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Larry Niven, L'Anneau-Monde

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White Square Larry Niven, L'Anneau-Monde

Message par Albéric le Dim 11 Fév - 20:32


Résumé tome 1 :
Aux confins de l'espace connu est découvert un étrange objet céleste : un anneau, en rotation autour d'un soleil. Ses dimensions, aux limites de la compréhension humaine, en font le plus important objet manufacturé de l'univers. Qui a donc pu bâtir une telle structure ? Dans quel but ? Sa surface semble présenter des signes de vie. Une expédition composée de deux humains et deux extraterrestres, dont un redoutable Kzin et le capitaine Louis Wu, âgé de deux cents ans, est réunie par les mystérieux Marionnettistes de Pierson. L'Anneau-monde livrera-t-il ses secrets ?


En lisant les premières pages je me suis dit : « Oh non, de la Hard Science : cela va encore être long, lent et chiant, en plus d'être prétentieux et incompréhensible... » Oui mais non, Larry Niven fait tout son possible pour être accessible au plus grand nombre en mélangeant Hard Science et New Wave, Space Opera et Planet Opera !

Au lendemain des guerres entre humains et kzintis non découvrons une posthumanité blasée à travers les yeux de Louis Wu, un touche-à-tout blasé que l'ont pourrait qualifier d'aventurier et qui entre autocuisine et autodoc fête sans joie son 200e anniversaire. Au cours de la grosse fiesta qu'il a organisée il est contacté et engagé par un Marionnettiste de Pierson pour une mystérieuse et périlleuse mission d'exploration. La curiosité un vilain défaut, et Louis Wu ne manque d'y succomber !
Par bien des aspects Larry Niven est un héritier de Jack Vance, et il remplace l'exoplanète exotique par une Big Dump Objet : l'Anneau Monde qui représente trois million de fois la surface de la Terre fonctionne peu ou prou comme une Sphère de Dyson (l'écrivain SF s'inspire du physicien et mathématicien Freeman Dyson qui s'inspirait d'avantage de l'écrivain SF d'Olaf Stapledon que du physicien John Desmond Bernal... La vie est belle car la boucle est bouclée ! ^^ ).
Arrivés à destination Louis Wu et ses compagnons se crashent sur l'Anneau Monde et en cherchant un moyen d'y échapper croisent différentes civilisations qui ont régressé au stade préindustriel : les supraconducteurs bases de toute civilisation avancée ont disparu du jour au lendemain il y a plus d'un millier d'années, et faute de métaux et d'hydrocarbures elles se sont retrouvés piégées sur l'Anneau Monde... Et après une mise en place très Space Opera
:
(avec les Marionnettistes de Pierson cachés dans parmi les étoiles avec leur flotte de mondes qui ont dirigé les Étrangers vers l'humanité pour qu'ils obtiennent les technologies nécessaires pour affronter/occuper les Kzintis, tandis qu'il corrompait les responsables du planning familial humain pour faire de l'eugénisme à travers la loterie pour la procréation destinée à créer des individus chanceux qu'ils auraient pu manipuler selon leur gré)
, on reprend les classiques du Planet Opera et le récit prend la forme d'une expédition de sauvetage confronté aux nombreux défis de l'ethnologie...
La grande force du récit c'est la dynamique de groupe de l'expédition qui nous offre un paquet de situations et de dialogues très drôles qui m'ont donné l'impression d'être dans une version hippie de Star Strek :

Nessus est manipulateur et paranoïaque (on dirait un Romulien de Star Strek, et il a peut-être un peu inspiré le personnage d'Alcantara dans la manga Aqua Knight de Yukito Kishiro ^^), herbivore ne ressemblant à rien du tout avec ses 3 pattes, ses 2 têtes et son sexe indéterminé, Chmeee / Parleur-aux-animaux est un guerrier polyglotte (on dirait un Klingon de Star Strek, et il a sans doute beaucoup inspiré le personnage Monsieur Worf dans la série éponyme ^^), carnivore ressemblant à un chat orange carnivore de 2m50 avec des oreilles et une queue de rat, Teela Brown qui n'a jamais connu la peur, la douleur ou la peine met tout le monde en danger par son comportement autant insouciant qu'inconscient, et bien sûr Louis Wu se demande bien ce qu'il est venu faire dans ce gros bordel... Mention spéciale à la confrontation avec les Tournesols Esclavagistes, cauchemar végétal qui semble échappé d'un labo de la mégacorpo Monsanto, Louis Wu et Chmeee piégés dans un filet magnétique antiémeute, l'opposition entre le Chiron le sage et le Nessus le fou (remember la mythologie grecque ^^), ou le running gag du Gambit de Dieu ^^
Le roman appartient à son époque en étant fortement marquée par les réflexions du Club de Rome* nées en 1968 : explosion démographique, gestion des ressources, espace vital mondial, mais aussi contrôle des naissances, pollution thermique, épice de longévité... (après Larry Niven n'est toujours au niveau : en 1970 il maîtrise mal tout ce qui est contraception, donc les seules solutions semblent être l'abstinence ou la stérilisation).

Je pense beaucoup de bien de ce tome 1 paru en 1970, qui en laissant moins de questions en suspens aurait parfaitement pu fonctionner comme un stande alone. Malheureusement il y a quand même des trucs qui tirent l'ensemble vers le bas :
- alors oui la révolution sexuelle et passée par là et c'est décoincé du cul, mais cela reste presque aussi sexiste qu'un Jack Vance bas du front même si on prend la situation au 2e degré (avec ces espèces où seuls les mâles sont dotés de l'intelligence)... Les femmes femelles semblent n'être que des éléments d'hygiène et de loisir pour les mâles machistes : concrètement Teela Brown ne sert que d'agrément à Louis Wu (même si ce dernier se demande s'il n'est pas comme ses compagnons et la réalité toute entière esclave de son facteur chance qui aurait remplacé la main immanente du Destin), et tous les indigènes de l'Anneau-Monde la prenne pour une esclave sexuelle (et pourrait-on les détromper ?)... Et quand Louis Wu rencontre un femme du peuple des Bâtisseurs qui contrôle l'Anneau Monde, c'est forcément un péripatéticienne qui essaye de l'asservir par le sexe... (d'ailleurs on a toute un réflexion sur l'addiction avec le TASP, arme non létale provoquant une dépendance, avant d'aborder une réflexion sur l'asservissement par le sexe)
- les tenants et aboutissants de l'intrigue sont mal amenés et mal exploités
:
Pourquoi les Marionnettistes de Pierson veulent-ils absolument explorer la civilisation de l'Anneau Monde (au pourtant ils ont naguère contribué à détruire)... Pour obtenir de nouvelles technologies ? Pour réaliser une expérience de Milgram en observant la cohabitation entre humains, Kzintis et Marionnettistes de Pierson pour anticiper l'avenir ?Pour observer comment vont fonctionner les civilisations qu'ils vont rencontrer dans le Nuage de Magellan ? Car ils fuient la Voie Lactée qui va être balayée dans 20000 ans par l'onde choc de l'effondrement du noyau galactique, mais trouillards comme ils sont (au point d'évacuer toute la population d'une mégapole pour ne pas croiser 2 humains) hors de questions pour eux d'utiliser des vitesses supraluminiques ou des caissons cryogéniques, donc ils sont persuadés qu'arrivés sur place les autres espèces les auront déjà précédés et sans doute avec une technologie plus avancée...
- au final on ne retrouve pas le plaisir de la ligne droite car le récit alterne sans prévenir récit picaresque léger et explications Hard Science lourdes (donc chassez le naturel il revient au galop vu que lesdites explications Hard Science  nécessitent parfois un master en sciences pour être compréhensibles), avant d'aborder le problème des Deus ex Machina vanciens qui ici ressemblent à de fausses épiphanies à la Docteur House et gâchent la fin qui en devient décevante (les personnages ont les réponses, ou les ont trouvées, mais garde les informations pour eux et nous laissent dans le schwartz, du coup elles déboules un peu n'importe quand et c'est désagréable)
- Argh, il aurait eu tellement mieux à faire sur le couple Teela Brown personnage de SF / Chercheur personnage de Fantasy... J'imagine sans peine le truc coolissime que Roger Zelazny ou l'un de ses héritiers aurait pu nous concocter sur le sujet ne mélangeant et croisant les genres de l'imaginaire !

Stylistiquement ce n'est pas de la haute littérature, mais le roman fascinant par son imagination a réalisé le Grand Chelem en remportant les prix Hugo, Locus et Nebula (on sent la grosse rage de Norman Spinrad et de ses potes bobos hipsters), son succès fut mondial, son influence sur la SF immense, mais en France on parle de daube réalisée par un tâcheron sans ambition et sans imagination... Encore un coup des cultistes de Gérard Kein, qui le haïssent car il l'ont catégorisé à droite parce que sous Reagan il a travaillé avec son mentor Robert Heinlein sur le projet Guerre des Etoiles (alors qu'il a été l'un des opposant les plus virulents à la Guerre du Vietnam 15 ans plus tôt). Du coup il a fallu attendre la naissance des éditions Mnémos pour qu'il soit à nouveau traduit à nouveau en France, ce qui nous laisse orphelin de la majeur partie de sa bibliographie (il a écrit une quinzaine de cycle, dont une série sur les guerres Humains / Kzintis et une reprise de la légende de Beowulf !). D'ailleurs pour prendre conscience les dégâts incommensurables pour la SFFF en France, je je relaie le réquisitoire d'Alain Dorémieux, l'infâme nabot à solde du teigneux Gérard Klein (se piquer d'intellectualisme pour écrire de pareils brûlots haineux, il faut oser : à côté d'eux, Napoléon c'est un playmobil dans un évier !) :
« Ce livre est infantile, inutile, illisible, insupportable, interminable, indéfendable, indécrottable, incommensurablement imbuvable et indissolublement imbécile. Et j'ajouterai, pour être objectif ( ? ? ?), qu'il a reçu en 1971 le Hugo du meilleur roman de l'année aux Etats-Unis. »

Mais laissons les rageux à leur rage (et s'ils pouvaient rager uniquement entre eux ça nous ferait des vacances)... Larry Niven fut repris par John Varley, Iain Banks, Laurent Genefort, Michael Marrak, Juan Miguel Aguilera, Terry Pratchett, et comme nous appartenons tous à une culture transmédia je me dois de mentionner qu'il a très fortement inspiré les séries télé Star Strek, Babylon B, Stargate, Farscape, mais aussi les jeux vidéos Wing Commander et Halo, le JDR arcanepunk Planescape et le CCG érotique XXXenophile...
Du coup je recommande cet ouvrage à tous les amateurs des littératures de l'imaginaire pour découvrir une œuvre pionnière qui a laissé un héritage à l'image de son Anneau Monde : trop grande pour être mesurée !

* le Club de Rome existe toujours de nos jours, mais de son propre aveu il est devenu inaudible car blackisté par les médias prestitués aux ordres des grosses entreprises et des grands gouvernements qui ne veulent aucunement des changements qui pourraient gêner le Big Business et déranger le Veau d'Or (une taxe sur le sucre pour les consommateurs oui, des normes pour contrôler l'ajout de sucre dans tout et n'importe quoi par les producteurs NON ; une taxe diesel / essence pour les particuliers oui, un taxe diesel / essence pour les camions et les bateaux NON, une taxe sur les déchets oui ; des normes sur cette connerie de suremballage et cette saloperie d'obsolescence programmée NON)

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White Square Re: Larry Niven, L'Anneau-Monde

Message par Oncle Kiin le Lun 12 Fév - 10:39

Tout ça est bien tentant, mais ce qui me fait hésiter à l'ajouter à ma liste c'est que les tomes suivants (ou l'intégrale de 2014) ont l'air très difficiles à trouver en VF. Je garde le nom en tête pour quand je fouillerai chez mon bouquiniste :)
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White Square Re: Larry Niven, L'Anneau-Monde

Message par Albéric le Lun 12 Fév - 18:36

Oncle Kiin a écrit:
Tout ça est bien tentant, mais ce qui me fait hésiter à l'ajouter à ma liste c'est que les tomes suivants (ou l'intégrale de 2014) ont l'air très difficiles à trouver en VF. Je garde le nom en tête pour quand je fouillerai chez mon bouquiniste :)
Beaucoup de bonnes idées, un monde de dingue, et un auteur qui interagit énormément avec ses lecteurs et qui mouille le maillot pour apporter la bonne parole SFFF un peu partout aux Etats-Unis... mais un Syndrome JAck Vance et un Syndrome Adam Reith : toutefois l'auteur est conscient de ses lacunes et travaille désormais en duo pour les combler...

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White Square Re: Larry Niven, L'Anneau-Monde

Message par Albéric le Lun 12 Fév - 18:45


Résumé tome 2 : Les Ingénieurs de l'Anneau Monde
Voici vingt ans que Louis Wu a découvert l'Anneau-monde. Aujourd'hui, avec Parleur-aux-animaux, ils reprennent le chemin de l'Anneau, otages d'un dirigeant marionnettiste déchu. Celui-ci espère rapporter de l'Anneau-monde suffisamment de trésors pour impressionner ses congénères et retrouver son statut. Mais à leur arrivée, Louis découvre qu'une terrible menace pèse sur l'Anneau-monde. Une course contre le temps s'engage à la recherche des vestiges de la civilisation des légendaires ingénieurs, les concepteurs de la planète. Louis Wu et son équipage parviendront-ils à sauver l'Anneau-monde ?


Je suis assez déçu par ce tome 2 écrit 10 ans après le tome 1, et qui se déroule 23 ans après la 1ère expédition vers l'Anneau-Monde... Louis Wu et Chmeee se font enlever par l'Ultime, compagnon de Nessus et dirigeant de son peuple éjecté du pouvoir qui compte sur les merveilles technologiques de l'Anneau-Monde pour revenir en grâce...
:
Ah oui on apprend que chez les Marionnettistes de Piersion les sexes sont strictement séparés, qu'il y 2 sortes de mâles et 2 sortes de femelles qui peuvent se reproduire entre elles, mais que les dominants préfèrent se reproduite à la manière des guêpes fouisseuses terriennes : mais quelle horreur !!! Mais on apprend aussi que toutes les merdes galactiques viennent des successions chaotiques entre Conservateurs paranoïaques partisan de l’isolationnisme et les Expérimentaux manipulateurs partisans de l'universalisme : allusion aux merdiers mondiaux issus des successions chaotiques entre Républicains et Démocrates aux USA ? ^^
Sauf qu'arrivés sur place il se met en quête d'un transmutateur de masse, et l'humain et le kzinti se font une joie d'envoyer leur geôlier à la chasse au dahu tandis qu'ils explorent l'Anneau Monde pour trouver un moyen d'échapper à l'Anneau-Monde puisque l'Ultime possède les clés du seul vaisseau spatial capable de voyager entre les étoiles...

Il y a une partie géniale, dans la grande tradition du récit picaresque à la Jack Vance avec du sexe et de la drogue (le mouvement hippie a bel et bien marqué les années 1970 ^^), voire presque dans la grande tradition de la quête fantasy car je m'attendais à un basculement du récit dans la science-fantasy avec le peuple de la nuit qui semble tout savoir ou presque de ce qu'il se passe sur l'Anneau Monde (ah le japanime El Hazard mélange de Sword & Planet vintage et de Planet Opera new wave : que de bons de souvenirs ^^). Louis Wu c'est la tête (mais il a un peu de jambes quand même), et Chmeee c'est les jambes (mais il a un peu de tête quand même), et ils comprennent rapidement qui sont les véritables créateurs de l'Anneau-Monde, leurs motivations, leurs moyens, et ce qui cloche : l'orbite du Big Dump Object dérive et dans moins d'un an il sa se disloquer... Sauf que Louis Wu est devenu un junkie et que pour se désintoxiquer et donc échapper aux pressions et au contrôle de l'Ultime, il troque un addiction contre une autre située en dessous de la ceinture (géniale la comparaison entre Louis accro au courant et la civilisation humaine accro à l'énergie ! ^^). Ça tombe bien, toutes les relations entre les différentes espèces de l'Anneau Monde sont régies par les règles de la rishathra : le sexe interespèces comme moyen de contrôle des naissances, mais aussi comme principal outil de diplomatie puisqu'il permet d'asservir ou de guerroyer (je vous laisse le plaisir de la découverte ^^)... On suit donc les tribulations sexuelles de Louis Wu qui forniquent avec les carnivores rouges, les géantes herbivores, les femmes à barbe du Peuple de la Machine, les femmes chauves du Peuple des Bâtisseurs, et les sylphides aux cheveux d'argent du peuple vampire (ne manquent plus que les goules et les amphibiennes : Larry Niven et Philip José Farmer sont les pionniers du paranormal porno ! ^^). Mais peu à peu Louis Wu se prend de sympathie pour tous les peuples qu'il rencontre et se met en quête d'un moyen de tous le sauver... C'est donc plein de péripéties distillées avec humour :
:
querelle entre petits pasteurs carnivores et grands agriculteurs herbivores, ébullition d'un lac pour obtenir l'ombre nuageuse nécessaire au fauchage anti-OGM d'un campe de tournesols esclavagistes qui déclenche une querelle de voisinage avec un peuple amphibien, découverte des goules nécrophages qui s'occupent des rites funéraires de l'Anneau Monde, bataille entre le Peuple de la Machine et les vampires qui finit en grosse partouze puis en gros massacre, discussions de sourds avec les savants indigènes, passage par une cité volante complètement dingo... Laquelle s'avère être un cauchemar capitaliste digne de la planète-mère shingouz où chaque bâtiment est un État indépendant et où tout a prix à payer : respirer, boire, manger, dormir, ne pas dormir, se déplacer, ne pas se déplacer, voir, entendre, parler... Au secours !
^^

Mais ce qui faisait la grande force du tome 1 n'est plus là, à savoir la dynamique de groupe : Louis Wu ne communique à l'Ultime que par rapport radio, et Chmeee se fait la malle après la partouze vampire pour aller faire n'importe quoi (rejoindre la Carte Kzin, se fighter avec des mâles de son espèce et copuler avec femelles de son espèce : la manière dont il revient dans le groupe est tellement mal fichu qu'elle tient autant du What The Fuck que du Deus ex Machina). Comme dans le tome 1, le problème vient aussi que les personnages ont toutes les clés de l'intrigue, mais qu'ils ne nous livrent que quand l'auteur repasse a envie de repasser en mode Hard Science (on on nous souvent le coup du « Élémentaire mon cher Watson ! », alors qu'il a bien des passages carrément incompréhensibles pour qui n'a jamais mis un pied dans l'industrie aérospatiale, et bordel c'est quoi une chaîne moléculaire de Saint Clair ???).
:
Donc les créateurs de l'Anneau Monde sont les Protecteurs Pak qui sortent de nulle part, comme les Étrangers / Vagabonds et les Esclavagistes / Négriers dans le tome 1 (et je ne dis pas bravo la continuité dans les choix de traduction). Issus du noyau galactique où les radiations sont plus fortes, les Paks sont une espèce qui vit en symbiose avec des arbres à virus qui leur offrent intelligence, longévité, force, résistance et endurance en contrepartie de mutations multiples qui les rendent stériles (clin d’œil au Dune de Frank Herbert dont le tome 4 sort à la même époque ?). Et dans la foulée on balance sans prévenir l’origine alien de l'homme quasiment sans explication (d'où la présence d'hominiens dans la plupart des niches écologiques de l'Anneau Monde). Alors oui l'auteur détourne le mythe de l'Arbre de Vie et du Jardin d’Éden pour parodier la Bible et se foutre de la Genèse ^^, mais tout cela est quand même too much (et on retrouve également des Martiens et ça n'étonne personne, il faut accepter le truc comme cela, sans aucune explication)… Déjà qu'Halrloprillalar était sortie n'importe comment du récit, voilà que Teela Brown revient dedans n'importe comment : après avoir traversé le Grand Océan pour trouvé le Centre de Réparation avec Chercheur, elle a continué seule sa quête transformée en protectrice en montant une équipe de secours pour redresser l'Anneau Monde. On cumule le méchant caricatural qui dans un long monologue explique absolument tous ses plans au héros qui a encore la possibilité de les faire échouer et le pathos qui tombe à plat parce que ni amené ni exploité... Car Louis Wu devine immédiatement comme par magie qu'elle est partagée entre son instinct de protectrice qui lui dicte de préserver l'intégralité de l'Anneau Monde et son intelligence humaine qui lui dit qu'il faut en sacrifier un minorité pour en sauver la majorité, entre l'instinct de survie et son envie de mourir (allez zou, à la poubelle le facteur chance du tome 1)... La grosse baston finale qui aurait pu être du niveau d'un bon blockbuster Marvel ne dépasse celui d'un mauvais Final Fantasy : quel dommage !
Quelqu'un m'expliquera aussi comment Louis Wu trouve l'emplacement du Centre de Réparation Pak, parce que se servir aussi facilement de la mythologie comparée comme GPS c'est fort de café !

La partie réussie vaut 4 étoiles, la partie raté vaut 2 étoiles et cette dernière gâche tout donc impossible d'aller jusqu'à 3 étoiles : damned, ce tome 2 avait si bien commencé ! :sleep:

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White Square Re: Larry Niven, L'Anneau-Monde

Message par Oncle Kiin le Lun 12 Fév - 19:19

Albéric a écrit:Beaucoup de bonnes idées, un monde de dingue, et un auteur qui interagit énormément avec ses lecteurs et qui mouille le maillot pour apporter la bonne parole SFFF un peu partout aux Etats-Unis... mais un Syndrome JAck Vance et un Syndrome Adam Reith : toutefois l'auteur est conscient de ses lacunes et travaille désormais en duo pour les combler...

Oui, ta critique me faisait un peu penser à Tschaï justement, et à Vance de manière générale, qualités et faiblesses. Mais ce qui attire surtout mon attention, c'est le côté source d'inspiration de plein de trucs que j'aime (les séries télé que tu cites, à commencer par B5 ^^). Ca m'intéresse toujours de remonter un peu dans la généalogie des oeuvres qui m'ont marqué.
Bon du coup, puisque le deuxième paraît moins bon (et que les deux derniers paraissent introuvables de toutes façons), je vais juste noter le premier tome pour lire ça un de ces jours :) Mais ça sera pas cette année, je suis déjà blindé de lectures prévues sans même compter les nouveautés
(D'ailleurs ça me fait penser qu'il faut que je rédige ma note de lecture sur l'Âge des Assassins ^^ J'ai du mal à m'y mettre car pas des masses de choses à en dire, j'ai ni aimé ni pas aimé, mais bref je ferai ça ces jours-ci.)
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White Square Re: Larry Niven, L'Anneau-Monde

Message par Albéric le Lun 12 Fév - 20:26

le 2 n'est pas forcément moins bon, mais la surprise de la découverte disparaît et il promet beaucoup plus pour finalement en offrir un peu moins...

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White Square Re: Larry Niven, L'Anneau-Monde

Message par Albéric Aujourd'hui à 15:14


Résumé tome 3 : Le Trône de l'Anneau-Monde
L'Anneau-monde, la plus incroyable des créations jamais rencontrées par l'homme, abrite des technologies extraordinaires, des myriades d'espèces humanoïdes, et des secrets fascinants. Trois êtres de légendes, l'humain Louis Wu, le Marionnesttiste, et Acolyte, le fils de Chmeee le Kzin, vont se retrouver une nouvelle fois pour le défendre.
Des vaisseaux en approche sont détruits avant d'avoir pu se poser sur l'Anneau-monde. Aujourd'hui, l'Anneau lui-même semble avoir besoin d'un Protecteur... Qui prendra la place sur le Trône de l'Anneau-monde ?



Dans ce tome 3 intitulé Le Trône de l'Anneau-Monde on retrouve les mêmes qualités et mêmes défauts que les tomes précédents, et cela devient aussi horripilant que chez Jack Vance... (j'aurais pu lâcher 1 étoile de plus, mais j'ai été saoulé par le fait qu'on raconte l’histoire un peu n'importe comment avec des personnes mis en avant avant de disparaître discrètement et/ou de de crever comme des merdes hors-champ)

On a d'abord une première partie, la plus longue : l'Ultime trompe l'ennui en danses collectives holographiques tandis que Louis Wu dépressif se laisse donc mourir en expiation des billions d'habitants qu'il a condamnés à mort dans le tome précédent pour sauver l'Anneau-Monde (que devient Chmeee ? OSEF ! Que deviennent Harkabeeparolyn et Kawaresksenjajok ? OSEF!). Mais ce ne sont que des interludes, puisque le récit se recentre sur les peuples de l'Anneau-Monde qui doivent faire face à l'expansion des tribus vampires et on assiste dès le départ au cœur des grandes plaines au siège d'un fort en bois par les créatures de la nuit, leurs hypnotiques chants des sirènes hypnotiques et leurs envoûtantes phéromones... Géants Herbivores, Bergers Rouges, Glaneurs, Peuple de la Machine et tant d'autres doivent s'unir ou périr dans une guerre sans merci où le sexe est utilisé comme armes offensives et armes défensives...
C'est truffé de bonnes idées, malheureusement mal exploitées car le récit met en avant Valavirgillin et Beedj, qui montent l'Alliance du Nid d'Ombre avec tous les peuples victimes des razzias vampires, et d'abord et avant tout avec les goules qui sur l'Anneau-Monde semble au courant de tout. Or on a pléthore de personnages très mal caractérisés car ils entrent et sortent du récit sans qu'on soit capable de les visualiser, et le récit finit par mettre en retrait Valavirgillin et Beedj pour mettre en avant Tegger et Warvia sans réelles explications. Le couple farouchement monogame se retrouve entouré de libertins fornicateurs qui profitent de la situation pour niquer à tour de bras avec tout ce qui bouge, et Tegger qui se se sent bafoué dans son honneur part en croisade tout seul contre les vampires pour retrouver ledit honneur... C'est un passage vachement bien, guidé par la voix de Murmure qu'il croit sortie de son esprit il est en même temps Lancelot perdu dans les gastes terres, car il est persuadé que son amour pourra le protégera des charmes vampires, et Kurtz perdu au cœur des ténèbres, puis qu'il s'adonne à la nécrophile et à l'anthropophagie pour survivre... Nous sommes aussi dans la Science-Fantasy post-apo, car pour aider ses compagnons d'armes à survivre puis à vaincre il doit apprendre comment réutiliser les engins des anciens ! ^^

On a ensuite une deuxième partie, la plus courte : on abandonne l'Alliance du Nid d'Ombre dont les membres encore restant ne servent que d'interlude, et Louis Wu sort de sa dépression pour travailler de nouveau pour l'Ultime... Sauf que le Protecteur Bram (Stoker) leur tombe dessus à bras raccourcis, suivis de très près par Acolyte le fils aîné de Chmee qui se demande bien se qu'il est venu foutre dans ce merdier à part remplacer son père dans le récit pour retrouver la chouette dynamique de groupe du tome 1...
Donc on se bat pour le contrôle et la possession de l'Anneau-Monde, à l'extérieur avec le BRAS, la Patriarchie et la Flotte des Mondes, et à l'intérieur avec le duo Bram (Stoker) et Anne (Rice) qui contrôle les Centres de Réparations donc le bon fonctionnement de l'Anneau-Monde, et le triumvirat (Howard Philips) Lovecraft, (John Henry Noyes) Collier et (Stephen King) qui contrôle le Parapet donc la bonne trajectoire de l'Anneau Monde. Sauf qu'on ne comprend tout cela qu'à quelques pages de la fin quand Louis Wu se lance dans de grandes explications à la Sherlock Holmes, Hercule Poirot, Docteur House... Donc on a assisté durant un tome entier à des luttes d'influences entre factions, sans vraiment connaître les factions en conflit et les enjeux dudit conflit, et sans vraiment connaître les tenants et les aboutissants du récit ! Je ne félicite pas l'auteur, car en l'état tous les twists de fin où Louis Wu fait le malin ne marchent pas
Spoiler:
(Louis nous dit qu'il a roulé l'Ultime, qu'il a roulé Bram en créant dans son dos le véritable Protecteur de l'Anneau-Monde tandis qu'il dressait les Protecteurs vampires les uns contres les autres, les Anciens ayant réalisé un coup d’État contre le Protecteur goule des origines, et les Modernes ayant réalisé un coup d’État contre la Protectrice Teela Brown sous les ordres de sa création Mary Shelley)
. Cela aurait pu être très bien si cela avait été amené et exploité correctement, ce qui n'est pas le cas ici malgré une prose qui est loin d'être désagréable... (Et je comprends maintenant mieux pourquoi l'auteur ne donne maintenant plus que dans la coécriture : il a compris que seul il ne parvenait pas à surmonter ses lacunes)

Louis Wu est-il dans la Science-Fiction américaine une nouvelle victime du Syndrome Adam Reith ? C'est-à-dire je viens foutre la merde chez tous les peuples aliens que je rencontrent au nom de la supériorité morale de l'humanité, puis je repars vers autre part en laissant les peuples aliens régler les problèmes que j'ai créés et dans lesquels je les ai fourrés... Je me lance dans la lecture du 4e tome pour confirmer le diagnostic ! ^^



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