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Jean Dufaux et Mohamed Aouamri, Saga Valta

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White Square Jean Dufaux et Mohamed Aouamri, Saga Valta

Message par Albéric le Mer 13 Sep - 22:31


Valeureux guerrier viking, Valgar doit se battre pour reconquérir les siens. Mais il ignore encore que son pire ennemi, c'est lui-même. Par le scénariste de CROISADE et le dessinateur de LA QUETE DE L'OISEAU DU TEMPS. L'histoire d'une vengeance devenue légende.

Avec Saga Valta, Jean Dufaux s'enorgueillit de ressusciter les grandes heures des sagas nordiques, dans le plus pur style de Régis Boyer. Mais à la base, il faut savoir qu'il y avait le recyclage d'un projet recalé pour la saga Thorgal… Toujours est-il que sous les crayons de Mohamed Aouamri et des couleurs de Benoît Bekaert, il nous raconte un Roméo et Juliette fantasy plein de bruit et de fureur !


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White Square Re: Jean Dufaux et Mohamed Aouamri, Saga Valta

Message par Albéric le Mer 13 Sep - 22:33


Tome 1 :
Venu de Valta, Valgar le viking est aussi brave que séduisant... des qualités qui n'ont pas échappé à Astridr, la fille de Thorgerr aux cents guerriers. De leur union naît Gunnar, mais ce bonheur est d'extrêmement courte durée, car le père furieux rattrape le couple maudit quelques minutes après que leur amour a porté son fruit. En fuite, Valgar ne doit sa survie qu'à la lance qu'il porte, artefact légendaire qui attire l'attention du monstrueux Ogerth-le-sinueux. Ce dernier lui laisse la vie, contre la promesse de lui ramener un manteau rouge. Et Valgar aurait accepté n'importe quel marché pour pouvoir venger son bonheur perdu !


Ce tome 1 nous plonge directement dans l'histoire, trop directement même avec tous ces personnages et les descriptions de leurs lignées qui donnent l'impression de prendre l'histoire en court de route… Valgar de Valta, fils d'Halgerr-aux-cheveux-d'or est en cavale car Thorgerr aux cents guerriers, le vindicatif père de sa bien aimée, veut sa peau à n'importe quel prix : il ne veut pas qu'un bâtard, même de noble lignée, ne s'interpose entre lui et ses projets matrimoniaux… le compagnon de Valgar est tué (mais il ne sera jamais nommé, merci Jean Dufaux), son amante est ensorcelée et séquestrée comme dans un conte de fée, et Gunnar son fils nouvellement né est enlevé… Urrn et ses sbires humains et canins sont à ses trousses, mais il aura la vie sauve grâce au monstre Ogerth-le-Sinueux qui reconnaît la Lance de Jahell (ne cherchez pas, Jean Dufaux, ne vous expliquera rien) et qui lui confie la mission de lui ramener le manteau rouge (ne cherchez pas, Jean Dufaux va laisser tomber ce truc en cours de route).
Autant pour se venger que pour récupérer ce qu'il lui est dû, Valgar rejoint la cour de Skarperrdinn fils de Njall-le-Brûlé pour plaider sa cause à l'assemblée des dix lignées… Il arrive à point nommé pour faire triompher son hôte en guerre contre Sörr-le-déchiré et ses terribles dévoreurs, et en lui sauvant la vie fait de lui son obligé… Mais il attire également l'attention de son épouse Hildegirrd-aux-courts-cheveux qui ne désire rien d'autre que d'en fait son amant attitré. C'est là que Jean Dufaux commence à faire du n'importe quoi au nom de l'auteur dépassé par ses personnages : pour mettre Valgar dans son lit elle s'allie à Orthel pour faire tueur Vhass, puis s'allie à Hamrad pour faire tuer Orthel… Je vous fais grâce des incohérences et des contradictions du truc, l'essentiel étant que le scénariste s'éclate de nouveau avec une pétasse narcissique magnifiquement galbée alors qu'il y avait tant à faire du côté d'un women's lib à l'âge des vikings…

L'histoire est prometteuse, mais dès le départ est victime du Syndrome Jean Dufaux, à savoir raconter de manière très compliquée une très histoire simple. Alors on peut faire abstraction de la voix-off du narrateur qui alourdit le récit, mais depuis le temps j'ai compris que Jean Dufaux est un auteur jardinier qui improvise son histoire en fonction de ses besoins et de ses humeurs du moment, du coup les incohérences se multiplient et on se retrouve avec des goulbigoulbas sans queue ni tête… Ce tome 1 reste néanmoins très plaisant car il est porté par les graphismes très réussis du talentueux Mohamed Aouamri, assisté aux couleurs de Benoît Bekaert, qui ne sont pas sans rappeler ceux de Régis Loisel sur la série culte La Quête de l'Oiseau du Temps !

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White Square Re: Jean Dufaux et Mohamed Aouamri, Saga Valta

Message par Albéric le Mer 13 Sep - 22:35


Dans ce tome 2, Jean Dufaux commence par nous expliquer longuement que si le diptyque devient une machinlogie c'est parce que le récit s'est ouvert et s'est amplifié sans demander son avis… Mais bien sûr ! le tome 1 a bien marché donc on continue car tant qu'on gagne on joue, et comme on connaît bien la chanson pas la peine de mystifier les lecteurs… Parce que personnellement j'ai bien senti l'histoire en 2 tomes délayée en 3 tomes voire plus si affinités !
D'un côté nous avons Valgar qui arrive à point nommé pour sauver le corps de Njall-le-Brûlé du Jonnung, puis pour sauver son âme de sa fille ophidienne quitte à affronter Berrga la déesse de la mort et ses créatures immortelles… (pas de commentaire sur le fanservice en mode grimdark)
D'un autre côté nous avons Hildegirrd-aux-courts-cheveux qui part consulter sa soeur Sosja-au-noir-manteau pour obtenir le moyen d'asservir Valgar à ses quatre volontés… A quoi sert la relation incestueuse entre les avatars de Morgause et Mordred ? A quoi sert le personnage d'Oono qui n'est là que pour se faire trucider par Hanserr ? Seul Jean Dufaux le sait… (pas de commentaire sur le fanservice en mode grimdark)
Bon je passe sur tout le délire sur la Lance de Jahell et sur le Manteau Rouge qui n'a aucune incidence sur le récit, à part déclencher un déluge de deus ex machina dans le tome 3 en reprenant de manière pas spécialement habile la légende des nibelungen…
Mohamed Aouamri et Benoît Bekaert font tout ce qu'ils peuvent pour tirer graphiquement la série vers le haut, mais que peuvent-ils faire face aux fantasmes incohérents de Jean Dufaux ?

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White Square Re: Jean Dufaux et Mohamed Aouamri, Saga Valta

Message par Albéric le Mer 13 Sep - 22:37


C’est quand même ballot le sticker « dernier album de la série », alors que celui-ci se clôt par un fin ouverte appelant à plusieurs suites… Tant qu’on gagne, on joue ???
Ce tome 3 est un tome judiciaire puisqu’au conseil des anciens, Skarperrdinn et son père Njall-le-Brûlé, revenu d’entre les morts dans le tome précédent grâce aux actions de Valga face à la déesse de la mort Berrga, défendent sa cause face à Thorgerr aux cents guerriers… Dans le tome 1 on nous avait suggéré une Astridr trucidée, avant que le tome 2 nous montre une Astridr lobotomisée : au final Hildegirrd-aux-courts-cheveux et Hanserr font route vers la forteresse de Lyhmm le Barde Fou pour obtenir le moyen d’asservir Valgar, et Valgar et Looki, la jeune et belle archère aux cheveux roux nouvellement introduite, suivent le même chemin pour libérer Astridr de la sorcellerie de Gar Guilva… Sauf que le Barde Fou veut le beurre, l’argent du beurre et le cul des unes et des autres, et que tout se résout grâce au deus ex machina de la Lance de Jahell (je déteste quand un scénariste défait ce qu’il avait fait juste avant parce qu’il n’est pas capable de suivre une ligne directrice claire et cohérente !). Ensuite comme tous les auteurs en mode OSEF Jean Dufaux tuent tous les personnages dont il ne sait plus que faire dans la grosse baston finale, quitte à contredire tout ce qui a été dit et fait auparavant ! Par contre il s’est bien fait plaisir avec des belles gosses magnifiquement galbées qui se retrouvent à la merci de quasimodos pervers et libidineux… Soupirs !!!
Goussale remplace Bekaert aux couleurs et cela se voit, mais toujours est-il que les graphismes à la Régis Loisel globalement très réussis alternent le sublime et le moyen (genre Thorgell qui selon les cases vieillit ou rajeunit, grandit ou rapetisse, grossit ou maigrit, s’épaissit ou s’amincit) ! Syndrome du tome fini l’arrache ? 3 années se sont écoulées entre les tomes 2 et 3 : tout le monde sait que Mohamed Aoumari aime prendre son temps, mais ici on arrive à l’impasse des auteurs européens qui n’arrivent pas à faire en 2 ans ce que les auteurs américains font en 2 mois et les auteurs japonais en 2 semaines…
On nous dit que la série est finie, mais on nous montre Valgar et Looki parcourant les routes de l’aventure tandis que Sosja ronge frein en attendant d’assouvir sa vengeance et qu’Hildegirrd se retrouve avec un polichinelle dans le tiroir… To Be Continued dans le plus pur style Thorgal ?

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White Square Re: Jean Dufaux et Mohamed Aouamri, Saga Valta

Message par Sieben le Jeu 14 Sep - 11:51

Je vois qu'on est raccord sur le dernier tome.

Ouais ben… je suis quand même assez déçu à la fin. J’ai relu les deux premiers tomes en diagonale histoire de me rafraîchir la mémoire : premier tome classique mais divertissant suivi d’un second où cela digresse pas mal mais je laisse sa chance au produit.

Pour ce tome final, là on ne fait plus dans le classique mais dans l’éculé. Le brave, beau, musclé et noble Valgar empile les conquêtes amoureuses tel un Conan le cimmérien, sauf que le héros de Robert E. Howard date des années 30, ce genre de cliché heroic fantasy sonne un peu de façon ringarde je trouve dans une série d’aujourd’hui. Et que dire du « promis » d’Astridr, qui a un physique disgracieux, tordu, et est bien vicieux pour nous montrer que c’est un vilain méchant pas beau. Pire poncif tu meurs. Franchement, à quoi sert l’archère Looki si ce n’est pour le seul plaisir de rajouter de la gonzesse bien roulée ? Bon après ça se termine aussi en eau de boudin cette histoire avec un affrontement final bâclé, un twist bien dark mais mal servi par une narration qui manque d’épaisseur (Astridr ayant été absente du début à la fin, on ne sait pas ce qu’elle devenait, du coup on ne ressent que très peu d’émotion sur ce qui peut lui arriver), et un épilogue à l’arrache guère concluant. Jean Dufaux comme d’hab’, ne souhaite pas conclure ses récits en se réservant une fenêtre de sortie et un nouveau cycle possible. La quête de Valgar cherchant justice après la traîtrise de Thorgerr aux cent guerriers est achevée, un peu lamentablement à mon avis, mais néanmoins finie. Cependant, qui sait, d’autres saga de Valgar ou d’un autre personnage pourront être racontées… Pas fou le Dufaux.

Pour les graphismes, c’est du très bon Aouamri au dessin et Goussale aux couleurs, mais se sont bien les seules choses qui sauvent la série de la perdition.

Un gros regret.

En revanche je te reprends sur un truc:

Albéric a écrit:tout le monde sait que Mohamed Aoumari aime prendre son temps, mais ici on arrive à l’impasse des auteurs européens qui n’arrivent pas à faire en 2 ans ce que les auteurs américains font en 2 mois et les auteurs japonais en 2 semaines…

On a déjà eu ce débat il me semble. Je ne suis pas dessinateur et ne connais pas toutes les spécificités et contraintes du métier. En revanche j'ai vu, lu, plusieurs interview d'auteurs et lorsque vient la comparaison entre BD, manga, et comics, tous disent qu'en fait ce n'est pas comparable. Certes, cela reste du dessin mais les gars ne font pas le même métier. Il y a plus de divergences sur tout un tas de points que de convergences entre un mangaka et un dessinateur de BD. Que ce soit au niveau du salariat, du temps accordé, de l'entourage (le mangaka est rarement seul), de la méthode (pas le même format de planche...), rythme de publication différent selon le pays (Japon et USA on fait encore pas mal du mensuel, en France on sort des albums, les magasines ont quasi disparu), etc. Et puis ce n'est pas le même style entre un auteur de comics, de BD ou de manga. Autant le manga c'est particulier, autant quand je vois le boulot final d'un dessinateur de comics que je compare à un bon dessinateur franco-belge, y a pas photo... tu m'étonne que l'auteur de comics finisse en "2 mois" vu le rendu pas génial du truc.

Pour moi ça tient surtout au style. Stéphane Créty (Nains T2, Masqué...) a la réputation de travailler vite, il est capable de sortir 2 à 3 albums par an. Logique, il fait du style comics.

Après Aouamri, je suis d'accord, mais c'est un cas particulier. Ce n'était déjà pas un rapide il y a 10-20 ans, mais il me semble (je suis à peu près sûr) qu'il a eu un accident grave avec sa main... obligé de ralentir encore plus le rythme. Et puis, on connaît pas la vie du gars. 90% des dessinateurs franco-belge ont un job à côté, parfois le dessin BD c'est même fait sur leur temps libre... Mais Aoumari encore une fois ça n'a jamais été un rapide. Pour moi il devrait se tourner vers le one shot parce qu'attendre 5 ans pour 3 albums, c'est clair que faut être patient.

Est-ce qu'on arrive au limite du truc ? Je crois pas. Regarde Elfes ou Nains, il sort un album tous les 2 mois. On a une spécificité éditoriale propre à l'Europe. C'est comme ça. Le truc c'est au moins d'aller au moins au bout... Et puis il y a de sérieuses réformes à faire, notamment sur la revalorisation salariale des auteurs qui gagnent peanuts. Aux USA, c'est pire...
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