David Gemmell
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Nicolas Jarry, Nains

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White Square Re: Nicolas Jarry, Nains

Message par Sieben le Mar 24 Oct - 21:04

Albéric a écrit:
Ouais c'est sûr, mais de là à dire "cocorico", je n'irai pas jusque là. Orcs, Elfes et Nains sont quand même des séries très "fan service".
parce qu'ailleurs c'est autre chose que du fanservice ?

Je veux dire par là que ces trois séries là on peut à chaque fois deviner les sources d'inspirations, et que si certains scénaristes comme Nicolas Jarry et quelques autres se creusent bien les méninges pour nous donner des histoires de qualités, j'en ai lu sur Elfes qui faisaient presque du copier-coller.

Berserk, Kentaro Miura fait pas du fan service... Non mais voilà, tu cites D&D et Warhammer... je pense pas qu'on en soit là avec Elfes, Nains, Orcs. Mais bon...
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Sieben
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White Square Re: Nicolas Jarry, Nains

Message par Albéric le Mar 24 Oct - 21:40



Résumé tome 9 : Dröh des Errants
Dröh, le fils d’Oösram, a parcouru le monde afin d’apprendre le métier des armes, dans l’espoir de délivrer les Errants des ordres dominants. Mais quand il revient chez lui, sept ans plus tard, nul ne veut entendre parler de révolution. Le sang n’a que trop coulé. Il s’engage alors sur la construction d’une route traversant le pays des Vents. Le chantier avance mais l’hostilité des tribus Orcs grandit...


Encore un très bon tome pour la série Nains avec Dröh des Errants, fils en colère qui essaie désespérément de se montrer à la hauteur de son père, héros déchu qui après découvert l'envers du décor de société naine est mort en martyr révolutionnaire pour une cause qu'il n'avait jamais pensé un jour être la sienne... Oösram avait au prix de sa vie sauvé les graines de l'avenir, mieux de son exemple les avait arrosé, et Dröh son fils est l'une d'entre elles : il revient chez lui après s'être préparé sept années durant à une revanche qu'il a longtemps appelé de tous ses vœux (« si tu recherches la vengeance, prépares-toi à creuser deux tombes » blink), mais il découvre que tous ses anciens compagnons d'armes ont changé leurs fusil d'épaules. Révolutionnaire perdu parmi les réformistes, c'est un Dröh en pleine crise existentielle qui repart sur les routes de l'aventure... Et il va découvrir que l'injustice donc les siens ont été et sont toujours victimes n'est que l'arbre qui cache la forêt de la crevardise mondialisée ! (comme Léna la chasseuse de nazis du film Outpost 2 découvrait que le pire des criminels contre l'humanité n'était que l'arbre qui cachait la forêt de la crevardise mondialisée... D'ailleurs mes condoléances à la famille de la blogueuse anti-corruption assassinée à Malte dans un attentat à la voiture piégé, dans la complaisance des médias prestitués, des démocraties occidentales en général et de l'Union Européenne en particulier car on ne touche pas impunément au grisby !)

Je suis très frustré : dans le Grand Soir heroic fantasy sommes dans un tome de transition... Mais quel tome de transition ! C'est très dense, avec beaucoup de phylactères riches en introspections nous montrant les tourments intérieurs du narrateur qui nous raconte sa propre histoire, mais aussi son évolution vers quelque chose de plus grand et de plus noble… Au final je suis moins frustré par les dessins maintream très satisfaisants de Jean-Paul Bordier, qui malheureusement ne sont toujours pas à la hauteur de l'événement (et ce malgré des efforts manifestes : ah les paysages fantastiques à la Heroes of Might et Magic !), que parce que ce tome est une saga à lui tout seul... Pire chaque épisode de la vie de Dröh aurait pu constituer une série à part entière car on enchaîne les relecture de Germinal, Hell on Wheels : l'enfer de l'Ouest, La Canonnière du Yang-Tse, La Chaîne, Danse avec les loups, Le Soldat bleu et une remake anti-système de la Bataille du Gouffre de Helm (dans lequel il me semble qu'on croise Gotrek et Félix de Warhammer ^^) !








Et je vous épargne la romance moorcockienne entre un athée et une croyante qui emprunte à la relation entre Fedmahn Kassad et Rachel (remember la saga Hypérion de Dan Simmons ^^)... On ne peut que sentir la supracoolitude du truc, mais comment voulez-vous faire tenir tout ça et le mettre en scène de moins de 60 pages ???
Pour honorer la mémoire de son père, c'est en suivant les enseignements du Mahatma Rocky que Dröh voulait devenir le nouveau Moïse, mais pour sauver son clan il doit son sauver peuple, et pour sauver son peuple il doit sauver le monde car nous nous élevons et nous tombons tous ensemble... Mais comment mettre fin au cycle infernal de la haine entretenu depuis des temps immémoriaux par les classes supérieurs suprématistes qui ne cessent de diviser pour régner, en dressant les peuples contres les peuples, les frères contre les frères ??? S'il veut devenir le changement qu'il veut en son monde, Dröh doit maîtriser la colère qui est en lui : l'exilé veut devenir un guide, mais en arpentant de nouvelles voies Dröh deviendra-t-il Lénine ou Gandhi ? Che Guevara ou Mère Thérésa ? Malcom X ou Martin Luther King ?* Et que disait le proverbe déjà ? Nul n'est prophète son pays... To Be Continued dans le tome 14 ! (et qui sait, peut-être même avant ^^)

Dans la dernière case de la dernière planche Dröh est clairement le sosie de Druss : donc Nicolas Jarry est clairement un héritier français de David Gemmell le maître anglais d'une heroic fantasy placée sous le signe de l'épique, du tragique, mais d'abord et surtout de l'humanisme.
J'espère qu'il se remettra au roman parce que franchement il a largement sa place dans la SFFF française où beaucoup trop d'auteurs élitistes se regarde le nombril quand ils ne se touchent pas la bite, mais j'espère aussi qu'il se donnera tous les moyens de ses ambitions car quand il passe en mode serious business il arpente clairement la voie royale du nec plus ultra !


* A comparer avec les héros de la série Wollodrïn chez Delcourt où humains, nains, orcs, elfes et dragons luttent ensemble pour construire un monde sans haine ni violence, ni mépris ni indifférence, et ce malgré les maléfices des forces obscures de la crevardise incarnées par les Chicago Boys de l'immonde Goldman Sachs... Bref les « mauvais genres » sont plus que jamais en phase avec leur temps et avec les préoccupation des gens. Pourtant les inquisiteurs culturels, les commissaires littéraires et les prescripteurs d'opinion crient sur tous les toits que les œuvres populaires c'est de la merde fascisante destinée à offrir des univers de pacotilles pour les teubés décérébrés qui fuient la réalité (au hasard parmi tant d'autres : Gérard Klein, Gilles Dumay, Olivier Gérard, Gillossen, etc)... Visiblement la culture est elle aussi une terrible champ de bataille de la lutte des classes !

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White Square Re: Nicolas Jarry, Nains

Message par Sieben le Mer 25 Oct - 21:05

Magnifique avis Albéric. Je n'ai pas ta verve mais j'ai eu similairement le même ressenti:


Des années ont passé depuis le sacrifice d’Oösram pour son peuple et même si le statut des Errants a sensiblement évolué, ceux-ci n’en demeurent pas moins une classe sociale défavorisée et méprisée par le reste de la société naine. Dröh, le fils d’Oösram, est de retour parmi les siens après avoir roulé sa bosse, parcouru le monde, appris le métier des armes, et tel le William Wallace de Braveheart les raisins de la colère grondent toujours en lui. Les chiens ne font pas des chats. Cependant les révolutions d’antan sont oubliés, trop de sang a été versé et les plaidoyers guerriers ne sont plus de mode parmi les Errants. Janssen, le beauf de Dröh, est davantage un partisan de la négociation, plus lente mais aussi plus paisible. Ses ambitions étant trop grandes et dangereuses pour ce microcosme paysan, Dröh part jouer les Renaud en mode Germinal sur un chantier d’autoroute, un terreau plus propice aux révoltes avec sa main d’œuvre bon marché facilement remplaçable.

L’air de rien cette branche de la série Nains est celle que je préfère sur le plan scénaristique. Une fantasy très politique, avec des intonations révolutionnaires, on n’a pas souvent l’habitude de lire ça. Notre Dröh est un sacré baroudeur et il fera ici des rencontres inattendus, je dois bien avouer que j’ai été surpris par la tournure du scénario qui part un moment donné sur autre chose de complètement différent. D’une histoire qui démarre sur une quête d’égalité et de justice, on termine sur un récit hyper introspectif et une quête de soi, une ébauche d’histoire d’amour qui s’écoule à travers les vies et les âges, une dénonciation de la guerre perpétuelle entretenue par la folie des êtres (comme briser cette putain de roue ?! ), en passant par un duel judiciaire (big up à Tyrion Lannister) et un classique blockhaus style Fort Alamo/Dros Delnoch/Gouffre de Helm. C’est très bien écrit, les textes sont beaux dans le sens touchant et sages.

« Ne sois pas triste, Nain, si je n’ai changé qu’une âme… alors mon combat n’aura pas été vain... »

C’est néanmoins un peu dommage de faire durer le plaisir par ces digressions alors qu’on nous promettait les grands soirs fin du tome 4 et de la saison 1 en général. Espérons de ne pas devoir attendre 8 saisons pour qu’enfin… Bref, vivement la saison 3 avec Dröh en mode David Carradine dans Kung Fu.

Les dessins de Jean-Paul Bordier sont plaisant mais accrocheurs que par intermittence (ça manque de pleine et double-page), comme la bonne idée du mont Rushmore orc, très cool. En ce qui me concerne, toujours la même rengaine contre les couleurs numériques de Digikore Studios…

Albéric a écrit:Malcom X ou Martin Luther King ?

Au début il m'a paru clair que Malcolm X c'était plutôt Dröh, plus vindicatif. Et MLK c'est son beau-frère, Janssen, pour la voie de la paix et des pourparlers. Mais à la fin, Dröh semble vouloir cultiver son propre jardin.

Albéric a écrit:Dans la dernière case de la dernière planche Dröh est clairement le sosie de Druss

Oh putain oui... j'avais pas remarqué. Mais c'est peut être aussi J-P Bordier que vient l'idée. Déjà fin du T4 on avait la hache plantée dans le sol façon Légende.

Ah oui, je veux bien lire un roman du Jarry nouveau.
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White Square Re: Nicolas Jarry, Nains

Message par Albéric le Mer 25 Oct - 21:26


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