David Gemmell
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Amish Tripathi, La Trilogie de Shiva

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White Square Amish Tripathi, La Trilogie de Shiva

Message par Albéric le Dim 1 Juil - 19:00


Avant de démarrer quelques mots sur l'auteur : il a toujours voulu écrire de la SFFF, mais ses parents voulaient qu'il devienne banquier pour qu'il fasse honneur à sa famille. Comme c'est un bon gars il a suivi la voie qu'on a choisie pour lui, sauf qu'il s'est aperçu que le métier de banquier laissait tellement de temps libres qu'il n'était pas incompatible avec l’exercice de sa passion, et qu'il pouvait parfaitement joindre l'utile à l'agréable. C'est ainsi qu'il est devenu best-seller puisque chacun de ses livres s'est vendus à plus de 5 millions d'exemplaires : une belle histoire qui respect les règles cosmiques de l'artha, du dharma, et du karma !



Dernière édition par Albéric le Dim 1 Juil - 19:19, édité 1 fois

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White Square Re: Amish Tripathi, La Trilogie de Shiva

Message par Albéric le Dim 1 Juil - 19:05


Résumé tome 1 : Les Immortels de Meluha
Shiva ! Le Mahadev. Le Dieu des Dieux. Destructeur du Mal. Au fil des siècles, aucun étranger ayant foulé notre sol n’a cru possible qu’un être aussi exceptionnel ait pu réellement exister. Et si nous nous trompions ? Et si le Seigneur Shiva n’était pas le produit d’une imagination débordante, mais un homme qui s’est élevé jusqu’à devenir l’égal d’un dieu, grâce à son karma ? Le riche et idyllique empire de Meluha est menacé. Pour renforcer ses rangs, l’empereur a envoyé des émissaires inviter les tribus voisines à rejoindre son royaume et jouir de son opulence en échange de leur allégeance. C’est ainsi que les Gunas, menés par leur jeune chef impétueux, Shiva, arrivent à la ville frontière de Srinagar, capitale du Kashmir. Après avoir absorbé une mystérieuse boisson médicinale, Shiva voit sa gorge luire d’un bleu iridescent. Il est le Neelkanth, le sauveur tant attendu...


Ce tome 1 de La Trilogie de Shiva a été écrit par l'auteur indien Amish Tripathi et est intitulé Les Immortels de Meluha (même si cela a été traduit de l'anglais, bravo à Thierry Arson d'avoir trouvé les bonnes solutions pour les mots hindis qui passent tellement bien dans le texte que le glossaire est louable mais pas spécialement utile est c'est bien ainsi). Nous sommes dans le sous-continent indien il y a 4000 ans, quand les habitants de Mohenjo Daro commerçaient avec les Mésopotamien est les Égyptiens... Shiva est le chef d'un tribu tibétaine ayant négocié avec le peuple de Meluha la migration de son peuple dans la Vallée de l'Indus. Lui et tous ses protégés sont victimes de mystérieux maux après qu'on les ait installés dans des centres d’accueil et qu'on leur ait offert un mystérieux breuvage nommé somras, et quand la peau de son cou d'un bleu iridescent tout le monde se met à l'appeler Seigneur et à s'agenouiller en sa présence... Messie malgré lui, il se demande bien ce qu'il fout dans une prophétie ! ^^

On fait alors découvrir au héros et aux lecteurs les 8 millions d'habitants de l'empire du soleil, collectivistes et égalitaires où tout a été collectivisé, et on parle au héros et aux lecteurs des 80 millions d'habitants du royaume de la lune, individualiste et inégalitaire où tout a été privatisé. Et nous apprend assez rapidement que les deux pays autrefois ne faisaient qu'un, avant la rébellion des élites qui voulaient se réserver l'épice de longévité (d'ailleurs elle est toujours réservé à l'aristocratie héréditaires chez les « méchants », alors qu'il est distribué à toute la population, réfugiés et immigrés y compris chez les « gentils »). On lui dit que Meluha est le Monde Libre (sic), et que Swadweep est l'Empire du Mal (sic), et qu'il est destiné à mettre fin à l'éternel guerre qui les oppose... Il assiste et contribue à l'échec de plusieurs attentats terroristes attribués à l'ennemi, et quand AB le premier scientifique de l'empire avec lequel il s'était lié d’amitié est assassiné il endosse l’habit de sauveur pour conduire l'armée de Mehula contres hordes de Swadweep, qui habitués aux généraux meluhans conservateurs et pétri d'honneur se retrouve en face d'un barbare tibétain (mdr la bataille épique hindoue qui emprunte tout au presque à l'épopée des Trois Cents Spartiates et aux exploits d'Alexandre le Grand !)...
Spoiler:
Sauf que l'ennemi vaincu, Shiva le Destructeur du Mal découvre que le royaume de la lune se voyait comme le Monde Libre, qu'il voyait l'empire du soleil comme l'Empire du Mal, qu'il n'a rien à voir avec les attentats terroristes commis par les Nagas, et que ses habitants l'attendaient lui aussi comme leur messie annoncé par une prophétie... Et je ne parle même pas de la Némésis du héros, le colosse encapuchonné soucieux de la vie des hommes sous ses ordres, qui refuse les pertes civiles et les dommages collatéraux, et qui tel un Tarzan au meilleur de sa forme risque sa vie pour sauver deux jeunes filles d'un crocodile : est-il vraiment le Champion du Mal ? Merdum : Shiva a-t-il choisi le mauvais camp dans la guerre froide entre Tristus et Rigolus ?? et y a-t-il vraiment un bon et un mauvais camp quand d'ailleurs quand le véritable mal se retrouve dans le cœur de chaque homme ???
Le cliffhanger de fin est parfaitement scandaleux (mais je proteste mollement tellement il est réjouissant ^^)


D'un côté j'ai retrouvé les vibes de La Belgariade et de La Mallorée du couple David et Leigh Eddings, avec ses élus et ses prophètes qui se demande qui dit vrai et qui dit faut (donc qui a raison et qui a tort), avec sa fraîcheur, ses dialogue amusants et son humour bon enfant (au début je revoyait carrément quelqu'uns des meilleurs sketches de la série Kaamelott) son humour et sa fraîcheur, mais aussi sa naïveté, ses clichés, son manichéisme (ici finalement totalement battu en brèche par le dénouement)... D'un autre côté j'ai retrouvé les vibes des contes philosophiques et des fables politiques : cela ressemble aux meilleurs nouvelles de Robert Heinlein, qui empruntait tout au presque à Aldous Huxley (et force est de constater que certains termes font plus science-fiction que Fantasy, à tel point que des fois je revoyais aussi certains textes de René Barjavel ^^). C'est vrai qu'avec les utopies de Thomas More et de Jonathan Swift dans le rétroviseur, on est un peu chez Platon et chez Aristote, chez Voltaire et chez Rousseau avec notre candide / bon sauvage condamné à réformer deux civilisations et à transformer une guerre idéologique en coexistence pacifique.
Alors oui nous sommes dans la fantasy néoclassique qui sait se jouer des codes, des archétypes et des stéréotypes. Mais pas seulement car l'auteur aborde simplement mais pas facilement des problèmes très sérieux, parfois d'un brûlante actualité : fondamentalisme, terrorisme, immigration, intégration, éducation, civisme, méritocratie, démocratie, droits, devoirs, libertés individuelles, bien commun, retraites et sécurité sociale, partages des ressources et des richesses... Et là où cela devient génial, c'est quand il utilise la mythologie de son pays pour échanger à intervertir les rôles entre les frères ennemis Indiens et Pakistanais, critiquer les système des castes, partir en croisade contre l'injuste condition et le triste sort des Intouchables, et prendre la défense des femmes dans un pays où le machisme a toujours été roi (alors oui on n'échappe pas à la romance bollywoodienne, mais il fallait oser transformer la princesse en détresse en princesse guerrière, la danseuse de contes de fées en artiste martiale intrépide mais maudite ! ^^)

Même si ce n'est pas de la grande littérature et que le style est volontiers Young Adult on n'est quand même assez loin du roman du pur divertissement présenté par certains (car tant qu'une institution autorisée n'a pas délivré le précieux tampon « ouvrage de réflexion », les prescripteurs d'opinion ne se donnent pas la peine de faire fonctionner leurs petites cellules grises... et j'imagine déjà par avance les remarques péjoratives traditionnelles sur les noms indiens compliqués à retenir, sur le vocabulaire hindi incompréhensible, sur l'orientalisme de bazar et sur l'exotisme de pacotille). En plus d'être vachement sympa c'est mine de rien assez intéressant, et cela se lit super bien et super vite : personnellement je serai au rendez-vous pour la suite de la trilogie (et de la saga, car l'histoire se poursuit au-delà ^^), et j'ai suffisamment critiqué les éditions Fleuve Noir d'abandonner peu ou prou la SFFF pour les féliciter de lui avoir donné sa chance (d'ailleurs d'autres sorties très intéressantes ont été et/ou seront à suivre chez cet éditeur).

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White Square Re: Amish Tripathi, La Trilogie de Shiva

Message par Sieben le Mer 18 Juil - 9:12

Intéressant. Pourquoi pas, à l'occasion. En Fantasy indienne, Ramayana d'Ashok K. Banker reste devant dans ma liste de lecture.
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White Square Re: Amish Tripathi, La Trilogie de Shiva

Message par Albéric le Mer 18 Juil - 9:55

Sieben a écrit:Intéressant. Pourquoi pas, à l'occasion. En Fantasy indienne, Ramayana d'Ashok K. Banker reste devant dans ma liste de lecture.
on verra lequel des deux sera édité en VF en entier...

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