David Gemmel
L'inscription donne accès aux sections Fantasy, SF, Historique, Ciné et Télé.

Simon R. Green, Nightside

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

White Square Simon R. Green, Nightside

Message par Albéric le Sam 23 Aoû - 19:57

Résumé de l'épisode 1 : Vieux Démons
Je m'appelle Taylor, John Taylor. Ma carte de visite dit que je suis détective privé, mais en fait je suis plutôt expert pour retrouver les objets perdus. Ça fait partie du don avec lequel je suis né... dans le Nightside.
J'en suis parti il y a pas mal de temps, pour sauver ma peau et ce qu'il me restait de raison. Aujourd'hui, je gagne ma vie au grand jour. Mais ces derniers temps, les clients se font rares. Aussi, lorsque Joanna Barrett a débarqué dans mon bureau, le fric suintant par tous les pores de sa peau, pour me demander de retrouver sa fugueuse de fille, je n'ai pas pu dire non.
C'est là que j'ai découvert où sa fille s'était barrée. Dans le Nightside : deux kilomètres carré d'enfer en plein cœur de Londres, un endroit où il est toujours trois heures du mat' ; où l'on croise des mythes à tous les coins de rue ; où l'on peut boire un pot avec un monstre. Faut pas s'y fier aux apparences et tout y est possible.
J'avais juré de ne jamais y remettre les pieds. Mais une jeune fille est en danger, et sa mère compte sur moi. Alors je n'ai pas le choix : il faut que je rentre à la maison...



John Taylor, détective désabusé en rupture, rempile pour sa richissime cliente qui souhaite retrouver sa fille fugueuse Cathy. Joanna, forte femme d’affaires, va craquer et se révéler plus fragile que de prime abord…qui a dit femme fatale ?
Ce n’est pas comme si le héros et son créateur ne connaissait pas leur Raymond Chandler sur le bout des doigts…
John Taylor, comme ses frères cachés Harry Dresden et Félix Castor, emprunte au célèbre John Constantine, et c’est tant mieux !
On emprunte autant aux univers de Neil Gaiman (on ici presque dans une version Hard Boiled de Neverwhere) qu’à ceux du maître du fantastique Clive Barker, qui nous dépeint bien souvent la réalité du quotidien comme l’antichambre de l’enfer.
Sororité chitineuse, loubards démons, Équarrisseurs, yuppies druidiques aux serpes bien aiguisés, cafards intelligents qui ont trop regardé Alien, et cette mystérieuse sirène urbaine qui joue le rôle de fil directeur du roman…
:
Oui, celle d’Au-delà du réel : L’aventure continue présentée dans l’épisode Si les murs pouvaient parler, qui reprenait une des plus célèbres créations d’Allan Edgar Poe !
Nous sommes bien dans un ouvrage horrifique, et ici le monstre c’est le Nightside lui-même. Le Nighside qui après tout n’est qu’une version fantasmapourrique de Londres... Car ce cœur maléfique de la capitale anglaise, où tours d’affaires côtoient taudis miséreux, est une métaphore de l’embourgeoisement / pourrissement du centre-ville londonien, et des autres quartiers de ce Londres parallèle assez weird on ne connaitra que les noms : la chute des ombres, la rue des Dieux, Haceldama…
Simon R. Green nous offre un Nightside « it’s bigger inside » où toutes les époques se mélanges (cf l’épisode de Dr Who intitulé The Wedding of River Song), toujours bloqué quelque part vers 3 heures du matin (cf. le Dark City d’Alex Proyas). Son anti-héros, qui emprunte ici à Virgile son rôle de guide des Enfers, promène Joanna, et ainsi les lecteurs / lectrices, vers les lieux où il pense trouver des indices pour retrouver Cathy :
- le Horla, un bar eighties construit sur la tombe de Merlin Fils de Satan
- la Forteresse, un refuge pour grands paranoïaques, adeptes de la théorie du complot et autres X-Filiés
- le Papillon de Fer, le fantôme d’une boîte yé-yé qui a décidé de rester bloquer à l’époque du swinging London pour faire la nique aux infâmes écoles de commerce néolibérales

La galerie de personnages est un peu restreinte, vu que le livre ne fait de 250 pages, mais est fort sympathique :
- Suzie la Mitraille, sosie d’Hazel D’Ark (Traquemort), elle-même sosie de Princesse Julia (Darkwood)
- Walker la version maléfique du Steed de Chapeau melon et bottes de cuir et le mystérieux Collectionneur
- Eddie le Rasoir, Alex Morissey, les sœurs Coltrane (remember Stevie Blue)…
On est clairement dans un récit d’exposition, les péripéties servant surtout à introduire ces personnages, de manière un peu forcée certes…
Au rayon des bémols, un comique de répétition qui peut se laisser trop facilement deviner et quelques répétitions en bonne et due formes qui relève des méthodes d’écritures de l’auteur qui nous a offert 50 livres très cool en 25 ans.
Au rayon des bémols toujours, un trou d’air au milieu du roman quand les héros glisse dans le Londres du futur postapocalyptique.
Et puis on sent quand même trop de foreshadowing pour un tome d’exposition aussi court :
- quels sont les secrets de John Taylor ? quels sont les secrets de Walker ?
- qui sont les ennemis du héros ? qui est cette mère non humaine qui veut à tout prix la peau de son rejeton ?
On veut nous montrer qu’un destin à la Hellboy attend notre détective blasé à demi-humain…
John Taylor peut retrouver n’importe quoi, pas seulement un objet ou une personne, mais aussi un point faible, un porte entre les mondes (coucou Neil Gaiman) ou une solution à n’importe quel problème… s’il en existe une.
Quelque part, derrière l’habillage du détective hard boiled, c’est un problem solver. Il y a donc du Dr Who en lui !
Je connais assez bien son reboot et son spin-off grimm & gritty Torchwood pour affirmer sans crainte que les scénaristes de la franchise ont forcément du emprunter aux univers de l’auteur britannique (déjà la malédiction d’Eddie le Rasoir est quasiment la même que celle du Capitaine Jack Harkness)

Cet épisode pilote fort agréable car so british nous plonge dans l’univers du Nightside par le biais de l’humour noir de son narrateur, car tout est raconté à la 1ère personne du point de vue de John Taylor, et tout cela est bien rendu par la chouette traduction de Grégory Bouet ici comme un poisson dans l’eau.
Les concepts sont très cool, l’écriture est très visuelle et on sent vite qu’on pourrait facilement décliner le concept en films, en séries, en comics, en manga ou je ne sais quoi… ^^ Vivement la suite quoi !
PS : Sinon si ce n’était pas déjà évident avec ses autres ouvrages, Simon R. Green appartient bien au courant rock’n’roll de la SFFF anglaise… Ben oui, le héros s’appelle John Taylor et cotoie le Dieu Punk du Rasoir, Morissey, Coltrane…

__________________________________
RES ADVENTURA

Albéric
Nécromancien

Date d'inscription : 16/01/2012

Revenir en haut Aller en bas

White Square Re: Simon R. Green, Nightside

Message par Albéric le Mar 26 Aoû - 13:01


Résumé de l'épisode 2 : L'Envers vaut l'endroit
Dans le Nightside, le cœur maléfique du Londres surnaturel, tout le monde me connaît. Je suis John Taylor, l'homme qui trouve n'importe quoi. Même les choses les plus dangereuses.
Tenez, en ce moment je suis chargé de retrouver le Graal Impie, la coupe de Judas. Cette relique confère un pouvoir absolu qui vous corrompt en moins de temps qu'il n'en faut pour dire « Crucifixion ». Bien entendu, je ne suis pas tout seul sur l'affaire. Des anges, des démons, des saints et des damnés courent après en détruisant tout sur leur passage ! Ils ne vont pas tarder à comprendre que John Taylor est l'homme idéal pour qui veut terminer cette quête...



La séquence prégénérique nous montre la confrontation au sein de l’église fortifiée de Saint-Jude entre John Taylor et sa cliente du jour, Jessica Douleur l’Apostat, la version gothique et psychopathe de Supergirl. Ce n’est qu’un amuse gueule.
Les agents du Très Haut et du Très Sombre mettent le Nightside sans dessus dessous pour retrouver le Graal impie, et John Taylor ne peux pas utiliser ses pouvoirs pour les contrer, sous peine de se faire repérer… C’est donc parti pour une bonne vieille enquête à l’ancienne où tout est prétexte à une chasse au trésor très pulpienne et chaque péripétie / indice / indic mène tout naturellement aux péripéties / indices / indics suivants.
C’est plus rythmé et plus homogène que dans l’épisode pilote intitulé Vieux Démons, car on va ici à 100 à l’heure ! On va même un peu trop vite, et j’aurais aimé qu’on accorde plus de pages à Jessica Douleur, Jack, Belle ou Cathy…
Certes oui le cheminement et l’intrigue sont linéaires, mais on s’en fout ce qui importe c’est le musée des horreurs mis en scène par l’auteur et leurs confrontation avec le fils de Celle-qui-ne faut-pas-nommer et Suzie la Mitraille, aka Shotgun Suzie, "Oh Christ it's her, RUN !" et "Just Shoot Yourself In The Head And Get It Over With".
Encore que, le vrai kiffe avec cette série c’est humour décapant du narrateur : ah ça, le traducteur Grégory Bouet s’est fait plaisir ! ^^

Les anges et les démons veulent le Graal impie pour hâter la venue du Jugement Dernier, le Vatican et la Mafia pour le mettre à l’abri, Howard Hughes et le Collectionneur pour se la péter…
Tandis que le seigneur des Epines, le Comte Vidéo, le roi Charnel et Carnage organisent une ligne de défense face à l’invasion angélique, nos Bonnie and Clyde urban fantasy sévissent eux-aussi : les Demon Lordz, les nazis du IVe Reich, la Tare Académie (une version maléfique des boys bands à la 2Be3), Jack L’Ordure Cosmique, l’Ordre des Guerriers saints vont en faire pour leurs frais... Et il faudra aussi compter avec les agents de tel ou tel camp comme Marilyn Monroe, le Verbe armé tout droit sorti d’un cauchemar de David Cronenberg, la Belle Dame sans Merci (c’est son nom en VO ! ^^), alter ego féminin du Sylar de la série Heroes, et les cybermen félidés du Collectionneur…
C’est Indiana Jones et la dernière croisade écrite à 4 mains par Michel Audiard et Raymond Chandler.
Ou Supernatural écrit par Neil Gaiman, ou Chapeau melon et bottes de cuir écrit par Clive Barker (auquel on emprunte ici quelques trucs issus des Livres de sang), voire même un revival horrifique du célèbre Terry Pratchett.
Quel joyeux foutoir jouissif : c’est génial ! Gaiman, Barker, Pratchett et l’auteur se connaissant IRL, ce n’est pas vraiment surprenant finalement.
Et il y a toujours ce côté Dr Who Hard Boiled supracool : l’aide d’Alex Morrissey, le dernier descendant d’Arthur Pendragon, d’Eddie le Razoir, de Merlin Fils de Satan et du Juif Errant ne seront pas de trop pour s’en sortir vivant…
Et mine de rien, on en apprend un peu plus sur les passés de John, Suzie, Walker et les révélations apportées à la fin du roman montrent qu’on est dans un détournement du Vicomte de Bragelonne :
:
Walker, le Collectionneur et le père de John Taylor étaient les trois mousquetaires au service des Autorités, jusqu’au moment où maman de Winter est venue foutre la merde dans le Nightside !

Ah vivement le prochaine épisode intitulé La Complainte du Rossignol !


Dernière édition par Albéric le Sam 6 Sep - 10:23, édité 3 fois

__________________________________
RES ADVENTURA

Albéric
Nécromancien

Date d'inscription : 16/01/2012

Revenir en haut Aller en bas

White Square Re: Simon R. Green, Nightside

Message par Albéric le Jeu 28 Aoû - 11:03

Pour vous donner une idée du truc : imaginez ça avec toutes les horreurs possibles et imaginables
   


__________________________________
RES ADVENTURA

Albéric
Nécromancien

Date d'inscription : 16/01/2012

Revenir en haut Aller en bas

White Square Re: Simon R. Green, Nightside

Message par Albéric le Sam 8 Nov - 16:58


Résumé du tome 3 : La Complainte du rossignol
Je m'appelle John Taylor. J'opère dans les rues du Nightside, la jumelle maléfique de Londres. Ici, des créatures surnaturelles passent des pactes infâmes avec de sombres divinités. Moi, j'ai le pouvoir de trouver n'importe quoi... ou n'importe qui.
Ma nouvelle affaire sort pourtant de l'ordinaire.
Rossignol, la diva locale, a coupé tous les liens avec sa famille et ses amis. Je dois en apprendre la raison. Il me faut aussi découvrir pourquoi ses fans suicidaires trouvent sa voix aussi mortelle. Au propre comme au figuré. Pour réussir, je vais devoir prêter l'oreille au timbre le plus magnifique et dangereux du Nightside...



La séquence prégénérique nous invite à suivre les investigations de John Taylor, missionné par Walker, dans une centrale électrique frappée par une série de sabotages et de meurtres. Rapidement, le lien est fait avec l’assassinat d’une vieille amie de notre (anti)héros. Evidemment Simon R. Green oblige, tout va mal se finir par ce que ne devait surtout pas arriver : une grosse exploz… Allez hop, générique d’ouverture !


Nous retrouvons ensuite notre détective du Nightside qui rase les murs en évitant soigneusement Walker, le John Steed loyal mauvais faisant office de shérif local, et qui broie du noir au Horla tandis que Cathy Barrett, sa secrétaire adolescente déjantée, et Destinée, le super-héros travesti du Nightside monopolisent le dancefloor… Il est alors engagé par Charles Chabron pour enquêter sur la série de suicides qui accompagne la nouvelle carrière de sa fille. En effet la chanteuse Rossignol (en français dans le texte, alter ego urban fantasy d’Edith Piaf matinée de pépé en détresse de film/roman noir), a radicalement changé de registre depuis le rachat de son contrat par les époux Cavendish, véritables archétypes de patrons voyous. Effectivement, elle ne chante plus que chansons archi tristes, genre Depech Mode en mode déprime… Il y a donc quelque chose de pourri au royaume merveilleux du show business, et notre détective va se faire une joie de cuisiner stars, choristes, musiciens, gardes du corps, managers, roadies, groupies, journalistes et cie. La dissection de ce petit monde est fort réjouissante. On a même droit par un détour haut en couleurs de la salle de rédaction du Night Times... ^^
Après les événements traumatisants qu’ils on vécu dans les tomes 1 et 2, Eddie le Rasoir et Suzie la Mitraille prennent du repos bien mérité. Ils sont remplacé par Dead Boy, le justicier zombi adolescent qui sort du même moule qu’Eddie le Rasoir (sauf qu’il joue plus des poings et des sortilèges que du couteau) et Julien le Magnifique, super-héros victorien naguère victime d’un bannissement temporel de la part de ses ennemis jurés...

Mais pour les lecteurs expérimentés, il existe un autre niveau de lecture pour le coup assez couillu mine de rien :
Spoiler:
Simon R. Green ne cache absolument pas tout le mal qu’il pense de la pensée unique aristocratique et capitaliste qui régit son pays, et ici les grandes figures romanesques anglaises sont à la fois les adversaires et les victimes du libéralisme et du néolibéralisme.
Tout commence par l’assassinat de Melinda Crépuscule et Hélios Winchester, les Roméo et Juliette du Nightside, par un chef d’entreprise qui semble tout droit sortir de La Vie est belle de Frank Capra. Ce dernier ne jure que par son compte en banque et le statut social qu’il apporte, quitte à tuer son meilleur ami le jour de ses noces, les maudire pour l’éternité, violer sa sépulture et utiliser son cadavre à des fins expérimentales d’abord, mercantiles ensuite. Des remords ? Oui, ne pas l’avoir fait plus tôt histoire de gagner encore plus de pognon…
Ensuite on nous raconte l’histoire de Julien le Magnifique, héros justicier de l’époque victorienne, 66% Sherlock Holmes, 33% Docteur Jekyll, victime du couple de super-vilains formé par Mr et Mme Masque qui l’ont banni dans le Nightside du futur.
Fort de leur victoire sur leur ennemi juré, ceux-ci glissent tout naturellement du monde du crime au monde des affaires bien plus lucratif et bien moins risqué, avec la bénédiction du grand capital. Il s’agit de James Moriarty et Irène Adler qui ont passé un pacte faustien à la Dorian Gray avec l’argent roi : ce n’est pas leur portrait qui est le dépositaire de leur vie et leur jeunesse mais leur entreprise. Tant que l’argent coule à flot dans leur boîte qui croit et prospère, ils disposent de la vie et la jeunesse éternelle. Et évidemment tous les coups sont permis pour faire du business…
Est-ce un hasard s’ils prennent pour pseudo le nom de l’une des plus grandes familles aristocratiques anglaises. Pas du tout ! On sent la grosse critique de toutes les valeurs mercantiles des élites britanniques, d’ailleurs les super-vilains se présentent eux-mêmes comme les symboles vivants du capitalisme né à l’ère victorienne… Et tandis que Julien le Magnifique prend la tête du 4e pouvoir pour mieux partir en croisade pour la justice et la vérité, bref Justice Forever, ces incarnations du capitalisme d’affaires et de connivences continuent de ruiner en toute quiétude partenaires, employés, fournisseurs, petites gens diverses et variés, bref Pognon Forever.
Résumons : les alter egos des héros de l’Angleterre éternelle luttent contre un modèle économique et sociale délétère, et on explique que le malheur est arrivé parce que les élites ont préférés accueillir en leur sein des homines crevarices plutôt que des gens de bien, qui du coup s’échinent en vain. Nous sommes donc en présence d’un brûlot contre les crevures qui vivent uniquement par et pour l’argent. Et quelle est la pire punition pour ces connards là ? la pauvreté… Ce n’est pas moi qui le dit mais Simon / John / Julien / Sherlock / Jekyll ! C’est donc un réquisitoire contre les thèses libérales d’Adam Smith : les libertés individuelles seraient consubstantielles aux libertés économiques qui se résument à la libre entreprise, au libre commerce et à la libre concurrence (aussi appelée la libre filouterie, ou « le renard libre dans le poulailler libre »), mais quand on parle des libertés, les vraies, que répondent leurs thuriféraires : « nous parlons argent, on en n’a rien à foutre des gens ! »
Quand on lit entre les lignes, on sent donc le gars vénère qui en a gros sur la patate…

Les liens entre Melinda Crépuscule, Hélios Winchester, et la Cie Prométhée, les liens entre les époux Masques et les époux Cavendish, John Taylor qui pour mettre la main sur Sylvia Succube retrouve Dead Boy juste avant l’assaut de la nécropole… Evidemment les ficelles sont un assez grosses pour amener acteurs et lecteurs là où l’auteur veut sévir, c’est-à-dire sa désormais traditionnelle galerie des horreurs : l’attaque du tulpa, la poursuite de voitures carnivores, le nettoyage de la morgue envahie par des créatures lovecraftiennes, la confrontation avec la sœur cachée cannibale de la Jacqueline Ess des Livres de sang de Clive Barker, le retour des Equarisseurs, l’affrontement final avec le Comte Entropie, maître des probabilités, de la chance et de la malchance… (Un personnage finalement tragique qui m’aura presque fait verser une larme, et que j’aurai aimé revoir par la suite.)

On retrouve également des répétitions qui vont piquer les yeux des lecteurs avec un peu de bouteille : c’est tellement gros que ni l’auteur ni ses correcteurs n’ont pu passer à côté, ainsi l’épisode 3 démarre par une des meilleures vannes du tome 2… Deuxième degré inside, comique de répétition, volonté de bien monter qu’on est dans un serial, easter eggs pour commissaires littéraires ? Je n’en sais fichtrement rien ! Et après tout on s’en fout, l’auteur n’a aucune intention d’égaler Mary Shelley, Bram Stocker, H.-G. Wells, ou Sir Arthur Conan Doyle. On est dans le « Supernatural Badness » : c’est cool, c’est fun et cela se lit à 100 à l’heure tant le livre de 250 pages est une succession de scènes d’action qui s’enchaînent à un rythme presque effréné avec ces rafales de vannes qui fusent à presque toutes les pages. On glisse avec une facilité déconcertante des scènes humoristiques aux scènes horrifiques, voire tragiques, car tous les trucs et astuces du roman feuilleton dixneuvièmiste sont transposés dans un univers d’urban fantasy qui emprunte autant à l’humour de Terry Pratchett qu’à l’horreur de Clive Barker, deux piliers de la littérature anglaise. Simon R. Green est quand même un écrivain SFFF incroyable avec son imagination débordante !

Et l’ombre de Celle-qui-ne-faut-pas-nommer plane toujours sur John Taylor, donc vivement la suite ! Mais en VO, car comme toute bonne série qui se respecte, celle-ci a été arrêtée par son éditeur français. Bienvenu en France, le pays développé où le marché du livre est le moins développé pour les raisons que l’on sait…

PS :
Séquence prégénérique, poursuite en voitures gadgétisées, grand discours des méchants concernant leurs plans devant le héros censément réduit à l’impuissance…Tout cela nous rappelle au bon souvenir de la saga James Bond.
Cela tombe bien puisque l’auteur s’est investi dans un détournement de 007 avec son cycle Histoire secrète !

__________________________________
RES ADVENTURA

Albéric
Nécromancien

Date d'inscription : 16/01/2012

Revenir en haut Aller en bas

White Square Re: Simon R. Green, Nightside

Message par Albéric le Lun 8 Déc - 23:05

Je vous l'avais indiqué...


__________________________________
RES ADVENTURA

Albéric
Nécromancien

Date d'inscription : 16/01/2012

Revenir en haut Aller en bas

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut

- Sujets similaires

 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum