David Gemmell
L'inscription donne accès aux sections Fantasy, SF, Historique, Ciné et Télé.
Rechercher
 
 

Résultats par :
 


Rechercher Recherche avancée


Dorison & Herenguel, Ulysse 1781

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

White Square Dorison & Herenguel, Ulysse 1781

Message par Sieben le Mar 17 Nov - 12:54


1781, Yorktown. La guerre d'indépendance américaine touche à sa fin. Victorieux, le fier capitaine Ulysse Mc Hendricks s'apprête à rentrer chez lui avec son fils Mack et ses hommes. Mais le retour se précipite lorsqu'il apprend que sa ville, New Itakee, est envahie par une compagnie d'infanterie anglaise. Sa femme, Penn, a été faite otage... Ça vous rappelle quelque chose ? Évidemment !



Les mythes comme L’Odyssée d’Homère sont des récits intemporels et universels. D’autres auteurs se sont déjà essayés à une réécriture actualisée de la mythologie grecque, dramaturges comme romanciers. On pense à Dan Simmons et ses cycles SF Ilium et Olympos, et même en BD par exemple comme Valérie Mangin et sa série SF Le dernier Troyen. Alors, capter l’essence de cette épopée et la retranscrire dans le contexte historique de la fin de la guerre d’indépendance des Etats-Unis, why not ?

Cependant, bien que les chants composant L’Odyssée servent évidemment de référence de base au récit concocté par Xavier Dorison, il est important de mentionner l’autre source d’inspiration qu'est Ulysse 31.

Ulysse 31 c’était cette série animée franco-japonaise pour enfants qui adaptait L’Odyssée dans un formidable décorum space opera et où Ulysse, son fils Télémaque et Nono le robot vivaient toutes sortes d’aventures. Je pense qu’il est toujours plus facile de retranscrire les mythes dans des récits futuristes où il n’y a quasiment aucune contrainte, tandis que la principale difficulté d’Ulysse 1781 est qu’il s’inscrit dans un cadre historique bien connu et que par conséquent Dorison a dû aussi veiller à ce que son histoire paraisse crédible aux yeux des puristes.

Au final, que conserve Xavier Dorison du voyage d’Ulysse ? Le nom des personnages, l’action, l’aventure, toute la tragédie et les exploits héroïques, bref tout ce qu’un lecteur d’aujourd’hui a envie de lire dans l’Heroic Fantasy. Le bestiaire et les divinités grecques sont adaptés au contexte américain et deviennent des esprits chamaniques indiens, le navire d’Ulysse ne navigue plus en Méditerranée mais sur les terres Appalaches, son nom l’Achéron est une référence sympa au fleuve sur lequel Charon navigue sa barque. La seule différence notable est qu’Ulysse se bat du côté américain alors que j’aurai pensé qu’il se battrait côté anglais, vu que les colonies se battant pour leur indépendance face à la couronne d’Angleterre représentent d’une certaine façon Troie tentant de sauvegarder son autonomie face aux rêves de conquête d’Agamemnon à la tête des grecques. Donc déjà on sent qu’Ulysse 1781 n’a pas à vocation d’être 100% fidèle à l’histoire ni au mythe grecques, et c’est tant mieux.

Que veut-on ? De l’aventure ? Ulysse entame à peine son voyage sur le territoire indien Wishita là d’où nul homme blanc n’est jamais revenu, et si on connaît un peu L’Odyssée, on peut penser que le rythme va progressivement grimper en flèche. De l’action ? Une intro qui s’ouvre sur un pugilat entre le stratège Ulysse et le colosse Achilles, des iroquois hostiles, un duel « David contre Goliath ». Du drame, des trucs un peu plus profonds ? Penn seule à New Itakee contre une garnison d’anglais revanchards, la relation compliquée père-fils entre Ulysse et Mack, entre reproches, rancœur, amertume, devoir. De belles gonzesses ? Comme de coutume maintenant chez Dorison il y a dans ses histoires des personnages féminins au caractère bien trempé et au physique ravageur. Du fantastique ? L’Achéron serait inspiré du navire des terres et des mers du cycle d’Elric de Michael Moorcock que cela ne m’étonnerai pas (ou bien est-ce inspiré de l'Odyssée Verth de Philip José Farmer ?), qu’il ne soit pas crédible on s’en moque, le géant indien zombifié « cyclope ». Et patience, cela ne constitue que la première partie de la première histoire. Sans nul doute Ulysse se mettra à dos des divinités plus coriace. Je soupçonne la grand-mère vu dans les premières pages d’être l’équivalente de Poséidon vu que c’est elle qui donne au vie au cyclope.

Quant au dessin d’Eric Herenquel, je l’apprécie beaucoup. Son trait est détaillé, minutieux, perfectionniste, les zones de flous au troisième plan ne me dérangent pas et j’aime bien le fait de donner à ses personnages des gueules un peu de travers. 64 pages pour un premier tome, c’est beaucoup d’heures de boulot pour un dessinateur dont on sait pas des plus rapide, il mérite davantage de succès. Il n’y a que sur la couleur de Sébastien Lamirand que je pourrai trouver matière à critiquer mais techniquement il n’y a rien à reprocher, du bon boulot encore une fois. Seulement je ne suis pas un amateur du travail avec Photoshop, les teintes manquent de naturel et j’ai l’impression que ça gâche le dessin, cela l’étouffe. Je sais qu’il existe une version en noir et blanc mais le prix affiché pour l’obtenir est assez dissuasif.

Franchement, j'ai parcouru un peu tout ce qui c'est dit sur internet et je trouve les critiques amateurs sévères sur cet album, les critiques "pros" sont pour une fois plus en accord avec ce que je pense. Un album qui n’est que la première moitié d'un premier diptyque d’une longue série à venir. Je trouve plus de motifs à l’encourager que l’inverse. Peut être que certains s’attendaient à lire du James Joyce, mais non, dans l’idée on veut faire un Ulysse 31, et c'est réussi.
avatar
Sieben
Navarque de la flotte macédonienne

Date d'inscription : 12/02/2013

Revenir en haut Aller en bas

White Square Re: Dorison & Herenguel, Ulysse 1781

Message par Marv le Mar 17 Nov - 21:07

J'ai longtemps hésité sur ce volume, j'ai pas encore réussit d'ailleurs à me décider et je vais sans doute attendre de voir où tout cela mène avec le deuxième et dernier tome de ce premier diptyque.
avatar
Marv
Le Fléau des Démons

Date d'inscription : 18/04/2014

Revenir en haut Aller en bas

White Square Re: Dorison & Herenguel, Ulysse 1781

Message par Albéric le Jeu 19 Nov - 7:17

Marv a écrit:J'ai longtemps hésité sur ce volume, j'ai pas encore réussit d'ailleurs à me décider et je vais sans doute attendre de voir où tout cela mène avec le deuxième et dernier tome de ce premier diptyque.
tout pareil ^^

__________________________________
RES ADVENTURA
avatar
Albéric
Nécromancien

Date d'inscription : 16/01/2012

Revenir en haut Aller en bas

White Square Re: Dorison & Herenguel, Ulysse 1781

Message par Sieben le Jeu 19 Nov - 20:06

Et vous avez peut être raison d'attendre la fin de la première partie. Mais bon, qu'est-ce que ça change ? De toute façon la série ne pourra pas se terminer la-dessus. Vous imaginez si L'Odyssée s'était résumé à la fuite d'Ulysse de l'antre du Cyclope ? Il rentre chez lui à Itaque, the end.

A la fin du premier diptyque vous vous direz, ah oui, mais j'aurai pu encore attendre vu que l'album se termine sur un "à suivre".

Et puis, je vous le dis, vous faites comme vous voulez après, mais vous risquez de poireauter quelques années avant de voir la suite (au mieux fin 2016 pour le T2, mais pour la suite...). Eric Herenguel, qui n'est déjà pas un des plus rapides, a déclarer dans une interview que désormais il préférait prendre (encore plus) son temps pour privilégier la qualité à la quantité et peu importe le temps que ça prendra.

Donc si le t2 est déjà de la même qualité graphique que le t1, je ne vois ce qu'on perd à lire tout de suite le t1.
avatar
Sieben
Navarque de la flotte macédonienne

Date d'inscription : 12/02/2013

Revenir en haut Aller en bas

White Square Re: Dorison & Herenguel, Ulysse 1781

Message par Albéric le Jeu 19 Nov - 21:22

Tellement de séries à suivre / découvrir, et si peu de moyens voire de temps... Il faut bien faire des choix parfois ! (après si médiathèque l'acquiert, je serait le premier à sauter dessus hein... ^^)

__________________________________
RES ADVENTURA
avatar
Albéric
Nécromancien

Date d'inscription : 16/01/2012

Revenir en haut Aller en bas

White Square Re: Dorison & Herenguel, Ulysse 1781

Message par Albéric le Mer 1 Juin - 21:13


Xavier Dorison qui de plus en plus souvent est en mission contre l’inculto-élitisme franco-français, s’est ici associé à Eric Hérenguel déjà auteur d’un diptyque weird west de très bonne facture avec Lune d’argent sur Providence. Leur projet est d’offrir une nouvelle relecture des aventures d’Ulysse aux mille ruses, en les transposant à fin du XVIIIe siècle dans ce qui allait devenir les Etats-Unis, les grands espaces américains remplaçant les eaux de la Grande Verte. Mais il me semble qu’on s’inspire autant sinon plus d’Ulysse 31 que de la version originelle de L’Odyssée… blink

L’histoire commence à Annapolis en octobre 1781… Après la victoire décisive des patriotes et des Français à Yorktown, les jours de la présence anglaise dans les 13 colonies sont comptés et le héros de guerre Ulysse McHendricks passe du bon temps en ribaudes, boissons alcoolisées et jeux d’argent divers et variés quand son fils (Télé)Mack lui apprend qu’une ordure loyaliste a décidé de jouer les prolongations dans sa ville de New Itakee désormais dirigée par son épouse Penn(élope)… Il rassemble aussitôt ses compagnons et s’élance à leur rescousse à la tête de son navire roulant tiré par 12 purs-sangs (oh le navire qui fend les terres comme les eaux, c’est un héritage de son passage sur la BD "Elric" ! ^^). Ils traversent les forêts des Appalaches et pour parvenir plus vite à destination ils s’aventurent en territoire iroquois dans une vallée réputée maudite par les coureurs des bois… C’est donc tout naturellement qu’ils tombent un démon amérindien nommé One-Eye qui les capture un par un pour les intégrer à son garde-manger souterrain ! ^^

Le projet est ambitieux, puisque niveau scénario on mélange action, aventure, fantastique et horreur à l’univers du Dernier des Mohicans de James Fenimore Cooper.
Graphiquement, c’est globalement de la bonne came à tous les niveaux (ambiance, personnages, décors, découpage, mise en scène), mais le travail d’Eric Hérenguel m’a semblé s’inspirer à la fois de celui  de Mathieu Lauffray et de celui de Guillaume Sorel : face à ces deux maîtres, la moindre maladresse de l’élève se voit immédiatement… C’est 100% personnel, mais les petites maladresses s’additionnent pour donner un petit côté inabouti/inachevé à l’ensemble. J’avais ressenti un truc du même genre en lisant le manga Claymore après le manga Berserk, sans doute inégalé et inégalable dans sa catégorie… Donc c’est assez bon signe mine de rien ! ^^
Du coup si ma notation est un peu basse au vu de l’originalité et de la qualité, je ne boude absolument pas mon plaisir, on est bel et bien dans la Res Adventura : l’univers ne demande qu’à s’étoffer, les graphismes qu’à s’affiner, et les personnages secondaires qu’à s’affirmer… Les promesses de cette série sont immenses, alors vite la suite svp ! (et pour ne rien gâcher, elle est vraiment bien cette suite !!!)


Dernière édition par Albéric le Mer 7 Déc - 11:54, édité 2 fois

__________________________________
RES ADVENTURA
avatar
Albéric
Nécromancien

Date d'inscription : 16/01/2012

Revenir en haut Aller en bas

White Square Re: Dorison & Herenguel, Ulysse 1781

Message par Sieben le Mar 6 Déc - 14:20

J'ai bien aimé le second tome, bien plus que le premier.

Graphiquement c'est un tout petit peu différent j'ai trouvé. L'encrage parfois très prononcé sur le wendigo, donne un côté fantasmagorique assez proche de ce que Herenguel faisait sur Lune d'argent sur Providence quand il dessinait ses créatures amérindiennes.

Un tome 2 tourné à 80% vers l'action, et ça confirme bien ce que je pensais, qu'il fallait considérer cette première histoire comme un diptyque avec une tension qui monte crescendo, et non pas juger ni s'en tenir qu'à la première partie surtout introductive.

Bien aimé le petit twist de fin, l'astuce de Dorison pour expliquer pourquoi Ulysse mettra sûrement des années à revenir à New Itakee
Spoiler:
en sortant de la vallée après avoir tué le wendigo, les dieux ont téléporté Ulysse et ses comparses dans le désert ouest américain

Ce n'est pas la meilleure série de Dorison c'est sûr, mais vu les qualités globales de la série sur le plan graphique, couleur plus scénario, comparée au reste de la production historico-fantastique, c'est largement au-dessus du panier.

L'air de rien, et même si certains là classerai ailleurs, c'est la première série "fantasy" de Dorison. Avec Le Maître d'Armes et le 3ème T, il avait démontré qu'il maîtrisait bien cette époque. A quand une fantasy médiévale ?
avatar
Sieben
Navarque de la flotte macédonienne

Date d'inscription : 12/02/2013

Revenir en haut Aller en bas

White Square Re: Dorison & Herenguel, Ulysse 1781

Message par Albéric le Mer 7 Déc - 11:54


Dans ce tome 2, d’un côté nous avons les victimes de One-Eye qui tentent de s’organiser sous la houlette de (Télé)Mack, d’un autre côté nous avons Ulysse McHendricks et Yuma qui s’allient contre leur gré pour échapper au monstre anthropophage : l’Iroquois a juré de tuer le père mais aussi de sauver le fils, mais ici il doit reporter sa vengeance de sang pour respecter sa dette de sang…
On est dans un survival de bonne facture, véritable transposition dans les forêts des Appalaches du Predator de John Mctiernan qui se déroulait dans la jungle d’Amérique centrale… Les auteurs ne se privent d’ailleurs pas de multiplier les clins d’œil cool et fun. On pourrait peut-être regretter que l’action prenne le pas sur les thématiques survivalistes (« l’homme est un loup pour l’homme »), mais la narration est intéressante en développant l’idée que celui qui recherche la vengeance devrait se souvenir de creuser deux tombes… Car en invoquant le Wendigo pour se débarrasser de Joeph Convert le shaman blanc apôtre du Veau d’Or qui les oppressait, ils n’ont fait que passer sous la coupe d’un monstre plus terrible encore… Jolie allégorie, toujours d’actualités, de ceux qui pour échapper aux griffes des sbires du Grand Capital sont tombés dans celles des Bêtes Immondes : si l’Histoire ne se répète pas, elle bégaye assez souvent ! C’est là que je les auteurs m’ont mis le doute : Ulysse et ses compagnons en tuant le fils des grands esprits se sont attirés leur malédiction,
Spoiler:
et en quittant la vallée maudite des Appalaches aux cieux brumeux, ils ressortent sous le soleil de plomb des Rocheuses pour se retrouver perdus au cœur de l’ouest sauvage… Le cadavre One-Eye redevenu humain arbore un sourire paisible dans la mort : est-il libéré de sa propre malédiction, le fléau de la colère et de la vengeance étant maintenant porté par Ulysse McHendricks ?
Pendant ce temps, les Loyalistes mettent New Itakee en coupe réglée et Penn(élope) doit faire patienter ses prétendants… blink

Il y toujours un côté inabouti des graphismes d’Eric Hérenguel par rapport aux top dessinateurs dont il s’inspire, mais j’ai un très bon moment avec tome qui promet encore plus que le précédents :
Comment les auteurs vont-ils continuer la transposition des voyages d’Ulysse aux grands espaces américains ?
Comment les auteurs vont-ils développer les personnages rescapés de l’antre du cyclope amérindien ?

__________________________________
RES ADVENTURA
avatar
Albéric
Nécromancien

Date d'inscription : 16/01/2012

Revenir en haut Aller en bas

White Square Re: Dorison & Herenguel, Ulysse 1781

Message par Sieben le Jeu 15 Déc - 12:49

Albéric a écrit:Jolie allégorie, toujours d’actualités, de ceux qui pour échapper aux griffes des sbires du Grand Capital sont tombés dans celles des Bêtes Immondes

Je ne vois pas où est la critique socio-économique dans Ulysse 1781, mais pour le reste je partage ton ressenti: une bd distrayante dont l'évolution est à surveiller. Voir si cela va stagner ou bien s'améliorer.
avatar
Sieben
Navarque de la flotte macédonienne

Date d'inscription : 12/02/2013

Revenir en haut Aller en bas

White Square Re: Dorison & Herenguel, Ulysse 1781

Message par Albéric le Jeu 15 Déc - 19:21

Sieben a écrit:
Albéric a écrit:Jolie allégorie, toujours d’actualités, de ceux qui pour échapper aux griffes des sbires du Grand Capital sont tombés dans celles des Bêtes Immondes

Je ne vois pas où est la critique socio-économique dans Ulysse 1781, mais pour le reste je partage ton ressenti: une bd distrayante dont l'évolution est à surveiller. Voir si cela va stagner ou bien s'améliorer.
Pour échapper aux blancs qui ne pensent qu'à les exploiter, pour faire toujours plus de pognon bien sûr, les Amérindiens invoquent une créature qui ne pensent qu'à manger tout le monde sans distinction... J'y ai vu l'allégorie de l'Europe basculant dans le totalitarisme dans les années 1930...

__________________________________
RES ADVENTURA
avatar
Albéric
Nécromancien

Date d'inscription : 16/01/2012

Revenir en haut Aller en bas

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut

- Sujets similaires

 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum