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Collectif, La Planète des singes

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White Square Collectif, La Planète des singes

Message par Albéric le Lun 17 Sep - 21:14



Quand la 20th Century Fox offre en 1968 à Franklin Schaffner l'opportunité d’adapter au cinéma La Planète  des Singes, Pierre Boulle rencontre fortune et gloire au-delà de ses rêves les plus fous et son œuvre change de dimension pour entrer dans l'éternité : plus qu'une franchise très populaire et très lucrative, La Planète des singes devient un mythe universel aux nombreux avatars et à la postérité immense ! (et Hollywood prospecta du côté de la SF française dans l'espoir de trouver d'autres pépites, mais les éditeurs franco-française refusèrent de négocier avec eux parce que la SF c'est de la merde et que cela ne marchera jamais au cinéma... quand on voit que Richard Fleisher a réalisé Le Voyage Fantastique avec un bout de Retour à 0 de Stefan Wul parvenu aux États-Unis on peut légitimement se demander si la SF française n'est passé à côté de son destin à cause des bobos et des intellos bien de chez nous)

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Albéric
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White Square Re: Collectif, La Planète des singes

Message par Albéric le Lun 17 Sep - 21:20


Résumé : Terreur sur la Planète de singes
An 2070. Sur des terres apocalyptiques, Alexander le chimpanzé et Jason, son acolyte humain, sont aux prises avec des gorilles bioniques, des extraterrestres à tentacules, des singes volants et même des cerveaux en bocaux. Au cours de leurs aventures, ils font la rencontre de personnages hauts en couleur comme l'excentrique Luminurgiste qui ne jure que par le progrès, la belle Malaguena et le truculent Julius Gunpowder.


Terreur sur la Planète des singes est le 1er volume d'une collection appelée Les Archives de la Planète des singes, et reprend les épisodes écrits pour Marvel Comics dans les années 1970 qui arrêta brutalement la série pour des raisons que la raison ignore (peut-être un litige juridique avec la Fox sur le partage des royalties ?). Le lecteur en a pour son argent, car si c'est pas donné c'est bien rendu : le livre-objet est autant copieux que somptueux avec 370 pages, 19 épisodes, préface et postface du spécialiste Rich Handley et les magnifiques illustrations de couverture toutes en couleurs de l’excellent Bob Larkin. Bref, des heures de bonheur de perspective pour les spécialistes et les nostalgiques mais pas que ! Mais de quoi cela parle en sachant que je pars du point que tout le monde connaît ou doit connaître l'histoire du roman d'origine ou à défaut celle du premier film...


Dans la Cité cohabitent singes et humains sous la direction du Donneur de Lois orang-outang respecté pour ses idéaux pacifiques et progressistes (en bref, un Martin Luther King post-apo). Sauf que Brutus le Ministre le Paix gorille attise la haine dans son dos en propageant des idées radicalement racistes. Dès que le Donneur de Lois passe la main au timorée Frère Xavier pour réaliser une mystérieuse quête, les terroristes cagoulés de Brutus passent à l'action : les parents de Jason sont tués, et dans une parodie de justice Jason est accusée du meurtre de la femme de Brutus qu'il a lui-même tué pour éviter d'être dénoncé aux autorités... Jason en cavale n'a d'autre choix que de retrouver le Donneur de Lois et de le ramener à la Cité avec Alex son ami d'enfance chimpanzé avant que Brutus ne réalise son coup d’État et le pogrom qui va avec...
La narration et les dialogues sont un peut naïfs au début mais à l'époque où les néo-nazis font la chasse aux gens de couleurs et aux hippies un peu partout en Amérique, on s’aperçoit rapidement que le fil conducteur du récit c'est la haine que répand le suprématiste Brutus et son Ku Klux Klan à peine déguisé : c'est assez rare de voire aborder le thème abordé de manière si frontale et si peu manichéenne dans les univers comics, d'autant plus qu'à l'époque le sujet était d'une brûlante actualité (car ici les idées haineuses finissent finissent par abolir la frontière entre bourreaux et victimes). Mais nous sommes d'abord et avant tout dans un pulp post-apo et on emprunte tous les ingrédients du Sword & Planet de John Carter, Buck Rogers et Flash Gordon (les connaisseurs se souviendront du Guerrier de Mars de Michael Moorcock, et force est de constater que certaines situations et péripéties sont similaires ^^) : c'est l'histoire d'un aller et d'une retour puisque que les deux amis pénètrent dans la Zone Interdite pour découvrir que Brutus est de mèche avec les Héritiers et leurs hordes de cyborgs-mutants (des homines crevarices ayant obtenu l'immortalité en échange de leur humanité, et qui trompe leur ennui dans des games of thrones sadiques, et qui ont d'étranges sauts de niveau de langage dans leurs dialogues : tiens, on dirait Black Ghost dans le Cyborg 009 de Shôtarô Ishinomori), sauf qu'ils comptent diviser pour régner en utilisant les singes pour tuer les humains avant de tuer les singes à leur tour... Jason et Alex parviennent à s'échapper en compagnie du Donneur de Loi et de l'esclave muet dénommé Carpette, et ils sont recueillis par l'équipage du Simian qui les amène à la Cité bien que toujours poursuivis par les gorilles cagoulés de Brutus équipés des armes des Héritiers. C'est une phase presque vancienne dans le récit avec Julius Gunpowder le Davy Crockett simiesque, son ami Dan d'Acier aux poings d'acoer, le voyageur Sarabande, l'acrobate Trippo ou la gitane Malaguena... Après plusieurs morts tragiques, le Donneur de Lois revient à a Cité pour faire face à Brutus alors que les deux communautés sont prêtes à s'entre-tuer : c'est là qu'on invoque les mânes de William Shakespeare et d'Alfred Hitchcock ^^

Dans une deuxième partie, aveuglé par la haine Jason tourne le dos à ses amis et à la Cité pour accomplir sa vengeance sur Brutus qui a été banni et non exécuté, et ce dernier compte bien revenir assouvir ses fantasmes génocidaires à l'aide d'armes de destruction massive. C'est encore l'histoire d'un aller et d'une retour puisque l'humain et le singe se poursuivent l'un l'autre à travers un monde dévasté...
Cela aurait pu très sombre avec un Jason qui victime de la peur et l'ignore devient Colère, bascule du Côté Obscur et multiplie les prises de postions racistes et sexistes... Mais c'est contre-balancé par le Luminurgiste, un personnage génial à mi-chemin entre Gandalf le Gris et Grateful Dead, qui durant les scènes d'action ressemble à Chuck Norris dans Delta Force ! On voyage à travers les États-Unis avec le Luminurgiste, Gilbert le gibbon muet qui est à la fois son assistant, son apprenti et son ami, Jason le tourmenté, ainsi qu'Alex et Malaguena qui finir par les rejoindre après moult péripéties : j'ai adoré les épisodes 13 et 14 dans lesquels le Gandlaf post-apo explique à ses nouveaux compagnons le monde d'avant le cataclysme alors qu'il ne faut pas toujours mouche dans ses interprétations (ah le fer à repasser et la télévision ^^)...
Le hasard fait que la quête du Luminurgiste qui souhaite retrouver le psychédrome et la quête de Brutus qui souhaite retrouver un ancien arsenal nucléaire se croisent au même endroit quelque part dans les Montagnes Rocheuses... et là ça part un peu dans tous les sens sur le fond comme sur la forme !
Il y a comme ultérieurement chez l'américain Stephen King et l'anglais Mark Lawrence un détournement du Magicien d'Oz de Frank Baum (un livre jeunesse anticapitaliste censuré par deux fois par establishment américain : on ne se refait pas et les chiens ne font pas des chats) avec le Kansas, la route de briques jaunes, le palais d’émeraude, des singes ailés et des sorciers. Il y a le chemin de croix du Luminurgiste qui en pensant découvrir l'ultime temple de la connaissance découvrir dans sa chaire et dans son âme que science sans conscience n'est que ruine de l'âme. Il y a les délires suprématistes délirants de Brutus : plus il se rapproche du pouvoir ultime, plus il réduit ses critères de pureté génétique, et décidant qu'il est au-dessus de tout le monde se met à tuer tout le monde. Et il y a Jason qui après un trip chamanique dans un village pueblo arrosé de peyotl se met à redouter de devenir l'équivalent humain de Brutus... Car le psychédrome est en fait une Arche de Noé alien : leurs origines, leurs motivations, et leur rôle dans l'histoire humaine et le grand cataclysme ne sont pas assez explicitées, mais après moult péripétie impliquant les massacres de Brutus et la trahison des Héritiers la Team Jason s'enfuit avec l'un d'entre eux dénommé Globy (et il ressemble à... Ningauble aux Sept-Yeux, le mentor magicien complètement barré du Cycle des Épées ! ^^)
Les derniers épisodes sont plus posés sans forcément gagner en qualité :
Dans Le Grand Nord (épisode 26), on s'amuse avec des singes vikings ayant un cocotier comme emblème (soupirs) le temps de régler le cas du Luminurgiste qui passe tragiquement de Gandalf le Gris à Gandalf le Blanc, et l’ultra-civilisé Globy qui devient son propre oracle parmi les barbares alors que depuis des décennies voire de siècles il reconditionne de pauvres bougres pour jouer les oracles...
Dans Les Singes de Fer et La Révolte des Gorilloïdes (épisodes 27 & 28), Brutus change de stratégie et rallie à sa cause les soldats cyborgs des Créateurs (mutants agoraphobes de la Zone Interdite qui veulent asservir et/ou détruire le reste du monde) avant de les équiper des machines et des armes de guerre volées aux Héritiers (cerveaux hypertrophiés de la Zone Interdite qui veulent asservir et/ou détruire le reste du monde). On suit en parallèle la quête du petit Thaddeus parti à la recherche d'un remède pour sauver le Donneur de Lois gravement malade, le siège de la Cité défendue par la Moravius le nouveau Ministre de la Paix et la Team Jason, ainsi que les renforts amenés par le Simian de Julius Gunpowder et Dan d'Acier... (l'aventure aurait du continuer, la Team Jason étant confronté au racisme des humains après voir combattu le racisme des singes mais je vous laisse découvrir tout cela dans la postface)

J'ai toujours été sous le charme des comics vintage de King Features Syndicate, qui affichaient d'autres ambitions que de faire ad vitam eternam des gags cartoonesques. Ils furent balayés par le maccarthysme, les croisade anti-comics du docteur Fredric Wertham, et cette saloperie de censure appelée Comics Authority Code... Et il fallut attendre la révolution culturelle pour voir réapparaître des comics racontant autre chose que des récits édulcorés de super-slips, sauf qu’entre-temps la violence s'est invitée dans la culture populaire et que la rupture est donc assez brutale pour les lecteurs. Marvel Comics a ainsi lancé dans les années 1970 des titres pour un lectorat plus mature avec des séries consacrées à Bruce Lee, Dracula, Conan et La Planète des singes : après avoir posé les bases Gerry Conway confie les scénarios à Doug Moench un routard du milieu qui connaîtra son heure de gloire lors de son passage sur la franchise Batman dans les années 1990, et les dessins ont été assurées par Mike Ploog, Tom Sutton et Herb Trimpe... J'aurais dû mettre 5 étoiles pour le good trip mais il y a plein de petits trucs qui ont fait perdre des points :
- au niveau graphique c'est cool d'oublier les règles castratrices du cahier des charges propre à l'industrie des comics, mais au-delà de la succession des artistes (3 dessinateurs et 6 encreurs) en moins de 3 ans la série évolue graphiquement beaucoup trop graphiquement... On passe de graphismes très fins presque en niveaux de gris, avant de développer un noir et blanc pur et dur très chargé, puis de retourner vers quelque chose de plus simple et de plus efficace. Les dessins de Mike Ploog sont excellents mais j'ai eu l'impression qu'il ne savait pas trop s'il fallait suivre la voie de Barry Windor Smith, celle John Buscema ou celle de Jack Kirby : résultat des courses Jason change d'apparence tout au long de la série (cheveux, visage, âge)... Avec Tom Sutton les dessins sont très chargés et très sombres pour rester poli (on dirait du Weird Fantasy ^^), et s'il est très bon pour les décors et les monstres le charadesign lui peut faire mal aux yeux car à part Brutus les personnages sont méconnaissables à commencer par Jason avec ses cheveux blonds et bouclés et son visage tout en angles ou Malaguena qui ressemble à une Betty Boop à long cheveux (attention aux fautes de raccord aussi : Gilbert qui se transforme en nain acrobate brandissant une clé à molette plus grande, ou le train souterrain qui change de forme entre 2 planches !)… Herb Trimpe propose des graphismes assez intéressants plus clairs et plus légers, mais il n'est pas aidé par Jason transformé en action man WASP et des gorilloïdes tout droit soit d'une Série Z ^^
- au niveau scénaristique Doug Moench est aux manettes de tous le épisodes et il a de bonnes idées.. pas toujours bien exploitées ! Comme je l'ai dit au début c'est assez naïf, mais ce trait disparaît progressivement voire rapidement. Et comme beaucoup d'auteurs il hésite sur le monde de narration puisque les informations sont données alternativement au conjointement par des dialogues ou un narrateur omniscient : du coup il y a pas mal de phylactères à lire, et je suis persuadé qu'il y avait moyen d'épurer un peu tout cela (et on aurait pu se passe de quelque gags cartoonesques dignes de Popeye qui déboulent de nulle entre deux de massacres : c'est n'importe Alex qui joue à cache-cache avec un singe viking à casque à cornes qui coupe un tronc d'arbre d'une seul coup d'épée. Sur la caractérisation c'est bien vu d'avoir fait de Jason un antihéros plutôt qu'un héros, il est plus lunaire que solaire et on évite quasiment le tarzanide tout en muscle ou l'action man WASP du coup son pessimisme est contre-balancé par l’optimisme d'Alex et du Luminurgiste, qui vont connaître à leur tour leur propres tourments et s'appuyer sur Jason. Il y a un petit souci avec Malaguena qui au départ love interest et demoiselle en détresse se transforme en cruche cartoonesque totalement inutile avant de rétropédaler et de se muer en strong independant woman à la Red Sonja. Les autres personnages sont intéressants cools mais insuffisant exploités alors qu'il y avait matière à réaliser une véritable comédie humaine / tragédie inhumaine : il y a beaucoup trop d'individus et/ou de communautés qui font un petit tour et puis s'en vont (mention spéciale au village du chamane dont les habitant se font ensevelir dans la plus parfaite indifférence de tout le monde, y compris les auteurs). Vu qu'il est seul au manette j'aurai espéré un worldbuilding maîtrisé, mais ce n'est pas le cas : on rajoute sans cesse de nouvelles espèces de mutants ou d'hybrides dont les territoires ne sont séparés que quelques lieues (alors que cela aurait été génial de voir singes et humains victimes de leurs guerres pour les ressources et le pouvoir), les aliens finalement n'auront servi à rien (alors que cela aurait été génial de voir singes et humains devoir faire face à des factions aliens aux points du vue et aux objectifs différents voire divergents), et puis tant qu'à faire ajoutons au Gandalf post-apo un Saroumane et un Sauron post-apo (ce n'est pas comme si les candidats aux postes manquaient hein ^^)... Sinon, si j'ai bien compris la Cité c'est l'Arizona et la Zone Interdite c'est la Californie : OK. Jason s'enfuit et après avoir rencontré le Luminurgiste on traverse le Kansas pour aller au Dakota du Sud : OK. On va ensuite chez les pueblos, ça commence à faire des beaucoup de bornes en peu de temps alors que presque tout le monde est à pied, mais quand on précise qu'on a parcouru 13 kilomètres et qu'on passe du désert de sable au froid polaire je dis STOP ! Ah les connaissances géographiques appoximative des yankees et leur fameuse gestion des distances élastiques selon qu'on soit un héros ou un vilain : peut-être que je cherche la petite bête, car d'après la postface l'auteur avait plein de projets pour étendre et approfondir l'univers ^^

Indispensable pour les fans : j'attends le tome 2 avec autant de curiosité que d'impatience !

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