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Stefan Wul, La Peur géante

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White Square Stefan Wul, La Peur géante

Message par Albéric le Mer 5 Nov - 14:50


Résumé de La Peur Géante :
2157. À In Salah, capitale du Sahara et deuxième ville de l'Afrance, on s'inquiète : plus moyen de boire de Phoenix avec des glaçons, l'eau refuse de geler. Il s'avère bientôt qu'elle refuse aussi de bouillir, donc de s'évaporer. Et l'inquiétude vire à la panique lorsque les pôles se mettent à fondre, provoquant un raz de marée qui submerge la plupart des terres.
Qu'est-ce qui a pu transformer ainsi la structure moléculaire de l'eau ? S'agit-il d'un phénomène naturel ou d'une catastrophe suscitée par une race sous-marine intelligente jusque-là inconnue ?
Commence pour l'humanité une aventure sous-marine qui, trente ans avant Abyss, suggère que la masse d'eau dont la Terre est porteuse constitue un univers aussi mystérieux que l'espace extraterrestre.



Un court récit entre SF old school et blockbusters hollywoodiens.

Nous entrons dans le récit par l’amicale rivalité entre l’ingénieur français Bruno Daix, et le journaliste sénégalais qui nous présentent In Salah, métropole saharienne équipée de brumisateurs et de climatiseurs géants, entourés de vastes espaces recouverts de cultures irriguées et de fermes hydroponiques.
Nous sommes en Afrance, nation dynamique et prospère s’étendant des Flandres au Golfe de Guinée et peuplée de 780 millions d’habitants. Bref, la France colonial a réussi à rompre le cercle vicieux du racisme et de l’impérialisme en accordant la citoyenneté de plein droit à tous ses ressortissants quel que soit leur religion ou leur couleur de peau, tous se fondant dans le socle commun d’une nouvelle nation cosmopolite et métissée… Attention une dépêche AFP vient de tomber ! La France zemmourienne vient de faire une syncope collective… ^^
En route vers la capitale parisienne, la présentation se poursuit par les explications de Bruno à la jeune et jolie journaliste chinoise Kou-Sien Tchéi sur l’ancien Pont Marseille-Alger et sur l’assèchement de la Mer Méditerranée… Quand survient la catastrophe : l’eau cesse de geler et Les glaces d’Arctique et de l’Antarctique fondent immédiatement et simultanément. Deux raz-de-marée gigantesques ravagent alors les deux hémisphères, et on assiste au cataclysme à travers les yeux médusés de Bruno, de Kou-Sien Tchéi et du chauffeur d’hélitaxi Ahmed Benmomed.
Angoisse de l’attente, horreur de la catastrophe, deuil et traumatisme des rescapés… On est autant dans la psychologie des films de catastrophe vintage comme La Tour infernale (1974) ou L’Aventure du Poséidon (1979), et dans le grand spectacle des blockbusters modernes comme Le Jour d’après ou 2012

L’humanité qui se relève péniblement, subit alors une deuxième catastrophe, à effet lent celle-ci : l’eau cesse de s’évaporer, la pluie cesse de tomber, condamnant l’humanité à la famine et à l’extinction. Le Sahara, irrigué par de gigantesque aménagement hydrauliques alimentés par de non moins gigantesques usines de désalinisation devient alors le grenier de l’humanité.
Survient alors la troisième catastrophe : l’invasion des Torpèdes, qui entame une campagne de bombardement systématique, qui oblige ce qui reste de l’humanité à se refugier et à se réorganiser sous terre. Les Torpèdes ne pouvant mener une guerre terrestre, et les humains ne pouvant mener une guerre sous-marine, s’entame alors sur une guerre d’usure sur les littoraux où chaque usine de désalinisation d’Afrance et d’ailleurs devient un lieu stratégique âprement disputé !

Ce qui m’a quand même un peu gêné, c’est la manière dont le récit bascule du récit catastrophe à la guerre des mondes.
Spoiler:
L’humanité commence à se reconstruire et à se réorganiser, et là paf, d’un coup Bruno déboule pour dire à sa compagne de faire ses valises pour rejoindre un bunker sous-terrain et lui révèle qu’il appartient à l’armée secrète qui mène une guerre secrète avant de lui raconter tous ses faits d’armes… Ben, j’aurais préféré que Stefan Wul nous les montre ces exploits, plutôt que de les mettre dans la bouche de son héros.
Ensuite on avance au pas de course à coup de petites ellipses : évacuation générale, réorganisation sous-terraine de l’humanité, reconversion à l’économie de guerre à laquelle participe tous les protagonistes du récit, rejoints par le Commandant Afalet, Joelna le Malgache, Aïach le Berbère, Marchi le Corse, Quellenc le Breton, Pardelier le Parisien râleur… Et ah le cliché des Chinois culturellement très forts en cryptographie et en connaissances des phénomènes magnétiques… lol
Mine de rien, l’auteur ne manque pas de bonnes idées avec ces bathyscaphe techno-organiques déguisés en méduses géantes, ces scaphandres des profondeurs profilés en cœlacanthe, ses commandos sous-marins en mission d’infiltrations pour empoisonner les réserves en nourritures des Torpèdes, finalement victimes d’une encéphalopathie les faisant régresser au niveau animal… (Oui, l’auteur s’est rappelé au bon souvenir de La Guerre des mondes de H.G. Wells ^^) Et puis il y a cette magnifique odyssée océanique de Bruno Daix qui emprunte autant à Abyss qu’à La Planètes des Singes… (Dont je reparlerai dans la critique d’Oms en série… blink).

Impossible avec la tête et les jambes Bruno Daix, ingénieur et ancien champion sportif, et la sémillante et entreprenante journaliste Kou-Sien Tchéi, de ne pas penser à une version United Colors of Benetton du célèbre Flash Gordon d’Alex Raymond. Surtout, qu’avec l’austère berbère Driss Bouira comme alter ego du professeur Zarkoff, c’est un peu ça quand même. ^^
Et rien à faire, avec ses équipes multinationales / multiethniques au service d’un gouvernement mondial progressiste, je ne pouvais pas m’empêcher de voir dans ce récit de Stefan Wul un précurseur de Star Strek, la série culte créée par Gene Roddenberry dans les années 1960 (et qui d’ailleurs faillit ne jamais voir le jour, les producteurs de l’époque trouvant absurde et débile d’idée d’un avenir où l’argent n’aurait plus aucune importance, et ou la solidarité prendrait le pas sur l’égoïsme… Des humains qui veulent agir humainement, c’est dingue non comme idée ??? lol)
Si on avait remplacé les Torpèdes par des Klingons, on y était presque !!!


Un récit trop court, mais d’une belle efficacité et d’une belle humanité. Il est certes un peu daté vu qu’il a été rédigé en 1957, mais sa vision optimiste des rapports entre les peuples, qui s’oppose diamétralement à un colonialisme puant, reste très intéressante, surtout quand on voit aujourd’hui resurgir avec force certaines mentalistes racistes rétrogrades. C’est même presque une comble que l’armée secrète, qui dans le roman défend l’idée d’une humanité unifiée, ait été IRL un groupe raciste et terroriste qui s’est ingénié à défendre l’idée d’un Algérie française ségrégationniste… Mais d’un autre côté on a échappé aux les stéréotypes des récits typiques de l’époque de la Guerre Froide, car Amérique du Nord et Russibérie sont annihilées presque dès la départ…
A l’image de Niurk, il ne manque finalement vraiment pas grand-chose, peut-être quelques remaniements et une certaine modernisation, pour transformer cette chouette novella en œuvre du tonnerre, d’ailleurs certains ne s’y sont pas trompés :
- la similitude entre certaines scènes du livre et certaines scènes du film Abyss (1989) interloque
James Cameron adore la SF, et comme il avait déjà puisé dans une nouvelle de Fred Saberhagen pour composer le célébrissime Terminator, rien n’est à exclure… blink
- des éléments clés du livre et se recoupent avec ceux d’Abysses (2005), best seller de l’auteur allemand Frank Schätzing

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RES ADVENTURA
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Albéric
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