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Collectif, La Sagesse des mythes

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White Square Collectif, La Sagesse des mythes

Message par Albéric le Lun 8 Mai - 16:52


Donner un nouveau souffle aux grands épisodes de la mythologie grecque par le biais de la bande dessinée…
Voici le défi que s'est lancé Luc Ferry avec « La Sagesse des mythes ». Car ce terreau inépuisable d'histoires passionnantes, maintes fois adaptées, porte aussi une puissante réflexion sur la place de l'homme dans le monde.

Cette nouvelle collection de bandes dessinées propose pour la première fois de rendre ces mythes accessibles à tous grâce à des ouvrages aussi agréables à lire que respectueux des textes originels. Chaque récit, développé sur un ou plusieurs tomes selon sa richesse et sa profondeur, possède également une signification philosophique qui sera éclairée de façon érudite par un cahier pédagogique de fin d'album rédigé par Luc Ferry.

L'objectif : allier divertissement et pédagogie pour tenter de répondre à cette question : pourquoi ces histoires fascinent l'humanité depuis toujours ?

le maillon faible de la série est définitivement Luc Ferry ! heureusement que Clotide Bruneau essaye de rattraper le coup, par le mec est indigeste !

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White Square Re: Collectif, La Sagesse des mythes

Message par Albéric le Lun 8 Mai - 16:59


Résumé Iliade tome 1 :
Les dieux ont leurs caprices. Les hommes leurs destinées.
En face de la citadelle imprenable de Troie se tient l’armée grecque. Une terrible guerre dure déjà depuis dix ans... Pour Ménélas, roi de Sparte, c’est une question d’honneur suite à l’enlèvement de sa femme Hélène par Pâris, prince de Troie. Agamemnon, le frère de Ménélas, y trouve le prétexte de faire tomber la cité mythique pour étendre son empire. Achille, le plus grand des guerriers grecs, voit là l’occasion d’entrer dans la légende. Mais ces hommes, si puissants soient-ils, ignorent qu’ils ne sont que des pions. Que Troie forme le plateau d’une funeste partie d’échec dont seuls les dieux sortiront vainqueurs...
Avec cette série en trois tomes, redécouvrez L’Iliade, l’un des récits les plus anciens et les plus célèbres de la Grèce antique. À la fois riche et passionnant, il incarne à lui-seul tout ce qui fait l’essence de la mythologie grecque, évoquant l’hybris (cette folle tentation des hommes de se mesurer aux dieux), la confrontation entre mortels et immortels ou les querelles divines qui se matérialisent dans le destin des hommes.



Je commence par la forme. Didier Poli est passé par l’Ecole des Gobelins et les studios Disney et cela sent agréablement : le découpage est particulièrement fluide et dynamique, avec quelques effets de mise en scène vachement intéressants. Les exécutants, Pierre Taranzano aux dessins et Stambecco aux couleurs, nous offrent du mainstream certes, mais du mainstream de belle qualité même si on sent le film Troie de Wolfgang Petersen dans le rétroviseur (il faudra m’expliquer pourquoi Athéna blonde, brune, rousse ou albinos change aussi souvent de couleurs de cheveux ^^). On n’est pas au niveau de la superbe couverture de Fred Vignaux certes, c’est quand même du bon travail très agréable pour les yeux !

Sur le fond la sympathique Clotilde Bruneau fait au mieux qu’elle peut avec le script de Luc Ferry… La première page reprend une version du mythe, alors que tout ce qui s’ensuit en développe une autre… Ensuite on veut coller au texte d’origine avec une suite d’épisodes loin d’être connectés les uns avec les autres : la peste qui s’abat sur les Achéens, la colère d’Achille, le duel entre Pâris et Ménélas, l’attentat de Pandoros qui fait capoter les pourparlers de paix, l’aristé de Diomède qui en voulant commettre un déicide tombe dans l’hybris… Et c’est des flashbacks qui font le lien entre ces scènes : le mariage de Téthys avec Pelée, la Pomme d’Or de la discorde, la naissance de Pâris… J’ai compris que les immortels réglaient leurs comptent à travers les Achéens et les Troyens, sous le regard d’un Zeus censément impartial qui se montre sourd aux jérémiades des uns et des autres, mais pourquoi Hector change radicalement d’avis (il compatit aux tourments de son frère avant de le bolosser comme c’est pas permis puis de le vouer aux gémonies, excuser l’anachronisme), et pourquoi Hélène pourtant au cœur des enjeux du conflit n’apparaît pas une seule fois, c’est pour moi un mystère…

Les appendices élaborés par Luc Ferry, coordinateur du projet, sont particulièrement indigestes et comptent parmi ce que j’ai lu de plus médiocre en la matière…
Spoiler:

Je veux vraiment croire en sa sincérité, mais c’est d’une incroyable balourdise. On est dans le plus pur style de l’Âcadémie Française, entre naïveté et grandiloquence, vulgarisation et érudition, pédagogie et pédantisme, avec des figures de styles désuètes, des tournures de phrases surannées et une pelleté de digressions où se mêlent vérités de La Palice, enfonçages de porte ouverte, private jokes trop lourdes et explications trop légères…
Déjà comparer la place des mythes dans l’Antiquité avec celles des contes dans les sociétés modernes est un raccourci immensément dangereux (même si la mythologie comparée peut s’avérer astucieuse, comme la comparaison entre Eris et la sorcière de La Belle au Bois Dormant). Ensuite Luc Ferry part immédiatement sur une version de la Guerre de Troie, celle qui en fait la continuation de l’épisode de la Pomme d’Or en mettant de côté les autres versions du mythe pourtant plus riches et plus profondes. Enfin, il centre L’Iliade sur 3 épisodes :
- sur la généalogie d’Achille, figure majeure sinon centrale de L’Iliade, premier parmi les hommes certes, mais surtout premier après les dieux alors qu’il aurait pu faire partie d’eux… L’interprétation de Luc Ferry qui nous explique que Zeus a refilé la patate chaude du conflit de générations aux humains en mariant Téthys à Pelée le plus petit roi des mortels ne m’a pas convaincu… Cet épisode fait partie des nombreux stratagèmes de Zeus pour consolider son pouvoir (renversement de Cronos, neutralisation de ses frères Hadès et Poséidon aussi forts de que lui, mise à l’écart de Métis et Prométhée aussi intelligents que lui…) Et puis si Zeus voulait éviter le conflit de générations, il aurait pu y penser avant Apollon, Artémis, Athéna, Arès, Hermès, Héphaïstos et cie…. Et puis quand on a fait un peu de mythologie comparée, on s’aperçoit qu’Achille et Siegfried sont porteurs des mêmes allégories qui ne sont pas du tout celles mises en avant par Luc Ferry…
- on revient sur la Pomme d’Or et son lien avec Prométhée… Waouh, ça c’est capillotracté ! Dans L’Iliade la Pomme d’Or est juste un putain de McGuffin, d’ailleurs le récit des origines de la Guerre de Troie est postérieur au récit de la Guerre de Troie donc il ne faut pas lui accorder plus d’importance que cela (c’est la fameuse malédiction des préquels ^^). Et puis, il faut quand même être piètre manieur de sources pour accorder plus d’importance à un commentaire du pseudo-Appolodore qu’à l’œuvre d’Hésiode bordel de merde !
- on revient sur le destin de Pâris… pas la peine d’en faire un fromage, là aussi si on a fait un peu de mythologie comparée on s’aperçoit que Pâris est comme Œdipe et comme Jason une allégorie de la fatalité à laquelle personne ne peut échapper…

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White Square Re: Collectif, La Sagesse des mythes

Message par Albéric le Lun 8 Mai - 17:03


Résumé Prométhée :
L’histoire de la naissance de l’homme.
Mont Olympe. La guerre contre les Titans vient de s’achever. Mais l’euphorie de la victoire laisse vite place à l’ennui, et les dieux ont besoin de se trouver une nouvelle occupation. Aussi Zeus a l’idée d’une source de divertissement infinie, en constante évolution : la vie ! Il charge un fils de Titans, Prométhée, de sa conception en créant les mortels. Mais très vite, celui-ci imagine une espèce qui dépasserait toutes les autres. Une espèce à qui il donnerait un pouvoir rivalisant avec celui des dieux. Quitte à s’attirer les foudres de Zeus...
Symbole de l’apport de la connaissance aux hommes, le mythe de Prométhée est l’un des mythes fondateurs de la civilisation européenne.



Je commence par la forme. Didier Poli est passé par l’Ecole des Gobelins et les studios Disney et cela se sent agréablement : le découpage est particulièrement fluide et dynamique, avec quelques effets de mise en scène vachement intéressants. Les exécutants, Giuseppe Baiguera aux dessins (déjà un vieux routard du fumetti : le réservoir d’artistes italiens est incroyable !) et Simon Champitambecco aux couleurs, nous offrent du mainstream certes, mais du mainstream particulièrement sympathique avec beaucoup d’expressivité, de mouvement et de chaleur malgré le manque détail ou de finition. On n’est pas au niveau de la superbe couverture de Fred Vignaux certes, c’est quand même du bon travail très agréable pour les yeux !

Le récit dicté par Jules Ferry et exécuté par Clotilde Bruneau se divise en 3 temps : la création de l’homme, la Boîte de Pandore et le destin final de Prométhée… On veut revenir aux sources du mythe pour nous en délivrer la quintessence philosophique mais moi j’y ai perdu mon latin… Car si Prométhée est un Bienfaiteur de l’Humanité, pourquoi finalement a-t-il été si cruellement châtié ???
La BD nous montre des dieux qui cherchent un nouveau joujou pour s’amuser et un Prométhée qui refuse que sa magistrale création soit ainsi dévoyée (notez que les dieux managers sous-traitent l’intégralité de la besogne créative, se contentant de rouler des mécaniques au pot d’inauguration ^^), mais on nous explique que les dieux veulent établir un ordre cosmique que rompt Prométhée avec des êtres humains placés par la technologie au-dessus des lois de la nature… (C’est bizarre que Luc Ferry auteur du Nouvel Ordre écologique se fasse ainsi l’écho des thèses du « green fascism »)
Si on voulait traiter de la condition humaine (avec un parallèle avec cette autre mythologie que constitue La Bible ^^), il fallait aller au bout de la démarche avec les mythes des âges et des races, celui du Déluge et de Deucalion (fils de Prométhée qui recrée l’humanité), et celui du sacrifice où Prométhée pense rouler Zeus mais où Zeus roule Prométhée : aux dieux l’immortalité et aux hommes la mortalité… Et puis il y aussi ce mythe où en volant le feu matériel Prométhée place les hommes au dessus des animaux mais en échouant à voler le feu spirituel gardé par Cratos et Bia (Pouvoir et Violence, les grands alliés de la ploutocratie) Prométhée ne parvient pas à faire des hommes les égaux des dieux (sans parler de celui ou Zeus octroie aux hommes la pudeur et la justice pour les distinguer des autres créatures, épisode en contradiction avec pas mal d’autres versions).
Tous ceux qui ont abordé la mythologie comparée savent que comme le Coyote amérindien, l’Ananzi africain ou le Loki nordique, Prométhée est un trickster, un être qui transgresse le conservatisme divin pour assurer consciemment ou inconsciemment la bonne marche de la destinée. Mais il y a presque un côté lutte des classes là-dedans : à une époque ou les forces de la nature divinisées cèdent la place à des élites divinisés (remember l’évhémérisme), l’archétype universel de la démocratisation de la technè volée aux dieux suprématistes pour être donnée aux hommes égalitaristes relève quasiment du marxisme… Alors que dans cette BD, la maxime du destin de Prométhée semble être « ferme ta gueule et obéis aux puissants, sinon ils vont te péter la gueule ! »
La 2e partie est plus classique : pour contourner Epiméthée qui respecte à la lettre les dernières volontés de son frère Prométhée, les dieux créent Pandore « celle qui est dotée de tous les dons », une femme fatale qui doit jouer le rôle des Mata-Hari car en tant qu’agente infiltrée elle doit s’assurer bon gré mal gré que la malédiction s’abatte sur l’humanité… Pourquoi les dieux font compliqué là où ils pouvaient faire simple ? C’est une vraie question ! Car au final plus machiste tu meurs, en parfaite adéquation avec le machisme de la civilisation grecque antique, et on aurait aimé un mot là-dessus en appendice : oui, mais non…
La 3e partie est simple : Héraclès libère Prométhée qui lui indique comment obtenir les pommes d’or du Jardin des Hespérides, Zeus lui pardonne tout en sauvant les apparences grâce à un stratagème, et le bienfaiteur de l’humanité obtient une immortalité que normalement il possédait déjà… Je ne comprends pas pourquoi on place un commentaire du pseudo-Apollodore au-dessus du texte d’Hésiode !

Les appendices élaborés par Luc Ferry, coordinateur du projet, sont particulièrement indigestes et comptent parmi ce que j’ai lu de plus médiocre en la matière…
Spoiler:
Je veux vraiment croire en sa sincérité, mais c’est d’une incroyable balourdise. On est dans le plus pur style de l’Âcadémie Française, entre naïveté et grandiloquence, vulgarisation et érudition, pédagogie et pédantisme, avec des figures de styles désuètes, des tournures de phrases surannées et une pelleté de digressions… On cite ici des textes antiques dans leur intégralité certes, mais au final sans réellement en tirer parti… Parmi les nombreuses versions du mythe de Prométhée, Luc Ferry a choisi de privilégier celui du Protagoras de Platon, plus aristocratique tu meurs… Ou comment castrer un mythe un universel en l’analysant au prisme du conservatisme ploutocratique !

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White Square Re: Collectif, La Sagesse des mythes

Message par Albéric le Lun 8 Mai - 17:12


Résumé Thésée :
Suivez le fil d’Ariane... Au royaume de Trézène, le jeune, beau et brillant Thésée apprend qu’il n’est pas que le fils de Poséidon, mais aussi celui d’Égée, souverain d’Athènes. Alors qu’il se rend à pied à la cité mythique, il terrasse en chemin une multitude de monstres, devenant une légende avant même d’atteindre son but. Mais lorsqu’il rencontre enfin son père, il découvre que celui-ci est la proie d’un odieux chantage. Tous les neuf ans, Minos, roi de Crète, exige d’Égée un sacrifice pour lui épargner la colère de Zeus : sept jeunes hommes et sept jeunes filles doivent être jetés en pâture au Minotaure au cœur du Labyrinthe. Pour y mettre un terme, Thésée est prêt à affronter la redoutable créature. Son plus grand défi l’attend...


Les dessins de Mauro de Luca assisté aux couleurs d’Elvire de Cock sont très séduisants graphiquement. Le récit est divisé en 3 parties : les travaux de Thésée accomplis lors de son voyage de l’Argolide à l’Attique, l’épisode avec le Minotaure (qui fait en tout et pour tout 17 pages), et l’épisode avec Hippolyte et Phèdre qui se finit par une scène choc. Mais au final l’ensemble est bof : on juxtapose tous les épisodes de l’histoire de Thésée (et même pas tous d’ailleurs, voir plus loin) sans transition et sans explication, donc il n’y a pas de véritable fond et c’est au lecteur de donner un sens à ce catalogue de mythes… Pire, pour raconter le mythe de Thésée, on donne des cases à des épisodes dispensables et on en enlève à des épisodes importants… Soupir

J’aurais pu passer outre tout ça, mais j’ai lu les appendices de Luc Ferry qui sont d’une effarante médiocrité : il est pire connaisseur de la mythologie que des sciences politiques, c’est dire !!! S’il est représentatif des intellectuels franco-français, c’est tout bonnement terrifiant… Et c’est tellement n’importe quoi et je suis tellement remonté, que je ne sais même pas par où commencer…
Spoiler:
Bon, son message c’est que la démocratie athénienne est aux origines de la social-démocratie contemporaine, et que Thésée est aux origines de la démocratie athénienne, donc qu’il est aux origines de la social-démocratie contemporaine (parce qu’en plus il aurait inventé l’Etat-Providence ^^)… Déjà on sent les lourdes Images d’Epinal d’une certaine classe politique…. mdr
- héros lumineux ? bâtard, parricide présumé, grand ravisseur de femmes, exécuteur de son propre fils… peut mieux faire hein !
- harmonie du soi avec l’harmonie du monde ? Dans les écoles philosophiques sûrement, mais pas dans les mythes qui ne sont que vols, viols et meurtres…
- la mythologie de Thésée annonce la philosophie grecque ? Quel mythomane ce Luc Ferry…
- la philosophie grecque place le bonheur plus haut que la liberté, au contraire de la morale moderne qui place la liberté plus haut que le bonheur ? Vous êtes sûr que Luc Ferry a été un jour professeur agrégé de philosophie ? (il a déjà lu Voltaire, Rousseau, Diderot ? Ou la Déclaration d’Indépendance largement inspiré de leurs travaux ???)
- un artisan de l’ordre juste ? impliqué dans plusieurs tentative d’enlèvements et de viols, pas sûr que le respect de la loi soit son dada
- un homme serein et bienveillant ? Chassé d’Athènes par Ménesthée, assassiné par Lycomèdès… Pour un homme honnête, il a vachement d’ennemis hein…
Déjà prendre pour argent comptant tout ce qu’écrit Plutarque 1000 ans après la mise en récit des premiers mythes de Thésée, c’est hautement biaisé. Mais en plus, pour se justifier il pioche les pièces de Sophocle et d’Euripide, œuvres hautement politisée appartenant à une époque hautement politisée où Athènes forgeait son histoire nationale (est-ce un hasard si Thésée se pose en bon souverain en s’opposante face à Thèbes et Sparte à l’époque où Athènes est en guerre avec Thèbes et Sparte ? tu es trop naïf Luc Ferry ! ^^). Par contre on zappe la participation au voyage des Argonautes (tant mieux pour 1 BD de 48 pages), le massacre des Pallantides, on donne la version la plus optimiste de l’abandon d’Ariane et de la mort d’Egée alors qu’il en existe plusieurs qui sont particulièrement cyniques, on oublie les enlèvements d’Antiope / Mélanippe, d’Hélène et de Perséphone (qui lui valut 4 années d’emprisonnement aux Enfers avant qu’Héraclès ne vienne le délivrer)… ça fait beaucoup, beaucoup trop d’impasses sciemment calculées pour ne pas contredire LA version du mythe concoctée par Luc Ferry ! Alors certes il rattrape parfois un peu le coup par des explications supplémentaires, mais au vu des choix effectués en amont il n’y a pas de quoi pavoiser…

Si on veut chercher la sagesse de ce mythe, il serait dans la double nature de Thésée, mi homme qui cherche à améliorer le sort de ses semblables, mi dieu qui n’a rien à carrer de ses semblables et qui comme n’importe quel crevard ne cherche n’a assouvir ses désirs… Mais comme c’est grâce à son ascendance divine qu’il peut accomplir ses exploits pour le bien de l’humanité, il est constamment partagé entre l’ombre et la lumière : d’un bien peut sortir un mal, et d’un mal peut sortir un bien… Comme pour Gilgamesh qui devint Melkart chez les Phéniciens, puis Héraclès chez les Doriens avant de devenir Thésée chez les Ioniens… Mais pour voir cela, il faut avoir fait un minimum de mythologie comparée : être une quiche totale en comparaison des mythes et se poser en spécialiste des mythes, c’est avoir un boulard digne de la mythologie !

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Message par Albéric le Lun 8 Mai - 17:16


Résumé Jason tome 1 :
Condamné à l’exil. Destiné à la gloire.
Héritier du trône d’Iolcos, Jason est le seul survivant d’un massacre perpétré par son oncle, le félon Pélias. Mis en sécurité par sa mère, il parfait son apprentissage auprès du meilleur éducateur de la Grèce : le centaure Chiron. Devenu adulte, Jason part alors accomplir son destin et réclamer son trône. Mais, piégé par son oncle, il se retrouve à devoir entreprendre la plus périlleuse des missions : rapporter la toison d’or, un trésor aussi inestimable qu’inaccessible. Pour s’en emparer, il va devoir s’entourer des meilleurs. Et bâtir un navire capable de traverser le terrible Détroit des Dardanelles. Alors, seulement, le voyage pourra commencer...
Dans ce premier tome d’une trilogie, découvrez la genèse de la quête de Jason, l’un des plus célèbres mythes de la Grèce antique !



Dans ce tome 1, intitulé Premières armes, le jeune Jason élevé loin des hommes par le centaure Chiron apprend la vérité sur son passé et décide de se confronter à celui qui lui a tout volé… C’est en Thessalie, dans la capitale de Iolcos que possédé par les dieux il incite l’usurpateur Pélias à lui lancer le défi de trouver et ramener la Toison de Colchide... Car les dieux ont un plan pour eux : le va-nu pied doit devenir un héros adulé, pour rendre la justice et châtier un souverain impie qui lui doit devenir un criminel honni… (Mais attention, les dieux sont joueurs : la roue peut tourner et le justicier peut être châtié à son tour pour ne pas respecter sa place de pion dans l’ordre établi par les puissants !) Jason rassemble les héros de toute la Grèce et c’est à bord du vaisseau Argo qu’ils débutent une aventure à nulle autre pareille qui va les conduire au bout du monde…

Et bien c’était vachement cool et fun ! Luc Ferry arrête de compiler, cataloguer et concilier des mythes de sources différentes, divergentes et contradictoires, issues de divers époques, contrées et mentalités, pour marquer à la culotte les Argonautiques d’Apollonios de Rhodes (bon, je n’ai pas compris pourquoi l’usurpateur tuait ses neveux et pas son frère, et le préquel se déroulant à Thèbes est plus embrouillant qu’autre chose). Ce dernier était un conteur épique qui écrivait dans l’Antiquité l’équivalent de ce qu’ont été les romans-feuilletons au XIXe siècle et les séries télés au XXe siècle. Mieux, ici nous sommes non seulement dans la Quête du Héros aux mille et un visages, mais on plus peut-être dans la toute première incarnation d’un concept éternel : LA LIGUE DES JUSTICIERS ! JUSTICE FOREVER !!!

Avec une vraie narration, le super découpage de Didier Poli peut enfin se déployer et avec Alexandre Jubran aux dessins et Scarlett Smulkowski aux couleurs cela a sacrément de la gueule ! D’ailleurs, par moment j’ai presque autant kiffé que le Siegfried d’Alex Alice… (mais bon, c’est peut-être la fibre péplum qui a parlé ^^)

Sinon faisons un peu de mythologie comparée… ^^
Finalement on peut résumer l’histoire de Jason à celle d’un adolescent orphelin en quête de vengeance, élevé loin des hommes par une créature non-humaine, et qui au bout de sa quête va obtenir un objet en or d’une incomparable puissance gardé par un terrifiant dragon, avant de connaître à bonheur puis le malheur grâce à puis à cause de celle qui lui avait apporté fortune et gloire… Ça ne vous rappelle rien ? Non, vraiment rien ?? Même pas un héros nordique aux yeux bleus et aux cheveux blond dans les exploits et la tragédie ont été popularisé par les opéras d’un certain Richard Wagner et les films d’un certain Fritz Lang ?

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