David Gemmell
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Jo Walton, Morwenna

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White Square Jo Walton, Morwenna

Message par Marv le Jeu 23 Fév - 10:59



Morwenna Phelps, qui préfère qu'on l'appelle Mori, est placée par son père dans l'école privée d'Arlinghust, où elle se remet du terrible accident qui l'a laissée handicapée et l'a privé à jamais de sa sœur jumelle, Morganna. Loin de son pays de Galles natal, Mori pourrait dépérir, mais elle découvre le pouvoir des livres, notamment des livres de science-fiction. Samuel Delany, Roger Zelazny, James Tiptree Jr, Ursula K. Le Guin et Robert Silverberg peuplent ses journées, la passionnent. Alors qu'elle commence à reprendre du poil de la bête, elle reçoit une lettre de sa folle de mère : une photo sur laquelle Morganna est visible et sa silhouette à elle brûlée. Que peut faire une adolescente de seize ans quand son pire ennemi, potentiellement mortel, est sa mère ? Elle peut chercher dans les livres le courage de se battre.
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White Square Re: Jo Walton, Morwenna

Message par Albéric le Jeu 23 Fév - 12:14

tu l'a lu il me semble : verdict ?

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White Square Re: Jo Walton, Morwenna

Message par Marv le Jeu 23 Fév - 15:18

Livre primé à de nombreuses reprises, "Morwenna" constituait pour moi autant une curiosité qu'une interrogation. Comment un livre qui ne s'apparente ni au genre de la fantasy ni au genre de la SF peut-il recevoir autant de distinctions de spécialistes de la littérature de genre (prix Hugo, prix Nebula, British Fantasy Awards).
Comment peut-on ériger un récit de ce type comme une référence alors qu'il comporte tout juste quelques poussières d’éléments fantastiques, et encore si on accepte de se ranger sous le point de vue d'une héroïne qui nous apparaît soit comme un être d'exception ayant la faculté de percevoir toutes les essences du réel (y compris des êtres féeriques), soit comme une adolescente souffrant de troubles psychotiques se matérialisant par une perception différente du monde, mais aussi de trouble paranoïaque et de trouble de personnalité.

Le livre s'articule comme un journal intime où Morwenna "Mori" raconte avec plein de sensibilité les événements de son quotidien, ses rencontres et ses lectures sur une poignée de mois, presque une année après l'accident qui aura "détruit/changé" sa vie, rendu invalide et emporté sa sœur jumelle, en apparence du moins. 
Parce qu'il est difficile de rentrer dans le fond d'un roman sans spoiler et particulièrement celui-ci, on va donc considérer qu'à partir d'ici vous rentrez dans une zone dangereuse si vous ne l'avez pas lu.
Le livre entretient constamment cette ambiguïté entre ce qui est réel et ce qui est perçu comme tel par l’héroïne. L'histoire étant racontée sous le filtre de Mori, assez vite j'ai eu ce sentiment qu'il y avait quelque chose de pas tout à fait net. De ce qu'on sait en début de Roman, Mori jeune fille de 15 ans est partie vivre avec son père suite à l'accident et la rééducation qui en a découlé, ce père qu'elle apprend finalement à connaitre puisqu'elle a vécu jusque-là toute seule avec sa mère. 
Parents qui s'ils n'ont pas réussi à élever leurs enfants ensemble, ont en commun le même goût pour les littératures de l'imaginaire qu'ils ont transmis à Morwenna. Par ailleurs de ce qu'on sait de sa maman, elle serait une sorcière qui lui voudrait du mal, surtout depuis qu'elle et sa sœur auraient tenté de l’arrêter dans la mise en oeuvre d'un plan démoniaque concernant le monde...
Ce qui est troublant dans le roman, c'est qu'outre Mori elle-même, personne ne fait vraiment référence à sa sœur jumelle décédée, il y a même ce passage où l’héroïne reconnaît que juste après l'accident elle essayait, aux yeux de ses grands-parents, de se faire passer pour sa sœur, sans succès semble-t-il  (comme si elle n'arrivait plus à être cette autre fille aux yeux de ses proches). Si dans son carnet intime Morwenna retranscrit fidèlement les discussions avec ses proches et ses amis de l'internat, jamais quand il s'agit de sa sœur  notamment pendant les premières pages du récit alors qu'il prend place quelques années avant le drame. 
À ce titre j'ai le sentiment que Morwenna exprime plus de la nostalgie pour un temps définitivement révolu plus qu'une véritable douleur pour la perte d'un être aimé qui dans le cas présent devrait être comparable à une moitié arrachée. Les causes de l'accident ne sont pas véritablement révélées non plus et jamais dans le roman j'ai vraiment ressenti pour Morwenna une menace réelle pesant sur elle. Mon sentiment est qu'il y a dans ce roman beaucoup d’allégories, je ne suis pas convaincu de l'existence réelle de sa sœur, de ses visions et de l'idée qu'elle se fait de sa mère, en l’occurrence d'une sorcière malveillante.
Pour moi il s'agit avant tout d'un drame social, l'histoire d'une jeune fille tentant de se reconstruire auprès d'un père qui l'aura abandonné à une mère sans doute psychotique et violente. L'accident représentant à la fois le point de non-retour des agissements d'une mère complètement irresponsable et destructrice, c'est aussi le point de rupture dans la vie de Morwenna dans la mesure où il représente à la fois un passage brutal de l'enfance à l'adolescence, et malgré le handicape qui en découle la promesse d'une vie différente dans laquelle sa sœur n'a plus  de raison d’être pour la protéger de sa mère ou partager sa solitude physique et psychologique.
"Morwena" est en quelque sorte comparable dans l'idée à "Histoire de Pi" d'Yann Martel (roman adapté au cinéma par Ang Lee)où l'incursion d'éléments fantastiques sert de catharsis au personnage principal.
Sans être renversant, le roman est plutôt agréable mais s'adresse avant tout à une population plutôt "Young adulte" plus à même de s'identifier à cette héroïne attachante mais aux problématiques bien encrées d'une ado de son âge ...
Comme bon nombre sans doute, j'ai lu le livre aussi parce que l’héroïne était apparemment une lectrice de littérature Fantasy et SF des années 60/70, quelque part j'avais cette curiosité de voir de quelle manière certains ouvrages pourraient faire l'objet d'une réflexion dans le roman. 
Au niveau quantitatif à ce niveau-là pas de soucis, Morwenna lisant en moyenne 1 ou 2 livres par jour, l'auteur aligne les références littéraires de son héroïne mais au-delà de l'aspect liste de chasse on ne peut pas dire que cela apporte grand-chose au roman. Même si les lectures sont au cœur du récit, hormis peut-être pour Tolkien ou quelques rares autres (Zelazny, Le Guin),  il n'en ressort pas de réflexions mémorables sur les œuvres, les auteurs  ou les thématiques, on reste toujours plus ou moins dans le clin d’œil. C'est avant tout une passion commune qui lie les personnages principaux du roman entre eux.
En définitive Morwenna se révèle plus sympathique que sublime, plus littérature blanche que littérature de genre. Dommage que pour certain, il suffise que l’héroïne d'un roman de littérature "grand public" soit une fan de Sf et Fantasy, pour que le roman devienne pour des raisons commerciales ou d'honorabilité, le porte-étendard d'un genre auquel il n’appartient pas.


Dernière édition par Marv le Ven 24 Fév - 10:00, édité 2 fois
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White Square Re: Jo Walton, Morwenna

Message par Albéric le Jeu 23 Fév - 15:21

je vois le genre, et j'imagine que comme Justine Niogret et compagnie cela va être encenser et qu'on va dérouler le tapis rouge à tous ses bouquins alors que finalement OSEF...

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White Square Re: Jo Walton, Morwenna

Message par Marv le Jeu 23 Fév - 15:29

Albéric a écrit:
je vois le genre, et j'imagine que comme Justine Niogret et compagnie cela va être encenser et qu'on va dérouler le tapis rouge à tous ses bouquins alors que finalement OSEF...
 oui tout à fait, moi çà me fait chier ces romans que l'on vend pour ce qu'ils ne sont pas,  et qu’après on veuille nous faire croire qu'ils constituent le haut du panier d'un genre auquel ils n'appartiennent qu'en périphérie
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White Square Re: Jo Walton, Morwenna

Message par Marv le Jeu 23 Fév - 15:32

après Morwenna n'est pas désagréable c'est même un bon livre dans son domaine je pense et c'est bien écrit il y a pas de probleme la dessus, apres on est dans le pathos
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White Square Re: Jo Walton, Morwenna

Message par Albéric le Jeu 23 Fév - 15:42

c'est sans doute un bon livre, mais il y a tromperie sur la marchandise : ce n'est pas SFFF, c'est de la white lit qui joue sur l’ambiguïté "c'est peut-être surnaturel, mais du tout en fait"...

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