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Edmond Hamilton, La Saga des étoiles

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White Square Edmond Hamilton, La Saga des étoiles

Message par Albéric le Lun 1 Mai 2017 - 19:42


Résumé :
Les caprices scientifiques du prince Zarth Arn ne connaissent aucune limite. En effet, cette éminence grise de l'empire du centre, le plus grand royaume de la galaxie, a décidé d'échanger son corps avec celui de John Gordon, un natif du XXe siècle, alors que deux mille siècles les séparent. Et pendant que Zarth Arn découvre la vie terrestre, Gordon, lui, se voit projeté au sein d'un incroyable conflit intergalactique. Car la nébuleuse noire vient de passer à l'attaque : le tyran Shorr Kan a lancé une armada invincible à l'assaut de l'empire. Or, pour protéger un territoire de milliers d'étoiles, conserver une coalition fragile et utiliser l'arme destructrice ultime, il y a... un comptable new-yorkais !

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White Square Re: Edmond Hamilton, La Saga des étoiles

Message par Albéric le Lun 1 Mai 2017 - 19:52


Résumé tome 1: Les Rois des Etoiles
John Gordon et Zarth Arn : un petit employé new-yorkais de notre époque et un prince de l'empire galactique qui vit 200 000 ans dans le futur. Tout sépare ces deux hommes... A priori. En fait, Zarth Arn a échangé son esprit avec celui de Gordon. Mais une guerre à l'échelle de l'univers les empêche de regagner leur corps respectifs.
John Gordon est alors projeté dans un tourbillon d'intrigues et s'éprend de Lianna, la fiancée du prince. Il ne sait pas que le vrai Zarth la hait.
Les événements placeront bientôt le sort de l'empire entre les mains de John qui, seul, peut utiliser le « disrupteur », l'arme absolue dont Zarth détient le secret. Mais ce secret John Gordon l'ignore...




Merci à eux qui ont fait rêver des millions de lecteurs, et leurs successeurs qui font rêver des milliards de spectateurs !
C’est pour le roman Les Rois des étoiles qu’on a inventé l’expression « space opera », et c’est pour son auteur aussi qu’on a inventé l’expression « sens of wonder » ! C’est dire l’influence d’Edmond Hamilton sur la Science-Fiction populaire (vilipendée par les tenants d’une SF élitiste, que je maudis à jamais car ils ont failli me faire détester la SF à jamais)
Le schéma narratif reprend la trame du Prisonnier de Zenda, et la WWI remplaçant la Guerre de Sécession l’élément déclencheur est quasiment le même que celui d’Une Princesse de Mars (et il n’y a qu’en France que tout le monde n’y a vu que du feu, y compris et surtout les prescripteurs d’opinion)


Tout commence à New York au sortir de la WWII : John Gordon est un petit comptable dans une compagnie d’assurance, transfiguré par sa vie de pilote de bombardier durant la Guerre du Pacifique… Durant le conflit il n’a rêvé de retourner à la maison, et de retour à la maison il ne rêve que d’action, adrénaline et d’aventure… Quand le prince Zath Arn, voyageur temporel en quête de savoir lui propose d’échanger sa place avec lui situé 200000 ans dans l’avenir, il n’hésite pas un seul instant…

Et il découvre une galaxie dominée par les Rois des Etoiles, où après des millénaires d’expansion, de séparation et de réunification l’humanité domine l’espace connu : l’Empire Canopéen (Les Etats-Unis), les Royaume Polaire, de la Lyre et du Cygne (l’Europe), les baronnies de la constellation d’Hercule (l’Amérique latine), les Comtes des marches (les colonies) et dans la Nébuleuse Noire la Ligue des Mondes Obscurs (hum… ça sent les méchants ça… l’URSS évidemment ! ^^)... L’auteur qui s’inspire très largement de la littérature d’aventure britannique s’emmêle un peu les pinceaux entre monarchie et démocratie, et tente de rattraper le coup en comparant les royaumes des étoiles au Commonweath terrien. Bon on retrouve aussi les fusils atomiques, les pistolets atomiques et les munitions, propre à l’univers de Flash Gordon, et l’atome encore associé au radar pour les voyages spatiaux, encore que les rayons subspectraux, les moteur masse/énergie et les champs de stase sont loin d’être inintéressants…
Il y a une part de tourisme intergalactique, et John Gordon pourrait largement être un client de chez Recall ! Mais rapidement il est emmené dans les intrigues amoureuses de celui qu’il remplace, puisqu’il se retrouve coincé entre sa maîtresse, une petit brune piquante qui le laisse froid, et son épouse officielle, une grande blonde marmoréenne qui en affolant son cœur reprend le rôle de Flavia de Ruritanie… Puis il est emmené dans une Guerre Froide intersidérale : la Ligue veut obtenir l’arme absolue dont le secret n’est connu que des membres de la famille impériale, et alors que l’Empire se demande si la Ligue n’a pas déjà mis la main dessus la Ligue qui ne l’a pas encore ne sait pas si l’Empire est prêt à l’utiliser… Oui le roman a été écrit en 1947, donc oui il s’agit d’une allégorie de la bombe nucléaire ! blink
nous sommes dans un pulp d’aventure donc on retrouve les espions, les enlèvements, les chantages, les séances d’interrogatoires musclées, les évasions rocambolesques, les cavales, les fusillages, mais aussi un crash sur une planète d’épouvante, la confrontation avec les traîtres et la Bataille de Déneb ou le sort de la galaxie repose entre les mains de John Gordon,
Spoiler:
et au bout du bout il renonce à tout pour respecter la parole donnée au Prince Zath Arn…
Les mêmes causes produisant les mêmes effets on touche parfois du doigt le blockbuster hollywoodien et ses mécanismes hollywoodien, et que serait un bon James Bond sans un bon méchant ? Shorr Kan le tyran totalitaire de la Ligues des Mondes Obscurs est censé être l’alter ego de Staline, mais on reconnaît bien plus en lui la parfaite canaille qu’était Rupert de Hentzau (le meilleur vilain jamais écrit avec un certain Long John Silver que comme hasard on reconnaît aussi ^^)…


Oui cela a vieilli, mais cela a bien vieilli car l’auteur maîtrise les codes du page-turner et je me suis surpris à bien kiffer un paquet de bons cliffhangers. Mais je ne suis pas objectif car le cape et d’épée dans l’Espâce, ça marche toujours avec moi car je revendique fièrement d’être un enfant des guerres étoiles qui a grandi avec Cosmos 1999, Stark Trek, Galactica (et son générique épique), Buck Rogers (ah Erin Gray et Pamela Hensley ^^), Flash Gordon (dans Le Journal de Mickey), Capitaine Flam, Albator, Ulysse 31… Les Rois des étoiles est un bon récit d’aventure, et il suffirait juste d’approfondir les thèmes qui n’y sont qu’effleurés (les traumatismes et les déchirements du héros, la lutte des classes dans l’Espâce, l’impérialisme et le colonialisme dans l’Espâce, le spectre des armes de destruction cosmique…) d’une modernisation du style, et d’une traduction plus punchy pour obtenir quelque chose de carrément supracool… Mais les autres enfants des guerres des étoiles l’ont déjà fait : le petit comptable newyorkais en quête d’aventure, c’est Johnson de Space Adventure Cobra, la géohistoire de la conquête de l’espace c’est Les Héros de Galaxie, les quiproquos royaux d’un lointain futur c’est l’anime El Hazard, le Disrupteur c’est le Négateur dans la saga du Traquemort, la Bataille de Déneb c’est la Bataille de Qujaga dans Farscape… Oh oui, des heures de grande aventure dans l’Espâce !


Le Sword & Planet s’est transformé en Space Opera avant de revenir à ses premières amours sous la dénomination de Sword & Laser face à une flopée de NSO résolument cyberpunks se perdant dans les méandres de la matrice et du TINA, mais, je retiens qu’au XXe siècle Edmond Hamilton a fait le pont entre la littérature populaire du XIXe et celle du XXe siècle en offrant à ses successeur les moyens de réaliser Starwars et Farscape, et à ses côté Edward Elmer Smith a fait la même chose en offrant à ses successeurs les moyens de réaliser Star Trek et Babylon V… Deux stars de la Science-Fiction dont l’héritage sur la culture populaire est incommensurable, et je ne vous parle même pas de Leigh Brackett qui elle a carrément mis les mains les cambouis en scénarisant L’Empire contre-attaque qui a tout changé ! (ah les tenants d’une SF élitiste rouspète que la culture populaire ce n’est pas de la culture, mais ces derniers on n’en a rien à carrer !!!)

PS: carton jaune à la dernière couverture en date de J’ai Lu, le pop-art c’est bien mais le roman date de bien avant le pop-art donc si elle correspond parfaitement aux clichés littéros sur le space opera elle n’a rien à voir avec le ton et le contenu de l’œuvre… Quand on voit tous les grands artistes SFFF qui envoient du bois sur deviantart, il faut absolument qu’on passe par la case stéréotypes cheap ??? Le niveau de flemmardise et le manque d’imagination des décideurs n’en finit plus de m’affliger…


Dernière édition par Albéric le Lun 15 Mai 2017 - 20:31, édité 1 fois

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White Square Re: Edmond Hamilton, La Saga des étoiles

Message par Derfel le Lun 1 Mai 2017 - 21:58

Excellente critique Albéric, c'est décidé, je vais relire ces deux romans d'Edmond Hamilton. Et je ne peux que de te conseiller sa trilogie : Le Loup des Étoiles.

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White Square Re: Edmond Hamilton, La Saga des étoiles

Message par Albéric le Mar 2 Mai 2017 - 5:04

Derfel a écrit:Excellente critique Albéric, c'est décidé, je vais relire ces deux romans d'Edmond Hamilton. Et je ne peux que de te conseiller sa trilogie : Le Loup des Étoiles.
déjà lu et déjà apprécié : j'en parlerai un peu plus tard

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White Square Re: Edmond Hamilton, La Saga des étoiles

Message par Albéric le Jeu 4 Mai 2017 - 5:27


Résumé tome 2 : Retour aux Etoiles
Dans Les rois des étoiles Edmond Hamilton racontait l'aventure fabu­leuse de John Gordon, petit em­ployé new-yorkais, qui a échangé son esprit avec Zarth Arn, prince des étoiles, et s'est trouvé conduire malgré lui une guerre galactique.
Dans ce nouveau roman, de retour sur la Terre de notre époque, Gordon ne peut se réhabituer à la grisaille quotidienne. Il ne rêve que de vaisseaux cosmiques et, plus encore, de Lianna, l'enchanteresse princesse de Fomalhaut. C'est alors que Zarth Arn parvient à le trans­porter à travers le gouffre de temps et d'espace qui les sépare.
Une aventure spatiale échevelée commence pour le petit employé new-yorkais, l'oiseau extra-terrestre Korkhann et le sinistre Shorr Kan dont les hasards de la lutte font des compagnons d'armes.



Merci aux auteurs qui ont fait rêver des millions de lecteurs, et leurs successeurs qui font rêver des milliards de spectateurs !
C’est pour La Saga des étoiles qu’on a inventé l’expression « space opera », et c’est pour son auteur aussi qu’on a inventé l’expression « sens of wonder » ! C’est dire l’influence d’Edmond Hamilton sur la Science-Fiction populaire (vilipendée par les tenants d’une SF élitiste, que je maudis à jamais car ils ont failli me faire détester la SF à jamais)

Le récit commence par John Gordon chez le psychiatre qui tente de se persuader qu’il a rêvé tous les événements du roman précédent… C’est très bien fait mais c’est bien trop court, même si cela nous gratifie en cours de route de quelques twists que n’aurait pas renié Philip K. Dick ! Car le Prince Zarth Arn n’a pas oublié celui à qui il doit tout, et grâce à Lex Vel le fils de Quen Vel il réussit à transporter John Gordon en chair et en os dans l’univers des Rois des Etoiles pour qu’il puisse vivre pleinement sa relation avec Lianna la Reine de Formalhaut… Le procédé est un peu facile, et personnellement j’aurais préféré un nouveau transfert d’identité pour donner du piquant au récit, mais ce n’est pas vraiment gênant finalement…. ^^
Dans la partie Les Royaumes des Etoiles, 20 années se sont écoulées entre le roman d’origine daté de 1947 et sa suite datée de 1968 : on sent le changement d’époque, notamment dans la lutte pour les droits des minorités aux Etats-Unis et la décolonisation dans le monde occidental (ou dans les réactions des personnages féminins qui ne sont plus cantonnés aux rôles de cruches)… John Gordon prince consort de la reine Lianna découvre un royaume divisée entre humains résolument normaux et non-humain fréquemment télépathes (oh, on pioche dans la SF d’Alfred Bester et on annonce la bande-dessinée SF Sillage ! ^^), et l’affrontement fait rage entre la Chambre des Représentants où les humains dominent et le Sénat où les non-humains dominent (ça me rappelle quelque chose… ah oui, le système politique américain ^^), et pour protéger sa bien-aimée de son dangereux cousin Narath Teyn (là encore remember Le Prisonnier de Zenda ^^), John Gordon doit faire alliance avec le « moineau hypertrophié » qu’est le ministres des affaires non-humaines Korkhann pour affronter l’Être Gris qui accompagne Cyn Cryver le Comte des Marches … ILS sont parmi nous et on sent l’héritage d’H.P. Lovecraft dans ce récit qui marche dans les pas de la série Les Envahisseurs et que n’aurait reniée ni Robert Heinlein (auteur des Marionnettes humaines) ni de Philip K. Dick (qui a toujours enragé de ne pas avoir été l’un des scénaristes de l’aventure The Invaders)… Reste à John Gordon et ses alliés à dénoncer l’Ennemi qui a déjà infiltré les rangs de l’humanité !
La suite du récit contenue dans les parties intitulées Les Rivages de l’infini et Les Etoiles brisées est convenue et 100% pulpienne… Le héros infiltre le camp ennemi avant de tomber dans un piège, et doit ruser pour échapper à ses adversaires, doublement ruser même puisque les méchants sont des télépathes surpuissants capables d’asservir corps et âmes tous ceux qu’ils jugent inférieurs à eux ! Toujours est-il que c’est très classique avec des rebondissements téléphonés et/ou capillotractés… En fait l’essentiel est porté par les dialogues entre le bon, la brute et le truand puisque John Gordon est accompagné du paladin Hull Barell et de la canaille Shorr Kan qui plus que jamais emprunte à Rupert de Hentzau et Long John Silver ! ^^
Le mal est fait, mais force est de constater que la dernière partie intitulée L’Horreur venue Magellan est d’une autre trempe ! L’action se partage entre la flotte de l’Empire Canopéen qui se lance dans l’espace infini pour relâcher la puissance du Disrupteur sur les forces d’invasion magellaniennes et la team John Gordon qui doit compter sur ses propres forces pour défendre le palais de Formalhaut contre la horde sauvage de Narath Teyn… Pas sûr qu’avec les mêmes armes le spécialiste du genre Dan Abnett aurait fait mieux que ce bon vieux Edmond Hamilton !

En bref, le récit initial pensé comme un roman reste plus plaisant que ça suite conçue comme un fix-up et quelque part c’est bien dommage car ses composants étaient vraiment intéressants !

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