David Gemmell
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David Gemmell (1948 - 2006)

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White Square David Gemmell (1948 - 2006)

Message par Sigarni le Ven 14 Aoû - 22:07

Voici une biographie plutôt complètement de David Gemmell. Nous la devons à Spookycrow - Merci à lui !
(Vous pouvez la retrouver dans son contexte ici même)



Cette biographie n’est qu’un pâle reflet de ce que fut la vie de cet auteur exceptionnel. Sa vie mériterait de plus amples développements tant elle fut intense et riche de rencontres et d’anecdotes. Souhaitons que son éditeur et son épouse Stella Gemmell réalisent un livre sur sa vie et son œuvre.
David Gemmell est un personnage hors norme, à commencer par son physique qui ne passe pas inaperçu : 1m93 pour 115kg. C’est une force tranquille doté d’un solide sens de l’humour et d’une gouaille que l’on retrouve dans ses romans. C’est aussi une gueule, une tronche qui pourrait figurer dans certaines œuvres cinématographiques. Un visage qui exprime très clairement sa force, sa volonté et sa sincérité mais aussi sa gentillesse et sa générosité. Autant de traits de caractère que l’on discerne à la lecture d’interviews ou d’articles qui égrènent des éléments de sa vie. Il se décrivait lui-même comme étant grand et imparfait, et il admirait chez les autres les qualités de courage et de loyauté.

David Andrew Gemmell est né à Londres le 1er août 1948. Ses nombreuses cicatrices témoignent d’une enfance et d’une adolescence passée dans un milieu violent. Les bagarres de rue étaient monnaie courante. La veille d’un examen, trois voyous l’attaquent et lui cassent le nez et le bras en trois endroits. Il passe une bonne partie de la nuit à s’entraîner à écrire de l’autre main et passe son examen avec succès. C’est un élève studieux, solitaire mais aussi très entreprenant. Il rechigne à suivre les cours de boxe imposés par son beau-père (dont il s’inspirera pour le personnage de Druss), mais il organise un groupe de jeu clandestin au sein de son école. Renvoyé pour deux semaines, il met ce temps à profit pour travailler en tant que manœuvre, et prenant goût au travail et à la vie active, il cesse toute activité scolaire à l’âge de seize ans. Il devient travailleur journalier et sa carrure lui permet de trouver un poste de videur dans une boîte de nuit du quartier de Soho. Il travaille aussi en tant que journaliste indépendant pour les journaux londoniens Daily Mail, Daily Mirror, et le Daily Express et devient même éditeur d’un petit journal dans le Sussex.

En 1976, il tombe malade et consulte un médecin qui n’écarte pas la possibilité d’un cancer. C’est en attendant les résultats d’examens plus poussés qu’il écrit le premier jet de Légende en deux semaines. Que cela fut de son fait ou non, l’histoire reflétait exactement la situation dans laquelle il se trouvait, à savoir son corps assiégé par la maladie et luttant pour sa survie. David Gemmell était alors convaincu d’être atteint et de mourir de la maladie, mais il laissa néanmoins la fin de l’histoire en suspend, décidant qu’elle serait fonction du diagnostique final. Finalement les résultats sont négatifs et le script sera laissé de côté quelques années, jusqu’à ce que l’un de ses amis le lise et le pousse à le retravailler en vue de le publier.

Son premier roman, Légende, est publié en 1984 et sera récompensé par le Prix Tour Eiffel en 2002.

Il passera le reste de sa vie à travailler comme s’il n’y avait pas de lendemain…

Il parvient à franchir le cap du syndrome du deuxième roman avec Le Roi sur le Seuil, et en 1986 il devient écrivain à plein temps après avoir publié son troisième livre, Waylander. Pour la petite histoire, il faut savoir que les noms des personnages de ce livre sont empruntés à ceux de ses collègues de travail. Le directeur manager n’ayant pas vraiment apprécié la chose, et sachant que David Gemmell écrivait durant ses pauses repas mais aussi très probablement durant son temps de travail, il fut donc renvoyé et sa carrière d’écrivain commença vraiment.

Durant les vingt années suivantes, il écrit près de trente livres de fantasy. La plupart font partie de différents cycles, mais il y a aussi quelques romans isolés. En 1993, il publie également un thriller sous le pseudonyme de Ross Harding, intitulé White Knight, Black Swan. L’histoire est une fiction qui s’inspire du vécu de l’auteur dans le monde underground britannique. Il est possible que cette histoire devait être initialement adapté pour la télévision, mais le projet n’a jamais vu le jour.
David Gemmell aime s’inspirer de lui-même ou d’individus ayant croisé son chemin pour créer ses personnages afin de les mettre en situation et par là-même écrire ses histoires. Les personnages sont la clé de la qualité du récit. Il y a les héros bien sûr mais aussi et surtout les « seconds rôles », ainsi que des personnages qui apparaissent sur un paragraphe ou deux, voir quelque fois moins, mais toujours doté d'une vie qui fait vibrer les cordes du récit. Un choeur de voix dissonantes et de destins anonymes qui apporteront le petit plus au récit.

Quant aux héros, ce sont souvent des solitaires, des êtres blessés, meurtris par la vie et murés derrière une façade d'apparente inflexibilité. Lorsque les évènements les amènent à jouer un rôle, ils le font jusqu'au bout, quelque soit les conséquences pour eux-même. Ils savent qu'ils vont mourir, qu'il n'y a aucune échappatoire, mais ils ne se battent avec plus de force encore.

Humble, il résumait ses romans en cinq mots : « L'amour, l'amitié, l'honneur, le courage et la rédemption. »

La forme plutôt rude et violente de ces romans cache en fait un fond d'amour et de tendresse. Les récits sont pleins de fraîcheur, de vigueur, d'authenticité et de ryhtme. Il n'y a pas de temps mort. Ils possèdent une qualité cinématographique indéniable et l'on a que peu de peine à imaginer les scènes et à suivre l'auteur tant son écriture est simple et directe. Ce côté réaliste est appuyé par des dialogues justes, colorés et saupoudré d'un délicieux humour typiquement anglais.

Le cadeau le plus précieux de David Gemmell n'est pas tant ses livres et ses histoires que la manière dont ils ont affecté ses lecteurs. Les hommages ont afflué à sa mort. Chacun racontait de quelle façon le travail de l'auteur avait influencé sa vie.
David Gemmell se voyait tout simplement comme un homme avec ses propres croyances et principes, prenant le temps d'écouter les autres et d'aider tous ceux qu'il pouvait. Un fait assez révélateur se manifestait à chacune de ses séances de dédicaces. Avant chaque autographe ou presque, il disait “ce livre n'a pas été lu...” Il considérait ces moments comme une chance d'aller à la rencontre de ses fans, et non pas l'occasion de faire des ventes.

Il était généreux, et soutenait discrètement des oeuvres de charité et diverses causes, telles qu'un refuge pour les femmes et un programme de réhabilitation pour jeunes drogués. Il a fait beaucoup également pour encourager et soutenir les jeunes auteurs. Il était tout particulièrement sensible et conscient du travail et de l'investissement personnel requis par l'écriture. Comme il dit dans une interview :” Quiconque achève la rédaction d'un livre, publié ou non, devrait recevoir une médaille.”
Il a donc organisé, dans son fief à Hastings, un concours annuel de nouvelles avec un prix à la clé. “The Legend Competition” est toujours d'actualité et David Gemmell prenait un rôle très actif dans la désignation du vainqueur et dans la cérémonie de remise du prix.

C'était un travailleur infatigable, ne s'accordant que quelques semaines de repos par an. Mais c'était aussi et surtout un fumeur invétéré. Selon ses propres aveux, il n’arrivait pas à arrêter de fumer... en particulier parce que cela l’aidait à écrire : "J’ai essayé d’arrêter de fumer et puis j’ai constaté que les années passées à polluer mon cerveau avec de la nicotine m’ont signifié que je ne pourrais pas ficeler l’ensemble d’une phrase correct sans remplir mes poumons de fumée. J’ai quand même essayé pendant trois mois d’écrire sans puis quand j’ai jeté un bon coup d’œil à la merde que j’étais en train d’écrire, j’en ai aussitôt grillée une".
Il voyageait beaucoup et c'est au cours d'un séjour en Alaska que les premiers symptômes de sa maladie fatale sont apparus. Il revint à Londres pour y subir un quadruple pontage coronarien. Il rentra chez lui le plus tôt possible et repris le travail sur son roman. Deux jours plus tard, le 28 juillet 2006, il décède à 57 ans suite à des complications postopératoires.

Son épouse le trouvera effondré devant son ordinateur.

David Gemmell était un homme actif et fataliste. Il pensait avoir encore beaucoup de choses à réaliser et il aurait probablement apprécié l'idée de la fin d'un auteur prolifique, mourant en plein travail, laissant son œuvre inachevé.
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Sigarni
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White Square Re: David Gemmell (1948 - 2006)

Message par Dargradai le Jeu 21 Juil - 16:57

Salut, sympa la biographie...
Est ce que tu connais un auteur vraiement dans le mêm genre que sieur GEMMEL.
J'ai épluché des livres de WURTS et HOBB mais je n'ai pas accroché le style.
J'ai seulement trouvé SAVATORE avec son héro Drizzt pour me faire vibrer.
Est ce que tu connaiterais donc un auteur dans le même style, la librairie de ma ville en possède quelques uns mais je ne veux pas tourner en rond...
Merci d'avance.
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White Square Re: David Gemmell (1948 - 2006)

Message par Sigarni le Jeu 21 Juil - 17:44

Howard (Conan) ou Forstchen (Le Régiment Perdu).
Sinon, tu peux essayer Feist et Les Chroniques de Krondor.

Après, ça dépend ce que tu as aimé chez Gemmell parce que si tu as aimé la trilogie Troie, certains membres ici pourront te conseiller des livres se déroulant aussi à des époques antiques.

Et sinon, n'hésite pas à demander conseil à ton libraire, si tu lui expliques bien ce que tu as aimé, nul doute qu'il pourra te conseiller correctement ;)
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White Square Re: David Gemmell (1948 - 2006)

Message par Dargradai le Jeu 21 Juil - 19:59

Marie a écrit:Howard (Conan) ou Forstchen (Le Régiment Perdu).
Sinon, tu peux essayer Feist et Les Chroniques de Krondor.

Après, ça dépend ce que tu as aimé chez Gemmell parce que si tu as aimé la trilogie Troie, certains membres ici pourront te conseiller des livres se déroulant aussi à des époques antiques.

Et sinon, n'hésite pas à demander conseil à ton libraire, si tu lui expliques bien ce que tu as aimé, nul doute qu'il pourra te conseiller correctement ;)

J'ai déjà tous les FEIST (je suis également grand fan, désolé j'avais oublié de préciser...)
Chez GEMMEL, j'ai adoré le cycle Drenai et ses romans uniques (dark moon et loup blanc). Je trouve les héros charismatiques et très travaillés au niveau de leurs émotions et des dilemmes auquels ils sont confrontés.
Autrement j'habite en campagne alors en général je commande sur internet pour éviter de me déplacer en ville. Concernant la bibliothèque du coin, se sont des bénévoles qui y sont employés et leurs goûts ne ressemblent pas trop aux miens malheureusement.
J'ai vais faire une recherche sur internet concernant Forstchen pour voir si cela peux me convenir.
Si tu as d'autres auteurs qui t'ont marqués, hésite pas à me communiquer leurs noms.
Merci pour les infos
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White Square Re: David Gemmell (1948 - 2006)

Message par Owen Odell le Ven 22 Juil - 3:03

Concernant forstchen,on en as parlé sur ce ce forum donc jette y un oeil ^^
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White Square Re: David Gemmell (1948 - 2006)

Message par Dark schneider le Ven 22 Juil - 9:23

Robert E. Howard est LA référence. C'est la base.


Sinon, bien que je ne l'ai pas lut, beaucoup disent du bien de Paul Kearney, qui avec son roman 10 000 se rapproche pas mal du style Gemmell. Salvatore, c'est quand même franchement pas du même niveau (j'en ai lut quelques un et j'ai vite lâché l'affaire). En fouillant sur le site Elbakin, y'a moyen de trouver des auteurs dans la lignée de Gemmell.

Mais bon, moi je dois avouer que dans ce genre Gemmell me satisfait largement, je préfère donc à côté lire des trucs un peu différent (Dan Simmons, Robert Harris, Silverberg etc...).
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White Square Re: David Gemmell (1948 - 2006)

Message par Sigarni le Ven 22 Juil - 13:02

dargradai a écrit:Si tu as d'autres auteurs qui t'ont marqués, hésite pas à me communiquer leurs noms.
Merci pour les infos

J'en ai mais rien à voir avec Gemmell ou même la fantasy ^^
Peut-être La Compagnie noire de Glen Cook, là tu as le droit à des "héros" charismatiques.
Ou bien Le Trône de Fer de Martin.

Après, des fois, ce qui est intéressant de faire, c'est sur Amazon, regarder du côté des "ceux qui ont acheté ce livre ont également aimé" (enfin un truc du genre). En allant sur les bouquins de Gemmell tu pourrais trouver ton bonheur ;)
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White Square Re: David Gemmell (1948 - 2006)

Message par Zyrkan le Ven 22 Juil - 14:58

J'ai lu la saga Graal écrite par Christian de Montella. Comme son nom l'indique, il s'agit de la légende...ben...du Graal mais racontée d'une manière fantastique. En tout cas j'ai bien aimé alors si le coeur t'en dis ;).
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White Square Re: David Gemmell (1948 - 2006)

Message par Dargradai le Lun 25 Juil - 19:19

Merci à tous pour vos infos, je veais enfin pouvoir remettre le nez dans mes bouquins.
8)
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White Square Re: David Gemmell (1948 - 2006)

Message par JMtimba le Mar 26 Juil - 19:02

Pour moi seul les aventures de Lock Lamora de Scott Lynch égalent les livres de Gemmell que j'ai lu. C'est pas exactement le même genre (pas de bataille rangée, plus de finesse, bref c'est différent) mais tu gagnerais à te renseigner dessus sur cet humble avis!
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White Square Re: David Gemmell (1948 - 2006)

Message par Tarento le Mer 27 Juil - 22:10

Je renchéris sur Mtimba. Une très bonne série, au top 5 de mes lectures favorites.
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White Square Re: David Gemmell (1948 - 2006)

Message par Thanos le Jeu 28 Juil - 7:41

Si c'est des héros travaillés que tu cherche, je plussoie sur la Compagnie Noire de Glen Cook, j'adore cette série.
Mais on dérive un peu du sujet initial là non ?
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Message par Albéric le Ven 20 Jan - 16:17

Je n'avais jamais lu une vraie biographie de l'auteur qui aille plus loin que ce qui peut figurer en 4ème de couverture. Merci à Spookycrow pour celle qu'il a réalisée.

Je m'aperçois que la thématique des relations paternelles compliquées (Parménion, Connavar, Bane, Kaelin Ring, Gaison Macon, Enée...) trouve son explication dans son histoire personnelle.

Je m'aperçois qu'il en est de même pour la thématique de cancer (Parménion encore, avec l'étalon thrace Titan comme miroir, mais de mémoire cette situation est récurrente dans ses oeuvres)

David Gemmell était un bon auteur "populaire" avec des convictions et un sens de la narration.
Je suis persuadé que s'il avait bénéficié d'une formation littéraire plus poussée, il aurait été un bon auteur tout court.


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White Square Re: David Gemmell (1948 - 2006)

Message par Albéric le Lun 12 Nov - 18:31

Sur un site de fantasy très connu, on a concocté un podcast intéressant sur Howard grâce à un invité passionné : Patrice Louinet.
En cours de débat a été posé la question des héritiers de Howard et Conan : quelle n’a pas été ma surprise que David Gemmel n’ait pas été cité, d’autant plus que la parenté avait évoqué précédemment par plusieurs intervenant du podcast sur la Toile.
J’avais posé la question aux animateurs du site et on m’a répondu que c’était mon opinion et qu’elle restait à prouver.
Je passe sur la forme à la limite du foutage de gueule, et j’avais rédigé ceci pour apporter du fond au gemmellisme.


Conan et sa grosse épée, Druss et sa grosse hache : les héros musclé et musculeux occupent le devant de la scène dans les œuvres des 2 auteurs mais dans les 2 cas tout est loin de se résumer à cela.
Je trouve que les auteurs réalisent toujours un bon mix action / réflexion dans leurs romans.
On sent chez les 2 auteurs un intérêt pour le survival (le mot survival étant anachronique pour Howard certes) : combien de fois leurs personnages sont poursuivis, traqués, emprisonnés, assiégés… et pas toujours par des êtres humains.
J’ai vu un parallèle entre les colons aquiloniens qui tentent d’échappe à l’invasion picte dans Au-delà de la Rivière Noire et les rescapés qui tentent d’échapper à l’invasion thrace à la fin du Bouclier du Tonnerre.
Peut-être faut-il expliquer cette similitude par le fait que les 2 auteurs ont réutilisé à 50 ans d’intervalle les codes du western qui apparaissent même tels quels avec leur univers dans leurs parcours respectifs.

Les 2 auteurs un intérêt pour certaines activités sportives :
Ainsi par exemple, Le Lion de Macédoine contient un passionnant concours d’endurance, Druss la Légende un long combat de boxe… (La Légende de Marche-Mort, que je n’ai pas encore lue, contiendrait un concours de lutte)
…on peut les retrouver dans les nombreuses courses de fond effectuées par les poursuivants ou les poursuivis (les personnages de Conan voyagent toujours de cité à cité en traversant campagnes et contrées sauvages en courant comme on pourrait l’ironiser) et les nombreux affrontements au corps à corps (duel de force entre Conan et Baal-Ptéor dans les Mangeurs d’Hommes de Zamboula et un bel affrontement à la lutte entre El Borak et Ptolémée dans Les Epées des collines) qui parsèment les récits howardiens.
J’ai aussi vu une similitude entre Kaelin Ring escaladant les montagnes d’une Ecosse fantasmée (Rigante) et El Borak gravissant les falaises d’Afghanistan…
Ce n’est pas un hasard si les 2 auteurs avaient un physique qui compte : R. I. Howard avec ses 1m78 dans le Texas des années 1930 avait déjà un fort beau gababit, David Gemmell ses 2m et ses 120 kilos étant lui aussi bien charpenté. Ils avaient un intérêt certain pour la boxe qu’ils ont pratiqué tous les 2 et cela se ressent régulièrement dans leur œuvre.

La place de la magie est assez semblable dans les 2 œuvres :
Pas de rationalité avec le surnaturel, la magie, souvent noire d’ailleurs, est aussi mystérieuse que dangereuse : les héros en sont parfois les victimes, mais jamais les auteurs.
Il n’y a jamais de magiciens parmi les personnages principaux (on les laisse à la high fantasy)

L’univers créé par David Gemmell a une bonne tête d’âge hyporien !
Drenaï, royaume occidental avec ses frontières sauvages tenues par les pionniers = Aquilonie
Tantria, empire oriental oscillant entre division et expansion = Turan
(Le roi Gorben faisant pendant au roi Yezigerd)
Montagnes de la Lune = Montagnes de Cimmérie ?
Chiazte = Khitaï ?
Opal = Punt ?

R. E. Howard et David Gemmell rompent avec le côté chevaleresque et féerique, d’où cette intérêt pour les héros marginaux, renégats (qui est d’ailleurs le titre d’un livre de David Gemmell) ou hors-la-loi : pas de princes, de princesses et de chevaliers bien propres sur eux. Nous on a droit à des voleurs, des assassins, des mercenaires… bref des individus le plus souvent sans foi ni loi.
(Gemmell met en scène Waylander, son héros assassin bien avant que L’Assassin Royal et Assassin’s Creed ne lancent la mode de la fantasy à capuche soit dit en passant)

R. E. Howard et David Gemmell aiment les héros vindicatifs : Conan, El Borak, Solomon, Kane, Turlogh Dubh O'Brien, Cormac McFitzGeoffrey sont-ils très différents d’un Druss, d’un Jon Shannow ou d’un Skilgannon quand ils partent tous seuls au bout du monde assumer la vengeance qu’ils se sont promis à eux-mêmes où qu’ils ont promis à d’autres ???

R. E. Howard et David Gemmell malgré des univers virils peuplés de multiples demoiselles en détresse ne négligent pas les personnages féminins aussi forts qu’indépendants !
Par exemple, Karis dans Dark Moon est-elle si différente de la Sonya la Rouge dans L’Ombre du Vautour (les 2 personnages qui s’illustrent dans un siège long et sanglant avant d’admettre qu’elles peuvent bien se permettre d’avoir un compagnon sans perdre leur indépendance)

R. E. Howard et David Gemmell présente souvent des héros monolithiques, du coup pour il est nécessaire de leurs adjoindre des personnages secondaires hauts en couleur qui les mettent en relief. Le Conan d’Au-delà de la Rivière Noire est mis en valeur par le point de vue de Bathus, le Druss de Légende est mis en valeur par le point de vue de Rek.
Je me faisais cette réflexion pour El Borak : le personnage ne prend de la consistance qu’auprès du sidekick volontaire ou involontaire qui lui sert finalement de faire-valoir.
Autre exemple, le prince Murillo de la Maison aux Trois bandits m’a vraiment fait penser au prince Sirano de Dark Moon.

Chez R. E. Howard et David Gemmell ont sent un intérêt pour la chose militaire, même si cette dernière m’est pas forcément souvent mise en avant.
Par exemple, moi j’ai vu des ponts entre la bataille des Rois de la Nuit et une de celles du Lion de Macédoine :
Dans les Rois de la Nuit
Spoiler:
Bran Mak Morn confie à Kull le commandement de Nordiques, équipés solides cottes de mailles, qui doivent tenir une vallée coûte que coûte face « aux légions bardées d’acier » tandis que les archers pictes et les chars gaël prennent les Romain à revers.
Dans l’univers parallèle du Lion de Macédoine :
Spoiler:
Parménion équipe des hilotes comme des hoplites, les place au centre de la ligne de bataille et leur ordonne de tenir coûte que coûte tandis que les hoplites spartiates déguisés en hilotes vont écraser les ailes pour prendre les troupes d’élites adverses à revers
C’est un des classiques de la stratégie, mais dans leur description, j’y ai vu une approche similaire

Dans 2 auteurs on devine la tentation de faire du roman historique, mais que le cadre du roman historique était trop étriqué pour leur imaginaire qui va de l’Antiquité au western.
Je ne vais pas reprendre tout ce qu’à dit Patrice Louinet dans ses postface, mais concernant David Gemmell :
Etape 1 : Le Lion de Macédoine
1ère partie majoritairement historisante, le surnaturel apparait occasionnellement
2ème partie majoritairement fantasy, l’historique apparaît au début et à la fin du récit
Etape 2 : Rigante
David Gemmell crée un monde secondaire pour s’affranchir des contraintes historiques mais écrit 2 histoires qui rentrent parfaitement dans le cadre du péplum ou du capes et épées tellement la ressemblance entre les Rigantes et les Pictes/Ecossais est flagrante.
Néanmoins le fantastique / la fantasy ont leur place dans les 2 récits
Etape 3 : Troie
Pour ne pas s’enquiquiner des références historiques David Gemmell écrit sur des temps considérés comme mythologiques mais ne peut pas s’empêcher de nous reconstituer un âge du bronze finissant truffé de références historiques (le fantastique est quasiment absent).

Cette parenté avait été fortement défendue par de nombreux internautes et Maître Patrice Louinet avait tranché : « Gemmell a parfois retrouvé le souffle howardien » mais pas toujours car la noirceur et le pessimiste, ponctuels chez Gemmell, est quasi permanent chez Howard. De plus Gemmell est plus ans la mélancolie alors que Howard est davantage inspiré par une certaine forme de nihilisme.
De plus la thématique de la rédemption chère à Gemmell est étrangère aux héros howardiens, bien souvent aussi mystérieux qu’avare d’informations à leur sujet.


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White Square Re: David Gemmell (1948 - 2006)

Message par Albéric le Mar 13 Nov - 21:21

Comme le disait ailleurs sur la Toile Anglin Turcam, certains critiques « avertis » présentent les œuvres de David Gemmell comme appartenant à une sous-fantasy, et selon les mêmes critiques « avertis », David Gemmell n’aurait pas vraiment sa place dans une pseudo noblesse du genre.

J’ai longtemps cru qu’on pouvait classer les Gemmell en 3 catégories : bas, moyen et haut de gamme.
J’ai longtemps cru que cela correspondait à 3 temps dans sa carrière : 1980’s, 1990’s, 2000’s.
En fait c’est beaucoup plus subtil et plus complexe que cela.
Car avec une vue d’ensemble sur la bibliographie (33 livres), on accède à une fort belle homogénéité dans les intentions.
Là ou certains vont parler de redondances, de redites, de recyclages, de flemmardise d’un auteur incapable de faire autre chose que affiner sa formule stallonienne, d’autres verront un auteur 100% autodidacte qui a appris son métier d’écrivain sur le tas pour faire passer des thématiques et des valeurs humanistes.
C’est un peu comme des mélomanes qui rouspéteraient sur la répétitivité des leitmotivs en ignorant leur place et leur rôle dans l’ensemble de la symphonie qu’ils n’écouteront jamais en son entier. Cela s’appelle la mauvaise fois caractérisée.

Contrairement à d’autres d’auteurs mieux côtés car jugés stylistiquement très supérieurs, David Gemmell n’a pas fait d’études supérieures, il n’a passé aucun diplôme de lettres, il n’a appartenu à aucun cercle littéraire.
C’est pour cela que j’ai plus d’affection pour David Gemmell que pour des auteurs maîtres de conférences en littérature ou en écriture qui pondent des pavés de machinlogie de plusieurs centaines de pages qui tirent largement à la ligne.
David Gemmell écrivait avec son cœur et avec ses tripes et parvenait à faire passer un souffle dans tous ses romans, même les moins aboutis.
Je cite Cymoril, membres des Chemins de Khatovar
« Car on sent que l’auteur a de la tendresse que l'auteur pour ses personnages, pour leurs doutes, leurs défauts, leurs failles et leurs faiblesses. Les vrai héros c’est les types lambda qui vont surmonter ses craintes pour tenir un petit moment, qui se sont retrouvés là totalement par hasard et qui décident de ne pas partir, les lâches qui va se découvrir des réserves insoupçonnées de courage, etc. »

Les chefs-d’œuvre et autres livres de l’année encensés mais aussitôt lus aussi tôt oubliés ou presque, j’en ai assez soupé…
J’écris cela après avoir été fortement échaudé de voir un site censé défendre la fantasy au quotidien basher de plus en plus souvent et de plus en plus gratuitement l’œuvre d’un auteur qui n’a pas ménagé sa peine pour offrir beaucoup à l’univers de la Fantasy.

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White Square Re: David Gemmell (1948 - 2006)

Message par Albéric le Mar 26 Fév - 19:22

Vous avez remarquez dans les ouvrages de DG la récurrence des garçons orphelins ou bâtards en mal de figure paternelle et qui sont remis dans le droit chemin par un mentor stallonien...
... c'est dont sans aucune surprise qu'on apprend que :

Born illegitimately on 4 August 1948, Gemmell was a fearful child, tormented by adults and children alike, until he met the man who was to become his stepfather, Bill Woodford. Gemmell told the story at many signings:1

“There was this boy. … It was a bright, cold morning and he was sitting on a wall. One of the boys who made his life miserable ran up, shouting and gesticulating. The boy – more in panic than courage – finally struck out, punching his enemy in the face. The other child ran off screaming. His father came running from the house. “You little bastard!” he shouted.

The boy took off as fast as he could, but no six year old can outrun a grown man. Within moments he grabbed the boy by the collar, swinging him from his feet.


Just then a huge shadow fell over the pair. The man – who had looked so threatening moments before – now looked small and insignificant against the looming newcomer. This colossus reached out and took hold of the man by the shirt, pushing him up against a wall.

In a low voice, chilling for its lack of passion, he asked. “Do you know who I am?”
The man was trembling. Even the boy could feel the dreadful fear emanating from him.

“C-c-course I know who you are, Bill. Course I do.”
“Did you know I was walking out with this boy’s mother?”
“Jesus Christ… I swear I didn’t, Bill. On my mother’s life.”
“Now you do.”
The big man let the little man go. He slid part way down the wall, recovered and stumbled away. Then the giant leaned over the boy and held out a hand that seemed larger than a bunch of bananas. “Better be getting home, son,” he said.”

Bill Woodford played a huge role in Gemmell’s development: the fearful boy grew into a confident man. He made his way through a series of jobs (labourer, lorry-driver’s mate, nightclub bouncer), writing stories in his spare time. He accumulated many rejection slips during this period, one of which he often read out at signings: “You mention in your resumé that you are working as a lorry driver’s mate for Pepsi Cola. This is an occupation not without merit. Good luck with it.”

source : http://gemmellaward.com/profiles/blogs/david-gemmell-a-fans

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White Square Re: David Gemmell (1948 - 2006)

Message par Albéric le Jeu 28 Fév - 22:58


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White Square Re: David Gemmell (1948 - 2006)

Message par Albéric le Dim 13 Oct - 21:35

Eurekâ !

Je n'avais pas tilté jusqu'à présent, mais après le visionnage du film Barberousse c'est devenu évident !

Pourquoi David Gemmell avait beaucoup d'estime pour le réalisateur japonais Akira Kurosawa ? Parce qu'ils sont tous les 2 de véritables humanistes qui avaient foi en ce qu'il y avait de meilleur en l'homme et qui n'ont jamais cessé de faire du prosélytisme en ce sens...

D'ailleurs Akira Kurosawa et Hayao Miyazaki puisent tous les 2 leur humanisme à la même source d'un bouddhisme miséricordieux. Tous les 2 sont quasi vénérés au Pays du Soleil Levant... Du coup est-ce un hasard si c'est le pays développé où les inégalité sociales sont les moins importantes et où on ne tolère pas crevards qui fuient la queue entre les jambes vers les parasites fiscaux ? Je le crois pas du tout !

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White Square Re: David Gemmell (1948 - 2006)

Message par Oncle Kiin le Lun 14 Oct - 20:58

Je m'auto-cite, en espérant être dans le bon sujet :)


Oncle Kiin a écrit:Justement j'étais à l'instant sur un blog, en train de lire une critique du Roi sur le Seuil, et ça m'a fait réaliser que très souvent, les avis sur les romans de Gemmell vont dans la même direction, en l'occurrence une direction assez éloignée de mon ressenti à moi. Là par exemple, le mec a aimé et le dit honnêtement, en plus son blog est bien écrit et tout, mais en gros c'est encore "j'adore, c'est épique, bon après faut pas chercher la profondeur mais c'est pas ce qu'on lui demande, c'est répétitif mais à chaque fois je marche".
Or, mis à part le côté "répétitif" que je vois bien, pour le reste ça ne correspond pas tellement à ce que je ressens quand je lis Gemmell. Je vais pas en tartiner trois pages dans le mauvais fil, mais si j'ai le temps j'essaierai de trouver le bon topic où poser ça par écrit : cette drôle de sensation dissonante entre ce que j'ai l'impression de lire quand je lis un Gemmell, et ce qu'en disent la plupart des critiques que j'ai pu trouver à droite et à gauche.

Donc, à propos de la réception des romans de Gemmell.
Je suis souvent étonné de le voir présenté, y compris par des gens qui aiment, comme un auteur super-efficace mais manquant de profondeur.
Pour ma part, je ne le trouve pas spécialement « efficace ». Enfin, dans les combats et les batailles, si quand même, souvent ; mais rarement dans la construction de son intrigue. Et ça ne me dérange pas, ça fait même partie pour moi de la personnalité de de son œuvre, à savoir des histoires assez viscérales, bien loin des canons des ateliers d’écriture créative à l’américaine. Je l’apprécie comme il est, quoi, mais je ne le qualifierais pas d’efficace.
De l’autre côté, si ses intrigues me donnent parfois l’impression d’être mal fichues, c’est justement parce qu’il suit son feeling au niveau de l’ambiance, des failles de ses personnages, de ses envies de placer un bon dialogue, etc. Et tout ça, je trouve que tout ça apporte beaucoup de profondeur. J’ai rarement l’impression d’avoir fait le tour, quand j’ai lu un Gemmell. Plutôt d’avoir perçu des bribes, des moments forts, sans forcément avoir tout compris de comment ça s’articulait. Un peu comme dans certains westerns. Bref, je ressens plus un vertige esthétique, ou parfois existentiel, que le genre de confort et de satisfaction concrets produits par des bouquins plus carrés, ceux qui font se dire « ouah, beau boulot », même quand ils ne sont pas forcément très personnels. Pour moi, les bouquins de Gemmell sont très personnels, et donc assez profonds, que ce soit à travers la vision du monde et les interrogations qu’ils expriment, les personnages et leurs relations souvent inachevées entre eux, etc.
Du coup, ce hiatus entre mon ressenti et les critiques lues à droite et à gauche m’intrigue, et je me demandais si vous vous posiez parfois cette question vous aussi.
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White Square Re: David Gemmell (1948 - 2006)

Message par Sieben le Mar 15 Oct - 14:22

@ Oncle Kiin

Je te rassure tu n'es pas le seul à avoir ce genre de ressenti.

Toutefois sur la notion d'auteur "efficace", je ne suis pas sûr de bien saisir ce que tu dis. Qu'est-ce qu'un auteur "efficace" ? Personnellement je le prends dans le sens où l'auteur efficace est celui qui parvient à atteindre son but, et tu le dis tout même, les histoires de D. Gemmell sont "viscérales", il met davantage l'accent sur la profondeur de ses personnages plutôt que sur une intrigue bien cousue, "carrée" comme tu dis.

C'est son style justement de privilégier le fond à la forme.

En fait je n'ai souvenir d'avoir lu quelque part un reproche sur son "efficacité". En revanche je lis souvent, à tort, qu'on lui trouve un côté "bourrin" au détriment de la profondeur, de sa philosophie.
Je suis convaincu (sans me la raconter et penser que je détiens la vérité absolue) que ces gens-là n'ont tout simplement pas compris l'auteur, sa philosophie, son humanisme, le message qu'il essaie de faire passer et qui crève les yeux pourtant.

Mais c'est quoi un auteur bourrin sérieusement ?! Le sentiment d'un excès de batailles et de combats réalistes dans ses romans ? Mais dans ce cas-là 90% des auteurs Fantasy sont des bourrins. C'est le propre du roman de Fantasy d'offrir ce genre de scènes.

Mais pour en revenir au sujet, lorsque je referme un Gemmell je n'ai pas du tout le même ressenti qu'un lecteur lambda qui se dit "ouah c'était bien, de l'action en veux-tu en voilà, par contre il ne se dégage pas grand chose d'intelligent ou de spirituel".

Mais c'est tout le contraire ! Peut-être qu'il faut avoir lu un minimum de philosophie et d'écrivains classiques humanistes pour bien saisir sa pensée, je sais pas, mais à travers ses personnages seconds couteaux qui ne font pas le mal pour le mal mais qui y sont contraints à cause des aléas de la vie et qui ne rêvent au fond que de fonder une famille, cultiver la terre et vivre en paix;
sa critique acides des élites politiques oligarques qui dirigent les faibles et les envoient à la guerre se faire charcuter;
sa préférence pour les "petites" gens qui parlent sincèrement avec la même gouaille que lui, des gens parfois honnêtes ou menteurs mais capables de rédemptions;
Même si ce n'est pas mon préféré, dans "Renégats", le parallèle qu'il fait avec la shoa et sa dénonciation des totalitarismes et des massacres à grandes échelles...

...

Bref, tout cela transpire à travers son œuvre.

Je vais m'arrêter là mais dans chacun de ses romans ont trouve des exemples d'humanisme criant chez l'auteur. Qu'on ne vienne pas me dire que ça manque de profondeur.
D. Gemmell met ses tripes sur la table, il n'y a qu'à faire le lien entre son premier roman "Légende" et sa vie où il traversait une période difficile. Son roman le plus personnel. Écrire des romans fût pour lui l'occasion de nous livrer une part de sa vision des choses, de la vie, de la façon dont les choses tournent mal dans le monde sans pour autant donner un discours prétentieux où il détiendrai LA vérité. Une vision humaniste.

Je ne sais pas au final si j'ai la même impression qu'Oncle Kiin. Grave erreur de penser que ses romans manquent de profondeur ou sont impersonnels. Tout le contraire !
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White Square Re: David Gemmell (1948 - 2006)

Message par Oncle Kiin le Mar 15 Oct - 15:16

Je crois qu'on est d'accord sur l'essentiel ^^
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White Square Re: David Gemmell (1948 - 2006)

Message par Dark schneider le Mar 15 Oct - 18:55

C'est beau !


Ca change vraiment des avis hyper lourdingue du genre "faut pas chercher de la profondeur mais c'est efficace".

J'ai l'impression que chez certains, s'il n'y a pas de loonnnnnnngues pages de descriptions ou des dialogues introspectifs à dormir debout forcément ça manque de profondeur.
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White Square Re: David Gemmell (1948 - 2006)

Message par Derfel le Mar 15 Oct - 19:57

Dark schneider a écrit:J'ai l'impression que chez certains, s'il n'y a pas de loonnnnnnngues pages de descriptions ou des dialogues introspectifs à dormir debout forcément ça manque de profondeur.
La faute à Tolkien, comme si tout devait être comme pour J.R.R. !

Hors contexte : Doit-on voir un lien entre J.R.R. Tolkien et G.R.R. Martin, j'ai toujours trouvé bizarre ce prénom à rallonge.

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White Square Re: David Gemmell (1948 - 2006)

Message par Dark schneider le Mar 15 Oct - 20:18

Oui et cela dit, Tolkien était loin d'être aussi reloud à ce niveau que ses nombreux "successeurs" (j'ai dépassé les 400 pages dans L'Arcane des Epées et il ne s'est passé que 2 ou 3 trucs et les persos n'ont que très peu de "profondeur", mais bon c'est le pire truc que j'ai lu jusqu'à présent niveau tirage à la ligne).

HS :

"What is the origin of the double “R” in your name?

I was born with one ‘R,’ that was my father’s name, Raymond. I was raised Catholic and at the age of 13, I took a confirmation name, the name of my cousin which happened to be another ‘R.’ And it was around the same time I started writing and publishing stories in comic book fanzines and I started using the double ‘R.’ It was lucky that I did because George Martin is a very common name. So the R.R. has made my name memorable and that’s important for a writer because it’s your brand name, your trademark."

(il me semble donc évident qu'il fut influencé par J.R.R Tolkien)
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White Square Re: David Gemmell (1948 - 2006)

Message par Marv le Lun 28 Avr - 12:25

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