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Ils ont fait l'Histoire, Collectifs d'Auteurs

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White Square Ils ont fait l'Histoire, Collectifs d'Auteurs

Message par Marv le Lun 9 Juin - 23:04

La collection "Ils ont fait l’Histoire" aux éditions Glénat et Fayard

Napoléon, Catherine de Médicis, Gengis Khan, Charles de Gaulle... 
La vie des grands personnages fascine autant qu'elle permet de saisir une époque. 
Qui étaient-ils vraiment, comment et pourquoi ont-ils marqué l'Histoire de leur empreinte ?
Auteurs de bande dessinée et historiens universitaires unissent ici leurs talents pour dresser de passionnants portraits biographiques, retraçant ces flamboyants destins qui ont façonné le nôtre. 

 



Vercingétorix

Scénaristes : Éric Adam & Didier Convard
Dessinateur, Coloriste : Fred Vignaux
Conseiller Historique: Stéphane Bourdin


À l’âge de cinq ans, Vercingétorix vit son père condamné au bucher par les siens pour avoir osé se prétendre roi des peuples gaulois. Nourri de la même ambition, le jeune Arverne apprend la discipline militaire en réalisant ses classes auprès de la puissante armée romaine. De retour en Gaule, il déploie son talent militaire et son éloquence pour unir les tribus gauloises et repousser l’envahisseur romain. Fier, courageux, discipliné et ingénieux, Vercingétorix est pour les célèbres légions l’un de ses plus terribles adversaires. Mais, sans cesse, il est confronté à un stratège plus redoutable encore : Jules César… Découvrez les campagnes de ce premier héros mythique de l’Histoire de France dont la Guerre des Gaules, récit de propagande à la gloire de César, est la seule source écrite existante.
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Message par Albéric le Mer 15 Oct - 13:52

Le tome sur Vercingétorix est clairement le meilleur du lot jusqu'à présent sur le fond comme sur la forme.
Mais tout les autres tomes restent satisfaisants...

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Message par Sieben le Jeu 16 Oct - 20:21

Bon et dans Vercingétorix, Alésia a lieu à Alise-Sainte-Reine ou à Chaux-des-Crotenay ?  

Je n'ai pas encore lu cette collection mais si vous vous d'excellent diptyque sur le Moyen-Âge je vous conseille la lecture de la collection Les Reines de Sang chez Delcourt avec: Isabelle la louve de France et Aliénor, la légende noire.
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Message par Albéric le Jeu 16 Oct - 21:24

J'ai lu Gengis Khan hier qui était pas mal du tout, assez proche du film Mongols dans l'esprit.
Et j'ai été très agréablement du Napoléon (qui sera en 3 parties) que j'ai lu hier également.

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Message par Albéric le Mar 21 Oct - 15:07


Résumé du tome 6 : Gengis Khan
Au XIIIe siècle, Gengis Khan et ses hordes de cavaliers mongols ont semé la terreur. De la Chine à l’Europe, en passant par le Moyen-Orient, ils ont mis à genou les plus grandes puissances de l’époque... Mais avant de devenir ce grand conquérant que le monde entier connait, Gengis Khan s'appelait Temüdjin. Né au cœur des arides steppes d’Asie centrale, c’était le fils d’un chef de clan empoisonné par ses ennemis de toujours : les Tatars. Un jeune garçon en exil, condamné à errer avec sa mère et à lutter pour sa survie. Comment, de cette jeunesse difficile, Temüdjin a-t-il finalement réussi à unir les tribus d’un pays déchiré par les guerres intestines et à constituer le plus vaste empire de tous les temps ? Gengis Khan est entré dans l’Histoire comme l’un des plus redoutables maîtres de guerre que la Terre ait porté. Son nom est synonyme de conquêtes sanglantes et de pouvoir absolu, mais peu connaissent sa véritable histoire. Découvrez l'homme qui se cache derrière la légende...


Temüdjin, tel qu’il est dépeint dans L’Histoire secrète des Mongols (une chronique anonyme du XIIIe siècle), semble suivre toutes les étapes de l’universelle quête du héros aux mille et un visages. Quelque part c’est un personnage fantasy qui appartient plus à la Légende qu’à l’Histoire. Il ne lui manque finalement pas grand chose pour être l’équivalent asiatique d’un roi Arthur ! (Excalibur ? Merlin ? Lancelot du Lac ? Morgane ? Mordred ?)
La bande dessinée commence par l’annonce de la mort de Gengis Khan, qui parvient au monastère chinois de T’ien-Ch’ang Kuan. Alors qu’un jeune moine se demande si c’est une bonne ou une mauvaise nouvelle, le vieux patriarche Chang Chun lui conte le destin de celui qui fut Temüdjin, fils de Hö'elun et de Yesügei, du clan des Bordjigins.
On suit ainsi pas à pas les grands moments de la vie de celui qui fut une légende : son enfance difficile, sa captivé chez les Taïchi’ut, son amour indéfectible pour la belle Börte, son étrange amitié pour le fier Djamuqa, son irrésistible ascension et la guerre fratricide qu’il mena contre son ancien anda… jusqu’à sa victoire finale et la proclamation de son titre de Gengis Khan. Bref, comme Sergey Bodrov, les auteurs ont fait le choix de raconter l’histoire de Temüdjin plutôt que celle de Gengis Khan, et c’est très bien ainsi. Ensuite le Loup Bleu mongol passera de l’unification des nomades à la vocation impériale, mais ceci est une autre histoire… ^^

Bref, un bien beau récit pour celui qui ne le connait pas déjà, ici servi par du bien bel ouvrage.
Les dessins de Manuel Garcia sont plutôt bons, et l’alchimie entre dessins, encrage et colorisation est assez plaisante.
La 1ère planche nous montre le convoi funéraire du grand homme vers sa dernière demeure… Et la dernière planche nous montre un loup bleu montant la garde d’une tombe inconnue perdue en haute montagne… Que c’était bien vu et bien fait !
Le charadesign n’est pas très poussé, mais la gravité et la sérénité que dégagent les visages collent bien au ton de la narration.
Action et batailles manquent de souffle épique, mais visiblement ce n’était pas le but des auteurs de miser là-dessus.
Pour ne rien gâcher, l’historienne Marie Favereau, spécialiste du sujet à l’université d’Oxford, supervise le tout et nous livre un dossier et un making-off passionnant autant pour le grand public que pour l’amateur d’histoire.

J’avais envie de mettre 3 étoiles, parce l’histoire de l’enfant de steppes devenu roi des rois ses propres mains m’avait été mieux contée dans le roman Le Loup bleu de Yasushi Inoué
ou dans le film Mongol de Sergey Bodrov, qui tous les deux avait instillé davantage de souffle dans leur récit, mais quand c’est bien fait pourquoi chipoter ? L’histoire est bonne, les graphismes sont bons, le personnage fascinant…



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Message par Albéric le Lun 21 Nov - 20:58


Résumé : Kennedy
4 juin 1968, Los Angeles. La primaire du Parti Démocrate vient de s'achever. Alors qu'il attend les résultats du scrutin de Californie, Robert F. Kennedy, sénateur américain, s'entretient avec un journaliste pour parler de la dynastie Kennedy, et plus particulièrement du destin de son frère, le président John Fitzgerald Kennedy, brutalement assassiné en 1963 à Dallas.Par sa jeunesse, son charisme, les moments de l'Histoire qu'il a su incarner et sa fin tragique, JFK fait partie des leaders politiques qui sont entrés dans la légende. Construit en flashes-back successifs, cet album retrace tous les grands épisodes de sa carrière politique, dévoilant la façon dont il a révolutionné l'utilisation de l'image présidentielle (omniprésence dans les médias), mais également son apport à la politique intérieure (lutte contre la ségrégation raciale, la pauvreté...) et extérieure (crises de Cuba, discours de Berlin) de son pays.


Pour retracer la vie du célèbre président américain, Sylvain Runberg choisit le biais d’une interview de Robert Kennedy qui est dans l’attente des résultats primaires de Californie qui pourrait faire de lui le prochain candidat aux élections présidentielles américaines. C’est un procédé sympa, et peut-être intelligent dans la mesure où beaucoup ont dit et/ou écrit que si JFK avant le charisme RFK avaient les idées…
Nous suivons donc les heurs et malheurs du Clan Kennedy, la jeunesse de son champion, son passage en Europe à la veille de la WWII, ses études de journalismes, sa participation à la Guerre de Pacifique, et alors qu’il annoncé mort il revient dans sa famille pour apprendre la mort de son frère aînée en Europe… C’est sur lui que se reporte ensuite les ambitions de son père…
Sa fulgurante ascension politique est traitée brièvement et on enchaîne rapidement avec le fameux débat télévisé contre Nixon pour aborder les grands combats de son mandat : la Détente, Cuba, Berlin, le relations avec le reste du monde, la lancinante question vietnamienne, les droits des femmes, les droits des minorités, la réforme du système social… Bref, la Nouvelle Frontière !!! La plupart d’entre eux ne seront pas achevés de son vivant, car le 22 novembre 1963 le charismatique président rencontre son funeste destin à Dallas…
Martin Luther King qui a inspiré les discours de Kennedy est assassiné en avril 1968, et Robert Kennedy est assassiné à son tour en juin de la même 1968 (le journaliste qui l’a interviewé durant tout l’album l’apprend en même temps que nous en dernière page)… Trois morts troubles avec des assassins sans casiers et sans mobile, des rapports balistiques ubuesques et des témoignages carrément contradictoires… (Nous ne saurons jamais la vérité mais comme vous le savez « cui bono » : les milieux néocons doivent en avoir en une vague idée vu qu’ils en ont été les premiers bénéficiaires…)

Le dossier réalisé par le spécialiste des Etats-Unis André Kaspi n’est pas le meilleur de la série, mais il reste intéressant et plein d’enseignements. Le making off était plus prenant, les auteurs expliquant leurs difficultés à traiter d’un personnage plus ambivalent qu’il n’y paraît, sur lequel on ne pourra jamais vraiment porter de jugement car il est entré dans la Légende avant d’entrer dans l’Histoire… On évite donc tant la légende dorée que la légende noire, pour aboutir au portait d’un homme engagé tout simplement…
Après pas fan des dessins trop crayonnés de Damour, qui avec un découpage simple voire trop simple ne laisse guère de place aux arrière-plans. Mais le truc qui ma vraiment fait tiquer c’est la typographie : déjà que les phylactères étaient bien chargés, pourquoi avoir choisi une police de caractère plein d’effets pattes de mouches particulièrement désagréable à la lecture ?

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Message par Albéric le Dim 27 Nov - 16:13


Résumé : Charlemagne
Le roi qui devint empereur.
L'épopée de Charlemagne est celle d'un fils de grand seigneur parvenant au sommet du pouvoir en Europe en construisant un nouveau système politique, dont il occupe la place la plus élevée. Chrétien convaincu, il poursuit constamment un objectif affiché comme religieux : promouvoir partout et le plus loin possible la société chrétienne, par tous les moyens (militaires, culturels, administratifs, etc.), se plaçant d autorité comme le protecteur de la papauté. Conquérant charismatique et homme politique sachant s entourer des grands intellectuels de son époque, il incarne un moment unique de l'Europe dont l'apogée est le sacre impérial.
Clotilde Bruneau et Vincent Delmas font appel à l'expertise de l'historienne Geneviève Thierry pour dresser le destin de cette figure emblématique de la monarchie française, enluminé de fort belle manière par le dessin épique de Gwendal Lemercier.



Le duo formé par Clotilde Bruneau et Vincent Delmas nous raconte la vie du célèbre Carolus Magnus, Charles Ier dit « le Grand », de son accession a titre de roi le 9 octobre 768 à son accession au titre d’empereur le 25 décembre 800.
Beaucoup de sujet sont abordés : les mauvaise relations avec son frère Carloman trop tôt disparu, les tentatives d’usurpation, les rébellions des vassaux félons, les relations avec la papauté, l’affaire d’Espagne et le désastre de Roncevaux, la longue guerre avec les Saxons, son souci pour l’administration, l’éducation et la religion qui vont amener la renaissance culturelle carolingienne… On ne peut pas s’ennuyer un instant, les auteurs ayant évité bon nombre des écueils du one-shot (mis à part les confusions possibles entre les différents Pépin ^^).

Les dessins de Gwendal Lemercier, qui décidément s’améliorent d’œuvres en œuvres, sont ici plutôt mainstream au vu de ce qui se fait actuellement, mais sont plutôt agréables à regarder. Peu de prise de risque dans les cadrages et les mises en scène, mais cela reste néanmoins de bout en bout du boulot plutôt bien fait. Les couleurs de Pierluigi Casolino sont peut-être un peu ternes, mais au vu du sujet consacré au Haut Moyen-Âge ce n’est pas vraiment un souci.

Pour ne rien gâcher, l'historienne Geneviève Bührer-Thierry, bonne connaisseuse du sujet qui est passé par l’ENS Saint-Cloud, supervise le tout et nous livre un dossier et un making-off très intéressants autant pour le grand public que pour l’amateur d’histoire.
Mais au final, je suis un peu resté sur ma faim… Il faut dire que depuis que j’ai lu Les Carolingiens : une famille qui fit l'Europe de Pierre Riché je suis exigeant sur le sujet… (un ouvrage passionnant, bien écrit, bien construit et si bien raconté qu’il pourrait facilement nourrir un paquet de bons romans historiques sur le sujet).


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Message par Albéric le Mer 11 Jan - 16:12


Résumé : Philippe le Bel
« Ce n'est ni un homme ni une bête. C'est une statue. »
Philippe IV de France, dit Philippe le Bel ou le « roi de fer », fils de Philippe III de France et de sa première épouse Isabelle d'Aragon, fut roi de France de 1285 à 1314. Derrière la légende du procès des Templiers et des rois maudits se cache un roi silencieux, secret et éminemment politique. Et les « affaires » qui émaillent cette époque suscitent les questions : Pourquoi le Temple ? Pourquoi la dévaluation ? Pourquoi ce conflit avec le Pape ? De l'étude de ces presque 30 ans de règne émerge finalement une volonté constante et tendue vers un but unique : la grandeur du royaume de France.



Ici le scénario de Mathieu Gabella m’a un peu déçu dans la mesure où il m’avait carrément embarqué avec sa Renaissance fantastique (La Licorne) et sa relecture horrifique des Mille et une nuits (3 Souhaits). Cela reste de bonne facture, pas de souci, et je gage qu’il était tout sauf évidemment d’inaugurer cette nouvelle collection de BD historiques. Je gage aussi qu’il n’est pas facile de passer après le grand Maurice Druon et ses célébrissime Rois maudits (d’où l’idée de ne pas traiter le procès des Templiers). Pour faire tenir le récit en une seule bande dessinée, les auteurs ont décidément de traiter le personnage et sa période sous l’angle du légisme et des légistes. Le droit est ainsi une arme politique pour lutter contre les prétentions des rois d’Angleterre, pour mater les rebelles flamands, pour continuer le bras de fer avec la papauté (« le roi est empereur en son royaume »)…
Le récit sur finit sur l’arroseur arrosé, Philippe le Bel sacrifiant ses créatures pour couper l’herbe sous les pieds à ses opposants, quitte à recruter de nouvelles créatures pour accomplir les basses besogne. On sent arriver à grand pas le machiavélisme plein de Raisons d’Etat… mais on tourne ici autour d’une administration royale qui peine à impose des impôts royaux que les Français ne seront prêts à payer qu’au fil des malheurs de la Guerre de Cent Ans (comme la monarchie absolue n’a été acceptée qu’au fil des malheurs des Guerres de religion : c’est la théorie du choc prônée par la pensée unique néo-cons actuellement employée par les gouvernements régressistes du monde entier : terroriser les citoyens pour leur faire accepter des changements qui n’aurait jamais été acceptés en temps normal : Al Quaïda, DAESH, Russie, Chine, étrangers, chômeurs, pauvres… Rayez les mentions inutiles).

Les dessins et leurs couleurs de Christophe Regnault sont satisfaisants. Les personnages sont rapidement identifiables et reconnaissables, même si on joue un peu trop sur la beaugossitude de Philippe le Bel (qui pourrait presque participer à un manga bishonen ^^). Rien d’exceptionnel ou d’inoubliable, mais il faut bien avouer que cela reste agréable à regarder.

Pour ne rien gâcher, les historiens Valérie Theis et Etienne Anheim bons connaisseurs de leurs sujets, supervisent le tout et nous livre un dossier et un making-off très intéressants autant pour le grand public que pour l’amateur d’histoire.


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Message par Sieben le Mer 11 Jan - 20:22

J'ai seulement lu le Vercingétorix dans cette série. Pas convaincu par les graphismes. Je n'adhère pas au projet non plus. J'ai vraiment du mal avec l'Histoire en BD, moins instructive qu'un vrai bouquin, et pas suffisamment excitant "scénaristiquement".
 
A la limite il y a la collection "Les Reines de Sang" chez Glénat qui est vraiment pas mal. Surtout le diptyque sur Isabelle de France.
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Message par Albéric le Mer 11 Jan - 20:27

Sieben a écrit:J'ai seulement lu le Vercingétorix dans cette série. Pas convaincu par les graphismes. Je n'adhère pas au projet non plus. J'ai vraiment du mal avec l'Histoire en BD, moins instructive qu'un vrai bouquin, et pas suffisamment excitant "scénaristiquement".
 
A la limite il y a la collection "Les Reines de Sang" chez Glénat qui est vraiment pas mal. Surtout le diptyque sur Isabelle de France.
J'aime bien les dessins d' Eric Adam, mais qu'est-ce que c'est froid quand même... Après comme tous les serial, il y a du bon et du moins bon : les tomes sur Mao, Soliman ou Catherine de Médicis sont très bons et j'ai bien aimé ceux sur Napoléon... Il faut que je reposte sur tout ça ! ^^

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Message par Albéric le Sam 8 Avr - 19:32


Résumé : Luther
1505, Saint Empire Romain germanique. Sur le chemin pour Erfurt en Allemagne, Martin Luther est surpris par un terrible orage. Alors qu'il pense vivre ses derniers instants, il implore Dieu et ses saints et en réchappe. Persuadé que le Seigneur lui a laissé la vie sauve, il décide de lui vouer son existence. En se faisant moine, il espère aussi échapper A l'enfer et au purgatoire au jour de son trépas. Il entre dans une confrérie de moines augustins, où il impressionne ses supérieurs par sa ferveur et son zèle. Envoyé en mission A Rome, il découvre avec stupeur A quel point la ville sainte a été dévoyée et les clercs corrompus par les richesses. Surtout, il réalise que les hommes doivent revenir aux textes originels s'ils veulent trouver le salut et changer leur vision de Dieu. A une époque où la religion fait et défait des royaumes, où les idées circulent plus vite que jamais grâce A l'imprimerie nouvellement créée, la vision de Luther est sur le point de changer le monde...


A bien des égards les auteurs ont réalisé les mêmes choix que ceux du tome consacré à Jaurès, puisque l’essentiel du tome est consacré au combat qui a rendu Luther célèbre (à savoir sa polémique religieuse contre la papauté). Même si la religion et la foi imprègnent tout le récit, je n’ai pas spécialement ressenti le poids du religieux : on est dans le monde de l’idéologie, avec toutes ses vicissitudes politiques, et au-delà des controverses et des affrontement verbaux qui relèvent presque du judiciaire, les thèmes abordés sont finalement assez universels avec l’individu contre le système, les réformateurs contre les conservateurs, les uns comme les autres étant débordés sur leur droite et sur leur gauche… Et finalement on rejoue beaucoup la guéguerre des guelfes et des gibelins, mais cette fois-ci non pas en Italie mais en Allemagne puisque les prélats italiens prennent de hauts les princes allemands… Dans cette lutte Luther qui est apolitique est la pièce maîtresse des princes allemands, sans la protection desquels il n’aurait jamais survécu tant aux sbires du pape Léon X qu’aux agents de l’empereur Charles Quint…
Martin Luther a été une personne sincère : étudiant surdoué, moine zélé, prédicateur enflammé, pédagogue appliqué et finalement bon père de famille après avoir épousé une nonne défroquée… On finit même par se demander si sa perception de Dieu, qui passe de la Colère à l’Amour, n’a pas été largement influencé par son histoire personnelle…  Mais ce n’est pas pour autant un personnage progressiste : c’est un homme de son temps, profondément croyant qui oppose les Ecritures d’essence sacrée aux décisions des hommes qui se sont succédés au fil des âges. Sa soumission absolue aux textes bibliques, donc à la vérité divine telle que des hommes l’ont établie pour des raisons que la raison ignore, parfois bassement personnelles et mercantiles, est incompatible avec les valeurs humanistes de la Renaissance qui place l’homme et non Dieu au centre de l’univers (l’homme et non Dieu devenant alors la mesure de toutes choses)… Il est d’ailleurs assez clair sur le sujet : les doutes sont pour les philosophes qui sont stupides, les certitudes sont pour les croyants qui eux sont intelligents… Sa rupture avec Erasme le prince de la Renaissance est assez violente, et il utilise des mots beaucoup plus durs contre les paysans qui en suivant son exemple réclament la liberté, l’égalité et la fraternité qu’envers les maudits papistes qu’il a voué aux gémonies…
Et au final l’Eglise catholique s’inspire beaucoup de ses méthodes pour sa Contre-réforme qui fait taire bon nombre des critiques qu’il avait émises (sur pas mal de points de circonstances si on met du côté le statut des prêtres qui lui reste toujours d’une brûlante actualité). Luther ne voulait pas être le nouveau pape, mais après consacré son énergie à combattre les erreurs de la papauté, il dépense erreurs beaucoup d’énergie à combattre la multiplication des nouveaux mouvements protestants dissidents, à commencer par ses compagnons d’armes Carlstadt et son mouvement iconoclaste et Thomas Münster et sa révolution sociale… En pensant bien faire Luther a-t-il ouvert une Boîte de Pandore ? Les mânes des dizaines de millions de morts des guerres de religion ont sans doute réponse à cette question…

Belle histoire d’Olivier Jouvray pour magnifier l’Histoire, beaux dessins réalistes de Filippo Cenni assisté aux couleurs d’Alessia Nocera (les femmes superchromates à 50% occupent de plus en plus souvent le poste de coloriste ^^), et le tout est accompagné une nouvelle fois d’appendices très intéressants ici signés par Matthieu Arnold professeur d’histoire du christianisme moderne à la Faculté de théologie protestante de l’Université de Strasbourg (1) il a le bon goût d’être impartial sur le sujet ; 2) et oui la République Française est censée être une et indivisible, mais la loi de 1905 sur la Séparation de l’Eglise et de l’Etat ne s’applique pas à l’Alsace !)
Ce que j’aime beaucoup dans cette collection, c’est que les personnages qu’elle traite restent humains avec des qualités humaines et des défauts humains bien que l’Histoire ait fait d’eux des légendes, des figures de proues, des têtes de gondoles… Ce sont d’abord et avant tout de belles aventures humaines qui nous sont contées !


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Message par Albéric le Dim 9 Avr - 18:20


Résumé : Lénine
« Là où il y a une volonté, il y a un chemin »
Russie, 1887. Motivé par la culture révolutionnaire suite à l'exécution pour terrorisme de son frère Alexandre, le jeune Vladimir Oulianov se plonge dans la lecture d'écrivains engagés comme Karl Marx ou Tchernychevski. Revenu à Saint-Pétersbourg après plusieurs années d'exil, il multiplie alors la publication de journaux clandestins et pamphlets opposés au pouvoir tsariste. Régulièrement incarcéré, sans cesse en fuite en Allemagne, Suisse ou Angleterre, il ne tarde pas à devenir une figure de proue du Parti ouvrier social-démocrate. Mais bien qu'il se revendique des écrits de Marx, « Lénine » prétend que la Révolution ne pourra pas venir du prolétariat s'il ne dispose d'un appareil politique puissant. Par d'habiles manœuvres permettant à ses partisans de devenir Bolcheviks ? c'est-à-dire majoritaire ? et de prendre le pouvoir au sein du Parti, Lénine se révèle un fin stratège et laisse déjà entrevoir un autoritarisme forcené...



C’est indirectement que nous découvrons Vladimir Ilitch Oulianov : son professeur Feodor Kerenski et sa mère Maria Oulianova viennent plaider sa cause, et parce qu’il appartient à une famille qui s’est distingué au service du tsar et que son grand frère a déjà été exécuté pour activités terroristes, il échappe à la condamnation à mort… C’est en résidence surveillée qu’il obtient son diplôme d’avocat, et ce lecteur boulimique et cet écrivain prolifique ne reviendra jamais sur son choix de défendre les intérêts du peuple plutôt que ceux de l’aristocratie ! (ou de venger la mort de son frère en honorant la mémoire de son combat ?)
Nous sommes à l’époque de la lutte des classes, et nous suivons le parcours de celui qui s’est renommé Lénine suite à sa relégation en Sibérie dans le monde du socialisme, qui s’épuise en congrès et en synthèses qui s’épuise en congrès et en synthèses désunissant et non unissant, avant que tout le monde ne se perdent en vaines luttes contre les sociaux-traîtres d’à côté au lieu de se rassembler pour s’opposer aux forces obscures de la crevardise… (On n’échappe pas à l’opposition entre Bolcheviks et Menchéviks et on balaye ainsi tout le who’s who de la galaxie socialiste)
Le bonhomme impressionne : tomber 7 fois pour se relever 8 ! Très tôt il a choisi de défendre une Cause qui n’était aucunement destiné à être la sienne, et en tant que révolutionnaire il a dû s’imposer dans son propre camp tout en affrontant la monarchie absolue des Romanov défendue becs et ongles par les officiers de l’armée blanche et les agents de l’Okhrana, et en tant que chef d’Etat c’est le monde entier qu’il a dû affronter… Au-delà de ses idées et de ses actes, c’est quand même autre chose que nos intellos prout-prout qui refont le monde dans les salons, qui s’indignent sous les projecteurs médiatiques et qui s’époumoner sur les plateaux télés… Arrêtez de vous la péter et agissez SVP !

Le récit est un peu en pointillé avec ses nombreuses ellipses… Mais pouvait-il en être autrement avec un personnage qui enquilla les assignations en résidence, les passages en prison, les déportations en Sibérie, et les exils aux quatre coins de l’Europe (Finlande, Suède, Pologne, Allemagne, Suisse, France, Angleterre) ?
Les auteurs ont fait des choix : le récit s’arrête quasiment à la révolution d’octobre et à la mise en place de la dictature du prolétariat quelques semaines plus tard… Merde, avec un tel matériel il y avait largement de quoi réaliser un 2e tome ! Les quatre pages d’épilogue terminent le récit avant que les appendices de Marie-Pierre Ney ne reviennent longuement sur les années sombres de la guerre civile entre Blancs et Rouges (où l’intellectuel engagé qui avait déjà cédé la place à un révolutionnaire professionnel devient rapidement un redoutable homme d’Etat qui n’hésita pas à employer les mêmes armes que ses adversaires). Lénine touché dans son corps par la maladie et touché dans son âme par la perte de son grand amour n’est plus que l’ombre de lui-même et tente en vain de redresser la barre de l’URSS. Que serait advenue l’expérience soviétique si Lénine avait vécu le temps d’écarter Staline le boucher pour confier les clés du camion au camarade Trotski ? Que serait advenue l’expérience soviétique si les Occidentaux n’avaient pas abondamment jeté de l’huile sur le feu en la mettant au ban des nation et en la déclarant ennemie publique n°1 ? Que serait advenue l’expérience soviétique si la Jarre de Gu de la radicalisation n’avait pas engendré des monstres ?... Bref, du grain à moudre pour tous les amateurs d’Histoire fiction ! blink
Le personnage a été mythifié de son vivant : divinisé par ses partisans qui ont diffusé sa légende dorée, diabolisé par ses adversaires qui ont diffusé sa légende noire. La pluie de panégyriques qu’il a reçus à la mort de Staline est largement contredite par l’ouverture des archives depuis la chute de l’URSS en 1991, qui montrent un homme complexe et contradictoire tantôt réformateur tantôt conservateur, tantôt cérébral et maître de lui-même tantôt sanguin et colérique… Et je ne parle même de la similitude voire du mimétisme avec Robespierre (un peu comme Napoléon Bonaparte qui mimait consciemment ou inconscient Jules César), ou du parallèle qu’on pourrait faire à posteriori entre la relation Lénine / Staline et la relation Zhou Enlai / Mao !

Graphiquement les dessins très correct de Denis Rodier, assisté aux couleurs de Walter, ne m’ont pas convaincu mais ne m’on pas forcément déplu non plus. Je suis resté sur ma faim à ce niveau là, par contre il a trouvé un truc assez génial : il a repris les codes des affiches de la grande époque pour souligner les tournants de sa vie comme l’alliance avec Trotski, la rencontre avec Staline, ou le déclenchement de la Première Guerre Mondiale…
Au final celui qu’on a surnommé Lénine a abattu la Russie avant de faire trembler le monde, mais il n’a jamais été autre chose qu’un homme protégé par sa mère Maria Oulianova, soutenu par son épouse Nadejda Kroupskaïa et inspiré par sa maîtresse Inès Armand (derrière chaque grand homme il y a une grande femme, mais ici il y en a trois !)… Un homme donc, rien qu’un homme… Signé, Tovarich Alfaricnievki ^^


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White Square Re: Ils ont fait l'Histoire, Collectifs d'Auteurs

Message par Albéric le Dim 19 Nov - 19:21


Résumé : L'Empereur Meiji
« Vivons le présent en nous tournant vers l’avenir »
1853, baie d’Edo, future Tokyo. Une armada de navires européens attend au large des côtes japonaises pour entamer les négociations avec ce pays qui vit coupé du monde. Mais il n’est pas facile de remettre en cause un isolationnisme cultivé depuis plus de deux siècles par la dynastie des Shoguns Tokugawa, laissant à l’empereur un rôle religieux et symbolique. Quinze ans plus tard, une période de réformes radicales va se cristalliser autour du nouvel empereur Mutsuhito, dit Meiji, le Japon s’affranchissant alors du système féodal et s’ouvrant au reste du monde à marche forcée.
Meiji (qui signifie littéralement « gouvernement éclairé ») est ainsi à la fois le nom de l’ère qui voit le Japon basculer dans la modernité et de celui qui l’a incarnée. Découvrez aujourd’hui le destin de ce dirigeant remarquable en BD.



Nous sommes dans un anti-biographie puisque personne n'a jamais su et ne saura jamais ce qu'il se passait dans la tête d'un empereur coupé de la réalité issu d'une dynastie coupée de la réalité... Ayant accédé au trône à l'âge de 14 ans après la mort particulièrement opportune pour certains de son père Kômei à l'âge de 36 ans (les rumeurs et les théories d'un assassinat n'ont jamais été étouffées), Mutsuhito a été érigé en symbole de l'unité nationale par une clique qui l'ont transformé en marionnette présentable pour les dirigeants occidentaux... Mais la marionnette qui n'a jamais eu droit à la parole n'a pas toujours obéi aux ordres !
En lieu et place d'une véritable biographie, nous suivons à l'aube de l'empire japonais un long débat entre le comte Katsura Tarô (Premier Ministre) et le prince Itô Hirobuni (ancien Premier Ministre et Résident-Général de Corée), qui aurait pu être un long débat entre Fouché et Talleyrand au crépuscule de l'empire français... A travers leur conversation houleuse, nous revivons les dernières heures du Shogunat marqué par les attentats violents et sanglants des mouvements nationaux réactionnaires et terroristes, la Guerre de Boshin davantage une restauration conservatrice que révolution réformiste, la modernisation à marche forcée du pays où les samouraïs  ont trouvé leur place dans l'armée et la police mais où les paysans laissés à leur funeste sort n'ont eu d'autres choix que de se résigner ou d'être durement réprimés, le baroud d'honneur conservateur de Saigô takamori, (remember le film Le Dernier Samouraï),
les vaines tentatives d'Ôkuma Shigenobu pour faire du Japon une véritable démocratie, l'entrée du Pays du Soleil Levant dans le concert des nations, la guerre contre la Chine, la guerre contre la Russie, la colonisation de la Corée... Oui le Japon autrefois collection de fiefs féodaux jaloux les uns des autres a été transformé en une génération en État-nation moderne, mais à quel prix ?
Aucun idéal dans ceux qui ont accompli tout cela (on change de discours et on retourne sa veste en fonction de la situation du moment), car les têtes pensantes du changement sont les vaincus, les déçus et les cocus du Shogunat Tokugawa qui se sont révoltés « pour l'empereur » et « contre les barbares » alors qu'ils ont assassiné l'empereur qui n'adhérait pas à leurs vues pour formater un nouvel empereur selon leurs vues, avant de s'empresser de devenir au pouvoir comme les barbares tant décriés lorsqu'ils étaient dans l'opposition... Sans surprise les oligarques des fiefs de Satsuma et de Chôshû se sont partagés le pouvoir après leur coup d’État et leur victoire sur le Bakufu : encore un Game of Thrones dont on se serait bien passé, et quel dommage que les idéalistes héroïques de l'éphémère République d'Ezzo aient été balayés par les proto-fachos soutenus par les Anglais et les Américains (toujours dans les mauvais coup les apprentis sorciers anglo-saxons !). Les Japonais toujours considérés comme des sujets et non comme des citoyens à part entière n'ont été que des ressources humaines dans le grand projet de rattraper les grandes puissances impérialistes (chauvinisme, nationalisme, impérialisme : des des gangrènes bourgeoises dont l'humanité aurait mieux fait de se débarrasser !), dont les Coréens et les Chinois ont fait les frais avant que ne débute le deuxième grand merdier mondial...
Le point de discorde de Katsura Tarô et d'Itô Hirobuni c'est le problème coréen, car le 1er veut accélérer l'agenda impérialiste en annexant purement et simplement le pays au Japon alors que le 2e veut temporiser l'agenda impérialisme en laissant la Corée son statut de protectorat japonais...
Spoiler:
Dans la conclusion le dernier défenseur de la Corée au gouvernement japonais est assassiné par un résistant coréen, qui ne regrette pas la politique japonaise mais la politique coréenne qui n'a pas su se doter d'un leader impérialiste comme le Japon... Propos inadmissible de la part d'un citoyen du Pays du Matin Calme qui de toute son histoire son histoire n'a jamais agressé un pays tiers ! Vie De Merde dans un Monde De Merde : la WWII est dans les starting blocks !!!

Le scénario et la narration de Mathieu Mariolle sont hautement appréciables (mais je n'en attendais pas moins d'un connaisseur et d'un amoureux du Japon et de la culture japonaise ^^), les dessins d'Ennio Buffi sont soignés et travaillés donc agréables, et les appendices de Guillaume Carré sont passionnants autant pour les néophytes que pour les vétérans. Mieux encore, on initie un débat philosophique sur les « grands hommes » ! Que demander de plus ?

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Message par Albéric le Jeu 23 Nov - 19:57


Résumé : César
« Veni, Vidi, Vici »
75 avant JC. Âgé d’une vingtaine d’années à peine, le jeune Julius César, déjà célèbre pour ses faits d’armes, entame une carrière politique. Inspiré par la figure d’Alexandre le Grand, son objectif est simple : prendre la tête de Rome et lui offrir la grandeur qu’elle mérite. Mais la route est encore longue et César sait que le pouvoir s’obtient aussi bien entre les murs de la cité romaine qu’aux frontières de l’empire. Par ses dépenses somptuaires dans les jeux du cirque ou par ses campagnes victorieuses en Gaule, il s’attire les faveurs du peuple. C’est également par d’habiles manœuvres politiques, qu’il se trouve des alliés puissants. Ambitieux, brillant, César gravit tous les échelons jusqu’à se faire proclamer dictateur à vie sans oublier de se faire quelques ennemis.
Symbole du pouvoir total, du génie militaire et de la stratégie politique, Jules César est sans doute le général romain le plus mythique et l’une des figures les plus iconiques de l’histoire. Découvrez comment l’homme est devenu légende...



Après Philippe le Bel, Catherine de Médicis et Robespierre, Mathieu Gabella s'attaque une nouvelle fois à un gros morceau avec Caius Julius Caesar ! Traiter en moins de 50 pages la vie d'un météore historique tel le Divin Jules relève de la gageure, d'autant plus que le personnage est universellement connu...

Les ellipses sont forcément nombreuses, mais on retrouve bien le game of thones républicain où César, Crassus et Pompée se partagent / se disputent le pouvoir dans une république qui n'existe déjà plus, et où César se sert de la politique pour obtenir des victoires militaires et où il se sert de la guerre pour obtenir des victoires politiques (remember La Guerre des Gaules ^^). Et inutile de mettre des balises spoiler pour des événements vieux 2000 ans : il va prendre le pouvoir et le garder avant les événements que l'on sait... Mais on aborde aussi la vie personnelle de César qui a choisi envers en contre tout de suivre la voie empruntée par son père, sa relation homosexuelle avec le roi Nicomède de Bithynie, la douloureuse mort de sa fille Julia mariée à son rival, et enfin la recherche d'un héritier donc d'une dynastie entre enfant naturel, enfant adultérin et petit-neveu promis à un grand avenir... Et parmi les figures qui accompagnent César dans ce récit, on met en avant le fidèle et le brave Marc-Antoine, Clodius Pulcher l’exécuteur des basses œuvres, Cicéron l'homme qui retourne sa toge plus vite que son ombre, et le méconnu Lucius Cornelius Balbus, un punique naturalisé romain qui réussit l'exploit dans cette période de troubles d'être dans les bonnes grâces de tous les camps...

Au bout du bout reste le mystère césarien : était-il un visionnaire ou un carriériste, un idéaliste ou un idéologue, un homme d’État consciencieux ou un politicien arriviste, ou juste un apprenti maître du monde qui a pris la tête d'un camp parce que la place était déjà prise dans celui d'en face (ou je vous vois François Mitterrand et Jacques Chirac)... L'Histoire apporte des éléments de réponse puisque cet aristocrate rejoignit le parti du peuple au péril de sa vie, en faisant sienne la cause du général prolétaire Marius naguère défendue par son père et en épousant Cornelia la fille de Cornelius Cinna malgré l'hostilité plus qu'évidente du dictateur Sylla... C'est donc pour survivre qu'il vécut en cavale puis en exil avant de revenir à Rome. De son vivant comme dans son testament, il resta fidèle à la cause qu'il avait choisie de défendre et force est de constater qu'Octave hérita de sa gloire source de légitimité et de charisme, mais qu'Auguste n'hérita nullement de ses idées et de ses visions : si le dictateur œuvra pour une révolution romaine, l'empereur œuvra lui à une restauration romaine qui retarda le destin universel de la ville éternelle d'un ou deux siècles... Monde De Merde !!!

Les auteurs vont au bout de leurs idées en commençant par l'épisode des pirates qui montre tout l'orgueil et toute la détermination qui ont fait de Jules César un personnage d'exception. Il a certes une haute opinion de lui-même et affirme clairement que la fin justifie les moyens, mais son intelligence, son abnégation, ses actes de manipulations et ses actes de clémence qui ont causé sa perte sont au service d'une vision : de ses débuts à sa triste fin, cet homme multilingue et multiculturel a œuvré au monde meilleur dont il ne verra jamais l'avènement... Les dessins d'Andrea Meloni assisté par toute une équipe de coloriste sont agréables mais inégaux : j'ai beaucoup aimé le charadesign, mais les arrières plan manquent de détails donc de vista (ah ça, on n'est pas chez Enrico Marini, Philippe Delaby, Gilles Chaillet ou Jacques Martin !)
J'ai été très très déçu par les appendices jusque là l'un des gros points forts de la série, l'historien Giusto Traina se contentant d'une simple énumération des faits faisant carrément doublon avec la bande dessinée proprement dite... C'est l'un des travaux les moins intéressants de la série, pour ne pas dire le moins intéressant de la série ! (sans parler de la bibliographie qui même succincte se permet le luxe de passer sous silence le travail de Robert Etienne)

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