David Gemmell
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Charlotte Bousquet, Arachnae

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White Square Charlotte Bousquet, Arachnae

Message par Marv le Mer 28 Mai - 15:07

Illustrateur : de Elvire de Cock
Edition Mnémos


"Des ténèbres des bas-fonds aux éclats de la cour royale, la cité d’Arachnae se livre dans toute son horreur et ses excès… Dans le secret des arcanes du palais se joue une guerre souterraine entre le prince Alessio et les Moires, qui remettent en cause sa légitimité. Dans les riches faubourgs de la ville, une secte démoniaque étend son influence sur l’aristocratie décadente de la cité. Dans le Labyrinthe, quartier sordide où se côtoient la misère et le vice, les autorités retrouvent des corps d’enfants torturés. Afin de résoudre ces crimes en série, la jeune bretteuse libertine Théodora doit s’allier à l’austère capitaine de la milice Tigrano Gracci… Se laisseront-ils engluer dans la toile mortelle de la destinée ?"


Illustrateur : Mélanie Delon
Edition Hélios



Farmace a écrit:Il convient, lorsqu’on lit beaucoup de littérature dite « de l’imaginaire » de toucher à tout si l’on veut pouvoir prétendre avoir un avis critique et pertinent sur un maximum de genres. 
C’est au détour du rayon Fantasy d’une librairie que je suis tombé sur Arachnae, livre dit de Dark Fantasy. Le quatrième de couverture m’a plu ; j’ai foncé.


L’histoire en quelques mots :

Theodora, une jeune femme formée à l’art de l’épée, aux mœurs libertines, se retrouve à l’issue d’un concours de circonstances fortuit (seulement en apparence, car comme on l’apprendra au fur et à mesure que les pages se tournent, que tout le monde manipule tout le monde dans cette histoire), engagée dans la traque d’un ou plusieurs assassins commettant des atrocités pour le moins innommables sur des enfants. Elle assiste donc un capitaine de la milice dans sa recherche de la clef de cette énigme pour le moins atroce. 


Car c’est autour de cela que tourne toute l’intrigue : une ville atroce ou mensonge, manipulation, violence, magie noire, prostitution, torture, et actes pédophiles sont légions. Arachnae, une ville qui sur la carte fait figure de furoncle renfermant la lie de l’humanité, et pourtant… 
Les Moires, sorcières prédicatrices œuvrent à la chute du prince de la ville, soucieuses de récupérer la part de pouvoir politique dont elles ont été départies. 
Ainsi, de découverte de cadavres d’enfants atrocement mutilés dont je préfère taire les détails, on passe de personnage en personnage à des histoires de complot, de quête de pouvoir, d’invocations démoniaques, d’orgies décadentes, où la notion de respect de la personne humaine semble totalement inexistante, exceptée peut-être chez cet officier de la milice qui pourtant apparait comme une personne relativement morne et résignée. 

En ce qui concerne le style littéraire même, on passe d’un langage parfois (mais rarement) soutenu, à une vulgarité particulièrement appropriée pour des personnages écœurants, tels que les macros, et autres gardiens de cloaques, en passant par un registre le plus souvent commun. D’office, la lecture a un je ne sais quoi de frustrant. 
L’héroïne, prometteuse aux premières pages, se perd dans les méandres de son incapacité à ressentir de véritables sentiments, au point que le choix de certains mots comme « amoureuse » semble décalé par rapport à la réalité de la situation.
En effet, on peut presque penser à une maladresse de l’auteure qui use de ce terme pour désigner une simple expression de désir couplée à la volonté d’échapper à une autre relation dans laquelle l’héroïne refuse de s’investir. 

Autre frustration, le livre, largement décrit comme « sensuel », « érotique », avec une héroïne tant « bretteuse » que « libertine » ne tient nullement ses promesses.
Il nous est vaguement dit que des orgies ont lieu, que tel ou tel personnages sont devenus amants, et il est frappant de constater en ce domaine une absence de détails presque décevante, quand pour les atrocités, tortures, violences (psychologiques également), ou descriptions faites en long et en large des mauvais quartiers, fréquentés par de toutes aussi mauvaises personnes, on a alors le son et les couleurs plusieurs chapitres d’affilée.
Non pas qu’avoir la description détaillée d’orgies soit une chose qui aurait apporté un second souffle au livre, car de souffle, on finit par en manquer tant certains passages finissent par se révéler fades. 

La « bretteuse » d’héroïne à laquelle on a affaire tient plus souvent son épée dans le cadre d’entrainement de jeunes recrues que dans des situations de combat réel, et c’est avant tout à une espionne que l’on a affaire, et non une guerrière. Femme d’action dont on suit les faits et gestes, on s’étonne de la rapidité à laquelle ce livre se lit, le lecteur avertit mettra deux jours (en prenant bien son temps pause-café incluse), sans que ladite héroïne ait véritablement fait quelque chose d’intéressant. 


Sans cesse on parle de destin, de prédestination, de choses appelées à se réaliser selon la volonté d’une Triple Déesse dont on entend pas mal parler sans pour autant que le sujet ne soit réellement approfondi. Telle est la véritable faiblesse de ce livre qui nous laisse sans cesse sur notre faim : une véritable absence de détails dans les domaines qui auraient mérités qu’on les creuse. 
Religion, magie, ordres et institutions diverses sont les clef de l’horrible ville décrite par l’auteure, et pourtant, on entend à peine parler de leurs implications réelles dans la toile d’un destin qui finit par nous donner envie d’aller lire autre chose.
Une véritable déception, car ce livre, et surtout l’univers dans lequel il prend place, contient un potentiel énorme, preuve que l’auteure sait où elle va, et sait ce qu’elle veut dire, ce qui achève de nous faire penser que pour être bien exploitée, cette histoire aurait dû avoir le double de pages. 

Enigmes résolues trop vite pour qu’il y ait eu un véritable suspense, absence cruelle de scènes de bataille marquantes, (je n’en ai personnellement retenue qu’une), on se ballade de scènes en scènes, de personnage en personnage, en ne doutant pas un seul instant du dénouement.
On se perd dans les méandres sentimentaux profondément inintéressants d’une Theodora intéressante mais cruellement dépourvue de charisme, même pas suffisamment attachante pour que son histoire nous donne envie de connaître le dénouement.


Pour tout dire, j’en suis venu à regretter que les personnages secondaires ne soient pas plus présents.Car ce livre a d’indéniables qualités, dont les personnages font souvent partie.
Outre l’univers riche et intéressant, quoique sous exploité, plusieurs personnages font mouche : une courtisane à la fois actrice sensible et courageuse espionne, un capitaine de milice au sens de l’honneur profond et à la bravoure indéniable, un prince manipulateur sans être cruel au charisme incontestable… 
Autant de personnages qui rendent pratiquement l’héroïne secondaire malgré le fait qu’on entend plus souvent parler d’elle… 

Autre qualité : un style littéraire fluide, assez riche et agrémenté de plusieurs poésies fort bien placées, qui nous permet d’avancer rapidement y compris quand l’absence d’action a tendance à nous faire regretter le bourrinisme parfois outrancier de Sir Gemmell.
Ce roman se lit vite et il serait injuste de ne pas reconnaître que Charlotte Bousquet sait nous conter avec un brio certain cette histoire au décor lugubre. 

En conclusion : Arachnae est un livre que l’on peut lire, mais lorsqu’on a pas grand-chose d’autre sous la main. Une héroïne pratiquement insipide, un univers frustrant car sous exploité alors qu’il présente beaucoup d’intérêt, un style fluide et agréable, une bien trop grande propension à nous relater l’ignoble là où le sensuel peine à réellement trouver sa place, une toile de destinée dont on nous rabat les oreilles au point que l’on s’en lasse, une intrigue globale où le suspense est insuffisant… 


Autant de choses faisant de ce roman de Dark Fantasy le genre de livre que l’on rangera par la suite dans sa bibliothèque pour ne plus l’en ressortir. 
A ne pas lire si vous êtes déprimé, le luxe de détails écœurants concernant les sévices et autres joyeusetés vous achèverait. A lire, si vous êtes en quête de glauque, de sombre, et d’atroce.

Un livre qui nous rappelle que la Dark Fantasy est un style propre ; alors, si vous cherchez à y trouver quoi que ce soit de l’Heroic, passez votre chemin.

FARMACE RHAIDEN
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Marv
Le Fléau des Démons

Date d'inscription : 18/04/2014

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