David Gemmell
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Lupano & Augustin, Alim le tanneur

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White Square Lupano & Augustin, Alim le tanneur

Message par Albéric le Lun 4 Jan - 18:59


Les auteurs nous offrent un monde imaginaire avec sa flore (ah les cosses volantes d’Asphèle), sa faune (ah les jaguarondis géants !), sa géographie, sa mythologie… en mélangeant les équivalents fantasy des orients musulmans et hindouistes, de l’Empire du Milieu, du Pays du Soleil Levant, et des cultures africaines, méso-américaines et mélanésiennes. Ils s’amusent beaucoup à passer tout cela à la moulinette et c’est un grand plaisir que de retrouver tel ou tel détail des civilisations concernées (comme le palais du Potala ou les pyramides de Teotihuacan ^^). Pour ne rien gâcher c’est magnifique à contempler avec les dessins faussement enfantins de Virginie Augustin, surtout quand on passe des montagnes enneigées à la verdoyante canopée après avoir traversé déserts et marais, donc j’ai immanquablement pensé au vénérable La Quête de l’oiseau du temps. Dommage que l’alchimie entre dessins, encrage et couleurs soit sensiblement moins réussis après le départ de Geneviève Penloup…
On nous raconte l’histoire d’Alim, l’hors-caste tanneur de peaux de sirènes tueuses, un père veuf qui veut protéger sa fille Bul de sa débordante imagination incompatible avec l’idéologie religieuse véhiculée par l’ordre établi de la Nef Iasoubine... Car le melting-pot réalisé par Wilfrid Lupano n’a d’autre but que se livrer à un réquisitoire contre l’intégrisme et le totalitarisme, le vocabulaire fondamentaliste se mariant décidément très bien avec la novlangue fasciste (c’est quand même autrement plus intelligent et plus subtil que de dessiner en boucles des figures religieuses à poil au nom du droit au blasphème…). Mais plus la fin du cycle approchait, plus j’ai eu l’impression qu’on s’intéressait davantage aux allégories qu’au récit, et quelque part là aussi c’est bien dommage !

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White Square Re: Lupano & Augustin, Alim le tanneur

Message par Albéric le Lun 4 Jan - 19:01


Résumé tome 1 : Le Secret des eaux
Dans l'empire de Jesameth, être unhors-caste, c'est n'être pas tout à fait un homme. Alim le tanneur est de ceux-là. Il se charge de "recycler" les corps sans vie des sirènes tueuses qui viennent échouer sur les plages de la cité impériale. Mais le destin redistribue parfois les rôles. Un soir, l'océan vient confier au plus humble des hommes le plus grand des secrets...


D’après les prêtres, le prophète Jésameth a travers la mer pour demander aux dieux d’offrir un destin aux hommes, et n’étant jamais revenu ils en ont conclu qu’il avait réussi sa quête et que pour l’humanité devait désormais obéir aux commandements : il faut prier chaque jour pour remercier les dieux, il faut respecter les règles établies par leurs serviteurs, il faut détruire les hérétiques, la mer est réservé aux poissons car blablabla, le ciel est reversé aux oiseaux car blablabla, les arbres sont réservés aux singes car blablabla... Du coup la petite Bul qui aime tant jouer au cerf-volant est dans le collimateur du commissaire janissaire Reinkhol (^^). Et quand lors du Jour Saint (qui mélange homélies chrétiennes, chants staliniens et sacrifices humains…), elle évoque tout haut la supercherie théocratique en affirmant avoir découvert avec son père les reliques du prophète dans le ventre d’une sirène tueuse, elle n’arrange vraiment pas son cas !
Alim et Bul incarcérés par l’inquisiteur en chef, c’est pépé qui vient les sauver en se faisant passer pour Jésameth revenu du paradis… Du coup Alim devient l’objet d’une rumeur (puis d’une légende et enfin d’un culte dans les tomes suivants), celle du hors-caste condamné tellement injustement par le pouvoir en place que le Prophète a du intervenir en personne pour rétablir la justice. Pour ledit pouvoir en place, censément infaillible car censément seul détenteur de la vérité, l’heure est grave : la traque est lancée, la famille est obligée de s’exilée… Et malgré toutes les explications du monde le puissant guerrier Soubyr n’en démord pas, et donc propage la rumeur : il y a bel et bien eu miracle !

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White Square Re: Lupano & Augustin, Alim le tanneur

Message par Albéric le Lun 4 Jan - 19:02


Résumé tome 2 : Le Vent de l'exil
Recueillis par un village d'éleveur, Alim et sa famille découvrent une société sans caste où un bonheur simple semble possible. Rattrapé par l'empire, ils seront les témoins des méthodes barbares avec lesquelles sont propagées les paroles de Jesameth auprès des contrées profanes. À Brahmalem, le pouvoir théocratique se fissure et fait place aux ambitions individuelles.


Le récit continue 2 ans après la fin du tome 1 : ellipse puis juste après flashback racontant ce qu’il s’est passé… Un truc narratif alambiqué auquel je n’accroche d’autant plus pas que Wilfrid Lupano va l’utiliser à 3 reprises en 4 tomes !
A Brahmalem, le grand victimaire Khélob s’oppose de plus à la politique des grands timoniers de la Nef Iasoubine, obsédé par le cas du blasphémateur Alim le tanneur, et le commissaire janissaire Reinkhol n’étant plus d’aucune aide pour le reconnaître depuis son passage par la case interrogatoire…
Dans le Nord, le général djihadiste Torq Djihid a été mandaté par ses supérieurs pour soumettre ou détruire, et c’est les pauvres panthéistes des treize clans qui croient en la métempsychose qui en font les frais…
Dans les montagnes, pépé, Alim et Bul ont refait leur vie parmi les marins des airs de Cléolia qui au grand désespoir des intégristes dispose d’une nef volante contredisant les principes de leur idéologie mortifère… Ils ont fui l’empire, mais l’empire la rattrape et c’est grâce à un sacrifice héroïque qu’ils parviennent à repartir en cavale !
2 gros cliffhangers à la fin de ce tome :
Spoiler:
- Khélob se la joue Staline en purgeant son parti pour devenir Grand Timonier à la placedces grands timoniers, et doit faire face à l’arrivée imminente du champion conservateur Torq Dhijid
- la team Alim dérive dans le ciel à bord du radeau des vents dans une direction inconnue…

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White Square Re: Lupano & Augustin, Alim le tanneur

Message par Albéric le Lun 4 Jan - 19:04


Résume tome 3 : La Terre du prophète pâle
Dix ans ont passé depuis la mort de Pépé et autant d'années pour Alim, fait prisonnier, sans nouvelles de sa fille Bul ni du monde extérieur. Récupéré par un sorcier, il est alors rattrapé par l'Empire jézaméthien. Son ancien peuple, les adorateurs de Jézameth, a traversé l'océan interdit afin de propager la bonne parole aux contrées profanes. La conquête d'un nouveau monde est en marche.


Le récit continue 10 ans après la fin du tome 2 : ellipse, puis juste après flashback racontant ce qu’il s’est passé… (Soupir)
Khélob a purgé la Nef Iasoubine, l’armée et la société des empêcheurs de dictatorer en rond (sans parler du génocide des hors-caste censé mettre fin à la légende d’Alim le hors-caste), avant de se lancer dans les conquêtes tous azimuts. Et les conquérants sont accueillis en libérateur par les indigènes du continent occidental nouvellement découvert, sans savoir qu’il troque une dictature religieuse pour une autre puisque que les intégristes de Setlipcoa sont remplacés par les intégristes de Jésameth… La peste et le choléra quoi ! (et l’allégorie de la conquête du Nouveau Monde par l’Espagne catholique)
Khélob décide de renommer Birrmo sa nouvelle acquisition en Khélobas et d’en faire la deuxième capitale de son empire, mais les prêtres conservateurs (pléonasme) grognent sur le fait qu’il a passé l’océan saint et sacré en construisant 4 ponts géants et ils refusent de consacrer sa nouvelle conquête… Il lui reste donc du travail pour faire table rase du passé !

Alors que la plupart des personnages précédents ont disparu du récit (pépé, Bul, Cléolia, Soubyr), on introduit beaucoup de nouveau personnages :
- le jeune général Kubil
- le maître caravanier Gumseh
- le shaman animiste Um’Guz, comic relief ethnique des deux derniers tomes
- Siara, la sœur de Khélob (empire + albinos + relation crypto incestueuse : clin d’œil à Elric de Melniboné ?)
Alim qui a passé des années enfermé dans une fosse avant d’être asservi par Um’Guz, est délivré par Gumseh et tente d’avertir qui veut bien l’entendre des mensonges de Jésameth… Mais Khébob découvre une statue du prophète dans le trésor de Setlipoca (censée clouer le bec aux conservateurs mené par Torq Djihid le boucher) : et voilà tout le monde parti vers une île sacrée et ses mystères !


Dernière édition par Albéric le Lun 4 Jan - 19:08, édité 1 fois

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White Square Re: Lupano & Augustin, Alim le tanneur

Message par Albéric le Lun 4 Jan - 19:08


Résumé tome 4 : Là où brûlent les regards
En route pour la gloire de Jésameth, l'expédition vers l'île Sainte montée par l'empereur Khélob tourne au fiasco. Et, ironie du sort, tout repose sur les épaules d'Alim. Situation impossible pour le hors-caste blasphémateur qui doit braver la puanteur des marais Mojah à laquelle s'ajoute la fièvre fanatique ambiante. Pourtant, Alim avance, car il n'a pas d'autre piste pour retrouver sa fille Bul...


On retrouve la grande expédition de Khélob embourbée dans un marécage sans fin, une véritable bérézina tropicale… Car on retrouve pour la troisième fois le truc ellipse + flashback pour expliquer ce qui comment on en est arrivé là durant l’ellipse ! (Soupir)

Um’Guz se fait la malle, Torq Djihid est sauvé par « l’homme qui parle aux panthères », Alim sauve Khélob avant de le guider par la voie des arbres vers l’île sacrée où pourrait se trouver sa fille Bul…
Flashback de Kubil, Flashback de Khélob, Flasback de Bul et Cléolia… On pourrait aller vers un humanisme sergioleonien, mais ici trop de flashbacks tuent l’efficacité du procédé !
Spoiler:
surtout quand Cléolia demande à Alim de les pardonner elle et Bul pour tout ce qu’on dû faire pour survivre car la petite fille est devenue la prophétesse d’une contre religion dont son père est le nouveau dieu !
Le grand final mélange plein (trop ?) de trucs :
Spoiler:
Khélob règle ses comptes avec la faction conservatrice en assassinant Torq Djihid…
Khélob est l’artisan de l’âge d’or d’une religion à laquelle il n’a jamais cru…
Kubil renoue avec ses choix passés en permettant à Alim et Bul de se réunir…
Cléolia réalise l’ultime sacrifice pour on ne sait trop quelle(s) raison(s)…
L’empire jésaméthain s’empare de son île sacrée, qu’il a au fil des siècles involontairement lui-même crée, quitte à passer tout la population au fil de l’épée !
Au final, on mélange évhémérisme et prophétie auto réalisatrice, dans le cadre des beaux mensonges platoniciens. Une belle histoire sans aucun doute, mais qui aurait gagné à être mieux construite et mieux racontée.

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White Square Re: Lupano & Augustin, Alim le tanneur

Message par Sieben le Lun 4 Jan - 21:00

Sans m'étendre sur Wilfrid Lupano dont je trouve toute la "hype" qui l'entoure totalement surfaite, ce Alim le Tanneur m'avait un brin déçu, je l'ai lu en début d'année dernière. Déçu par rapport au nombreuses critiques lues par ci par là, souvent il y a une sorte de comportement moutonnier chez les critiques où je me demande parfois s'ils lisent vraiment les BDs qu'on leur soumet ou s'ils connaissent les "vraies" bonnes séries du genre. Lupano a récidivé en matière de fantasy en octobre dernier avec son Traquemage, qui m'a encore fait halluciné sur tout les éloges positifs qu'il en a tiré. Enfin je ne vais pas m'épancher sur celui-ci, je l'ai fait ailleurs, et les Lupano fan-boys me sont tombés dessus.

J'ai retrouvé ma critique d'Alim le Tanneur et je la poste ici. Elle est loin d'être incendiaire entre parenthèse, au contraire même, je parlais du positif et des trucs moins bons, et globalement c'est juste une "bonne" série. Mais loin d'être le truc cultissime qu'il faut avoir lu selon la doxa.

Sieben a écrit:Désolé je vais me faire l’avocat du diable et aller un peu contre l’avis général très positif qui se dégage de cette série qui ne m’a pas conquis à titre personnel.

Comme tout le monde j’ai été envoûté par le charme oriental qui ressort du premier tome. Une Fantasy exotique très modérée d’inspiration méditerranéenne qu’on n’a pas souvent l’habitude de voir en bande-dessinée, dessins et couleurs de Virginie Augustin opèrent leur charme, un encrage peu profond et des teintes chaudes et claires, oui, de prime abord on tombe sous le charme. Entre parenthèse on ne retrouve pas la qualité affichée du premier tome dans les deux derniers qui font piètre mesure en comparaison, il y a une criante baisse de régime. Un décor et un bestiaire fantastiques changeant au fil des albums, on passe de la chaleur orientale aux monts enneigés puis de l’autre côté de l’océan vers un désert aride puis une jungle humide.

Un graphisme cependant loin d’être dépaysant tant tout cela nous rappelle à notre réalité, et pas seulement sur le plan géographique mais aussi sur l’aspect culturel, religieux, historique. Avec ses allures de conte philosophique Alim le tanneur s’éloigne des codes classiques de la Fantasy, le scénario se place presque dans le genre du conte. Ainsi le vaste empire Jésamethain s’apparente à un Califat ou un Etat islamique dont la ville sainte, l’éternelle Brahmalem, serait le pendant d’une Jérusalem. Le mimétisme est poussé jusqu’à avoir les mêmes consonances, leur prophète guerrier se nomme Jésameth ce qui rappelle un certain Mahomet. La cité dans les montagnes du nord, Théobès, dont le peuple prône une religion pacifique fait tout de suite penser aux moines bouddhistes du Tibet, et cela continue ainsi de suite sur l’ensemble du récit.

Mais alors pourquoi cette ressemblance ? Et bien tout simplement parce que le principal intérêt de la série ne réside pas dans un scénario qui ferait la part belle à l’héroïsme et aux aventures épiques, même s’il y en a, mais dans un récit qui n’est qu’un prétexte pour délivrer un message ou plutôt une dénonciation que l’on peut reprendre à notre compte : celle des religions austères liberticides et du fanatisme religieux qui en découle qui pousse aux violences les plus macabres. On pose aussi la question du fondement des mythes et de la recherche de la vérité.

Tout cela est intéressant, toutefois la soi-disant révélation apportée dans le dernier album par le biais d’un échange entre Torq Djihib le fanatique jusqu’au-boutiste qui croit dure comme fer que lui et son peuple détiennent LA vérité et que le monde entier doit s’y soumettre, et Khélob l’empereur qui comprend parfaitement les rouages du pouvoir et lui fait ainsi la leçon sur la vraie nature du pouvoir ; et bien cette scène ne m’a pas du tout mis sur le cul. Je ne comprends pas qu’il ait fallu quatre albums pour en arriver à cette conclusion dont le premier album avait déjà parfaitement mis en lumière. Il est bon de rappeler que la plupart des civilisations ont été battit sur des génocides et sur une pseudo-unité dans une même foi aussi morbide soit-elle, mais j’ai l’impression que l’auteur enfonce une porte ouverte, je ne vois pas ce que ça a de si génial. Que la religion lorsqu’elle est entre les mains du pouvoir, ce qui est ou a été souvent le cas, n’est qu’un instrument du pouvoir en place pour que les puissants puissent contrôler et orienter la vie de la plèbe. Qu’elle permet de faire la guerre et d’exacerber les haines et les passions des syndiqués de la religion. Bien sûr qu’on ne fait jamais la guerre pour des questions de croyances, mais pour des richesses qu’une poignée vont en tirer, à travers l’or, la gloire ou une expansion territoriale. Et quoi, c’est tout ? D’accord le propos est intelligent et bien construit, mais pour moi qui ne me fais plus guère d’illusion sur les raisons d’existence des religions à savoir maintenir les peuples dans l’ignorance et la peur du blasphème comme le conquérant Torq, pour que d’autres puissent s’empiffrer, je trouve cela un peu maigre. Il y a peut être d’autres thèmes qui m’ont échappé mais la religion est le principal axe de l’intrigue.

Seul le parcours de Soubyr le Candide m’a vraiment intéressé. On le rencontre la première fois en tant que soldat en bon rapport avec les inquisiteurs de la foi, puis comme renégat en quête du nouveau messie, pour finalement le trouver mener une philosophie de vie voltairienne, celle du « il faut cultiver son jardin », car il choisit d’abandonner aux autres tous ces questionnements religieux pour se consacrer à son propre bonheur et se retirer loin de tout.

Pour ce qui est du reste, il faut bien en parler comme je n’ai pas été obnubilé par le message humaniste, je trouve le rythme du récit trop frénétique. On passe d’un lieu à un autre ce qui permet rarement de faire parler les personnages et de s’intéresser à eux, excepté Alim qui tire toute la couverture. Mais par exemple Cléolia la capitaine du navire des vents qui apparaît dans le tome 2 est intéressante mais jamais on ne se penchera sur elle, et quand on la retrouve bien plus tard, 10 ans ont passé et on est déjà proche de la fin. De même, la petite Bul n’est pas attachante, en tout cas dans son rôle d’agent provocateur et déclencheur des péripéties de notre héros elle est plus exaspérante et un boulet qu’autre chose alors qu’elle a sûrement plus à apporter.

Je disais plus haut que l’aspect épique qu’on aime dans la Fantasy n’est pas ce qui caractérise en premier la série. Il y a parfois des ellipses qui vont clairement dans ce sens comme la prise de Théobès par les armées de Torq qui aurait pu donner lieu à une chouette bataille, ou encore le trou entre le tome 3 et 4 et l’exploration des marécages qui donne lieu à de véritables carnages et escarmouches jamais montrés entre sauvages et Jésaméthains .

Voilà, Alim le tanneur est une jolie fable humaniste qui a ce mérite d’avoir une certaine profondeur sous une couche fantastique, je ne lui reproche pas son côté Fantasy soft, j’ai pris la série pour ce qu’elle était mais j’ai du mal à me conformer à la doxa et y voir une œuvre d’exception. J’ai bien aimé la toute dernière page du tome 4 en forme de clin d’œil inversé au début du tome un, une jolie conclusion.
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White Square Re: Lupano & Augustin, Alim le tanneur

Message par Albéric le Lun 4 Jan - 21:54

Je sais, j'y ai eu droit aussi à la Lupano-mania et ses groupies qui ont instauré la doxa Lupano = scénariste au talent quasi inégalé...
Ses fans me sont tombés dessus car grosse modo j'avais écrit que son 7 Nains était à moitié naze... Comme ils l'ont fait gentiment, j'ai donné une 2e chance à l'auteur avec ses Communardes, et j'ai beaucoup aimé dont je me suis lancé dans Alim le tanneur avec moins de réticences que devant la hype comme quoi c'était LA référence fantasy. Tome 1 plein de promesse de quelque chose de différent et d'intelligent, mais d'ellipses en ellipses ça m'a un peu saoulé : au final on aurait pu sauter du tome 1 ou 4 sans grand aménagement à réaliser !
On reste le cul entre 2 chaises :
- si l'important c'était la relation entre Alim et Bul, et bien il fallait rester avec eux pour qu'on suive leurs péripéties
- si l'important c'était la dictature totalitaire de Khélob, et bien il fallait rester avec lui pour qu'on suive ses complots et ses réformes
à la place on a plein de péripéties à la Arleston qui ne débouche sur rien du tout (j'ai presque l'impression que c'était pour se moquer de la fantasy à la Lanfeust)

Une "bonne" série, mais elle ne va pas me laisser de souvenirs impérissables : pire, je n'aurais sûrement aucunement envie de la relire à l'avenir !


Dernière édition par Albéric le Mer 10 Fév - 9:58, édité 1 fois

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Message par Sieben le Mar 5 Jan - 12:49

Albéric a écrit:
Tome 1 plein de promesse de quelque chose de différent et d'intelligent, mais d'ellipses en ellipses ça m'a un peu saoulé : au final on aurait pu sauter du tome 1 ou 4 sans grand aménagement à réaliser !

Tout à fait ce que je pense. Le tome 1 est très beau mais les sbires de Lupano ne semblent pas remarquer la différence entre celui-ci et les suivants.
Pour moi ces ellipses sonnent comme un aveu et c'est ce que je disais dans mon avis de l'époque: la Fantasy passe au second plan, on privilégie le fond à la forme qui elle est remisée aux oubliettes. Quid de la bataille de Theobes ? Et le massacre des marécages ? Donc certes, il reste le fond, une parabole sur le fanatisme religieux blablabla. Fallait-il 4 tomes pour en arriver à ça, là où le tome 1 avait déjà tout dit ?

Mais bon, on va pas en rajouter je crois. C'est bien, sans plus.

Albéric a écrit:Une "bonne" série, mais elle ne va pas me laisser de souvenirs impérissables : pire, je n'aurais sûrement aucunement envie de la relire à l'avenir !

Encore heureux. C'était déjà pénible de venir à bout des 4 tomes.

Albéric a écrit:à la place on a plein de péripéties à la Arleston qui ne  débouche sur rien du tout (j'ai presque l'impression que c'était pour se moquer de la fantasy à la Lanfeust)

Ah ça, pour ce qui est de se moquer des séries de Fantasy, il la fait sur Traquemage, qui n'est pas très drôle et au mieux déclenchera quelques sourires. Mais les fans de Lupano étant légions, cette série à quasiment était érigée comme culte par certains... On nage en plein délire. Je t'enjoins à la lire pour te faire une idée.
Je n'ai rien contre l'album, qui est rigolo, sans plus, déjà vu. Et le dessin ne correspond pas à mes goûts. Pour moi il s'agit tout simplement d'une parodie de Fantasy, plus humoristique que fantasy, où la magie n'est guère effrayante mais sert de béquille humoristique.
Non ce qui m'a gonflé c'est que Lupano a annoncé dans des previews, bande-annonce, etc. qu'il avait carrément voulu inventé un nouveau genre (ouais carrément): la rural fantasy.
Les annonceurs et critiques ont tous repris le terme. Perso, je ne vois pas en quoi prendre un berger comme héros fait de cette série un genre à part entière, et quand je soulève la question on m'a répondu que c'était sans importance. Pour moi c'est de l'arnaque, et juste un effet d'annonce.

Enfin bon, je m'arrête là, ça fait un peu rajeux mon commentaire. J'arrête avec Lupano, après je ne suis pas maso, s'il n'y a pas de plaisir de lecture de mon côté, je laisse Lupano à ceux qui aime bien.
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White Square Re: Lupano & Augustin, Alim le tanneur

Message par Albéric le Mar 5 Jan - 18:38

Quand j'ai vu la promotion de Traquemages, je me suis dit : "encore un bobo hipster qui se présente en rénovateur du genre parce alors qu'il va se foutre la gueule du genre..."

Pour moi ces ellipses sonnent comme un aveu et c'est ce que je disais dans mon avis de l'époque: la Fantasy passe au second plan, on privilégie le fond à la forme qui elle est remisée aux oubliettes. Quid de la bataille de Theobes ? Et le massacre des marécages ?
Quand tout ce qui est grands spectacle passe à la trappe, c'est qu'il y a un os dans le potage (dans la série Rome, quasiment toutes les scènes d'action sont traitées hors-champ alors que le budget est de 200 millions de dollars : au-secours !)

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