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Miles Cameron : Renégat

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White Square Re: Miles Cameron : Renégat

Message par Albéric le Ven 22 Aoû - 14:16

Derfel a écrit:Vive les bouquins avec un lexique pour les personnages principaux.
C'est un soulagement quand l'auteur y pense !
(Brent Weeks, Michael J. Sullivan...)

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White Square Re: Miles Cameron : Renégat

Message par Albéric le Lun 25 Aoû - 10:49


« Le temps des hommes est fini. Ne le vois-tu pas ? L’humanité a perdu. Le Monde Sauvage va l’écraser, et, dans moins de dix mille couchers de soleil, le jeune faon et l’ourson demanderont à leur mère qui a construit les routes pavées, et les fées pleureront la disparition de leur jouet préféré. Maintenant déjà, l’humanité n’est plus qu’un pâle reflet de ce qu’elle était. Mais il est vrai que tu es à peine humain. Pourquoi lui restes-tu fidèle ? »
Il y a parfois du Tolkien chez Cameron. C'est pour cela que c'est très bien, mais c'est aussi pour cela que c'est un peu lourd à lire...

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White Square Re: Miles Cameron : Renégat

Message par Marv le Lun 25 Aoû - 13:39

Je suis un très mais alors un très grand inconditionnel de Tolkien, d'où je ne te suis pas du tout dans l'association que tu tentes de faire entre lui et Cameron. Que ce soit au niveau du style que du fond y a beaucoup trop de différences pour associer les deux noms. (relis, ne serait'ce que, le premier chapitre du seigneur des anneaux pour t'en convaincre)
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White Square Re: Miles Cameron : Renégat

Message par Albéric le Lun 25 Aoû - 13:53

C'est sûr que Richard Plangere qui dirigeait le conseil de surveillance du Monde Sauvage qui finalement s'allie à lui pour conquérir l'Alba, et qui contrôle Harmodius par un sortilège d'affaiblissement, et qui rassemble ses forces de "peaux vertes" pour assiéger une forteresse où toute la population de toute une région s'est réfugiée, cela ne ressemble pas du tout un revival de Saroumane, mais alors pas du tout... ^^

Et puis des trucs comme ça, j'en ai repéré pas mal... mais j'aurais du mal à qualifier de cycle de tolkienien car l'auteur s'inspire également, et sans doute plus ouvertement, de Katherine Kurtz, de Celia Friedman, de Glen Cook et de Steven Erikson.


Dernière édition par Albéric le Jeu 7 Mai - 9:40, édité 1 fois

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White Square Re: Miles Cameron : Renégat

Message par Marv le Lun 25 Aoû - 15:14

Albéric a écrit:
C'est sûr que Richard Plangere qui dirigeait le conseil de surveillance du Monde Sauvage qui finalement s'allie à lui pour conquérir l'Alba, et qui contrôle Harmodius par un sortilège d'affaiblissement, et qui rassemble ses forces de "peaux vertes" pour assiéger une forteresse où tout la population de toute une région s'est réfugiée, cela ne ressemble pas du tout une revival de Saroumane, mais alors pas du tout...

Pas trop non..., Richard Plangère n'a pas grand chose à voir avec Saroumane, en l’occurrence l'un est maître de son destin (R.P), l'autre en est esclave (Sa). 
L'un a choisit de trahir, l'autre s'est fait asservir.
L'un se pose en défenseur de la nature et du monde sauvage, l'autre est bras droit de Sauron, un être qui incarne le mal absolu.
R.P agit pour la défense d'une cause, l'autre pour la domination pure et simple.
Leurs personnalités et leurs motivations ne sont pas du tout semblables non plus.

Le coup de la forteresse est un classique, dans le livre de Tolkien le gouffre de Helm est le dernier refuge des hommes du Rohan contre l'anéantissement/ asservissement.
Dans le livre de Cameron, c'est plutôt un Dross Delnoch, la dernier forteresse qui protège le monde des Hommes.

Dans le livre de Cameron, les forces du monde sauvage  jettent leurs dernières forces dans un ultime assaut afin de tenter de reprendre des terres qu'ils estiment leurs appartenir, avant surtout de ne plus être en mesure de pouvoir le faire...
C'est plus une opposition christianisme/ paganisme, avec une notion du mal beaucoup plus subtile que chez Tolkien pour le coup.
Reste un écriture d'un grosse lourdeur qui me fait plus penser à chretien de Troye qu'à Tolkien lol
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White Square Re: Miles Cameron : Renégat

Message par Albéric le Lun 25 Aoû - 15:25

@ Marv
Dans le livre de Cameron, les forces du monde sauvage  jettent leurs dernières forces dans un ultime assaut afin de tenter de reprendre des terres qu'ils estiment leurs appartenir, avant surtout de ne plus être en mesure de pouvoir le faire.
Pourtant, Thorn et le Dragon d'Erch disent exactement le contraire à la fin du livre : c'est l'humanité qui est en train de perdre face au Monde Sauvage qui n'a reculé que parce qu'il est encore plus divisé que l'humanité. D'où la citation d'ailleurs.

en l’occurrence l'un est maître de son destin (R.P), l'autre en est esclave (Sa). L'un a choisit de trahir, l'autre s'est fait asservir.
Il faut choisir : tu ne peux pas être maître de ton destin si tu es asservi...


L'un se pose en défenseur de la nature et du monde sauvage, l'autre est bras droit de Sauron, un être qui incarne le mal absolu.
R.P agit pour la défense d'une cause, l'autre pour la domination pure et simple.
Pourtant R.P passe son temps à rouler des mécaniques pour montrer qu'il est le plus fort et qu'on doit lui obéir, et à clamer qu'avec le puits de Lissen Karak les autres Puissances devront compter avec lui...

Le coup de la forteresse est un classique, dans le livre de Tolkien le gouffre de Helm est le dernier refuge des hommes du Rohan contre l'anéantissement.
Dans le livre de Cameron, c'est plutôt un dross Delnoch, la dernier forteresse qui protege le monde de l'humanité.
Pourtant le capitaine fait x discours sur le fait qu'il ne faut pas se rendre sinon la population réfugiée se ferait dévorer par les boguelins ou les irques...

Je ne vois pas en quoi les 2 personnages sont si différentes derrière le discours pseudo écolo de R.P., qui explique plusieurs fois qu'il a rallié le Monde Sauvage parce que la magie verte (le Côté Obscur quoi) est plus puissante et lui a assuré l'immoralité...

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White Square Re: Miles Cameron : Renégat

Message par Marv le Lun 25 Aoû - 15:38

Thorn aurait certainement gagné a être un peu moins sûr de lui, être un peu moins suffisant aussi mais çà n'en fait pas un saroumane pour autant désolé. 
D'ailleurs je ne me rappelle pas pendant la lecture du roman avoir eu le sentiment que dans le livre c’était véritablement le monde sauvage qui représentait la plus grosse menace à venir.
D'autant plus que le monde sauvage c'est aussi dans le roman, les loups, les ours etc.. tout ce qui représente l'animalité.
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White Square Re: Miles Cameron : Renégat

Message par Albéric le Lun 25 Aoû - 15:49

Marv a écrit:D'ailleurs je ne me rappelle pas pendant la lecture du roman avoir eu le sentiment que dans le livre c’était véritablement le monde sauvage qui représentait la plus grosse menace à venir.
Le Soleil Noir, l'Antéchrist d'Alba, le mage royal Harmodius di Silva et la célèbre hermétiste Sophie Rae, à la tête d'un cabale de magiciennes, ont du mal à tenir tête à Thorn, qui explique à plusieurs reprises qu'il veut l'emporter avant d'attirer l'attention des véritables puissances du Monde Sauvage... oui le Monde Sauvage est une menace, si ses Puissances n'ont pas déjà mis la main sur les royaumes humains (comme le Dragon d'Erch le suppute concernant l'Extrême-Orient).

Après chacun sa vision du truc, mais comme l'auteur avoue être fan de Tolkien, il ne faut pas non plus s'étonner de quelques ressemblances ici ou là hein.
(d'ailleurs DG qui adorait Tolkien mais voulait faire l'exact contraire lui a emprunté qques trucs quand même, mais j'en reparlerai dans les topics dédiés)

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White Square Re: Miles Cameron : Renégat

Message par Albéric le Jeu 7 Mai - 10:03

Concernant le tome 1 : Le Chevalier Rouge

Dommage que la traduction VF nous prive d’une des plus importantes clés de lecture du roman.
En VF le cycle est nommé Renégat, en VO il est nommé The Traitor Son. Ce dernier est un clin d’œil au plus célèbre traître de l’imaginaire collectif : Mordred, le fils illégitime du roi Arthur !
Car l’auteur détourne les mythes arthuriens pour nourrir sa propre saga :
- Arthur devient le Roi d’Alba (jamais nommé en 825 pages, parce que le lien est plus qu’évident pour les Anglo-saxons)
- l’antipathique Mordred, celui par qui le malheur arrive, devient le sympathique Gabriel, un jeune homme qui refuse le rôle d’Antéchrist écrit pour lui par sa mère qui n’est que haine et venin pour tout le genre humain
- Guenièvre devient Desiderata, une sublissime pimbêche narcissique courageuse et volontaire
- Merlin devient Harmodius di Silva, un mage arrogant dévoré par la curiosité scientifique
- Lancelot devient Jean De Vrilly, un chevalier ambitieux et fanatique (on me souffle dans l’oreille qu’il est inspiré de Jean de Grailly, un chevalier gascon présenté comme un parangon de chevalerie durant la Guerre de Cent Ans)
- Gauvain devient Gawin Murien, un chevalier poissard et geignard


Quelque part, l'auteur a tout compris : il nous offre un univers médiéval-fantastique vraiment médiéval et vraiment fantastique ! Finis les goulbi goulba de batailles et d’intrigues ayant pour cadre des Moyen-Âge de carnaval ou de carton pâte, car ici on revient à l’authentique et à l’essentiel : la civilisation des oratores (ceux qui prient), des bellatores (ceux qui combattent), et des laboratores (ceux qui travaillent).
- niveau oratores, on pioche dans le christianisme avec moult références latines. On oppose de manière manichéenne, au sens premier du terme, chrétiens serviteurs de Dieu qui puisent dans la puissance du Soleil et païens serviteurs de Satan qui puisent eux dans la puissance de la Terre, et Saint George, Saint Thomas, Saint Christophe et toute la compagnie sont régulièrement mis à contribution !
- niveau bellatores, on pioche dans la féodalité pour nous montrer une compagnie militaire où travaille ensemble chevaliers, hommes d’armes, écuyers, valets et archers. Pour tout le reste, on respecte à la lettre les relations suzerain / vassal, les relations entre paysans et seigneurs protecteurs, les règles de l’adoubement…
- niveau laboratores, on dépeint par petites touches les nombreux métiers qui gravitent autour des châteaux et des monastères : paysans, couturières, lavandières, forgerons, charrons...
On sent bien que l’auteur canadien maîtrise son sujet et porte un regard bienveillant sur cette période, en nous faisant partager ses deux passions lors de nombreux passages riches et bien détaillés : l'artisanat médiéval et l'escrime médiévale.
Après s’il nous immerge joliment dans ses scènes de bataille nombreuses et variées, force est de constater qu’il n’est pas toujours facile d’avoir une vue d’ensemble sur les événements... Qui empruntent peu ou prou à la fameuse bataille de Rorke's Drift ou une centaine de britanniques tinrent en respect plusieurs milliers de Zoulous. Voilà qui vient fortement remettre en cause les critiques de ceux qui ont ragé contre l’invraisemblance des scènes de baston et qui explique mine de rien pas mal de trucs (un lieu religieux assiégé, l’importance stratégique d’un pont, l’implication des blessés et des civils, l’infirmerie mise parfois au premier plan du conflit…).

Niveau worldbuilding, en fait on a supprimé l'Océan Atlantique, et les grandes espaces américains ne sont séparés des collines écossaises et des plaines britanniques que part un remake du Mur d’Hadrien, une grande muraille construite par les hommes pour les protéger des barbares et des créatures du Monde Sauvage dont certains protagonistes empruntent tellement aux amérindiens Iroquois et Algonquins que quelques petits anachronismes sont parfois commis (scalps, mocassins, épis de maïs...).
Pour le reste Alba = Angleterre, Galles = France, Ibéria = Espagne, Morée = Grèce, Empire = Byzance, Archaïques = Romains… et la suite de la saga nous amène dans les équivalent de l’Afrique du Nord, du Proche-Orient et de la Turquie… sans parler des banques étrusques ! ^^
L'auteur canadien a réalisé ce que je réclame depuis des années à savoir bien marier les héritages européens aux héritages nord-américains, plutôt que de tourner en rond en recyclant une histoire anglaise matinée d'allégories sur l'opposition entre Vieux Monde et Nouveau Monde comme l'ont fait bien trop d'auteurs étasuniens pas toujours très inspirés...
Car ici le Monde Sauvage est une métaphore de l’Amérique précolombienne : entre la novice Amitia qui m'a fait penser à la Candice Bergen du Soldat Bleu et l'esclave Peter qui m'a fait penser au Richard Harris d'Un Homme nommé Cheval, les réminiscences des westerns contestataires des années 1970, voire des westerns pro-indiens est-allemands sont légions.


S'il a déjà écrit moult romans d'espionnage et moult romans historiques, l'auteur canadien rédige ici son premier ouvrage fantasy. Et s'il n'échappe pas à ses influences dans le genre, il les assume en toute honnêteté, ce qui est tout à son honneur :
- de Katherine Kurtz, il se rapproche par les descriptions réalistes d’un univers médiéval fantastique
- de Celia Friedman, il se rapproche par le magicbuilding élégant certes mais pas toujours facile à appréhender
- de Glen Cook, il se rapproche avec Michael l'écuyer, annaliste d'une compagnie de mercenaires hauts en couleurs, mais à l'espérance de vie toujours battue en brèche
- de Steven Erikson, on retrouve la galerie de POVs élaborée, le foreshawdowing sophistiqué, les scènes d’action parfois blockbusteriennes, parfois intimes et sans concession, mais aussi le grosbillisme parfois relou…

Dans les qualités on peut penser à un mélange entre David Gemmell et Greg Keyes (les combats contre les créatures du monde sauvage ne sont pas loin de ceux contre les Unis, de par leur violence et leur crudité), mais dans les défauts on peut aussi penser à un mélange entre Ken Folett et Steven Erikson.
La lecture est rendue ardue par une galaxie de personnages qui veulent nous raconter le conflit par absolument tous les POVs possibles et imaginables (chevaliers, hommes d’armes, valets, écuyers, archers, charretiers, tailleurs, prostituées, couturières, religieuses… mais aussi barbares et créatures diverses et variées !). Si c’est parfois admirablement fait, comme ces batailles où on glisse très naturellement d’un camp à un autre, c’est parfois lourd voire indigeste.
Spoiler:
- pourquoi intégrer s’attarder initialement aussi longuement sur les POV de ser John Crayford, de ser Alcaeus, de Rayon du Soleil et de Nénufar, si c’est pour que les personnages disparaissent complètement du récit une fois passé un certain cap ?
- pourquoi raconter toutes les (més)aventures de Random et Gawin si c’est pour qu’ils disparaissent du récit une fois arrivés à Lissen Karak ?
- pourquoi s’attarder longuement sur le destin de Peter, si c’est pour ensuite l’oublier pendant des centaines de pages ?
- pourquoi suivre sur 400 pages des personnages qui vont mourir salement à la première escarmouche ?
Si tout cela ne suffisait pas, il y a pleins de petits trucs qui n’aident pas non plus !
Certains personnage sont nommés tantôt par leur nom, tantôt par leur titre ou leur fonction, tantôt par leur diminutif, tantôt par leur surnom… C’est d’autant plus pénible qu’ils sont particulièrement nombreux. Certains se payent même le luxe d’être nommés à quelques pages de la fin voir de ne jamais être nommé du tout (comme le roi d’Alba qui n’est jamais nommé autrement que « le roi », alors qu’on nous donne le nom de son père et de son grand-père ! c’est fort de café hein…)
De la même manière le bestiaire est nommé différemment selon l’appartenance à un camp ou à un autre… C’est frustrant d’attendre 400 voire 500 pages avant d’avoir une vue d’ensemble sur les créatures du Monde Sauvage.
Bref pourquoi compliquer les choses sans offrir au lecteur un dramatis personae digne de ce nom ? Pour copier son mentor Steven Erikson, l’auteur qui écrit des livres incompréhensibles sans un wiki à portée de clic ??? Et puis une carte, c’était trop demander aussi…


A ce jeu là des éléments centraux du récit sont traités un peu trop légèrement :
* Le whodunit du traître, qui est quand même à l’origine de l’engagement de la compagnie du Chevalier Rouge dans le conflit s’avère maladroitement ficelé
Spoiler:
On nous dit qu’on a lancé de vastes investigations pour découvrir son identité, mais on ne voit jamais personne investiguer.
Comme il n’y a pas de fausses pistes, le coupable saute aux yeux très rapidement, tout le monde semble s’entendre sur son identité, mais on le laisse sévir jusque dans les derniers moments du roman avant de dire « ah oui, c’était lui en fait ! »… Plus que maladroit, c’est un peu bidon tout ça ! Ben oui vu son niveau d’information, l’espion de Thorn est haut placé et cela ne peut pas être une des sœurs ou des novices puisque qu’elles sont toute reliées mentalement à l’abbesse via le puits de magie.
Donc depuis le départ il n’y a guère qu’un seul véritable suspect, allié au Monde Sauvage malgré son fanatisme religieux anti Monde Sauvage bravo la cohérence, et au bout d’1 mois de conflit l’affaire n’est toujours pas réglée…
* Le grand secret de Lissen Carak est balancé, comme pas mal d’éléments importants du roman d’ailleurs (genre la véritable identité du Chevalier Rouge), au sein d’un dialogue anodin de prime abord, mais le souci est un peu plus profond encore !
Spoiler:
La mise en place du roman insiste sur l’opposition entre magie divine et magie démoniaque, mais tout se déroule dans un couvent de bonnes sœurs dévouées à la magie blanche qui exploitent une puissante source de magie verte, et on ne rencontre quasiment que des personnages qui sont à la frontière des 2 types de magies… Thorn a changé de camp, Gabriel et Amitia ont été élevés dans l’autre camp, Desiderata et Harmodius testent les frontières entre les 2 mondes, et Sophie Rae explore la 3e voie avec la bénédiction de l’Ordre de Saint Thomas qui utilise les 2 formes de magie depuis des siècles.
Cela aurait eu plus de sens de bien d’exposer l’opposition entre les deux formes de magies dans le tome 1, pour la faire voler en éclat dans les tomes suivants plutôt que d’envoyer valdinguer aussi tôt les présupposés du worldbuilding et du magicbuilding
* les romances sont un peu fleur bleue, c’est la marque de fabrique de l’auteur ^^
Spoiler:
Au 1er regard on a le béguin, au 2e regard on a le coup de foudre, au 3e regard on se demande en mariage quand on ne se jure pas un amour éternel… Je comprends que traumatisé par une mère toxique, Gabriel rechercher des figures maternelles bienveillantes, et trouve en la novice Amitia une âme sœur car elle aussi enlevée à l’humanité pour être élevée dans le Monde Sauvage… Mais cela reste fleur bleue quand même. ^^
- le joli magicbuilding n’est pas toujours super compréhensible
Spoiler:
J’ai mis un temps fou à comprendre que les passages en italique concernaient le monde éthéréen et pas des flashbacks, des communications télépathiques ou la schizophrénie du personnage principal. Alors si on ajoute les équations magiques, les incantations ésotériques et les théories des ensembles… il faut quand même s’accrocher pour tout piger hein !

Après, comme son modèle Steven Erikson, on fait moult foreshadowing : plein d’éléments du tome 1 trouveront sans doute leur(s) explication(s) dans plusieurs centaines ou plusieurs milliers de pages, et il faudra relire tout cela pour se dire « mais oui, voilà où il voulait en venir ! »
Spoiler:
Que vont devenir les frères de sang Celui-Qui-Donne-la-Mort (Ota Qwan) et Celui-Qui-Donne-la-Vie (Peter) ?
Pourquoi insiste-on sur la découverte de la poudre noire et des armes à feu via le POV de l’apprenti Edward ?
Pourquoi insiste-on sur la sombre transfiguration de Gawin pour ne plus en parler ensuite ?
Pourquoi le dragon d’Erch fait-il semblant de n’avoir pas (pré)vue l’invasion de Thorn ?
Pourquoi les fées ont-elles ressuscité Ranald Lachlan et pas Hector Lachlan ?
Quels sont les jeux de pouvoirs entre les Grandes Puissances ?
A quoi joue donc ce Taxiarque qui manipule Jean De Vrilly ?


Bref, l’auteur a aussi les défauts de ses mentors fantasy (voir mes critiques sur les ouvrages de ces derniers) et si c’est très bien, il y a avait largement moyen de rendre tout cela plus simple donc plus accessible !
Je déconseillerais fortement de lire le roman d'une seule traite : il s'agit d'un gros pavé bien touffu, et certains partis-pris narratifs peuvent être sacrément enquiquinants. Et puis on a des centaines de pages d'escarmouches, d'embuscades, de batailles et de guerres... L'auteur se fait plaisir, mais cela peut être répétitif à la longue.
Mais on est clairement dans le 1er tome ambitieux d’un cycle clairement ambitieux !!!

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White Square Re: Miles Cameron : Renégat

Message par Derfel le Jeu 7 Mai - 21:08

Eh bien, c'est toute une analyse que celle-ci. Bravo Albéric !

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White Square Re: Miles Cameron : Renégat

Message par Albéric le Ven 8 Mai - 6:30

Derfel a écrit:Eh bien, c'est toute une analyse que celle-ci. Bravo Albéric !
Quand il y a de la matière littéraire, il y a toujours beaucoup à dire. Je tiens aussi à dire qu'auteur et éditeur ont un peu corrigé le tir avec le tome 2, puisque les cartes font leurs apparitions. Allez encore un petit effort pour le dramatis personae ! ^^

http://www.traitorson.com/downloads/

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White Square Re: Miles Cameron : Renégat

Message par Sieben le Ven 8 Mai - 12:15

Très, très chouette critique, un pavé ! Mais de ce que tu décris, ça ne semble pas correspondre à mes envies du moment. Je remise ça dans un coin pour l'instant.
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White Square Re: Miles Cameron : Renégat

Message par Marv le Ven 8 Mai - 12:50

Belle critique pour un livre qui de mon avis très personnel et donc peu objectif, est une purge
Je me suis fait chier comme un rat mort avec cette lecture... je me demande pourquoi h ai pas revendu ce livre d ailleurs....ah oui la couverture sublime. Le 2 à également une couverture sublime
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Message par Albéric le Mer 20 Avr - 15:25

pour le mois de juillet prochain :


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White Square Re: Miles Cameron : Renégat

Message par Derfel le Mer 28 Sep - 18:05

Je me lance avec le tome 1, et je croix bien que je vais m'accrocher jusqu'au tome 3. Pour le moment, un trois cinq chapitres de lu et j'aime ce que je lis.
L'ourse dorée, la bataille contre la vouivre, l'affrontement contre le démon, le combat entre De Vrailly et Gawin. Les forces du Chevalier Rouge affrontant les orques et le boguelins. Beaucoup d'action. Très intéressant le premier volume de cette pentalogie.

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Message par Derfel le Jeu 29 Sep - 21:44

Albéric a écrit:
Les lecteurs anglo-saxons ne sont pas du tout du même avis (46% des 2000 personnes qui ont donné leur avis ont surkiffé) :
C'est exactement mon cas, je surkiffe ! Dès que j'ai un instant de libre, je plonge dans mon roman. J'avoue que vu la cruauté des hommes exprimé envers l'ourse dorée au début du roman, mon cœur penche plus du côté des créatures du Monde Sauvage.

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White Square Re: Miles Cameron : Renégat

Message par Derfel le Lun 3 Oct - 21:25

Entre le roman historique et la pure fantasy épique. La profondeur des personnages se dévoile au fur et à mesure et du coup le livre gagne en intérêt au fil du temps. Il faut juste rester attentif à la pléthore de personnages et de lieux. Une intrigue bien menée, des descriptions sur le quotidien et les événements extraordinaires qui sont excellents.
Le Chevalier rouge dirige une bande de mercenaires sans foi ni loi. De retour en Alba après une campagne, la compagnie est engagée pour défendre un monastère victime de raids, mais tout n’est pas si simple…
Premier roman sous le nom de Miles Cameron, c'est une petite merveille d’Heroic Fantasy. L’histoire se met en place très rapidement, elle a un rythme soutenu et promet de prendre de l’ampleur et du mystère dans les autres volumes prévus. L’écriture est simple, directe, sans fioriture avec la narration qui se fait du point de vue de plusieurs personnages.
Les personnages sont attachants : certains ont un réel charisme et on se surprend à apprécier les suivre au fil des pages.
C’est un excellent premier roman, avec une atmosphère se rapprochant de la Dark Fantasy, une intrigue en plein développement et qui promet beaucoup. Ça se laisse dévorer du début à la fin et on ne veut qu’une chose : avoir la suite au plus vite !
Une des meilleures surprises de ces dernières années, fantasy noire et épique, une bonne intrigue, des personnages hauts en couleur et un monde riche et inquiétant, à découvrir d'urgence.


Dernière édition par Derfel le Lun 3 Oct - 21:53, édité 1 fois

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White Square Re: Miles Cameron : Renégat

Message par Albéric le Lun 3 Oct - 21:30

@ Derfel
Il faut juste rester attentif à la pléthore de personnages et de lieux.
c'est vrai que c'est touffu hein, c'est clairement un roman qui se mérite !

Premier roman de Miles Cameron,
ben non en fait, sous d'autres pseudo il a déjà bien roulé sa bosse dans les techno-thrillers et les romans historiques dédiés à l'Antiquité (que j'aimerais beaucoup lire d'ailleurs, parce les pitchs vont vachement envie)

bref, content que le roman soit une réussite pour toi

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White Square Re: Miles Cameron : Renégat

Message par Derfel le Lun 3 Oct - 21:50

Albéric a écrit:
@ Derfel

Il faut juste rester attentif à la pléthore de personnages et de lieux.
c'est vrai que c'est touffu hein, c'est clairement un roman qui se mérite !

Premier roman de Miles Cameron,
ben non en fait, sous d'autres pseudo il a déjà bien roulé sa bosse dans les techno-thrillers et les romans historiques dédiés à l'Antiquité (que j'aimerais beaucoup lire d'ailleurs, parce les pitchs vont vachement envie)

bref, content que le roman soit une réussite pour toi
Oui, c'est touffu mais c'est comme le Trône de Fer, beaucoup de personnages, mais chacun a son histoire et ne fait pas inutilement acte de présence. Plusieurs sont très intéressant notamment Thorn, Harmodius, Gaston et son cousin Jean De Vrailly et Peter et les Sossags. Sans compter toutes les créatures du Monde Sauvage !

C'est vrai, c'est son premier roman sous le nom de James Cameron (j'ai fait la correction), mais il avait auparavant été publié le pseudo de Gordon Kent et sous son propre nom :Christian Cameron. En passant, c'est un auteur canadien.

Bref, quelle passion ! C'est la première chose qui m'est venue à l'esprit une fois bien ancré dans le roman. On ne peut pas reprocher à Miles Cameron une tiédeur quelconque ou une implication mitigée dans son roman le Chevalier Rouge. Son amour de la geste du Moyen-Âge transpire tout au long du récit, à la fois par le soin apporté aux divers détails de la vie quotidienne, la description précise de l'équipement ou des batailles à pied, en l'air, à cheval ou à genoux. 
Dans tout ce que j'ai lu en 2016, c'est ma lecture de l'année. Je regrette terriblement de ne pas l'avoir découvert en 2014. À avoir dans toute bibliothèque de fan de Fantasy digne de ce nom !!!

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White Square Re: Miles Cameron : Renégat

Message par Derfel le Sam 8 Oct - 0:17

Marv a écrit:Je suis un très mais alors un très grand inconditionnel de Tolkien, d'où je ne te suis pas du tout dans l'association que tu tentes de faire entre lui et Cameron.
Pourtant, Cameron avoue lui-même qu'il adore Tolkien. De là à s'en inspirer, il n'y a qu'un pas à franchir.

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White Square Re: Miles Cameron : Renégat

Message par Derfel le Sam 8 Oct - 0:18

Marv a écrit:je me demande pourquoi h ai pas revendu ce livre d ailleurs....
Alors, envoie-le moi ici au Québec au tarif livre, un petit cadeau. 

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White Square Re: Miles Cameron : Renégat

Message par Derfel le Lun 10 Oct - 2:07

Albéric a écrit:
Concernant le tome 1 : Le Chevalier Rouge

[spoiler]- pourquoi intégrer s’attarder initialement aussi longuement sur les POV de ser John Crayford, de ser Alcaeus, de Rayon du Soleil et de Nénufar, si c’est pour que les personnages disparaissent complètement du récit une fois passé un certain cap ?
- pourquoi raconter toutes les (més)aventures de Random et Gawin si c’est pour qu’ils disparaissent du récit une fois arrivés à Lissen Karak ?
- pourquoi s’attarder longuement sur le destin de Peter, si c’est pour ensuite l’oublier pendant des centaines de pages ?
Parce que ce sont des personnages important du tome 2 et que là, ça prend tout son sens.

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White Square Re: Miles Cameron : Renégat

Message par Derfel le Jeu 20 Oct - 19:59

Marv a écrit:
Les dialogues sont nombreux mais rarement inspirés, pires en voulant s'en servir pour illustrer tous les aspects de la vie sociale des différents groupes de personnages, ils mettent plus que jamais en lumière les carences de l'auteur à illustrer de manière réaliste les rapports humains tout en ralentissant considérablement l’évolution de l'intrigue par de longs passages très souvent dénués d'un moindre intérêt. La forme du récit est également plus que maladroite, l'histoire change constamment de points de vue (des dizaines de fois par chapitre) tout en intégrant à chaque fois de nouveaux personnages secondaires dans des contextes à chaque fois différents et l'on finit assez rapidement dans une désolation la plus totale à ne plus savoir qui est qui, ainsi que son importance dans le récit.
Eh bien, tu risques de ne pas aimer le second tome, tous les personnages du premier roman sont de retour et au moins autant de nouveaux protagonistes. De plus, certains portent maintenant plusieurs noms selon les circonstances. Ainsi ''le Chevalier Rouge'' est tantôt appelé ''le Duc de Thrake'', tantôt ''Gabriel Murien'', parfois ''le Megas Ducas'' et de temps à autre ''le Capitaine'', et ce n'est pas le seul dans cette situation.
Cependant, le roman est tout autant excellent que le premier, mais il y a beaucoup moins d'action, plus que moitié moins par rapport au même nombre de pages (j'en suis à 60% de lu).

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White Square Re: Miles Cameron : Renégat

Message par Derfel le Lun 24 Oct - 20:59

Le Chevalier Rouge est certainement un livre que vous devez lire.
Un étonnant roman qui rend beaucoup d'hommage à la fiction historique tout en étant entièrement un roman de fantasy épique. C'est une lecture passionnante pour démarrer un cycle.

Il y a un large casting de personnages, avec des chapitres utilisant largement de nombreux POV. Bien sûr, la perspective principale est le héros en titre, Le Chevalier Rouge, qui est un jeune arrogant, mais immensément talentueux commandant mercenaire malgré le fait qu'il soit quelque peu inexpérimenté. L'auteur fait un bon travail avec les personnages. Ils sont tous complexes avec des motivations réalistes. Oui, beaucoup d'entre eux sont ce que vous attendez (le héros, le méchant, les acolytes, l'équipe de soutien, etc), mais l'auteur fait un bon travail à les étoffer de sorte qu'ils sont tous crédibles.

Il est très clair que l'auteur écrit à propos de ce qu'il connait et aime. Son worldbuilding en fait un bon roman de fantasy à la sauce histoire médiévale. Il y a une quantité incroyable absolue de détails au sujet du mode de vie médiéval. On le voit dans la façon dont l'auteur décrit les villes, les châteaux, la robe des personnages, etc. Il est assez clair que l'auteur est un féru d'histoire. En effet, l'auteur a un diplôme d'histoire médiévale, qui est très présent dans toutes les descriptions; il y a beaucoup de structure réelle derrière les éléments fantastiques ici. Bien sûr, ce qui est un roman fantastique du monde médiéval est en couches sur des éléments de fantasy tels que la magie, les monstres du monde Sauvage, et ainsi de suite.
Dans l'ensemble, l'auteur obtient un ''A'' pour la construction de son monde - il est nettement réaliste tout en étant fidèle à l'histoire. Vous voyez un certain nombre de paramètres réalistes/cultures européennes transposés dans un univers fantasy. Si vous faites attention, vous pouvez probablement reconnaître certains des endroits directement à partir de l'histoire (bien que l'auteur met sa touche de fantasy sur eux).

L'écriture est excellente. Il ne verse pas dans le lyrique comme un roman de Gavriel Kay, ni viser l'esprit sarcastique comme un Abercrombie. Mais les mots sont bons, les phrases fortes, et l'auteur a un talent pour décrire ce monde qui est entièrement étoffé dans votre esprit. Les différentes façons de vivre dans un monde médiéval sont mises pleinement en valeur.

Les scènes de combat sont particulièrement bien décrites. L'auteur est spécialisé dans les reconstitutions de combat historiques (vous pouvez le voir sur des photos sur son site internet, le montrant portant une véritable armure de chevalier et tirant à l'arc ou combattant), et ça se reflète dans ses descriptions de combat - c'est un gars qui connaît sa voie. Croyez-moi, au moment où vous avez terminé ce roman, vous savez exactement ce que ça fait de porter un ensemble complet d'armure de plaques, d'avoir des douleurs à force de balancer une épée, d'être incapable de se tenir debout après un combat, comme de sentir la douleur provoquée par des heures d'équitation en harnais. Ces petits détails créent une riche expérience de lecture, surtout si vous aimez tremper dans ces détails très réalistes.
Si vous appréciez la fantasy épique, vous aimerez ce livre. Si vous adulez le côté gritty des romans de J. R. R. Martin ou le sentiment désespéré que vous obtenez après les épreuves et les tribulations de La Compagnie Noire de Glen Cook ou si vous êtes fan des descriptions détaillées de la guerre tech/siège du cycle Malazéen de Steven Erikson, ou si vous affectionnez toute fiction historique de Bernard Cornwell, vous allez adorer ce roman.
Après un début de roman remarquable, Le Chevalier Rouge parvient à faire quelque chose de nouveau en combinant fantasy épique et réalité historique détaillée. Il est clair qu'il y a beaucoup d'hommages dans ce roman à saveur de fiction historique médiévale, en particulier le style écrit par Bernard Cornwell.

Le roman n'est pas parfait - il y a trop de personnages et il est ennuyeux d'avoir des POV sautant follement d'un personnage à l'autre. Le système de magie, tout intéressant et novateur, est source de confusion, au début. Il faut attendre au livre 2: La Lame Noire, pour que celui-ci commence vraiment à prendre son sens, de sorte que vous pourriez avoir à tenter de comprendre jusqu'à ce que vous ayez lu le livre suivant. De sorte que l'auteur lutte avec le fait d'en mettre trop; il y a tellement de choses qui se passent avec la politique, les monstres hostiles ayant des luttes de pouvoir, les POV à profusion, la propre histoire de chaque personnage et l'intrigue principale que les choses peuvent s'avérer un peu confuses. Mais ça s'améliore dans le second roman.


Avec La Voix du Sang d'Anthony Ryan, La Promesse de Sang de Brian McClellan et Les Mille Noms de Django WexlerLe Chevalier Rouge est l'un des meilleurs premiers romans des dernières années.


Dernière édition par Derfel le Mar 25 Oct - 0:27, édité 1 fois

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White Square Re: Miles Cameron : Renégat

Message par Derfel le Lun 24 Oct - 21:42

Malgré quelques réticences mineures, j'avais absolument adoré l'imaginaire du roman de Miles CameronLe Chevalier Rouge, l'histoire graveleuse et agitée d'une compagnie de mercenaires, dirigée par le Capitaine, qui est engagée dans une bataille épique qui se révèle avoir des implications beaucoup plus larges qu'il avait d'abord négocié. Le Chevalier Rouge est un vaste conte plein de personnages complexes et avec quelques-unes des meilleures scènes de combat médiévales que j'ai jamais lu. Comme l'histoire progresse, et surtout dans sa dernière partie, il devient clair qu'il y a beaucoup plus de choses ici que rencontre l’œil du lecteur, avec la bataille épique pour Lissen Carak qui nous mène aux porte d'un conflit beaucoup plus vaste.
Et là, à peine un an plus tard est paru sa suite : La Lame NoireLe nouveau roman reprend plus ou moins là où le précédent a laissé. Si vous êtes un peu flou sur les détails du premier livre, je recommande de relire le dernier chapitre, car cela va rafraîchir la plupart des points importants et vous mettre exactement où vous devez être pour profiter de La Lame Noire.
Je me dois de mentionner, les illustrations de couverture (par Didier Graffet) sont encore une fois simples mais frappantes, et cadrent parfaitement avec les deux premiers volumes de la série. Ensuite, vous ouvrez le livre, et voilà, il y a des cartes. De nombreuses cartes ! Celles-ci étaient cruellement absentes du premier roman. Les cartes permettent de situer les différents pays et régions du monde fictif de Cameron ce qui est très opportun étant donné que La Lame Noire élargit énormément le champ de l'histoire.
Miles Cameron est un homme instruit, profondément amoureux de l'histoire du catholicisme, de l'histoire européenne, et du fonctionnement de campagnes militaires médiévales. On s'en rend compte d'après les mots choisis lors des descriptions viscérales de batailles et les subtilités inhérentes à l'armurerie de cette période. L'auteur a écrit une histoire qui transporte le lecteur à un endroit et une époque tout à fait différent. Heureusement, nous sommes rejoint par un groupe de personnages qui vont de l'incompris duc mercenaire, le Capitaine; les archers tous porteurs de surnoms fort savoureux, avec leurs manières terreuses et qui vous interpellent quand ils meurent... car il va en mourir des personnages principaux dans ce second opus !

Dès le début, il est clair que ce nouveau roman est une continuation directe de Le Chevalier Rouge, à commencer par une référence au dernier chapitre étonnant de ce roman (et, encore une fois, je vous encourage à relire), puis déplaçant l'action à travers le monde vers un nouvel emplacement et introduisant un nouveau POV : Morgan Mortimir est un adolescent dégingandé étudiant à l'Université de la capitale impériale de Liviapolis. Il est intellectuellement brillant, mais incapable d'invoquer la magie réelle (ou, dans le langage du roman, comment tourner la potentia en ops), alors il est considéré et se perçoit lui-même comme un échec. Il parle le Haut Archaïque et c'est le plus grand accomplissement qu'un homme peut faire dans sa patrie barbare : Alba, mais c'est quelque chose que même le criminel le plus commun peut faire à Liviapolis. Son surnom parmi les autres étudiants est le pestiféré.
Il est peut-être compréhensible que Mortirmir est sujet à noyer ses douleurs dans l'alcool. Sa dernière beuverie l'amène à connaître l'un des gardes Nordikan d'élite de l'Empereur, un développement qui finalement le placera au centre du plus grand bouleversement politique qui frappera l'Empire au cours des siècles : l'Empereur est pris en otage lors d'un coup d'état. Et là où il y a des bouleversements politiques, les services de capitaines mercenaires ingénieux comme le Chevalier Rouge sont souvent très en demande ...

Il est difficile de résumer le large worldbuilding de Cameron en quelques paragraphes. Comme le premier roman de la série, il couvre les événements et les développements sur plusieurs niveaux et dans plusieurs endroits. L'auteur déplace la caméra souvent : du palais de Liviapolis aux tribunaux Alban, d'événements à Galle, les Jacks en voyage dans le Nord, des créatures de la nature aux tribus indigènes comme les Sossag.
Cette série a, pour le moins, une assez grande distribution, dont beaucoup sont de retour en plus de quelques nouveaux aussi. Même avec le nombre presque écrasant de personnages majeurs et mineurs qui peuplent ces romans, l'auteur parvient à les imprégner avec des personnalités et des motivations distinctes. Plus simplement: j'aime les personnages de cette série. (Encore, nous avons maintenant des cartes dans ce second roman, peut-être un Dramatis Personae pour le prochain ne serait pas une mauvaise idée ?). Tout d'abord, il y a, bien sûr, le Chevalier Rouge lui-même, qui est généralement présenté comme le Capitaine, mais vers la fin du roman, on commence même à utiliser son vrai nom en public (que je ne vais pas gâcher pour vous ici, si vous n'avez pas lu le premier livre encore.) Le Capitaine est un leader compétent, un guerrier redoutable, et peut-être le plus important, un bâtard incroyablement arrogant. L'un des aspects de ces livres que je n'ai pas loué est leur humour: Cameron a un sens magistral du timing comique et crée des fous rire de temps en temps dans les situations les plus tendues.
Cependant, je crois qu'il est tout aussi important de souligner que la tendance générale dans ces romans est d'avoir des personnages féminins forts et de l'autonomisation des femmes. Plusieurs dirigeants masculins sont dirigés par leurs femmes. On pense entre autres à Desiderata, la Reine. Tout comme Sœur Amicia et Mag la Couturière. Il y a beaucoup plus de complexité ici que vous pourriez vous attendre, avec divers personnages féminins montrant la résilience et l'utilisation de différents types de force tout au long du récit.
Ce qui m'a laissé le plus impressionné après avoir lu La Lame Noire était à quel point je suis excité pour les futurs romans de cette pentalogie. Le Chevalier Rouge avait servi de prologue, en tant que premier acte. On nous a présenté les intervenants et le worldbuilding, mais pas beaucoup de l'histoire globale. Cela a changé de façon spectaculaire dans La Lame Noire, comme les intrigues secondaires et rebondissements ont commencé à façonner, la mise en place de grandes confrontations à venir au cours des prochaines romans.


Résumons : situations multiples, de nombreux personnages attachants, on s'y voit presque dans certains passages avec beaucoup de violence. L'avantage premier sur le tome 1, c'est d'avoir des cartes dans le tome 2, on situe mieux les différentes péripéties. Le désavantage : il y a encore plus de personnages et, en plus, certains ont maintenant plusieurs noms différents qui vont varier au fil des nombreux POV.
Le livre, comme le précédent n'est pas d'une lecture aisée avec x aventures en même temps mais lorsque on s'y plonge, on est pas déçu.

Malgré quelques réticences mineures, j'avais absolument adoré l'imaginaire du roman de Miles Cameron, Le Chevalier Rouge, l'histoire graveleuse et agitée d'une compagnie de mercenaires, dirigée par le Capitaine, qui est engagée dans une bataille épique qui se révèle avoir des implications beaucoup plus larges qu'il avait d'abord négocié. Le Chevalier Rouge est un vaste conte plein de personnages complexes et avec quelques-unes des meilleures scènes de combat médiévales que j'ai jamais lu. Comme l'histoire progresse, et surtout dans sa dernière partie, il devient clair qu'il y a beaucoup plus de choses ici que rencontre d'abord l'oeil, avec la bataille épique pour Lissen Carak qui nous mène aux porte d'un conflit beaucoup plus vaste.

Renégat est certainement un livre pour les fans de "bonne vieille Fantasy". On y retrouve des fils bâtards; des épées; des archers; des boucliers, des tactiques de combat et de l'intrigue politique, tout est là et plus. Miles Cameron se rapproche du trône détenu par des écrivains comme Jordan, Erikson et Sanderson, avec son propre sac de trucs médiévaux jetés pour faire bonne mesure.

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