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Akron, le guerrier

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White Square Akron, le guerrier

Message par Sieben le Ven 20 Jan - 17:40

Le royaume d’Adzen est au sommet de sa splendeur sous le règne d’un souverain sans pitié et manipulateur. Mais la situation est précaire. Pour faire face à la crise qui s’annonce et repousser l'inéluctable, le roi est contraint de s’adresser à une figure surnaturelle insolite : Clara, qui avise la famille royale dans les moments troubles.
Un talisman est peut-être la solution à la famine imminente, mais il requiert un lourd tribut de 10,000 âmes !
Le roi ordonne au général Mark de planifier une mission suicide pour 10,000 soldats de son armée : une attaque contre les régions fertiles du Torgrom.
Akron est un jeune et prometteur sous-officier, l’ordonnance personnel du général, qui va jouer un rôle décisif dans le terrible combat qui s’annonce et accomplir son incroyable destin d’homme...



A la toute fin du Vème siècle a.v. J-C. 10000 mercenaires grecs sont engagés par le prince perse Cyrus le jeune pour renverser son frère le roi Artaxerxès II. Après plusieurs victoires, les hoplites subissent la débâcle et s’enfoncent au cœur de cet empire infini. Suite à un guet-apens les officiers se font massacrer et les 10000 se retrouvent sans chef pour les ramener au bercail. Le philosophe Xénophon qui n’est en ce temps qu’un jeune hoplite, est choisi pour conduire la retraite. Cette fuite menée avec bravoure se termine par un succès où presque la moitié des soldats auront survécu au froid, la faim et la soif, avec une armée ennemie à leurs trousses. Xénophon relatera cet exploit dans son célèbre Anabase. Une histoire qui inspirera bien des romanciers historiques et fantastiques comme l’irlandais Paul Kearney dans son premier tome de la trilogie Les Macht intitulé 10 000 – Au cœur de l’Empire.

En 2009 les italiens Samuel Daveti et Giorgio Trinchero puisent également dans les grandes gestes historiques et la culture littéraire populaire pour écrire l’histoire d’Akron, dernier survivant des 10000 de l’empire fictif Adzen. La différence étant que l’épopée d’heroic fantasy qu’on nous promettait ne verra jamais le jour, la série ayant été lâchement abandonné dès le tome un, ne reste plus qu’un tome d’ouverture prometteur au ton sombre et tragique.

Le décor planté par Nicola Saviori se révèle sympathique, la capitale s’inspirant d’une architecture méditerranéenne orientale, on imagine fort bien la civilisation Adzen comme un pendant de l’empire romain d’Orient assimilant la culture et les traditions autochtones tant que ces derniers demeurent fidèles à l’empereur. Le dessin presque cartoonesque n’est pas ce que je préfère, mais le trait de Saviori très inspiré par l’animation style Disney se révèle bien maîtrisé sur les premiers plans et les ombres. À noter également l’attention portée aux scènes d’actions qui sont détaillées tout en restant dynamiques. Un mauvais point cependant en raison du recours à certains archétypes visuels comme les visages où les méchants ont forcément des têtes de méchants. La colorisation de Luca Saponti est parfaitement raccord avec ce style animation, c’est pétillant, engageant et chaleureux.

Un graphisme drôle et qui interpelle tant il contraste avec l’ambiance et les enjeux de ce récit. Car en substrat les auteurs tiennent un discours à charge où ils dénoncent à travers la figure du roi les pourritures aristocrates va-t-en-guerre toujours prêtent à manipuler les foules, titiller leurs pulsions destructrices où, sous couvert d’apporter la liberté l’objectif réel et d’accumuler des richesses matérielles et maintenir sa position de dominant. On associe l’étranger (le royaume de Torgrom = Irak) comme un ennemi qui en veut à notre mode de vie et on ressort les discours des néo-cons style Colin Powell sur les armes de destructions massives (mais « invisibles » ^^ ). Plus le mensonge est gros, plus il y a de chances que le discours passe auprès de l’opinion public c’est bien connu.

Les auteurs n’y vont pas avec le dos de la cuillère sur la culpabilité de l’empire Adzen (=USA. Pas pour rien si les personnages s’appellent Ted, Norman, Mark, etc), car en mettant ce dernier sous la coupe de la déesse maléfique Clara, ils puisent dans l’imaginaire dark fantasy de Michael Moorcock et l’empire Melnibonéen placé sous la férule du duc des enfers Arioch.

« DU SANG ET DES ÂMES POUR CLARA (ARIOCH) ! ».

On ne peut que se lamenter de l’abandon de la série car on devine qu’Akron l’ultime survivant était promis à un destin de libérateur à la Maximus Decimus Meridius dans Gladiator. De plus, les auteurs ne se montrent pas avares en éléments fantastiques teintés de chamanisme avec des petites bestioles chimériques rigolotes ou carrément un monstre manticore inspiré des Izunas japonais, quand ils ne vont pas puiser leur inspiration du côté du conte de fées (la petite maison de la sorcière au fond des bois). L’album n’est pas parfait, on n’évite pas certains passages loufoques comme la mort guignolesque d’un personnage de premier plan dans un moment qui ne devrait pas prêter à rire (entre parenthèse : tout le monde sait que la section de commandement ne se place jamais aux avant-postes devant la ligne archer, mais derrière en hauteur), et le récit n’est peut-être pas suffisamment posé pour permettre au lecteur d’avoir de l’empathie pour les personnages. Cependant, on sent qu’il y avait du potentiel et que trois albums ce n’était pas non plus la mort.

Alors hein, pas bien Soleil.

Sieben
Navarque de la flotte macédonienne

Date d'inscription : 12/02/2013

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