David Gemmell
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Jean-Philippe Jaworski, Gagner la Guerre

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White Square Jean-Philippe Jaworski, Gagner la Guerre

Message par Sigarni le Lun 7 Déc - 19:18



Au bout de dix heures de combat, quand j’ai vu la flotte du Chah flamber d’un bout à l’autre de l’horizon, je me suis dit : « Benvenuto, mon fagot, t’as encore tiré tes os d’un rude merdier. » Sous le commandement de mon patron, le podestat Leonide Ducatore, les galères de la République de Ciudalia venaient d’écraser les escadres du Sublime Souverain de Ressine. La victoire était arrachée, et je croyais que le gros de la tourmente était passé. Je me gourais sévère. Gagner une guerre, c’est bien joli, mais quand il faut partager le butin entre les vainqueurs, et quand ces triomphateurs sont des nobles pourris d’orgueil et d’ambition, le coup de grâce infligé à l’ennemi n’est qu’un amuse-gueule. C’est la curée qui commence. On en vient à regretter les bonnes vieilles batailles rangées et les tueries codifiées selon l’art militaire. Désormais, pour rafler le pactole, c’est au sein de la famille qu’on sort les couteaux. Et il se trouve que les couteaux, justement, c’est plutôt mon rayon…



Bon... Il est temps de réparer mon erreur. Gagner la Guerre, c'est mon coup de cœur 2009 toute catégorie confondue (même si Spin est pas très, très loin derrière). C'est, à mon sens, l'un des meilleurs bouquins de fantasy sortis ces dernières années. OK, je les ai pas tous lu. Mais bon, suffit de lire quelques pages pour se rendre compte qu'on a pas affaire avec un énième bouquin rempli de cliché héros adolescent/nain-elfe/quête initiatique/blabla. Déjà, l'époque est différente : on se retrouve plongé une bonne partie du livre dans une cité-état qui ressemble fort à une ville italienne de la renaissance croisée avec un peu de Rome antique. Le héros est une vraie crapule immorale, qui ne deviendra pas bon à la fin, ça non. Plus fourbe, plus mesquin, tu meurs.
Et puis, cette histoire extraordinaire - oui, oui, n'ayons pas peur des mots - est porté par une écriture absolument fabuleuse, qui peut en rebuter plusieurs (faut dire que parfois c'est assez lourd, voir carrément incompréhensible quand on a le droit à des pages et des pages de conversations en jargon). Mais ça donne vraiment une autre dimension au récit.

On est assez loin de la plume de Gemmell, que ça soit pas le style - rien à voir - ou bien par l'histoire en elle-même, beaucoup plus posée, avec pas mal de temps morts, de longs moments où il ne se passe pas grand-chose. Et puis, le héros ne marche pas à la testostérone. Non, c'est plus coups bas et coups de poignards dans le dos, en toute discrétion.

C'est un assez gros pavé, qui se savoure. Mais ça en vaut le coup, vraiment.


Et si vous voulez commencer soft, je vous conseille Janua Vera, un recueil de nouvelles du même auteur, écrit avant Gagner la Guerre. Vous y retrouverez même une nouvelle centrée sur le personnage principal du livre en question...

Peut-être que certains l'ont lu, ou même entendu parler ? (Ca serait déjà bien !)
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Sigarni
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White Square Re: Jean-Philippe Jaworski, Gagner la Guerre

Message par Robin le Lun 7 Déc - 20:34

J'en avais entendu parler, comme étant un bouquin intéréssant, mais j'y avais jamais prété d'attention.
Ta critique ma convaincue, il sera au pied du sapin celui la. :P
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Robin
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White Square Re: Jean-Philippe Jaworski, Gagner la Guerre

Message par Sigarni le Lun 7 Déc - 20:43

J'ai hâte de lire ce que tu en auras pensé !

(Hihi, je vais finir par demander un pourcentage sur les ventes, avec tout le monde que j'incite plus ou moins fortement à acheter ce livre !)
Non mais sérieux, c'est vrai que je parle énormément de ce livre mais c'est, à mon humble avis de néophyte dans ce domaine, un bouquin qui vaut vraiment le coup. J'espère qu'il deviendra un incontournable du genre, que l'on citera encore dans quelques années, comme une référence. Rien que pour l'énorme travail de documentation qu'il y a derrière, je dis chapeau.
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White Square Re: Jean-Philippe Jaworski, Gagner la Guerre

Message par Stryge le Mar 22 Juin - 15:17

en mot génial !!!
superbe roman très prenant.
il y a de de l'humour, de l'aventure, en peu de dark, etc.
il me reste une dizaine de pages a finir et je crois qu'après l'avoir emprunté, je vais être obligé de l'acheter.

le 1er roman de cet auteur, Janua Vera, m'a beaucoup moins plu
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Stryge
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White Square Re: Jean-Philippe Jaworski, Gagner la Guerre

Message par Sieben le Mer 25 Mar - 0:49

Une histoire foutrement prenante et qui se lit plutôt bien malgré ses 758 pages. Je ne dis pas que de temps en temps je n’ai pas un peu piqué du nez mais ça reste globalement plutôt dans le positif. Alors je dis qu’elle est prenante, certes, mais j’en ressorts néanmoins mitigé ne sachant trop où situer la barre au niveau "coolitude". C’est un peu les montagnes russes en fait, les points positif mettent la barre aussi haut qu’à l’inverse les points négatifs rabaissent mon enthousiasme au ras du sol.

Alors pour les bons points, ça saute aux yeux, mais il est clair que Jean-Philippe Jaworski a une plume remarquable. Un langage d’une richesse rare, alternant tour à tour une gouaille de soudard puis un vocabulaire des plus châtié, c’est vraiment une sacré pointure ce mec. Son succès manifesté par une ribambelle de prix littéraire est on ne peut plus mérité à mon sens. Il mérite d’être aussi bien reconnu dans le domaine de la fantasy que l’est Alain Damasio dans le domaine de la SF française (pas du tout le même style, je parle en termes de renommée en fer de lance de notre littérature). Alors le style est fleuri et Jaworski n’est pas avare en matière de traitement psychologique du personnage principale/narrateur Benvenuto Gesufal sur plusieurs pages, mais bizarrement là où d’autres auteurs ont réussi à me gonfler en moins de 50 pages (Wolfe…), avec Jaworski j’ai accroché. Il faut dire que le ton du roman est assez sinistre, cynique, et les bonhommes tiennent un langage argotique assez marrant. Ça tient éveillé comme les romans d’Abercrombie, pas le même style encore une fois, mais le personnage principal est du même tonneau qu'une Monzcatto Murcato. Et bien sûr, comment ne pas penser à Alexandre Dumas dont on capte les influences (et ça fait plaisir des écrivains français s’inspirants des anciens), comment ne pas penser au Comte de Monte Cristo et sa vengeance froide à l’égard du Comte de Mortcerf dans la scène de l’assemblée des patrices.
Spoiler:

Au niveau de l’intrigue, ça se concentre uniquement, et j’insiste sur le uniquement, autour des intrigues de palais, arrangements entre grands de ce monde pour contrôler la plèbe, dominer et façonner le monde. Benvenuto c’est le maître espion d’un des plus importants personnages d’Etat chargé des basses besognes. C’est un peu une sorte de John McClaine, ou d’anti John MacLaine plutôt. MacLaine évite les ennuis, se sont les emmerdes qui viennent à lui. Benvenuto c’est le mec qui est chargé de se coltiner les affaires délicates, et qui inévitablement tombe dans les emmerdes. Forcément, à côtoyer les puissants… Sérieusement, sur l’aspect complot politique et coup assassin portée dans le dos, Jaworski n’a rien à envier à un George RR Martin et en terme Grim&Gritty avec les bad guy qui raflent la mise à la fin de la partie, il n’a rien à envier à un Abercrombie. Disons que dans le TdF, les coups de putes on ne les voit pas venir, Martin fonctionne un peu sur le coup de théâtre. Jaworski aussi est loin d’être prévisible (le chapitre 1 fait une entrée remarquée qui vous mets dans l’ambiance), mais son style à lui c’est plus de donner les détails sur le complot avec les personnages qui parlent et échafaudent leur plan mais qui ensuite ne se passe pas toujours comme prévus. Alors que Martin c’est plus le truc que tu ne vois pas venir.

Et ça me permet justement d’en venir à un point moins jouissif : Gagner la Guerre c’est long, très long et très lent. A vrai dire quand j’y repense il ne s’est pas déroulé grand-chose au final, enfin si, en 758 pages l’auteur a bien trouvé moyen de placer de l’action, des escarmouches, un peu de magie à dose homéopathique, mais les bouleversements ne sont pas légion. Comme je l’ai dit, tout tourne autour d’un complot ourdi par Leonide Ducatore, le Podestat de Ciudarla et pour lequel travaille notre maître espion. Il n’y aura pas de rencontre déterminante dans le récit du personnage bouleversant son destin, c’est assez linéaire je trouve. Entre parenthèse un autre petit détail qui me chagrine : comme Benvenuto est le narrateur (Gagner la Guerre est ses confessions qu’il écrit un peu par vengeance et par ennui), il n’y a pas vraiment de suspens sur sa survie ou non, il a beau être souvent dans la merde jusqu’au cou on sait qu’il va finir pas s’en tirer vu qu’il est le narrateur. Après, cela n’empêche pas un certain suspens pour tout le reste.

Et puis de l’action, l’auteur finit par lâché la bride pour le grand final où vraiment c’est un carnage façon chute de Troie ou plutôt grand incendie de Rome.
Spoiler:


Après, je me paraphrase un peu mais comme je l’ai dit ce n’est pas un roman tourné vers l’action pure, donc on ne peut pas vraiment lui faire le reproche pour ces manquements. Ce qui prime c’est vraiment le côté psychologique avec cette mentalité torturée, froide, réfléchie et pragmatique du narrateur, tout en faisant la part belle à des dialogues savoureux par leur ton acerbes et l’intelligence calculatrice qui s’en dégage. Une lecture plutôt déconseillé aux easy readers qui veulent se prendre du bon temps, car l’air de rien il faut se les farcir ces 758 pages et pour un résultat qui pourrait ne pas contenter ceux qui s’attendaient à du divertissement pure. Pour ma part j’y ai trouvé mon compte sans pour autant hissé le roman au rang de culte. Le récit étant davantage orienté cape et épée, en oubliant de faire la part belle aux exploits épiques et le côté fantastique.

Au final, et pour conclure, c’est un bon roman mais qu’il faudra peut être considéré avec le reste du cycle. Car oui, j’ai appris en cours de route que Gagner la Guerre est en fait le deuxième tome d’un cycle qui s’appelle Récits du vieux royaume dont le premier volume est un recueil de nouvelles consacrées à plusieurs personnages, dont Benvenuto. Peut être que Gagner la Guerre ne peut s’apprécier pleinement qu’en ayant au préalable ce premier tome, même s’il peut se suffire à lui-même.

Exactement comme le deuxième cycle du Cercle du Monde de Joe Abercrombie en fait. D’autres récits et nouvelles ont été publié gratuitement sur le net à ce que j’ai compris et un tome trois est prévu pour mai 2015.
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White Square Re: Jean-Philippe Jaworski, Gagner la Guerre

Message par Sieben le Mer 25 Mar - 11:13

Sieben a écrit:Au niveau de l’intrigue, ça se concentre uniquement, et j’insiste sur le uniquement, autour des intrigues de palais

Faudrait que je me relise des fois... Je reviens là-dessus, non je me suis emporté, l'intrigue ne tourne pas qu'autour de ça, disons que c'est l'axe principal car qui gagne la guerre, ça on le sait dès le début, l'intrigue se concentre sur le partage des victuailles et l'après guerre; mais il y a bien évidemment d'autres choses: au fil du récit on en apprend plus sur le passé de Benvenuto Gesufal et de comment il a fini par rejoindre la Guilde des Chuchoteurs, on en apprend aussi sur l'Histoire du vieux royaume et son éclatement, à Bourg-Preux Benvenuto va faire la rencontre d'elfes, rares rescapés des grandes batailles du passé et qui vont lui en apprendre sur la magie et l'histoire du royaume. Des elfes qui ont des allures tolkienniennes.
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White Square Re: Jean-Philippe Jaworski, Gagner la Guerre

Message par Albéric le Mer 25 Mar - 11:36

Whaou, encore un super critique ! Le livre est dans ma PAL depuis bien longtemps maintenant, mais les 800 écrit en petits caractère me rebutent pas mal...

Au final, et pour conclure, c’est un bon roman mais qu’il faudra peut être considéré avec le reste du cycle. Car oui, j’ai appris en cours de route que Gagner la Guerre est en fait le deuxième tome d’un cycle qui s’appelle Récits du vieux royaume dont le premier volume est un recueil de nouvelles consacrées à plusieurs personnages, dont Benvenuto. Peut être que Gagner la Guerre ne peut s’apprécier pleinement qu’en ayant au préalable ce premier tome, même s’il peut se suffire à lui-même.
Oui mais non, Janua Vera est un recueil de nouvelles qui se déroule dans le même univers mais seul "Mauvais donne" a un lien avec "Gagner la guerre" (d’ailleurs elle en constitue le prototype).

Sinon +1 pour les elfes tolkieniens.

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White Square Re: Jean-Philippe Jaworski, Gagner la Guerre

Message par Marv le Mer 25 Mar - 21:05

Excellente critique en effet. :)

Les passages que j'ai particulièrement apprécié :

_ le chapitre "traitre à la république" avec le procès de Gesufal devant le sénat et tout ce qui en découle derrière en terme  de réflexion introspective du héros mais surtout la manière dont il s'y prend pour faire un gros bras d'honneur à tous les crevards politiciens qui auraient aimés faire de lui un bouc émissaire facilement  sacrifiable, c'est vraiment un passage d'une intensité complétement énorme et profondément jouissif.

_Malgré le coté un peu glauque de la scénette, j'ai aimé l'ironie de la situation et la manière carrément cynique de gesufal pour transformer une situation où l'on tente de le piéger, et la capacité qu'il a d' inverser un rapport de force...cf épisode où la fille de son employeur  tente de le piéger en lui offrant sa virginité....

j'ai adoré tout ce qui découle de sa fuite et de son exile de Cuidalia,  sa rencontre avec les barbares Ouromand Cecht et Dugham qui escortent entre autre une vieille connaissance de notre héros, son arrivé à Bourg-Preux et son intégration dans une troupe de saltimbanques un peu trop portés sur la bibine etc...
Le roman prend son temps sans être chiant pour autant, mais passé la première moitié du roman le rythme s'accélère et le plaisir de lecture grandit.
Le retour en ville d'un Gesufal bien décidé à ne plus être la proie mais le chasseur est particulièrement excellent, la scène finale est une tuerie.

Ce qui est certains c'est qu'une fois après avoir terminé le roman, on a qu'un seule envie c'est de replonger dans un autre récit du même  univers.

Janua vera comporte deux nouvelles en lien direct avec "Gagner la Guerre", "Mauvaise Donne " la plus grosse nouvelle qui conte les début de Gesufal dans la guilde, superbe nouvelle et certainement la meilleure du recueil, mais il y a aussi "une offrande très précieuse" où le personnage principal est Cecht l'ouromand que l'on retrouve au service de sassanos dans gagner la guerre avec Dugham. 
D'ailleurs pour information dans cette nouvelle qui est vraiment excellente aussi , en début de récit Cecht affronte en duel un chevalier de renom, dont aucun des deux ne sort vainqueur d'ailleurs, ce dernier devrait selon l'auteur être le héros du prochain roman se trouvant dans cet univers.

Vaut mieux lire "janua vera" après "gagner la guerre".


Concernant les elfes de cet univers je dirai que s'ils ont l'allure de ceux de Tolkien, il n'en n'ont plus la posture, ils sont en quelques sortes les descendants d'une illustre race qui avec la montée en puissance des humains, a perdu de sa superbe.


Dernière édition par Marv le Mer 25 Mar - 22:16, édité 5 fois
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White Square Re: Jean-Philippe Jaworski, Gagner la Guerre

Message par Sieben le Mer 25 Mar - 21:48

Albéric a écrit:Sinon +1 pour les elfes tolkieniens.

D'ailleurs ce n'est pas si étonnant quand on sait que Jaworski a écrit un jeu de rôle sur l'univers de Tolkien.

@Marv, moi aussi le chapitre "Traitre à la République" est mon préféré. On sent le coup fourré, mais pour qui ? Est-ce qu'on va voir un assassinat politique façon Jules César, ou bien autre chose ? Finalement on aura un règlement de compte façon Comte de Monte Cristo vs Mortcerf dans l'affaire Janina. :)

Marv a écrit:...son arrivé à Bourg-Preux et son intégration dans une troupe de saltimbanques un peu trop porté sur la bibine etc...

Sans être chiante, c'est la partie qui m'a le moins emballé. Peut être du fait de l'éloignement géographique du coeur de l'intrigue, Ciudalia. Et puis je me demandais où ça nous menait cette longue attente. Mais en fait, c'est plutôt cohérent vu qu'il s'agit des mémoires de Benvenuto et qu'il ne nous épargne rien. Il y a donc forcément des moments de planque où il ne se passe pas grand chose. Heureusement Jaworski réhausse tout ça avec un duel.

Marv a écrit:la scène finale est une tuerie.

C'est clair, la boucherie ! C'est les noces pourpres de la Saint Jean.

Marv a écrit:Concernant les elfes de cet univers je dirai que s'il ont l'allure de ceux de Tolkien, il n'en n'ont plus la posture, ils sont en quelques sortes les descendants d'une illustre race qui avec la montée en puissance des humains, a perdu de leur superbe.

Oui, c'est ce à quoi je pensais. Un peu comme si les elfes de Tolkien avaient rejoint leur terres immortelles ("Les Cinq Vallées" dans Gagner la Guerre) mais que quelques uns avaient décidé de rester en arrière. Ils ont perdu de leur superbe mais la magie est toujours forte chez eux.

Sinon, on peut dire que Jaworski réussit son entrée dans le monde de la Fantasy. Un premier roman, succès immédiat. Tient tient, ça me rappelle quelqu'un, pas vous ?
J'espère néanmoins voir une évolution plus fantastique dans son prochain roman des Récits du vieux royaume.

Le premier tome Même pas Mort, de sa nouvelle trilogie, Rois du Monde, me tente vachement. De ce que j'ai lu au dos du bouquin ça ressemble à une sorte de fantasy gauloise.   Avec le peuple des Bituriges. Cela pourrait être l'équivalent français d'un Rigante. Le t2 sort en mai prochain.
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White Square Re: Jean-Philippe Jaworski, Gagner la Guerre

Message par Marv le Mer 25 Mar - 22:19

Un nouvel auteur français à suivre de très très prés en tout cas.
J'ai acheté le premier tome de sa nouvelle trilogie mais j'attend la sortie du prochain pour lire les deux d'une traite; j'en ai un petit peu marre de lire des premiers tome de cycle et d'attendre  1 voir 2 ans pour connaître la suite
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White Square Re: Jean-Philippe Jaworski, Gagner la Guerre

Message par Sieben le Mer 25 Mar - 23:16

Je ne peux résister à l'envie de vous retranscrire l'ultime tirade de Leonide Ducatore, podestat de Ciudalia. Un politicien arriviste de génie comme... ben comme on en voit dans notre société actuelle. Vous pouvez y aller, ça ne spoil pas, il dévoile juste son horrible visage que l'on connaît depuis le début.

Leonide Ducatore a écrit:"Est-il abusif, pour un homme de gouvernement, de subordonner la nation à son propre intérêt ? Les rêveurs, les naïfs, les hypocrites s'en offusquent. Pas moi. Je n'avance pas cela parce que j'essaierais de légitimer mes pratiques. Je n'échafaude point de vains prétextes, destinés à tromper l'intelligence de mes partisans, à singer l'honnêteté sur le théâtre de ma propre conscience. Je suis clair avec moi-même: j'assume mes actes, je profite de la situation, je me sers de ma position à des fins personnelles. Et je le fais sans états d'âme, lucidement, égoïstement: parce qu'en procédant ainsi, je ne dessers pas les intérêts de Ciudalia. Bien au contraire: il arrive, à certains tournants de l'histoire, qu'un homme et son pays se confondent. Les intérêts de cet individu et de sa nation, leur image, leur destinée, se rejoignent. Ce qui élève le dirigeant profite à l’État, ce qui élève l’État profite au dirigeant. Les moralistes qui affirment que l'homme d’État doit être le serviteur de sa nation n'ont rien compris au gouvernement. Gouverner n'est pas un ministère; voilà bien une idée pour le clergé, un vœu pieux qui peut mener à de dangereuses dérives. La vérité est plus simple: gouverner, c'est comme coucher. Si les deux partenaires aiment ça, ils se confondent. Ils partagent tout. J'ai une connaissance intime de la République. Je sais tout de ses faiblesses: la vanité, la coquetterie artistique, l'affairisme, le clientélisme, la corruption, le populisme, le chauvinisme, la calomnie... Sans oublier le mépris, bien sûr. Autant de petit travers qu'il suffit de flatter pour circonvenir les élites, pour faire brailler la plèbe dans la rue, pour faire crier la république toute entière comme une courtisane. Je baise la république, et je la baise bien. J'ai cerné l'essence même de Ciudalia, et c'est la raison pour laquelle Ciudalia m'aime. Ce qui fait la grandeur de Leonide Ducatore fait la grandeur de Ciudalia. Dès lors, pourquoi me priverais-je de jouir de l’État ? Je le sers en me servant."

Et tout le bouquin est dans la même verve. C'est dommage, si seulement sa plume était au service de romans plus orientés heroic fantasy (avis perso)...
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