile à recommander indépendamment de sa qualité.


Dernière édition par Albéric le Dim 31 Mar - 17:23, édité 1 fois

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Message par Derfel le Dim 31 Mar - 17:14

Surtout, et surtout que dans la nouvelle traduction qui englobera la fin de cette véritable geste. Cela implique que de nombreux termes qui sont familiers n'ont plus la même traduction en français

- Meutrier des Siens (Kinslayer) est devenu Fléau de sa Lignée.
- La Voie de la Feuille (Way of the Leaf) devient le Paradigme de la Feuille.
- les Réprouvés (Forsaken) sont maintenant Rejetés. Les Rejetés eux-mêmes détestent ce mot et s'appellent entre eux les Élus.

Pour avoir un résumé et une opinion plus globale sur cette nouvelle édition de LRDT, je vous invite à aller lire cet excellent article sur La Pierre de Tear.

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Message par Oncle Kiin le Dim 31 Mar - 19:36

Un de mes cycles préférés, je suis vraiment très fan.

Et personnellement, j'ai beaucoup, beaucoup de reproches à faire à cette nouvelle traduction. Je serais largement moins indulgent que sur la Pierre de Tear.
Je reviendrai peut-être en parler, mais il faudra que je trouve le temps pour bien choisir mes mots et ne pas être trop émotionnel/négatif - d'autant que j'ai vu la vidéo de promo du traducteur, et qu'il a l'air sympa et sincère dans son amour de cette oeuvre.
Mais la plupart de ses choix de traduction me font bondir (et pas seulement sur les termes genre Paradigme de la Feuille et compagnie).

En revanche, oui, c'est classe de les avoir en tomaison originale, avec de beaux livres. Mais la trad, bon sang... je bous rien qu'à y repenser.
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Message par Dark schneider le Dim 31 Mar - 23:53

Derfel a écrit:
Pour avoir un résumé et une opinion plus globale sur cette nouvelle édition de LRDT, je vous invite à aller lire cet excellent article sur La Pierre de Tear.

La plupart des nouveaux choix de traduction sont assez foireux. Le choix de "Paradigme de la feuille" c'est quand même vachement symptomatique du côté "je me la pète" de cette traduction. Je suppose que c'est le même gars qui avait déjà sévit sur la traduction du Cycle des Epées de Lieber chez bragelonne, qui était très peu fidèle à l'auteur...
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Message par Albéric le Jeu 27 Juin - 23:35

Réédition du tome 5 chez Bragelonne le 23 août !

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Message par Albéric le Sam 13 Juil - 11:33

Spéciale dédicace Oncle Kiin :

Ethan Iktho a écrit:Pour ce qui est de la nouvelle trad. de Jordan, l'exercice est difficile parce que JC Mallé est obligé de donner une version différente de la première, sous peine d'accusation de plagiat par le 1er traducteur ou ses ayants droit. Du coup, le dico des synonymes sert beaucoup (ça m'est déjà arrivé pour A. Christie). Et il n'empêche que, naturellement, le 1er traducteur a traduit au moins certains passages à la perfection, ou trouvé le mot qui collait parfaitement. Dans ces cas-là, c'est vraiment très prise de tête...

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White Square Re: Robert Jordan, La Roue du Temps

Message par Oncle Kiin le Mar 24 Sep - 23:24


Une de mes références absolues en matière de fantasy :)

J’avais promis de revenir en dire un mot, donc voilà. Pour commencer, mon avis sur les deux premiers tomes.
C’est sans doute incomplet et en bazar, parce qu’il y a tant à dire, on ne sait par où commencer... mais je serai ravi d’en discuter avec vous, de détailler certains points ou de corriger mes oublis :)

Déjà, première chose à savoir : il s’agit d’un LONG cycle

C’est pas seulement un roman qu’on va lire et aimer ou ne pas aimer, c’est un truc qui va t’accompagner pendant toute une partie de ta vie. (Surtout pour ceux qui ont commencé avant que la fin ne soit sortie, bien entendu. Et encore plus si, comme moi, ils relisaient les autres tomes en attendant la suite ^^ )

Pour ma part, j’ai commencé la lecture de cette série à la fin des années 90, et j’ai immédiatement été partagé entre deux sentiments. D’un côté, ça paraît très convenu, le rythme est assez lent voire mou, etc. D’un autre côté, je ne pouvais pas m’empêcher de penser que ça atteignait une sorte de perfection en matière de fantasy, quelque chose d’indépassable dans la reprise du matériau tolkiennien.

Je connais, et je partage dans une certaine mesure, les critiques qui ont été faites à ce cycle : longues descriptions, souvent répétitives, de lieux ou de vêtements ; personnages féminins un peu caricaturaux, avec des tics récurrents (Nynaeve tirant sur sa tresse, l’exemple le plus connu) qui peuvent s’avérer agaçants ; propension de l’auteur à tirer à la ligne ; intrigue parfois un peu décousue.
Et pourtant, même ces défauts font partie à mes yeux du charme de l’œuvre. C’est paradoxal, et je ne me l’explique pas vraiment, mais je ne pense pas être le seul sur qui ça produit cet effet.

Au registre des bonnes choses, il y a cet aspect monumental, perceptible dès les premières pages. L’impression d’être face au chaînon manquant entre Tolkien et Feist, en quelque sorte. Une patine, comme si on lisait un vieux grimoire. Et une ampleur... quasi-biblique ^^ Un ton, aussi, qui parvient souvent à rester assez digne et grave malgré les histoires d’amour parfois un peu futiles et le comportement caricatural de certains personnages.

Ce n’est pas aussi "hors du temps" que Tolkien, c’est sans doute plus moderne sur le plan narratif, et plus excitant à lire en tant qu’aventure, mais ça dégage un peu le même genre de tonalité sérieuse et intemporelle – une solennité, si vous voulez. On sent qu’on est au-delà du simple divertissement(1), que c’est plus profond que ça. On sent aussi une cohérence qui ne sera pas démentie : on sait intuitivement qu’il n’y aura pas de fausse note, que ça va être esthétiquement et thématiquement uni d’un bout à l’autre. Car l’auteur a les deux pieds dans le monde crédible qu’il a créé, et sa série n’a aucune chance d’être soumise à ses humeurs, lubies, dernière trouvaille philosophique, tentation de suivre une tendance, etc. Bref, on ne va pas simplement passer un bon moment, on va réellement entrer dans un univers et faire l’expérience de quelque chose de majestueux, vaste, d’une richesse inouïe.

(1) Même s’il y aurait beaucoup à interroger à propos de ce concept de "simple divertissement" et de sa pertinence, mais bref, ce n’est pas le sujet ici.


Ce n’est pas non plus une simple copie de Tolkien. La Roue du Temps raconte sa propre histoire, bien qu’en nous replongeant dans certaines émotions suscitées par le Seigneur des Anneaux. Le tout début du cycle est, à certains égards, presque un copié-collé du début du roman de Tolkien, et pourtant... c’est merveilleux à lire, on a l’impression que tout est reconstruit à partir des mêmes briques essentielles, mais à travers une réappropriation personnelle.

Ça n’a rien d’une donjonnerie, par exemple. Jordan a profondément assimilé l’essence du Seigneur des Anneaux, il ne se contente pas d’en recopier la surface. Il arrive à traduire ce qu’il y a d’important au niveau subatomique chez Tolkien, sans trop imiter les aspects cosmétiques – ou plutôt, et c’est ça qui est costaud, en nous faisant souvent oublier quand il les imite. Pour le dire autrement, le début de La Roue du Temps est tout simplement le meilleur hommage à Tolkien que j’aie lu(2) : l’auteur puise dans cette source évidente (ainsi que dans Dune de Frank Herbert, j’y reviendrai) dont il ne cherche pas à se démarquer de manière dérisoire pour faire mine d’être original. Au contraire, c’est très assumé, mais suffisamment "digéré" pour que ça marche.
La preuve c’est qu’ensuite, on s’éloigne de ça, et l’ambiance Tolkien disparaît peu à peu derrière l’univers et l’histoire propres à Jordan, le plus naturellement du monde.

(2) Le seul autre ouvrage approchant cette qualité de réinterprétation de la matière tolkiennienne étant pour moi l’Arcane des Epées, de Tad Williams.


Autre chose : ce qui le rend plus reader-friendly que le Seigneur des Anneaux, c’est le fait que ses personnages soient traités de manière plus psychologique, avec des relations plus "ordinaires" (parfois même mièvres, ce qui peut faire rêvasser ou agacer, selon vos goûts ^^ ), etc.
Ces persos ressemblent davantage à des gens que les statues héroïques de Tolkien.
Et leurs tempéraments et aspirations, très simples et lisibles au départ, évoluent et se décantent sur la longue durée du cycle, pour arriver à quelque chose d’assez complexe et parfois surprenant au bout du compte.

Puisqu’on parle des côtés mièvres, il faut le savoir : les histoires d’amour me semblent un jouer un rôle assez central, et sont... au long cours ^^ (c’est limite les Feux de l’Amour). Mais j’ai marché, grâce à ces personnages auxquels on s’attache énormément.

Il y a aussi dans la Roue du Temps l’idée d’un cadre, d’un univers rassurant par son mélange de crédibilité, de profondeur, mais aussi d’organisation relativement simple et lisible par rapport au monde réel. (C’est un trope de Fantasy, je sais, mais là ça fonctionne vraiment bien.) Ceci va de pair avec le ton légèrement paternaliste de l’auteur. Alors même que ce cycle se révèle franchement féministe par certains aspects, il nous présente ça d’une manière tellement assurée et "ancestrale", genre bon sens paysan/populaire, qu’on ne s’en aperçoit même pas, ça nous paraît parfaitement naturel.
J’avais beaucoup apprécié ce truc-là, cette présentation d’un monde qu’on pourrait qualifier de "progressiste" (dans le sens où, schématiquement, les femmes ont le pouvoir), mais sous l’habit de la normalité la plus crédible et la plus naturelle. Aucun militantisme apparent chez Jordan, aucun stigmate de "l’auteur engagé un peu casse-couilles", non au contraire ça paraît toujours normal, banal, coulant de source.
Le résultat c’est qu’on y croit, tout simplement, et qu’on commence à trouver franchement bizarre que ce soit si différent dans le monde réel.

Ce qui m’amène à mon intuition principale, concernant les raisons du succès de cette série en dépit de ses réelles faiblesses. J’ai fini par comprendre que, quand j’ouvre un bouquin de fantasy, je cherche quelque chose d’ancien, quelque chose avec un parfum d’éternel.
Pas un énième truc punk-bourgeois (faussement) subversif comme j’en bouffe déjà à tous les repas. En tout cas pas au moment où j’ouvre un bouquin de fantasy. Ce n’est pas ça que je recherche, c’est même tout le contraire. Et Jordan offre ça à la perfection.
Un cadre, des limites, des repères.

Il le fait mieux que beaucoup d’autres, sans doute pour des raisons de tempérament et d’histoire personnelle. La plupart des auteurs de fantasy, pour talentueux qu’ils puissent être, n’ont probablement pas le vécu et le recul d’un type comme Jordan, ni son assise dans quelque chose de plus grand que lui, que ce soit en terme de vision du monde, de spiritualité, de moralité, de lucidité sur la manière dont fonctionnent réellement les choses, etc. L’envergure du bonhomme n’est tout simplement pas la même. (Le seul autre qui ait cette stature morale et ce sens du réel me semblant être Gemmell.)
Par exemple, je crois que Jordan n’est pas du tout en quête de sens postmoderne, il sait exactement qui il est, quelle est sa place, d’où il vient, etc. Quand on le sent un peu désabusé, il ne fait pas semblant pour être à la mode, il l’est réellement, parce que le Viêtnam, parce que son éducation et ses déceptions par rapport à ses croyances passées, etc.
Bref, il y a quelque chose d’anti-moderne chez lui, qui ne peut sans doute pas être imité par des auteurs n’ayant pas le même parcours, et qui me semble conférer à ses écrits ce caractère intemporel, ce fameux parfum d’éternité.
C’est typiquement, je dirais même essentiellement, le cycle qu’on lit en prenant du plaisir à se laisser guider, à "jouer le jeu". Juste le temps d’un livre, on se laisse rassurer par quelqu’un qui nous dit que c’est comme ça et pas autrement... on sait que ça ne peut pas durer, mais ça repose et ça fait du bien.
Et en même temps, ça régénère, on y prend des forces, peut-être même un peu de sagesse. Pour moi, la Roue du Temps fait partie de ces bouquins qui ne nous proposent pas uniquement de nous évader de notre existence, mais qui nous apportent aussi des clés et des inspirations pour mieux la vivre, mieux s’y repérer.
Je devine que je ne suis pas le seul à avoir ce genre d’attentes, et c’est peut-être en partie à ça que la Roue du Temps doit son énorme succès.


Je ne veux cependant pas vous induire en erreur : à de rares passages près, ce livre ne fait pas partie des livres "qu’on ne peut plus lâcher", pleins de rebondissements de folie, etc.
Au contraire, c’est un livre qu’on repose souvent, qu’on lâche quelques jours, pour se donner le temps de digérer et de rêvasser sur tout ça. Et des rebondissements, il y en a, qui sont de grosses claques, mais justement ils nous cueillent parce qu’on ne s’y attendait pas dans ce genre d’ouvrage.

Autre bémol : ben... pas envie de m’étendre sur le sujet des traductions, mais je préfère définitivement les lire en VO, quoi.


Pour finir, je mets en spoiler mon recensement des liens que j’ai trouvés entre cette œuvre et le Seigneur des Anneaux, ainsi que Dune, deux influences énormes et manifestes. C’est un petit jeu très amusant, mais attention, ça pourrait gâcher la surprise pour certaines choses :


Spoiler:

Avec le Seigneur des Anneaux :
-- Les garçons d’Emond’s Field = Les Hobbits de la Comté
-- Moiraine (et dans une certaine mesure Thom Merrilin "Merlin") = Gandalf
-- Lan = Aragorn
-- Mydraals et Forsaken = Nazgûls
-- Trollocs = Orques et Uruk-Hai
-- Le Dark One = Sauron
-- Le Green Man (et Elyas d’une certaine manière) = Tom Bombadil
-- Padan Fain = Gollum
-- Les Coplin et les Congar = les Saquet-de-Besace
-- Shadar Logoth = Amon-Sûl ou la Moria
-- Mordeth/Mashadar = le Balrog

Avec Dune :
-- Le Dragon Reborn = le Kwisatz Haderach
-- Les Aiels = les Fremen
-- Les Aes Sedai = le Bene Gesserit
-- Les Wise Ones = Sayyadinas ou Révérendes Mères Fremen



J’ai recensé uniquement les exemples qui crèvent les yeux, et j’en oublie sûrement.
Mais encore une fois, c’est si bien fait que, bizarrement, ces réminiscences ajouteraient presque au plaisir.
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White Square Re: Robert Jordan, La Roue du Temps

Message par Oncle Kiin le Mar 24 Sep - 23:27



Bon, d’une certaine manière, celui-là est presque un peu... laborieux. Lors de la première lecture en tout cas.

Les persos voyagent BEAUCOUP, et souvent pour des raisons un peu tirées par les cheveux. Il faut aller ici, puis là, puis revenir ici, et on atteint rarement l’endroit prévu avant qu’il ne faille finalement aller ailleurs. (Sachant que pour chacun de ces innombrables endroits, le penchant de l’auteur pour les descriptions à rallonge s’exprime pleinement, y compris quand c’est la deuxième ou la troisième fois qu’on y revient !)
Le procédé est un peu fatigant, il faut bien l’avouer, et on finit par se sentir genre « booon, OK, mais ils vont où et ils font quoi, une bonne fois pour toutes ?!!! ».
Et quand, après 200 ou 300 pages en général, une situation finit enfin par trouver sa résolution (les persos arrivent quelque part, retrouvent d’autres persos ou l’item souhaité, etc.), on se souvient à peine que c’était ça qu’ils étaient partis faire au début :/

Bref, ça reste toujours agréable et confortable, mais pour l’anecdote : je lisais ça pour m’endormir (en VF à l’époque) et je dois avouer que ça marchait pas mal ^^

Cependant, à la relecture, la nostalgie aidant et grâce à tout ce qu’on a appris depuis, ainsi que l’attachement aux personnages et le petit pincement au cœur de les retrouver aux débuts de leurs aventures, eh bien on est prêt à pardonner beaucoup plus, et on se délecterait presque de certains passages qui nous avaient pourtant emmerdé la première fois ^^

Et puis, tout de même, toujours cette richesse de l’univers, ce souci du détail.
À propos de ce dernier point, un exemple tout à fait typique de l’auteur : dans les premiers tirages du livre, quand Rand retrouve Thom à Cairhien, et lui rend sa harpe, Thom le réprimandait pour ne pas avoir gardé son instrument bien accordé. Par la suite, des fans qui connaissaient la harpe firent remarquer à l’auteur que cet instrument, au contraire, ne se transporte pas accordé, mais les cordes détendues pour ne pas s’abîmer. Dès les impressions suivantes du livre, Jordan avait corrigé, et dans mon exemplaire, donc, Thom n’engueule pas Rand, mais le remercie au contraire de ne pas avoir ruiné son instrument :)
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Oncle Kiin
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White Square Re: Robert Jordan, La Roue du Temps

Message par Derfel le Mer 25 Sep - 0:22

Dis donc, ça me tente encore plus de m'y plonger.

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Derfel
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White Square Re: Robert Jordan, La Roue du Temps

Message par Invité le Mer 25 Sep - 15:54

Je ne voudrais pas faire ma chochotte en sucre, mais j'avoue que l'ampleur titanesque de la saga m'intimide un peu. Je ne me sens pas le courage de débuter une saga de 42 tomes, personnellement.


Dernière édition par Tarentio le Mer 25 Sep - 16:44, édité 1 fois
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