David Gemmell
L'inscription donne accès aux sections Fantasy, SF, Historique, Ciné et Télé.
Rechercher
 
 

Résultats par :
 


Rechercher Recherche avancée


Nicolas Jarry, Nains

Page 3 sur 3 Précédent  1, 2, 3

Aller en bas

White Square Re: Nicolas Jarry, Nains

Message par Sieben le Mar 24 Oct - 21:04

Albéric a écrit:
Ouais c'est sûr, mais de là à dire "cocorico", je n'irai pas jusque là. Orcs, Elfes et Nains sont quand même des séries très "fan service".
parce qu'ailleurs c'est autre chose que du fanservice ?

Je veux dire par là que ces trois séries là on peut à chaque fois deviner les sources d'inspirations, et que si certains scénaristes comme Nicolas Jarry et quelques autres se creusent bien les méninges pour nous donner des histoires de qualités, j'en ai lu sur Elfes qui faisaient presque du copier-coller.

Berserk, Kentaro Miura fait pas du fan service... Non mais voilà, tu cites D&D et Warhammer... je pense pas qu'on en soit là avec Elfes, Nains, Orcs. Mais bon...
avatar
Sieben
Navarque de la flotte macédonienne

Date d'inscription : 12/02/2013

Revenir en haut Aller en bas

White Square Re: Nicolas Jarry, Nains

Message par Albéric le Mar 24 Oct - 21:40



Résumé tome 9 : Dröh des Errants
Dröh, le fils d’Oösram, a parcouru le monde afin d’apprendre le métier des armes, dans l’espoir de délivrer les Errants des ordres dominants. Mais quand il revient chez lui, sept ans plus tard, nul ne veut entendre parler de révolution. Le sang n’a que trop coulé. Il s’engage alors sur la construction d’une route traversant le pays des Vents. Le chantier avance mais l’hostilité des tribus Orcs grandit...


Encore un très bon tome pour la série Nains avec Dröh des Errants, fils en colère qui essaie désespérément de se montrer à la hauteur de son père, héros déchu qui après découvert l'envers du décor de société naine est mort en martyr révolutionnaire pour une cause qu'il n'avait jamais pensé un jour être la sienne... Oösram avait au prix de sa vie sauvé les graines de l'avenir, mieux de son exemple les avait arrosé, et Dröh son fils est l'une d'entre elles : il revient chez lui après s'être préparé sept années durant à une revanche qu'il a longtemps appelé de tous ses vœux (« si tu recherches la vengeance, prépares-toi à creuser deux tombes » blink), mais il découvre que tous ses anciens compagnons d'armes ont changé leurs fusil d'épaules. Révolutionnaire perdu parmi les réformistes, c'est un Dröh en pleine crise existentielle qui repart sur les routes de l'aventure... Et il va découvrir que l'injustice donc les siens ont été et sont toujours victimes n'est que l'arbre qui cache la forêt de la crevardise mondialisée ! (comme Léna la chasseuse de nazis du film Outpost 2 découvrait que le pire des criminels contre l'humanité n'était que l'arbre qui cachait la forêt de la crevardise mondialisée... D'ailleurs mes condoléances à la famille de la blogueuse anti-corruption assassinée à Malte dans un attentat à la voiture piégé, dans la complaisance des médias prestitués, des démocraties occidentales en général et de l'Union Européenne en particulier car on ne touche pas impunément au grisby !)

Je suis très frustré : dans le Grand Soir heroic fantasy sommes dans un tome de transition... Mais quel tome de transition ! C'est très dense, avec beaucoup de phylactères riches en introspections nous montrant les tourments intérieurs du narrateur qui nous raconte sa propre histoire, mais aussi son évolution vers quelque chose de plus grand et de plus noble… Au final je suis moins frustré par les dessins maintream très satisfaisants de Jean-Paul Bordier, qui malheureusement ne sont toujours pas à la hauteur de l'événement (et ce malgré des efforts manifestes : ah les paysages fantastiques à la Heroes of Might et Magic !), que parce que ce tome est une saga à lui tout seul... Pire chaque épisode de la vie de Dröh aurait pu constituer une série à part entière car on enchaîne les relecture de Germinal, Hell on Wheels : l'enfer de l'Ouest, La Canonnière du Yang-Tse, La Chaîne, Danse avec les loups, Le Soldat bleu et une remake anti-système de la Bataille du Gouffre de Helm (dans lequel il me semble qu'on croise Gotrek et Félix de Warhammer ^^) !








Et je vous épargne la romance moorcockienne entre un athée et une croyante qui emprunte à la relation entre Fedmahn Kassad et Rachel (remember la saga Hypérion de Dan Simmons ^^)... On ne peut que sentir la supracoolitude du truc, mais comment voulez-vous faire tenir tout ça et le mettre en scène de moins de 60 pages ???
Pour honorer la mémoire de son père, c'est en suivant les enseignements du Mahatma Rocky que Dröh voulait devenir le nouveau Moïse, mais pour sauver son clan il doit son sauver peuple, et pour sauver son peuple il doit sauver le monde car nous nous élevons et nous tombons tous ensemble... Mais comment mettre fin au cycle infernal de la haine entretenu depuis des temps immémoriaux par les classes supérieurs suprématistes qui ne cessent de diviser pour régner, en dressant les peuples contres les peuples, les frères contre les frères ??? S'il veut devenir le changement qu'il veut en son monde, Dröh doit maîtriser la colère qui est en lui : l'exilé veut devenir un guide, mais en arpentant de nouvelles voies Dröh deviendra-t-il Lénine ou Gandhi ? Che Guevara ou Mère Thérésa ? Malcom X ou Martin Luther King ?* Et que disait le proverbe déjà ? Nul n'est prophète son pays... To Be Continued dans le tome 14 ! (et qui sait, peut-être même avant ^^)

Dans la dernière case de la dernière planche Dröh est clairement le sosie de Druss : donc Nicolas Jarry est clairement un héritier français de David Gemmell le maître anglais d'une heroic fantasy placée sous le signe de l'épique, du tragique, mais d'abord et surtout de l'humanisme.
J'espère qu'il se remettra au roman parce que franchement il a largement sa place dans la SFFF française où beaucoup trop d'auteurs élitistes se regarde le nombril quand ils ne se touchent pas la bite, mais j'espère aussi qu'il se donnera tous les moyens de ses ambitions car quand il passe en mode serious business il arpente clairement la voie royale du nec plus ultra !


* A comparer avec les héros de la série Wollodrïn chez Delcourt où humains, nains, orcs, elfes et dragons luttent ensemble pour construire un monde sans haine ni violence, ni mépris ni indifférence, et ce malgré les maléfices des forces obscures de la crevardise incarnées par les Chicago Boys de l'immonde Goldman Sachs... Bref les « mauvais genres » sont plus que jamais en phase avec leur temps et avec les préoccupation des gens. Pourtant les inquisiteurs culturels, les commissaires littéraires et les prescripteurs d'opinion crient sur tous les toits que les œuvres populaires c'est de la merde fascisante destinée à offrir des univers de pacotilles pour les teubés décérébrés qui fuient la réalité (au hasard parmi tant d'autres : Gérard Klein, Gilles Dumay, Olivier Gérard, Gillossen, etc)... Visiblement la culture est elle aussi une terrible champ de bataille de la lutte des classes !

__________________________________
RES ADVENTURA
avatar
Albéric
Nécromancien

Date d'inscription : 16/01/2012

Revenir en haut Aller en bas

White Square Re: Nicolas Jarry, Nains

Message par Sieben le Mer 25 Oct - 21:05

Magnifique avis Albéric. Je n'ai pas ta verve mais j'ai eu similairement le même ressenti:


Des années ont passé depuis le sacrifice d’Oösram pour son peuple et même si le statut des Errants a sensiblement évolué, ceux-ci n’en demeurent pas moins une classe sociale défavorisée et méprisée par le reste de la société naine. Dröh, le fils d’Oösram, est de retour parmi les siens après avoir roulé sa bosse, parcouru le monde, appris le métier des armes, et tel le William Wallace de Braveheart les raisins de la colère grondent toujours en lui. Les chiens ne font pas des chats. Cependant les révolutions d’antan sont oubliés, trop de sang a été versé et les plaidoyers guerriers ne sont plus de mode parmi les Errants. Janssen, le beauf de Dröh, est davantage un partisan de la négociation, plus lente mais aussi plus paisible. Ses ambitions étant trop grandes et dangereuses pour ce microcosme paysan, Dröh part jouer les Renaud en mode Germinal sur un chantier d’autoroute, un terreau plus propice aux révoltes avec sa main d’œuvre bon marché facilement remplaçable.

L’air de rien cette branche de la série Nains est celle que je préfère sur le plan scénaristique. Une fantasy très politique, avec des intonations révolutionnaires, on n’a pas souvent l’habitude de lire ça. Notre Dröh est un sacré baroudeur et il fera ici des rencontres inattendus, je dois bien avouer que j’ai été surpris par la tournure du scénario qui part un moment donné sur autre chose de complètement différent. D’une histoire qui démarre sur une quête d’égalité et de justice, on termine sur un récit hyper introspectif et une quête de soi, une ébauche d’histoire d’amour qui s’écoule à travers les vies et les âges, une dénonciation de la guerre perpétuelle entretenue par la folie des êtres (comme briser cette putain de roue ?! ), en passant par un duel judiciaire (big up à Tyrion Lannister) et un classique blockhaus style Fort Alamo/Dros Delnoch/Gouffre de Helm. C’est très bien écrit, les textes sont beaux dans le sens touchant et sages.

« Ne sois pas triste, Nain, si je n’ai changé qu’une âme… alors mon combat n’aura pas été vain... »

C’est néanmoins un peu dommage de faire durer le plaisir par ces digressions alors qu’on nous promettait les grands soirs fin du tome 4 et de la saison 1 en général. Espérons de ne pas devoir attendre 8 saisons pour qu’enfin… Bref, vivement la saison 3 avec Dröh en mode David Carradine dans Kung Fu.

Les dessins de Jean-Paul Bordier sont plaisant mais accrocheurs que par intermittence (ça manque de pleine et double-page), comme la bonne idée du mont Rushmore orc, très cool. En ce qui me concerne, toujours la même rengaine contre les couleurs numériques de Digikore Studios…

Albéric a écrit:Malcom X ou Martin Luther King ?

Au début il m'a paru clair que Malcolm X c'était plutôt Dröh, plus vindicatif. Et MLK c'est son beau-frère, Janssen, pour la voie de la paix et des pourparlers. Mais à la fin, Dröh semble vouloir cultiver son propre jardin.

Albéric a écrit:Dans la dernière case de la dernière planche Dröh est clairement le sosie de Druss

Oh putain oui... j'avais pas remarqué. Mais c'est peut être aussi J-P Bordier que vient l'idée. Déjà fin du T4 on avait la hache plantée dans le sol façon Légende.

Ah oui, je veux bien lire un roman du Jarry nouveau.
avatar
Sieben
Navarque de la flotte macédonienne

Date d'inscription : 12/02/2013

Revenir en haut Aller en bas

White Square Re: Nicolas Jarry, Nains

Message par Albéric le Mer 25 Oct - 21:26


__________________________________
RES ADVENTURA
avatar
Albéric
Nécromancien

Date d'inscription : 16/01/2012

Revenir en haut Aller en bas

White Square Re: Nicolas Jarry, Nains

Message par Albéric le Ven 4 Mai - 11:50


Résumé tome 10 : Abokar du Bouclier
Comment peut-on simplement prendre sa retraite quand on a été une légende ?
Trente-huit ans ont passé depuis la mort de la jeune Tiss. Abokar a été le seigneur de bataille du grand-père du roi actuel. Il est vieux, très vieux, il combat depuis plus d’un siècle. Il n’est plus que l’ombre du guerrier qu’il a été jadis. Son corps, habitué à la rudesse des campagnes, le fait souffrir, et ses pensées semblent parfois le fuir... Abokar sait qu’il est temps pour lui de tirer sa révérence…



Je ne peux pas vous mentir : ce tome 10 intitulé Abokar du Bouclier aurait pu tout aussi bien s'appeler « Dohan du Bouclier », car ce dernier raconte la vie d'Akobar, puis la sienne, puis celle qu'ils ont mené ensemble avant que ce dernier n'entre à tout jamais dans l'éternité...
Akobar est un maître de guerre autoritaire, inflexible, impitoyable, et surtout une caboche de mulard. C'est le plus grand général de son temps et peut-être un des plus généraux de tous les temps, et un un chef de guerre à l'ancienne d'abord et avant tout soucieux de la protection de ses concitoyens et de la sauvegarde de ses soldats, l'irremplaçable vie passant avant toute autre considération. En cela il est totalement anachronique car il officie à une époque ou gouvernent des crevard politicards et banksters pour qui les individus ne sont que ressources corvéables et sacrifiables à merci, destiné à naître, souffrir et mourir pour préserver leurs biens matériels et financiers, ainsi que les petits intérêts bien calculés...
Spoiler:
SPOILER niveau 1
Mais Abokar est proche de la fin, rongé par une maladie débilitante qui emporte morceau par morceau son corps et son esprit, et il ne souhaite plus qu'une seule chose : réussir là où ses prédécesseurs ont échoué, en partant en beauté ! Il réalise le plan de bataille parfait pour remporter une victoire totale qui épargnera le maximum des siens, tout en lui offrant un duel de légende suivi d'une mort glorieuse. Pas de bol, son premier capitaine lui sauve la vie... Abokar pète un câble, déserte son camp et disparaît de la surface du monde, du coup Dohan est accusé d'avoir égaré son auguste dépouille, et par loyauté il n'a pas le coeur à révéler la vérité...
Spoiler:
SPOILER niveau 2
Dohan déjà mal vu pour avoir été accepté dans l'Ordre du Bouclier, son handicap ayant été contrebalancé par la mort héroïque de la première naine combattante (voir tome 5), est muté à Talas-Kadrum le Mur des Corbeaux, où la lie de la société naine est envoyée faire le guet en attendant un hypothétique retour des derniers renégats d'Ufgrim (voir tome 3, et les vieux routards reconnaîtront les Nains du Chaos de l'univers Warhammer ^^). On serait peu ou prou entre GoT et Le Désert des Tartares, si la menace n'était pas réelle : Dohan prend son rôle très au sérieux et lors d'un patrouille d'exploration/investigation découvre les renégats nains soit disant morts et enterrés depuis des siècles mettre la main sur une couronne de sorcellerie permettant d'invoquer les fils de la roche et de la lave...
Spoiler:
SPOILER niveau 3
Les renégats nains écrasent le Mur des Corbeaux et ses défenseurs, puis font déferler leurs hordes sauvages de soldats-esclaves ogrelins sur les terres des nains, et à cause des terrible golems invoqués par leur souverain nulle forteresse n'est à l'abri de l'anéantissement... Seul survivant des siens, Dohan part à la recherche d'Abokar, car seul le génial stratège peut encore sauver le peuple nain. Dohan et Abokar offrent une solution à leurs souverains (ils ont en commun Tiss : l'un a perdu le meilleur soldat qu'il ait jamais eu, l'autre a perdu la meilleure soeur qu'il y ait jamais eu), mais elle passe par l'abandon des traditions et des privilèges, bref des préjugés à la con des élites à la con (ben oui malgré le suprématisme de mes couilles, on est tout fait pareil, on saigne tous pareil, et on meurt tous pareil)... Les négociations furent âpres, certains préférant extinction de leur civilisation plutôt que que de rogner sur leurs revenus au-delà du réel d'uberrich... Les nains du Bouclier et les nains des Errants redeviennent compagnons d'armes pour la première fois depuis des siècles, et l'espace d'un instant le fils d'Oösram et le frère de Tiss combattent dos à dos : s'ils avaient pu se parler, la face du monde aurait pu en être changée !
Spoiler:
SPOILER niveau 4
Pour vaincre il faut attirer l'adversaire dans un piège, et Abokar s'offre donc en appât donc en sacrifice pour remporter la victoire. Donc tandis que politicards et banksters continuent de donner des leçons en gardant leurs miches bien à l'abri, nains et naines de tous les ordres forment un denier carré autour de leur dernier héros... C'est ainsi qu'Abokar du Bouclier perd la bataille mais gagne la guerre, entrant ainsi dans l'éternité : la mort qu'il a subi est mille fois plus glorieuse que celle qu'il avait choisi pour la simple et bonne raison qu'il est passé de l'égoïsme à l'altruisme...

Encore une fois encore un excellent scénario de Nicolas Jarry qui décidément mange du lion depuis qu'il a tout relu Marx et Engels, Michael Moorcock et David Gemmell (quand viendra le Grand Soir, assistera-t-il à la pendaison du dernier banquier avec les tripes du dernier politicien ? ^^), et encore une fois des dessins qui bien que satisfaisants restent en deçà voire très en deçà de la belle histoire qui nous est contée (et pourtant Nicolas Demarre est loin de démériter).

__________________________________
RES ADVENTURA
avatar
Albéric
Nécromancien

Date d'inscription : 16/01/2012

Revenir en haut Aller en bas

White Square Re: Nicolas Jarry, Nains

Message par Albéric le Sam 25 Aoû - 17:09


Résumé tome 11 : Torun de la Forge
Fuyant la vengeance d’un maître du Talion, la famille de Torun s’est exilée à l’autre bout du monde. Le jeune nain se retrouve alors sans mentor pour lui enseigner l’art de la forge. Le prêtre du village se propose de le prendre comme disciple afin qu’il puisse lui succéder. La mort dans l’âme, il s’apprête à accepter quand sa route croise celle d’un ermite à moitié fou, un nain vivant comme une bête au fin fond des bois...


Avec ce tome 11 consacré au personnage de Torun de la Forge nous sommes dans l'éternel recommencement gemmellien, et ceux qui ont lu Les Pierres de pouvoir, La Reine Faucon ou Rigante savent de quoi nous allons parler… L'histoire se répétant à chaque génération, car à chaque génération tout est à refaire, dans leur vie les hommes et les femmes devant toujours réaliser leurs propres choix... Alors oui ce tome 11 reprend les ingrédients des tomes 1 et 6, mais quand c'est aussi bon il n'y a pas de mal à en reprendre ! Blink

Le jeune Torun est un adolescent en colère contre la terre entière : sa mère est morte et les père les a laissé lui, sa grande sœur Lizi et sa petite sœur Fann sous la houlette de leur grand-père paraplégique Druum... Ils font partie de l'Ordre de la Forge mais vivent comme les Errants, et faute de parents auxquels s'opposer Torun s’engueule de plus en plus avec son aïeul, honteux des actes commis par son au point de ne plus vouloir forger et de refuser de lui apprendre à forger, pire d'envisager de le faire entrer dans l'Ordre du Temple pour devenir curé de campagne... Torun est dans l'âge con, il est têtu, il flirte allègrement avec la frontière de la délinquance, et il aurait mal tourné si son ami humain Sarfan ne le ramenait pas souvent à la raison. Quand la Légion de Fer débarque dans son patelin, il croit sa chance venue mais on le renvoie chez lui car il n'a pas l'âge requis. Ses derniers espoirs reposent donc sur un vieux fou qui vit au fond des bois mais qui semble maîtriser les arcanes naines de la science de le forge. L'adolescent et le vieux fou trouve l'un dans l'autre ce qu'ils leur manquent d'humanité, et les choses semblent bien se goupiller quand patatras le destin frappa !
Car le seigneur local décide de profiter d'une invasion de peaux-vertes pour faire du libéralisme sauvage (acheter, accepter la concurrence c'est bien ; voler, avoir le monopole c'est mieux !), et tandis que la Légion de Fer lutte férocement avec de ténacité et vaillance, au lieu de venir en renfort pour les aider ce dernier massacre les fermiers du coin et traque sans pitié les témoins... Torun emporte sa petite sœur dans sa cavale, et après divers rebondissements truffés du suspens hitchcockien qui va bien tout le monde se retrouve plongé dans la bataille... Et au final le crevard aristocratique (pléonasme ?) se fait une joie de pointer du doigt le vieux fou qui vit au fond des bois dans l'espoir de faire diversion et qu'il endosse la responsabilité de ses crimes capitalistes : l'affrontement est titanesque entre le plus grand guerrier nain de son temps et le plus grand guerrier nain de tous les temps (remember le White Dwarf ! ^^), mais le dénouement en sera-t-il tragique également ?

On retrouve avec joie et bonheur tous les gimmick gemmelliens qu'on aime bien quand on est humain, ainsi que les trucs et astuces de Nicolas Jarry qu'on aime bien aussi quand on est humain : les scuds contre la ploutocratie, la traditionnelle structure en analepse, le héros qui raconte sa propre vie pour nous raconter son histoire de l'intérieur, le spectacle de marionnettes pour montrer ou lieu de nous raconter ce qui fait un lien avec les tomes précédents (procédé qu'il avait déjà utiliser dans la série Elfes pour relier les tomes 2 et 12, mais ici il le fait en bien mieux ^^)... Et puis c'est chouette de revoir les nains et les naines de la Légion de de Fer qu'on avait accompagné dans le tome 6 : le Seigneur Brum, le vieux Gurdan, la capitaine Fey, le vétéran Orss...
Spoiler:
Et au final en retrouvant la raison Redwin la Légende trouve en Torun un fils spirituel, et avec ses frères Ulrog et Jorun la dynastie n'a pas encore fini de faire parler d'elle !

Nicolas Jarry retrouve aussi dans ce tome son compère Pierre-Denis Goux, ici assisté aux couleurs de J. Nanjan et Bertrand Benoit : les graphismes sont d'autant plus agréable qu'ils collent bien à la série en général et à cet album en particulier, et pour ne rien gâcher bastons et scènes d'action sont bien fichues. Ceci étant dit, j'ai quand même vachement envie que Nicolas Jarry se remettent à écrire des romans Fantasy : trop cool cela serait !

__________________________________
RES ADVENTURA
avatar
Albéric
Nécromancien

Date d'inscription : 16/01/2012

Revenir en haut Aller en bas

White Square Re: Nicolas Jarry, Nains

Message par Sieben le Dim 26 Aoû - 8:35

Génial ! J'ignorais qu'il était déjà sortie. J'aime bien la répétition gemmellienne mais je préfère là laisser à Gemmell. Je voudrais que cette série avance et nous parle d'autres choses, ou bien qu'elle s'arrête, parce qu'au bout d'un moment ça va quoi, si on n'a plus rien de nouveau à raconter et que c'est la même rengaine qui tourne en boucle, à quoi bon ? On nous prendrai juste pour des vaches à lait. Gemmell ou AC/DC, c'est un même roman/album qui sonne comme un seul, et c'est ça qu'on kiffe, mais bizarrement en ce qui me concerne je n'aime pas appliquer ce procédé en bande-dessinée. Je veux que ça évolue, plus de chassé-croisé comme dans Elfes ou Wollodrïn pour que tout se termine en Ultimate Avengers.
avatar
Sieben
Navarque de la flotte macédonienne

Date d'inscription : 12/02/2013

Revenir en haut Aller en bas

White Square Re: Nicolas Jarry, Nains

Message par Albéric le Dim 26 Aoû - 9:42

Je veux que ça évolue, plus de chassé-croisé comme dans Elfes ou Wollodrïn pour que tout se termine en Ultimate Avengers.
avec les 3 fils de Redwin on y va peut-être tout droit ^^

__________________________________
RES ADVENTURA
avatar
Albéric
Nécromancien

Date d'inscription : 16/01/2012

Revenir en haut Aller en bas

White Square Re: Nicolas Jarry, Nains

Message par Sieben le Lun 17 Sep - 17:52

Avec Torun de la Forge s’achève la trilogie Redwin (quoique…). Les thèmes demeurent les mêmes, se référencer à mes avis des tomes 1 et 6 pour les connaître. Un album passionnant malgré le phénomène de répétition. Lorsqu’un journaliste faisait remarquer à Angus Young, guitariste solo du groupe rock AC/DC, qu’ils avaient sortis 10 albums mais qu’on ne pouvait pas les différencier les uns des autres, Angus lui répondit : « Faux ! Nous avons déjà 11 albums qui sonnent comme un seul. » Les albums de la série Nains fonctionnent à mes yeux un peu de la même façon, c’est toujours plus ou moins la même chose, mais c’est tellement bon qu’on en redemande.

Ce numéro est toutefois intéressant car on ne fait que s’attarder sur l’enfance du héros. Cette-fois l’histoire entière est consacrée à celle-ci. Du coup on se demande un peu pourquoi l’illustration de couverture montre un Torun dans la fleur de l’âge alors que le récit se déroule durant sa 13ème année. Mais plus intéressant encore on se demande si Torun est le véritable héros de cette histoire, tout comme Anakin Skywalker / Darth Vader est le véritable personnage principal de Star Wars, car à travers lui c’est le dernier baroud d’honneur de Redwin qui nous est raconté ici. Le dernier ? Cela reste à voir, mais pour une fois on aimerait tellement que les choses se terminent bien, laissons-le finir sa vie du bon côté de la Force, lui que l’on avait laissé en héritier du Roi Liche à la fin du tome 6.

Plutôt bien apprécié les graphismes de Pierre-Denis Goux, surtout dans la deuxième moitié du livre, lorsqu’il y avait plus d’action et de combats. Y a pas à dire, ce mec sait donner de la vie et du rythme à son dessin. Le combat titanesque entre le plus grand guerrier nain de son temps et le plus grand guerrier nain de tous les temps est époustouflant, mode serious business. Moins séduits en revanche par les tronches cartoonesques et de manière générale de l’héritage « comics » dans son trait. Mais bon… question de goût.


Je me demande ce que nous réserve les Héritiers de la Forge (huhuhu ! ) dans la quatrième saison.
avatar
Sieben
Navarque de la flotte macédonienne

Date d'inscription : 12/02/2013

Revenir en haut Aller en bas

White Square Re: Nicolas Jarry, Nains

Message par Albéric le Lun 17 Sep - 18:30

Moins séduits en revanche par les tronches cartoonesques et de manière générale de l’héritage « comics » dans son trait. Mais bon… question de goût.
oui mais avec les Nains ça passe : puisqu'ils ne sont pas humains pas de problèmes de réalisme... le problème c'est que d'autres dessinateurs mettent des tronches cartoonesques à tout le monde et que c'est moche et/ou ridicule !

__________________________________
RES ADVENTURA
avatar
Albéric
Nécromancien

Date d'inscription : 16/01/2012

Revenir en haut Aller en bas

White Square Re: Nicolas Jarry, Nains

Message par Albéric le Mar 23 Oct - 10:38


Résumé tome 12 : Kardum du Talion
La guerre est un commerce comme un autre…
Kardum est le fils d’un souffleur de verre. Il refuse cette vie médiocre de tâcheron. Au terme d’une longue et sanglante ascension, il devient l’un des plus puissants marchands de son peuple. Son commerce : les armes. De la dague aux engins de sièges, Kardum fonde un empire. Il fournit quiconque est en mesure de payer le prix fort, quel que soit sa race ou ses intentions...



Avec ce tome 12 intitulé Kardum du Talion, Nicolas Jarry fait du Nicolas Jarry et il reprend son schéma préférentiel du personnage qui a accompli ses ambitions à tout prix mais qui se retourne sur sa vie, en se demandant si pour être heureux il n'aurait pas mieux fait de se contenter de ce qu'il avait en premier lieu (comme feu David Gemmell le maître anglais de l'Heroic Fantasy il raconte encore et toujours la même histoire, mais avec tellement de talent qu'on reprend volontiers encore et encore, avec des variations qui donnent même envie de tout relire encore et encore ^^)... Kardum fils d'artisan moitié truand moitié marchand a fait fortune dans le trafic d'armes pour s'inviter à la table des puissants, et il nous raconte son parcours de la tombe de son père trop tôt disparu à son palais somptueux de la Cité d'Airain qu'il tient dans sa main. D'un côté il nous dit et nous montre que tout est bon pour faire du pognon et on songe tout de suite au personnage de Yuri Orlov interprété par Nicolas Cage dans Lord of War ^^

Mais d'un autre côté il revient tous les ans dans sa cité natale s'engueuler avec sa mère au sujet qui ne désespère pas qu'il reprenne la verrerie de son père, en se demandant s'il n'aurait pas mieux fait d'épouser son amie d'enfance Nadi qui a convolé en noces avec son rival d'antan... Il est sur le point de tout gagner mais il pourrait tout perdre, car les roturiers ne sont pas les bienvenus à la table des autoproclamés et prétendus bien-nés. A la fin des analepses c'est trahi et abandonné qu'au bout du rouleau il est sur le point de laisser tomber...
Monumentale erreur ! Donc vous êtes les bienvenus dans la Zone Spoilers !!!
Spoiler:
Le personnage et son auteur n'ont cessé de mettre en scène son côté sombre pour mieux nous masquer ce qu'il est en réalité au bout du bout tous les petits cailloux blancs semés avec son compagnon d'arme Arban, son comptable Jarm, ses fleurs carnivores Scili et Layss, le roi de sa cité natale Garabadas qui a toujours fait passer les intérêt de son peuple avant les siens propres, se mettent à briller et à étinceler pour révéler sa véritable personnalité ! Non Kardum ne n'est jamais renié lui ou ses origines, non Kardum c'est un nouveau Moïse guidant son peuple vers la Terre Promise. La fin du tome nous laisse donc au tout début d'une guerre économique mondiale, et dans la lutte des classes elle oppose Derdhr l'aristocrate bankster qui veut diriger la terre entière et le self-made man Kardum champion du peuple. Et là où c'est génial c'est que finalement l'un et l'autre sont les créations involontaires d'Ordo du Talion : dans le tome 3 l'anti-héros révolutionnaire pensait à tort avoir définitivement vaincu les forces obscures du Veau d'Or, et dans le tome 7 la revanche qu'il pensait complète se traduisait par un échec total avec des ploutocrates se lolant sur ta tombe... Son héritier spirituel prend la relève et ici c'est l'inverse car il triomphe là où il pensait avoir échoué !
Cela va chier des bulles pour les homines crevarices : Redwin, Sriza, Torun, Dröh, Ulrog, Jorun, Kardum... la Ligue de Justice naine parviendra-t-elle à libérer son peuple de la malédiction de la crevardise en réalisant le Grand Soir ? To Be Continued, mais je tremble car Nicolas Jarry est très pote avec David Chauvel qui a assassiné l'Espoir dans sa série Wollodrïn... Pitié ne faites faites pas comme lui hein !



Le prolifique Nicolas Jarry enfile les bons scenarii comme des perles : cela fait des années que je regrette qu'il ne se remette pas à écrire des romans, mais je vais finir par regretter aussi qu'il ne se lance pas en politique tant il a tout compris aux maux d'aujourd'hui... Quant à Stéphane Créty, depuis qu'il s'éloigne des gimmicks comics son travail ne cesse de s'améliorer donc rien à redire sur des graphismes bien dessinés, bien découpés, bien encrés et bien colorisés !

__________________________________
RES ADVENTURA
avatar
Albéric
Nécromancien

Date d'inscription : 16/01/2012

Revenir en haut Aller en bas

White Square Re: Nicolas Jarry, Nains

Message par Sieben le Jeu 1 Nov - 16:19

Je ne suis pas totalement d'accord avec ça. A aucun moment Kardum ne donne l'impression de regretter quoi que ce soit, c'est même le principal sujet de discorde entre lui et sa mère. S'il lui arrive d'imaginer la vie qu'il aurait pu avoir s'il avait suivi la voie paternelle et pris une épouse, jamais il n'y pense avec regret. Au contraire il est très fier de son parcours et de ce qu'il a accompli. Jamais il ne s'est renié au final. Il est et a toujours été un type à la psychologie individualiste, un self-made man. Mais là où je te rejoins c'est que contrairement à Derdhr qui elle est une raclure de première, pour Kardum l'argent et le pouvoir ne sont pas une fin en soi, même s'il apprécie énormément le bonheur qu'ils lui procurent. De façon général on constate qu'il cherche à œuvrer pour le bien commun. Enfin... lui, sa famille, et ses amis d'abord, le reste de la population naine ensuite. C'est le Tony Montana Nain.

La citadelle qu'il a acquis du roi Gabaradas deviendra-t-elle le nouvel Eldorado de la résistance naine ? ^^

De même niveau dessin, moi je trouve que Créty c'est de pire en pire... Et les couleurs, plus comics random tu meurs.
avatar
Sieben
Navarque de la flotte macédonienne

Date d'inscription : 12/02/2013

Revenir en haut Aller en bas

White Square Re: Nicolas Jarry, Nains

Message par Contenu sponsorisé


Contenu sponsorisé


Revenir en haut Aller en bas

Page 3 sur 3 Précédent  1, 2, 3

Revenir en haut

- Sujets similaires

 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum