David Gemmell
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Thomas Geha, Le Sabre de sang

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White Square Thomas Geha, Le Sabre de sang

Message par Albéric le Mar 5 Aoû - 11:21


Résumé du tome 1 :
Mon nom est Tiric Sherna.
J'ai survécu à la guerre. Mais la défaite que vient de subir mon peuple, les Shaos, me laisse un sale goût dans la bouche, comme une envie de vengeance. Les Qivhviens — des humanoïdes reptiliens — nous ont massacrés ou, pire encore, réduits en esclavage. Une caravane nous convoie vers Ferza, la capitale de l'empire qivhvien. Dans ce nid de vipères, les plus forts d'entre nous seront destinés aux arènes. Autant dire que je suis voué à une mort certaine... Mais je suis un Shao ! Et un jour viendra, je le jure, où nous nous relèverons et vaincrons l'ennemi. Oui, un jour, j'aurai ma revanche !


Résumé du tome 2 :
Mon nom est Kardelj Abaskar.
Après m'avoir laissé pour mort, Tiric Sherna a fait son chemin et, en quelques années seulement, le voici devenu souverain d'un empire craint de tous. Même les fiers Qivhviens se sont inclinés devant la puissance du sabre de sang et de son porteur. Recueilli par un équipage de pirates, j'ai essayé de me faire oublier. Oui, j'ai survécu et je n'ai pas dit mon dernier mot : Sherna a détruit ma vie et, foi de Shao, je détruirai la sienne. Je rendrai aux peuples du continent leur liberté perdue.

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White Square Re: Thomas Geha, Le Sabre de sang

Message par Albéric le Mar 5 Aoû - 11:24

Concernant le tome 1 :

Je me faisais une joie de découvrir le diptyque fantasy de Thomas Geha, mais après lecture je suis assez mitigé. J'aurais sans doute adoré ce roman de fantasy classique il y a 20 ans, et je l'aurais bien aimé il y a encore 10 ans, mais difficile désormais de s'extasier devant ce type d'ouvrages assez classiques avec le courant de la fantasy néo-classique qui lui nous offre avec une belle régularité des cycles plus cools les uns que les autres depuis quelques temps déjà...

Visiblement Thomas Geha appartient à cette génération d'auteurs français (Fabrice Colin, Mathieu Gaborit, Michel Robert, Alexandre Malagoli...) qui ont dans un rétroviseur l'âge d'or du jdr et dans l'autre celui de la fantasy vintage. Bien souvent des imaginaires très sympathiques, car assez sincères, mais des personnages inégaux et des histoires inabouties. Ici on retrouve donc logiquement les ingrédients de la Fantasy à la Michael Moorcock : un empire expansionniste et esclavagiste, un monde libre de plus en plus réduit s'échinant à retarder l'échéance ou à sauver ce qui peut l'être, un héros tragique, une épée maudite... Et pour ne rien gâcher, l'empire qihivien des hommes lézards de Thomas Geha ressemble en beaucoup de points à la dystopie matriarcale des elfes noirs de R.A. Salvatore. Du classique donc, mais du solide !
Le worldbuilding d'inspiration clairement rôlistique (cf. les glossaires en fin de volume) est plutôt plaisant sans être très approfondi ou très exploité : le climat, la faune, la flore, les différents peuples et leurs différentes coutumes sont souvent mis à contribution, avec un naming volontairement exotique certes mais qui n'est pas inutilement compliqué. Et on compte juste ce qu'il faut d'éléments magiques (les Rimaols, le Sabre de sang, la main rouge, la soltone...), dont certains fleurent bon la Science-Fiction (je pense ici aux Fâps). L'ensemble de ces éléments participent à la constitution d'une ambiance fantasy de bon aloi.
Malgré toutes ces bonnes intentions, j'ai eu un mal de chien à retrouver le souffle dark fantasy limite Dark Sun du début. On nous plonge initialement dans une bataille sanglante, avant de suivre le calvaire des survivants asservis, brimés et martyrisés quand ils ne sont pas mutilés ou exécutés. Mais ensuite les côtés violents comme les côtés sensuels sont édulcorés, et la prose constituée de phrase courtes, simple, directe et qui se veut percutante (mais qui n'évite pas les répétitions sur les vipères et les draguins nains), donnent l'impression de se retrouver face à un Thomas Day allégé et assagi, bref politiquement correct. Pourtant durant toute la partie intitulée « Ferza », il y avait un petit côté Spartacus pas déplaisant du tout dans l'alternance entre les intrigues des maîtres dans les couloirs des palais et les combats des esclaves sur le sable de l'arène (les scènes d'action sont d'ailleurs plutôt assez bien fichues et apportent donc une plus-value).

Mais ce qui aurait pu être vraiment très bon ne décolle pas vraiment car je ne retrouve ni descente aux enfers déshumanisante ni transfiguration par la haine, qui faisaient la force des personnages de la série télé de la chaîne Starz. Alors certes Tirik Sherna n'est pas un héros adolescent orphelin guidé par une prophétie et équipé d'une épée magique, mais il agit comme un héros adolescent orphelin guidé par une prophétie et équipé d'une épée magique donc on reste dans une heroïc fantasy très classique au ton assez YA. Jamais ne n’ai vraiment eu l'impression d'avoir suivi les aventures d'un seigneur déchu car du début à la fin il n'évolue pas, et la manière dont ses compagnons doivent tout lui expliquer du vaste monde qui l'entoure a renforcé mon sentiment d’avoir plus affaire à un héros candide qu'à un combattant cynique et aguerri.
Et le côté tragique est battu en brèche par le recours à des formulations familières voire teenage comme « merde », « c'est chouette » », « mon gars », « mon vieux », « mon copain », « je me foutais de sa gueule », « ah la bonne blague », « on aura tout vu », « c'est n'importe quoi » et autres « ça va chauffer dans les moufles ». Les personnages secondaires, forcément peu nombreux vu la brièveté du roman, sont unidimensionnels, et le héros leur voue naïvement amitié, amour ou haine au premier regard. C'est dommage car ils avaient clairement du potentiel : Zua Lapoa et Zoeziu Garskand les animaux politiques féminins, Kahrzoa la bibliothécaire progressiste, Kardelj Abaskar le frère d'armes d'alignement neutre bon, Apéô le forgeron fou...
Et c'est un peu inévitable avec une narration à la 1ère personne, mais j'ai aussi trouvé que le héros dégageait un égocentrisme assez adolescent : il ne cesse de parler de sa vengeance, mais il ne fait presque jamais mention de ses camarades tombés au combat, de son pays occupé et mise en coupe réglée ou de son son peuple à délivrer. Non, à la longue il n'y en a que pour lui, ses fantasmes de destinée manifeste, la haute opinion qu'il a de lui même et ses prouesses dans diverses domaines. Prompt à dénoncer les défauts d'autrui, mais jamais à voir les siens, il se pique de diriger son groupe d'évadés en cavale alors que c'est lui qui apporte le moins au dit groupe...
Bref niveau moments of High Adventure, on est encore loin du Conan de R.E. Howard, donc pour les côtés épiques et tragiques il faudra sans doute attendre le tome 2, surtout vu la maladresse voire la balourdise de l’épilogue qui enfonce le clou d'une intrigue assez linéaire dont la prévisibilité est renforcée ici et là par de la pré-itération.
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En quelques pages, après avoir découvert un peu par un concours de circonstance le Sabre de sang, Tirik Sherna tue un à un ses compagnons d'échappée sans préméditation, sans remords et sans scrupules car ils n'étaient que des obstacles à sa destinée qu'il a vu dans un rêve (à savoir rentrer chez lui, lever une armée et devenir un héros), avant de se lamenter rapidement sur l'épée maudite qu'il l'a rapidement asservi... Quand je pense que certains rouspètent encore contre l'Elric de Melniboné de Michael Moorcock... Qu'est-ce qu'ils auraient dit ici ?

J'aurais aimé être plus positif, mais difficile de se prendre au jeu quand on a pris en grippe le personnage principal qui est aussi le narrateur de l'histoire. Je gage que la 2ème partie du diptyque centrée sur Kardelj Abaskar m'emballera sans doute davantage. Content d'avoir découvert l'auteur et son imaginaire entre Michael Moorcock et R.A. Salvatore. Le roman est court donc on ne perd pas son temps et qu'importent mes réserves, Le Sabre de sang ajoute assurément une pierre de plus au bel édifice de la Fantasy française.

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