David Gemmell
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Stan Nicholls, Les Chroniques de Nightshade

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White Square Stan Nicholls, Les Chroniques de Nightshade

Message par Marv le Mer 28 Mai - 15:23


Éditeur : Bragelonne


"Quand on est roi, la clémence est une faute impardonnable.
Pour avoir gracié et condamné à l’exil Avoch-Dar alors qu’il l’avait en son pouvoir, 
le roi Eldrick doit l’affronter à nouveau. Mais cette fois le sorcier s’est allié aux forces infernales… Seul le champion Nightshade, qui s’est retiré de la compagnie des hommes,
peut s’opposer à lui. 
Justement, le guerrier téméraire est déjà lancé dans une quête personnelle : 
il est à la recherche d’un livre magique,
Le Grimoire des Ombres, qui renfermerait le pouvoir de vaincre le sorcier. 
Dès lors une lutte acharnée s’engage : face à face, un démon indestructible et le meilleur des combattants. Lequel réussira à faire pencher la balance en sa faveur ?"




Farmace a écrit:D’ores et déjà je dois le préciser, rédiger cette critique me fait mal étant donnée l’affection que je porte à Stan Nicholls.
J’ai en effet eu l’opportunité de l’interviewer dans le cadre de mes études, et il s’est avéré être aussi gentil et serviable que j’aurais pu l’espérer.
C’est une personne humaine, proche de ses lecteurs et vraiment très sympathique.
Il est donc regrettable que la critique que je m’apprête à rendre soit dure et acerbe, mais autant annoncer la couleur tout de suite, ce n'est pas brillant, ce qui est d’autant plus ironique que j’avais envie d’aimer ce livre.
Ce n’était pas ma première lecture d’œuvres de Nicholls car j’avais déjà la première trilogie des Orcs et les deux premiers tomes de la série de Vif-Argent à mon actif.
Je peux le dire, ils sont tous supérieurs à ce que je présente ici, mais trêve de hors sujet, attaquons tout de suite la critique proprement dite.

L’histoire en quelques mots : un sorcier maléfique, occupant une position importante à la cour du roi, Avoch Dar, est totalement corrompu par les sombres forces qu’il a étudié et tenté de maîtriser toute sa vie.
Fomentant un attentat, il échoue et est banni par un roi trop indulgent qui le voit immanquablement revenir à la tête d’une armée de morts-vivants que ses armées ne parviennent pas à arrêter, tout juste la ralentir.
Le héros de l’histoire, un bretteur renommé adopté par le chef de la garde royale et fiancé à la princesse en personne, après avoir perdu un bras dans une bataille contre Avoch Dar, se voit révéler une prophétie lui disant qu’il est l’élu, qu’il doit aller trouver un grimoire ayant appartenu à l’antique race des démons (désormais disparus de ce monde).

Ce grimoire pourrait lui faire repousser un bras tout neuf, aider à vaincre Avoch Dar, faire le café… bref, il lui faut aller sur le continent maudit où ce livre est censé reposer.
Lors de son périple, il va faire la rencontre d’une jeune femme lanceuse de couteaux, d’un mercenaire désagréable, et d’un homoncule, sorte de créature artificielle créée par Avoch Dar, mais désirant se venger des mauvais traitements infligés par celui-ci.
Les trois quêteurs vont donc se lancer à la recherche du Grimoire des ombres sur le continent des démons où moult dangers les attendent.

Je vous épargne la fin, j’ai déjà révélé un énorme morceau de l’intrigue (ce qui est révélateur de la densité du roman).
Il me semble impossible de commencer la critique par les points positifs tant ils sont peu nombreux, j’aurais l’impression d’offrir une dernière cigarette à un condamné à mort, alors autant nous concentrer sur le négatif en premier lieu pour ensuite tenter d’en tirer le meilleur plus tard.
Les qualités littéraires en elles-mêmes n’ont rien de particulièrement négatif à proprement parler, mais n’ont rien non plus de remarquable.
La traduction n’y est peut-être pas pour rien, mais en l’occurrence le vocabulaire et les formulations ne sont ni bonnes ni mauvaises, mais purement factuelles.
Descriptives, juste assez précises pour qu’on imagine un tout global, des dialogues archi-classiques manquant souvent de profondeur, on peut dire que rien ne permet de différencier ce roman d’un autre. Il y manque une patte, un style, une façon de faire...
bref, c’est plat, sans être mauvais à proprement parler.


Ce qui est en revanche proprement impardonnable aux yeux du lecteur expérimenté, c’est la trame générale du roman qui est une succession de Clichés avec un grand « C » !
Rarement dans ma vie de lecteur je suis tombé sur un nombre aussi hallucinant de choses déjà vues, déjà faites, déjà dites, bref, de CLICHES ! 

Commençons par le héros.


Que dans les romans de fantasy, on retrouve systématiquement un héros exceptionnel, très talentueux à l’épée, ou détenteur d’un pouvoir insoupçonné, vertueux, j’en passe et des meilleurs, cela est tellement rentré dans les mœurs qu’on ne peut décemment s’en plaindre.
C’est un des codes du genre. Mais encore faut-il parvenir à le faire correctement !
Pour exemple, dans Renégats de David Gemmell, un homme (qui n’est pas le héros du roman) était un bretteur d’exception, véritable champion qui a perdu son bras dans un duel contre un champion du camp adverse.
Par la suite on le voit tenter de devenir gaucher, difficilement, consacrant des mois à travailler son bras avec des tâches quotidiennes telles que couper du bois, ce genre de choses…

Car oui, changer de main directrice est abominablement difficile et demande plusieurs années de pratique, alors quand je lis que le héros de Nightshade est devenu presque aussi bon de la main gauche dans l’art de l’épée quelques mois après avoir perdu sa main droite, c’est là que vois que le roman de Mr Nicholls ne tient pas la comparaison face à celui de Gemmell.
Le héros ici présent est enfant trouvé, mais fiancé à la princesse car a fait preuve de qualités exceptionnelles toute sa vie, il est vertueux mais mélancolique, généreux même avec ses ennemis, en bref, il est déjà arrêté de façon précise, donc avec très peu d’évolution sur ce premier tome.
Il fallait un héros, voilà un héros, cliché, manquant cruellement de profondeur, c’est bien simple, on le croirait sorti d’une usine à fabriquer des personnages principaux de films de Fantasy de série B. 

Et en parlant de clichés (un mot qui va revenir bon nombre de fois), la construction même de l’histoire suit une trame tellement « archi-classique » que c’en est impardonnable.
Résumons et dites-moi dans les commentaires si vous n’êtes pas d’accord, voulez-vous ?


Au final, c’est l’histoire d’un « méchant » totalement corrompu par la magie noire (cliché 1), qui veut renverser le royaume pour devenir encore plus puissant et s’en emparer (cliché 2), mais ses plans sont contrariés par le héros vertueux (cliché 3) seulement l’histoire ne s’arrête pas là car le méchant est épargné par un roi trop généreux (au point d’en être carrément stupide, ce qui amène le cliché 4).
Le méchant revient donc et rien ne peut l’arrêter mais le héros tombe sur une vieille qui lui annonce, ho surprise, qu’il est l’ELU, seul et unique être au cœur pur et suffisamment vaillant (cliché 5) pour s’emparer du Grimoire des ombres (avec un nom pareil, cliché 6), puis la vieille meurt avant d’avoir pu donner plusieurs précisions (cliché 7).


Pour que le héros ne fasse pas la route seul, il va trouver divers compagnons de routes tous très différents et apportant chacun des compétences leur étant propres, (cliché Cool, l’un d’entre eux sera un traître excessivement facile à percer à jour, sauf pour le héros (cliché 9), quand le Grimoire est trouvé l’endroit dans lequel il se tenait s’effondre (cliché 10 auquel des générations de jeux vidéo, de films, et de romans nous ont habitués depuis plusieurs décennies).
Au final le grand méchant est « vaincu » mais disparaît et on ne sait pas à cause de la façon dont il a disparu s’il reviendra un jour (cliché 11), alors que le héros semble tiraillé par des sentiments contradictoires entre sa princesse qui est également sa fiancée et sa lanceuse de couteaux avec qui a vécu tant d’aventures (cliché 12 du triangle amoureux).


Aventures parmi lesquelles on peut compter la rencontre avec des monstres qui seront vaincus grâces au fait que, comme par hasard, l’un des quêteurs avait pile poil sur lui le moyen de les tuer (13…), le combat contre des statues qui prennent vie (14… si, je suis désolé, 14 !
le coup des statues vivantes on le voit dans les péplums des années 60 !), ou encore, le fait que lui, elle, et le mercenaire furent les seuls survivants du naufrage de leur bateau les ayant menés sur le continent maudit. (15).


Et j’en ai encore sous le coude, mais je vais vous épargner ça, car cette critique devient trop longue et lire quelqu’un qui vous explique qu’il a lu un mauvais bouquin pendant 4 pages, c’est lourd.
J’arrêterais simplement sur les points négatifs en disant qu’à plusieurs reprises, les héros feront preuve d’une absence de logique confinent à la bêtise absolue, (à un moment ils s’en rendent même compte, s’accusant eux-mêmes d’avoir commis une « erreur de débutant », je cite, et c’est dire…).

Les qualités maintenant (là ça va pas faire 4 pages, rassurez-vous).
Premièrement il ne s’agit que du premier tome d’une trilogie, et peut-être, je dis bien peut-être, que certains des clichés utilisés ici sont volontaires, afin de mieux de nous tromper, et nous amener à être surpris dans les tomes suivants.
De même, on peut supposer une évolution des personnages dans les tomes à venir ce qui les conduirait à avoir plus de profondeur, mais pour cela, il va falloir enchaîner sur deux autres tomes. Qualité indéniable, les pages se tournent toutes seules, car le roman est très fluide et facile à lire. On pourrait aisément finir ce premier tome en une après-midi, et c’est agréable car le texte n’a aucune lourdeur ni temps morts ; les actions s’enchainent vite et bien, et au moins ne reste-t-on pas coincé dans un même lieu où sur un même événement pendant des heures en se demandant quand est-ce que ça va finir. 

En somme, Les Chroniques de Nightshade constituent un monument dans le ratage en ce qui me concerne. Je présente mes excuses à Stan Nicholls s’il devait lire cette critique un jour, car j’ai pour lui affection et respect, mais incontestablement, ce premier tome est ma plus mauvaise expérience littéraire depuis fort longtemps.
Si je devais recommander ce livre, ce serait à un seul et unique type de personne : le lecteur débutant.
En effet, un enfant n’ayant pas d’expérience littéraire à proprement parler sera forcément moins marqué par ce qui apparaît comme cliché au lecteur assidu, et sera donc plus à même d’apprécier cette lecture rapide et ce style passe partout. Si vous avez 8 ou 10 ans, allez-y.
Dans le cas contraire, passez purement et simplement votre chemin.

Une note ? Pour cette fois-ci je n’ai pas envie d’en mettre une.
Ce roman aura au moins eu un mérite : avoir du mauvais dans ses expériences permet toujours d’équilibrer son échelle de valeurs, et là, le rééquilibrage a eu lieu bien comme il faut.

FARMACE RHAIDEN
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Marv
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Date d'inscription : 18/04/2014

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