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Ronan Le Breton, entretien

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White Square Ronan Le Breton, entretien

Message par Marv le Mar 27 Mai - 23:15

RONAN LE BRETON
Scénariste de Bande Dessinée





Bibliographie :

_ Les Contes du Korrigan (10 tomes )
_ Les Contes de l'Ankou (3 tomes)
_ Légendes de la Table Ronde (3 tomes)
_ Arawn (5 tomes)
_ Les Chroniques d'Arawn (2 tomes )
_ Les voyages extraordinaires de Benjamin Thénor, au-delà des terres gelées (1 tome)

BLOG DE L'AUTEUR : 
http://ron.an.oriant.over-blog.com/

PAGE FACEBOOK DE L'AUTEUR : 
https://www.facebook.com/pages/Ronan-Le-Breton/27623794692

PAGE FACEBOOK COLLECTION SOLEIL CELTIC : 
https://www.facebook.com/soleilceltic?fref=ts



PARTIE I : Ronan Le flibustier !

_ Pouvez-vous nous expliquer en quoi consiste précisément le travail d'un scénariste et comment se tourne-t-on vers ce métier de l'écriture ? Quelles ont été les difficultés auxquelles vous avez été confronté pour faire éditer votre premier ouvrage ? 

Le scénariste écrit l'histoire, le déroulement de l'intrigue, le découpage (pages/cases) de la narration.
Il n'y a pas de formation de scénariste de BD, seulement de cinéma-TV. La plupart des scénaristes de BD viennent de tous les horizons : lettres, histoire, sciences, économie.
Pour un jeune scénariste, le premier pas est un parcours d'obstacle. Ce qui retient l'attention d'un éditeur est avant tout le travail du dessinateur. Il est donc important pour le scénariste de trouver un dessinateur, de qualité, qui réalise avec lui son projet pour qu'il ait une chance de signer son premier contrat.


_ Comment s'effectue le processus d'élaboration d'un scénario de BD ? En quoi est-il comparable ou différent de celui d'une série TV, d'un jeu vidéo ou d'un Film ? 

En général, le scénariste propose au dessinateur les idées générales, un synopsis (1 ou 2 pages), les personnages principaux. Une fois les deux auteurs d'accord sur ce premier jet, le scénariste rédige un découpage plus détaillé (4 pages minimum) qui donne lieu à un nouveau round de discussion. Puis, le scénariste attaque la rédaction du script, en général par "tranches" de 5-10 pages.

_Avez-vous de futurs projets de scénarisation sur d'autres supports que la BD et les jeux vidéo ? 

Pas vraiment. J'ai peut-être l'envie d'écrire des romans, seul.
Dans le jeu vidéo, c'est différent, je travaille à la commande, pour un éditeur (i.e. Ubisoft).

_En général, quelles sont les principales difficultés que vous rencontrez en phase préparatoire et en phase d'écriture d'un scénario de BD ? Dans ces moments-là vers qui vous tournez vous ? 

Tout dépend du projet : le point de vue, les personnages, leur voix.
En général, vers des confrères, je leur fais lire mon script ou mon synopsis, romanciers ou scénaristes : livre, BD ou jeu vidéo. C'est toujours utile de demander l'avis de quelqu'un qui a un regard extérieur, qui n'a pas écrit l'histoire.
Sinon, je relis les livres des maîtres ès scénario : Lavandier, Truby, Vogler, McKee, Seger, Chion...


_Généralement, avez-vous des exigences très pointues envers vos dessinateurs, script ultra précis avec notes, sur la mise en scène (gros plan, cadrage, couleurs, double page etc ...) ? A ce titre, concevez-vous des story-boards pour vos dessinateurs ? 

Je donne surtout quelques indications sur l'importance relative de telle case ou page. Pour les doubles pages, oui, je l'intègre dans mon découpage, car cela a une incidence non négligeable sur la narration de l'album. La BD franco-belge a un format standardisé : 46 pages couleurs, ni plus ni moins.
Pour le reste, je n'impose pas un story-board, c'est le travail du dessinateur, son pré-carré.


_Avez-vous déjà par le passé perdu la main sur la forme scénaristique d'une BD en raison des libertés prises par un dessinateur sur votre texte ? D'ailleurs qu'est ce qui peut vous agacer dans vos rapports avec les autres artistes intervenants sur vos scénarios ?

Non je ne pense pas. 
Qu'un dessinateur réalise une planche avant que je l'ai moi-même rédigée sous forme de scénario. Mais ça n'est jamais arrivé.

_Avez-vous dans votre bibliographie, des BD pour lesquelles la vision finale ne reflète pas le projet que vous aviez en tête initialement, et quand cela arrive, est-ce plutôt pour le mieux...ou le pire ?

En général, c'est pour le mieux... 
Je n'ai jamais écrit dans les scénarios d'Arawn que Siamh portait un string et un soutien gorge qui met en valeur son opulente poitrine. Je ne crois pas que les lecteurs s'en plaignent... 

_Quel est le récit publié à ce jour dont vous êtes le plus fier et reflète votre œuvre la plus personnelle ?

Les Voyages Extraordinaires de Benjamin Thénor (Ed Graine2). Un livre jeunesse, à la narration hybride qui mélange illustration, mise en page, texte et planches de BD. Graine2 nous a donné carte blanche pour raconter le voyage de Benjamin en passant d'un style narratif à l'autre. Nous nous sommes beaucoup "amusés", François et moi, à concevoir et raconter ce livre. C'était à la fois très libre et très technique : il a fallu penser tout le découpage en amont. 

_ En consultant votre bibliographie, on se rend compte que vous avez participé à lancer plusieurs jeunes scénaristes ou dessinateurs. Est-ce important pour vous de donner une chance à des nouveaux artistes tout en prenant un risque sur les délais et la qualité finale de la BD ?

Oui, c'est une aventure, avec tout ce que cela comporte comme risques, comme déconvenues. 
Je suis ravi d'avoir ainsi travaillé avec François Gomes. Ce fut l'occasion d'apprendre à se connaître, à travailler ensemble, et cela nous a permis de nous retrouver plus tard et imaginer les aventures de Benjamin Thénor (Ed. Graine2).

_Vous avez travaillé à plusieurs reprises sur des séries faisant appel à plusieurs dessinateurs, voir des co-scénaristes, aimez-vous ce travail partagé qui à le mérite d'accélérer la vitesse de parutions des BD ? Quelles sont pour vous les contraintes auxquelles vous avez étés confronté, notamment sur les contes du Korrigans et légendes de la table rondes dont la conception s'est faite sur ce principe de collectif d'artistes ? 

Contrairement aux idées reçues, la collaboration sur le scénario n'accélère pas le rythme d'écriture, elle le ralentit, car, à la différence de la collaboration artiste-encreur-coloriste (chacun a son champ d'intervention bien délimité), les co-scénaristes repassent sur le travail de leur binôme.
En ce qui concerne, les collectifs avec plusieurs dessinateurs, l'avantage est d'affecter chaque tandem sur un court récit, et pouvoir faire travailler des auteurs au planning très chargé (i.e. Aleksi Briclot, qui réalise beaucoup d'illustrations et des concept arts pour les jeux). 
Pour les BD au trait semi-réaliste (Les Contes du Korrigan), le résultat fonctionne dans l'ensemble, les différences de style se mélangent sans trop d'accroc. En revanche, pour les BD au graphisme plus réaliste (Légendes de la Table Ronde), cela saute plus facilement aux yeux. Les dessinateurs doivent être vraiment "raccords". C'est pourquoi je ne pense plus travailler sur une BD réaliste dessinée par différents illustrateurs.

_Pouvez-vous nous parler de votre implication dans la collection Soleil Celtic ainsi que de votre collaboration avec M. Jean-Luc Istin ? Quelle liberté éditoriale y avez-vous au regard des exigences de votre maison mère Soleil Productions ? Travaillez-vous essentiellement sur des œuvres de commande ou des projets personnels? 

Je suis ravi de faire partie de ces auteurs qui ont inauguré cette collection. Collection qui, après 10 ans, n'a cessé de croître et de se diversifier.
J'ai la liberté d'un auteur qui travaille pour un éditeur "mainsteam", dans une collection grand public. Je suis bien payé, mais je n'écris pas des BD pour un lectorat confidentiel. Mes récits doivent s'adresser à un public substantiel.
Si je veux écrire quelque chose de plus personnel, je n'ai qu'à me tourner vers un éditeur plus petit et accepter une avance moindre contre une plus grande liberté artistique. C'est une question d'équilibre économique (vivre de sa plume) et d'ambition artistique (faire des œuvres plus "originales").

_Alors que certains dessinateurs de BD deviennent de véritables sources d'idolâtrie pensez-vous que le travail des scénaristes n'est pas assez mis en avant ?

Je disais plus haut que le plus dur pour un aspirant scénariste est de vendre son premier projet. Pour cela, il doit trouver un dessinateur qui mettra son projet en valeur, et intéressera un éditeur. Regardez également, au festival d'Angoulême, les Grands Prix sont décernés à des dessinateurs ou des dessinateurs-scénaristes. Pas de Goscinny, de Van Hamme, de Dufaux,...
Ce que vous dîtes n'est donc pas nouveau. Cela changera-t-il un jour?...

_Les contes de korrigans ont été réédités récemment, en sera-t-il de même pour d'autres de vos écrits et particulièrement les Légendes de la Table Ronde qui sont désormais introuvables ? 

J'aimerais bien, mais, pour tout vous avouer, je ne peux vous l'assurer.


_ Pouvez-vous nous présenter votre dernier ouvrage (sortir au mois de juin de cette année) "LES VOYAGES EXTRAORDINAIRES DE BENJAMIN THENOR" ?

Je vous en ai déjà parlé plus haut. C'est notre bébé, à François Gomes et moi, et nous en sommes très fier. Il est magnifique ce livre, j'adore le travail que François a réalisé (au stylo noir et blanc) dessus.

_ Sur votre blog personnel, vous indiquez être auteur de romans, pouvez-vous nous en dire plus à ce sujet ? Avez-vous des manuscrits finalisés en attente d'édition et projetez-vous dans un futur (déterminé ou pas), de travailler sur une histoire bien précise ? (et si oui lorgnera-t-elle du côté de la fantasy ou du conte merveilleux) ?

J'ai publié des livre-jeux, introuvables maintenant. Et les Voyages de Benjamin Thénor. 
Je m'intéresse avant tout au genre, mais plutôt la littérature jeunesse/ado : merveilleux, fantastique, ou le roman noir adulte : polar.

_Avez-vous lu les derniers romans d'Oliver Peru "Martyrs" et Nicolas Jarry "Le crépuscules des dieux", tous deux également scénaristes de BD ? (Si oui), Qu'en avez-vous pensé ? 

Malheureusement non. En tout cas, j'entends beaucoup de bonnes choses à son sujet (O. Péru). Je suis très content pour lui.
Je lis peu de romans de Fantasy, surtout du fantastique, de l'horreur et du polar... si si...

_Peut-on imaginer un jour un grand cycle de romans fantasy basé sur Arawn ? 

Pourquoi pas, si un romancier se sent l'envie de le faire.

_ Y a-t-il un projet qui vous tient particulièrement à cœur, une histoire que vous aimeriez écrire depuis plusieurs années ? Celle-ci se traduirait sous la forme d'une BD, d'un roman ou les deux ? 

Tout est possible en effet. Je m'interdis rien. Tout dépend de l'oeuvre, de l'envie et de l'équilibre économique du projet (que chaque auteur y trouve son compte).

_ Toujours sur votre blog, vous postez assez régulièrement des poèmes qui se révèlent frais, légers avec une pointe d'humour. Quelle place accordez-vous à la poésie dans votre vie ? L'utilisez-vous principalement pour vous ressourcer et vous détendre, un peu comme d'autres peuvent regarder un film ou lire un roman ? 

C'était il y a un moment. Des essais d'écriture, des exercices de style. Aujourd'hui, je n'ai plus trop le temps ou je m'accorde plus trop le temps. En dehors de l'édition et des jeux vidéos, je donne des cours de scénario (d'écriture interactive surtout) et je m'implique dans le SNAC-BD (syndicat BD).

_ Quels sont les auteurs BD et Romans qui vous ont marqués dans votre enfance et vous ont inspirés pour vous lancer dans cette carrière ? Avez-vous des auteurs contemporains qui vous suivez assidument (BD et romans) ? Y trouvez-vous parfois des sources d'inspirations pour vos propres écrits ? 

Adolescent, étudiant, j'ai adoré les livres Stephen King (ça, La Part des Ténèbres), Clive Barker (Imajica), Frank Herbert (Dune), Moorcock (Elric), Robert E. Howard (Conan), Anne Rice (Entretien avec un vampire). 
Aujourd'hui, je suis ravi d'avoir découvert les écrits de Glen Cook (Annales de la compagnie noire), David Farland (Les Seigneurs des runes), China Miéville (Perdido Street Station), Joe Lansdale (Les Marécages), Thomas H. Cook (Les Feuilles mortes), Pete Dexter (Deadwood), Christopher Moore (Un Blues de Coyote), Jean-Philippe Jaworski (Gagner la guerre), Cristopher Priest (Le Prestige, Le Glamour), Jean Vautrin (Le Roi des ordures), Guillermo Arriaga (L'Escadron Guillotine), Massimo Carlotto (Arrivederci Amore, ciao)...


_Vous semblez être un grand passionné de Bretagne, d'histoires, de légendes, de mythologie… Quelle serait pour vous l'histoire légendaire dont l'adaptation représenterait le plus grand défi de votre carrière ? 

Ce fut mes premières lectures, avant que je ne me plonge dans le monde des jeux de rôles au collège...
J'aimerais adapter Beowulf, mais pour l'instant, mes propositions n'ont pas rencontré une lecture et une écoute attentives. 

_ Connaissez-vous certains romans de David Gemmell ? Si oui : selon vous Rigante, Légende ou le cycle de Troie de ce même auteur, feraient elles de bonnes adaptations BD (ou d'autres) ? Avez-vous lu des romans que vous auriez aimé adapter en BD ou que vous avez imaginé adapter en BD ?

Je n'ai malheureusement lu qu'un livre de lui, l'accroche de la 4e de couverture m'avait plu. Légendes. J'ai bien aimé. C'est très épique. J'ai adoré sa vision des "Trentes", ces moines guerriers, qui doivent tous se sacrifier, sauf un, pour que le cycle continue, encore et encore...


Par Laurent Marv 

http://avalonfantasyforum.bbfr.net/t582-entretien-avec-ronan-le-breton-11-septembre-2013
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Marv
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White Square Re: Ronan Le Breton, entretien

Message par Marv le Mar 27 Mai - 23:17

PARTIE II : Ronan Le barbare ! 
(Questions centrées sur l'univers d'Arawn )



1) Quand le projet Arawn a-t-il vu le jour ? (pendant ou après l'écriture des légendes de la table ronde) ? Est ce à la base un projet personnel ou un œuvre de commande suggéré notamment par votre ami Jean-Luc Istin ? Parmi toutes les figures légendaires gaéliques, qu’est-ce qui a motivé le choix précis de personnage en particulier ? Est-ce le fait, que tout comme le personnage de la BD Slaine (mythologie Irlandaise) qu’on ne sait finalement pas grand-chose sur lui et qu'il est plus facile de s'approprier un personnage dont l’histoire reste ponctuée de nombreuses zones d’ombres ?

A la fin du tome 3 des Légendes de la Table Ronde. Jean-Luc Istin m'a dit que le personnage d'Arawn était charismatique et méritait une série à part entière. J'ai alors réfléchi à la question et je me suis penché plus en détail sur les légendes d'Arawn et de Bran le Béni.
En effet, je trouvais intéressant de partir d'un personnage peu "marqué", à la "biographie" assez floue et méconnu du lectorat français. J'avais ainsi, contrairement aux Légendes de la Table Ronde, une grande liberté de réinterprétation du personnage.

2) Alors que les Légendes de la table ronde rendaient hommage à l'esprit des romans courtois moyenâgeux dans la forme comme dans le fond (Chrétien de Troyes entre autre), la série Arawn s'apparente plus à un récit sauvage de dark fantasy rappelant les plus violents récits de Frazzetta ou d' Howard. Qu'est ce qui a motivé ce virage à 180 ° ? 

Sébastien et moi voulions changer de direction, nous ne voulions pas continuer dans l'esprit du roman courtois. C'est ce que souhaitait également notre éditeur : Jean-Luc Istin.

3) Bien que Sébastien Grenier ait apporté sa contribution au troisième tome des légendes, Aleksi Briclot avait, lui, écrasé la concurrence par sa prestation remarquable sur les deux premier volumes de cette même série. Qu'est ce qui a motivé le choix du dessinateur ? 

Sur Arawn?... 
Tout simplement parce que Sébastien avait un potentiel, une envie et une grande disponibilité, pour aller au bout d'un album entier. Un album qui inaugurait une suite, donc d'autres volumes à faire dans la continuité.


4) Arawn est bourré de références aux mythes celtes et païens (alors que les légendes de la table ronde puisaient dans la mythologie arthurienne et chrétienne), quels ont étés vos supports écrits sur lesquels vous avez puisé vos idées ?

Les légendes galloises et irlandaises, majoritairement. Et des épisodes mythiques tirés de la mythologie grecque ou des sagas nordiques/scandinaves.


5) Dans votre adaptation d’Arawn, on relève un graphisme frappé de gigantisme et de scènes dantesques, au point qu’on a l’impression d'assister à un véritable « Choc des titans celtes » à plusieurs reprises. Cela vient-il d’une volonté personnelle de donner un souffle épique surdimensionné au récit ou cela découle-t-il plus d’une volonté de donner au récit une dimension supérieure ? Ou est-ce la personnalité, le style et les influences de Sébastien Grenier qui ont contribué à cette identité graphique ? 

Les deux "mon capitaine". Sébastien a un style très "super héroïque", réaliste mais démesuré. En cela, il est le digne héritier de Bisley. Et le récit s'est peu à peu orienté dans une voie surdimensionnée... Une version très européenne (Dark Fantasy) d'une saga de Super Héros. Un "Slaine" made in france.
La BD de Super Héros US s'inspire de la mythologie occidentale, elle raconte la vie de demi-dieux aux super-pouvoirs qui défient le destin ou les dieux. C'est un juste retour des choses. Avec Arawn, la légende reprend, en forme de clin d'oeil, les codes des comics.

6) A propos de gigantisme, on retrouve nombre de créatures exceptionnelles, tels que les géants des montagnes, des dragons, et même une déesse de la guerre en personne ! Dans ce « bestiaire » impressionnant, qui emprunte bien au-delà des mythes celtiques, à quoi peut-on s’attendre pour les prochains tomes ? 

Pas de spoiler... Vous verrez bien... 

7) Outre les créatures, le scénario est marqué par nombre d’objets légendaires : l’Epée Noire, le Bâton des Sylves, les Osselets du Destin, le chaudron de sang, la hache du soleil, le manteau des ombres… sont-ils tous issus de légendes véritables ou pour certains de votre imaginaire personnel ? S’avèreront-ils importants pour la suite des événements comme ils l’ont déjà été jusqu’à présent ? 

Certains sont des attributs celtes, réinterprétés : le chaudron (de Bran existe "réellement"), le bâton des Sylves (la lance du dieu Lugh) . D'autres proviennent de mythes occidentaux (le Manteau des Ombres s'inspire de la cape d'invisibilité du dieu Hadès)...

Arawn est une BD marquée par des personnages hauts en couleur (faisant référence pour certains à des personnages véritables tel que Arawn, Bran, Math etc..) ; littéralement parfois lorsque leurs yeux s’illuminent sous l’effet de la rage et du désir de combattre. Comment définiriez-vous la personnalité d’Arawn ? Nous le découvrons tour à tour sauvage, sans pitié, on le voit en amoureux transi puis en vaincu désespéré, ainsi qu’en dieu des enfers désœuvré. Un statut quelque peu ambigu, non ? Siamh, la mère de notre quarteron principal est pour le moins spéciale elle aussi. Persuadée que Math est l'élu, elle lui apporte son soutien malgré ses nombreux excès et une sauvagerie innommable. Sa relation à Arawn est elle aussi ambigüe : alors qu’elle ne prend jamais son parti lors des conflits, l’a abandonné et semble le mépriser plus que tous ces autres fils, elle lui vient en aide pour son épreuve en lui confiant un artefact (un miroir) ce qu’elle n’avait pas fait pour ses autres fils. Qu’auriez-vous à nous dire à son sujet pour définir ses origines, sa psychologie, pour éclaircir ses motivations ?

"Les Hommes ne changent pas, ils sont changeants" disait un sage. J'ajouterais que nous percevons les autres en fonction du contexte, de ce qu'ils disent ou font. L'être humain est complexe et toujours déroutant, il ne supporte pas d'être réduit à un schéma univoque. Si Siamh n'était simplement qu'une mère qui veut la mort de son fils, Arawn serait déjà 6 pieds sous terre et il n'y aurait pas de conflit et encore moins de récit.... 


9) Un détail concernant le physique de ce personnage : elle ne semble pas prendre une ride entre le moment où elle rencontre son époux, Dag, et celui où ses enfants ont grandi. Un choix esthétique volontaire pour faire d’elle une héroïne intemporelle, pour suggérer une ascendance divine ? Un simple oubli du dessinateur ? Quid de ce sujet ? 

C'est expliqué au début du le tome 4. Il faut le relire.


10) Plus généralement, y a-t-il un de vos personnages dans cette BD suscitant votre empathie, une forme d’identification ? Avez-vous un personnage préféré issu de cet univers, et si oui, lequel ?

Owen... J'adore l'écouter, il est la voix de la contradiction... à défaut de la raison.


11) Vous aviez déclaré que le tome 5 devait être le chapitre final. Nous en sommes à 5 tomes à présent et un sixième est prévu dans les mois à venir. Quelle fut la raison de ce revirement ? Le succès de la série a-t-il eu une influence ? Avez-vous une idée précise à ce jour du nombre de tomes (hors chroniques d’Arawn) qu'il reste avant que le mot « fin » ne vienne être apposé au bout de cette histoire ? 

Dès le tome 2, j'ai dû reconsidérer mon découpage. J'avais vu trop juste. Ce récit est une saga, une fresque, il lui faut de l'espace pour pouvoir se dérouler sous nos yeux ébahis... 


12) Pour en revenir aux artefacts, un fait est intriguant concernant le chaudron forgé par Bran : il le fait en une nuit à peine, et il s’agit d’une pièce monumentalement puissante, liée aux enfers et (Aux personnes lisant l’interview, alerte spoiler) parvenant à venir à bout de la déesse de la guerre dans le tome 5. L’apparente simplicité avec laquelle cet artefact unique est créé est troublante étant donné son importance. Qu’en est-il de ce point en particulier ? 

On est dans la légende, dans le mythe. Les personnages de la saga n'ont d'humain que l'apparence, ils ont la stature de dieux, de demi-dieux, d'esprits.
Pour rappel, le Dieu de l'ancien testament a fait le monde en 7 jours, en fait, 6... alors un chaudron.... 


13) Idem pour le bâton des sylves ou la hache de Math qui peuvent respectivement déchaîner les pouvoirs de la terre et être trempé dans la lave sans dommage : ces deux objets étaient la propriété de Dag (créé par lui pour le second), qui n’est pas présenté comme un magicien, un druide ou un sorcier. D’où viennent les capacités uniques de ces artefacts ? Y a-t-il des choses que nous devrions apprendre sur Dag ? 

Pas pour l'instant. Dans un récit parallèle, une chronique peut-être... 


14) L’histoire d’Arawn semble approcher de son dénouement. Exception faite des chroniques revenant sur l’histoire plus détaillée des différents personnages, une suite est-elle à prévoir ?

Le tome 6 est le dernier... Les deux lignes narratives (la saga et le face à face entre Arawn et Owen, dans le château de la Terre Brûlée) vont se rejoindre à la fin de ce livre... Toutefois, nous discutons actuellement d'un second cycle.


15) Pour les chroniques d'Arawn, vous avez choisi le concept de un dessinateur par volume. Peut-on espérer le retour d'Aleksi Briclot sur un tome concernant le passé de Dag ou nous relatant les péripéties de Bran (après les événements du tome 2 des chroniques) par exemple ? 

Un magnifique casting, malheureusement, Aleksi est bien trop occupé avec le studio qu'il a co-créé (Dont-Nod) et ses travaux dans l'édition de jeu et le jeu vidéo.


16) La série Arawn est maintenant publiée à l'international (USA, Allemagne...), peut-on considérer que vous avez changé de statut ? Cette nouvelle notoriété commence-t-elle à vous ouvrir d'autres portes ? 

Pour l'instant non... Affaire à suivre... 


17) Et terminons par une note plus personnelle : si vous pouviez avoir l’un des objets appartenant aux divers personnages de cette série, lequel choisiriez-vous ? Merci infiniment de vos réponses et au plaisir de pouvoir vous contacter à nouveau. 

La Lame de la Nuit ou la Hache du Soleil.


Par Farmace Rhaiden

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