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Lois McMaster Bujold, la saga Vorksigan

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White Square Lois McMaster Bujold, la saga Vorksigan

Message par Albéric le Ven 9 Mai - 19:09




http://fr.wikipedia.org/wiki/Lois_McMaster_Bujold#Saga_Vorkosigan

* Opération Cay, 1997 ((en) Falling Free, 1988)
Environ 200 ans avant la naissance de Miles Vorkosigan ; prix Nebula du meilleur roman 1988
* Cordelia Vorkosigan, 1994 ((en) Shards of Honor, 1986)
Environ 1 an avant la naissance de Miles
* Barrayar, 1993 ((en) Barrayar, 1991)
Prix Hugo du meilleur roman 1992 et prix Locus du meilleur roman de science-fiction 1992
* L'Apprentissage du guerrier, 1996 ((en) The Warrior's Apprentice, 1986)
* Les Montagnes du deuil, 1998 ((en) The Mountains of Mourning, 1989)
Nouvelle incluse dans Les Frontières de l'infini ; prix Hugo du meilleur roman court 1990 et prix Nebula du meilleur roman court 1989
* Miles Vorkosigan, 1992 ((en) The Vor Game, 1990)
Prix Hugo du meilleur roman 1991
* Cetaganda, 1998 ((en) Cetaganda, 1996)
* Ethan d'Athos, 1997 ((en) Ethan of Athos, 1986)
Miles Vorkosigan est absent de ce roman
* Le Labyrinthe, 1998 ((en) Labyrinth, 1989)
Nouvelle incluse dans Les Frontières de l'infini
* Les Frontières de l'infini, 1998 ((en) Borders of Infinity, 1989)
* Un clone encombrant, 1995 ((en) Brother in Arms, 1989)
* La Danse du miroir, 1995 ((en) Mirror Dance, 1994)
Prix Hugo du meilleur roman 1995 et prix Locus du meilleur roman de science-fiction 1995
* Memory, 1999 ((en) Memory, 1996)
* Komarr, 2000 ((en) Komarr, 1998)
* Ekaterin, 2001 ((en) A civil campaign, 1999)
* Le Poison du mariage, 2014 ((en) Winterfair Gifts, 2002)
Nouvelle incluse dans Irresistible Forces puis dans La Saga Vorkosigan : Intégrale - 5
* Immunité diplomatique, 2003 ((en) Diplomatic Immunity, 2002)
* L'Alliance, 2014 ((en) Captain Vorpatril's Alliance, 2012)
* Cryoburn, 2011 ((en) Cryoburn, 2010)



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White Square Re: Lois McMaster Bujold, la saga Vorksigan

Message par Albéric le Ven 9 Mai - 19:13


Résumé d'Opération Cay :
Léo Graf, ingénieur au service de la compagnie Galactech, est envoyé sur une station orbitale pour y donner des cours de soudure et de construction en apesanteur. Quelle n'est pas sa surprise de constater que ses étudiants ne sont pas humains ! Les « Quaddies », créés génétiquement par Galactech afin d'être les parfaits ouvriers de l'espace, sont en effet dotés de bras et main en guise de jambes et pieds.
Léo se prend vite d'affection pour ces êtres efficaces autant que naïfs et gentils, parfaitement adaptés aux conditions de travail en apesanteur. Mais quand une révolution technologique rend leur fonction —  et leur existence — obsolètes, Léo décide de s'opposer au sort qu'on leur réserve...



Le livre date de 1988 mais constitue un bel hommage à certains classiques du genre.
Pour augmenter leur marge bénéficiaire sur les chantiers spatiaux en gravité zéro, la mégacorporation GalacTech contourne la législation sur les manipulations génétiques pour créer de toutes pièce une nouvelle espèce humaine conçue pour le travail en apesanteur qui n’aura ni d’autres ambitions ni d’autres droits que celui d’être des biens d’équipement pour leurs maîtres.
Le fait que les TPLG du roman nomment leurs créations chimpanzés n’ait vraisemblablement pas un hasard.
Tony et Claire les Quaddies ressemblent aux Cornelius et Zira des Évadés de la planète des singes (ou aux THX 1138 et LUH 3417 du film culte de George Lucas, et il n’est pas impossible qu’il y ait une peu des Bernard et Lénina du livre référence d’Aldous Huxley).


Leo Graf, professeur en ingénierie d’abord indifférent voire antipathique, va se révolter contre les réformes néoesclavagistes et se découvrir une vocation de leader révolutionnaire entre Moïse et Che Guevara et en menant son peuple d’adoption vers sa Terre Promise intersidérale. Il mène sa croisade des enfants et c’est à la fois lui contre tous et les Quaddies contre le Système. Au fur et mesure que la malchance s’abat sur eux (ah les scènes de bricolage à la A-Team ! lol), ils sont rejoints dans leur lutte finale par les tous les Gravs qui en ont marre des aberrations inhumaines de leur employeur. Et à la fin la connerie bureaucrato-libérale se saborde elle-même. Tout est bien qui finit bien et la morale est sauve !
Les style l’auteure est simple est très facile d’accès, bourrée d’humour ce qui ne gâche rien :
- avec ce couple mixte dont l’un kiffe les aventures bourrines des « ninjas des étoiles doubles » et l’autre les romances à l’eau de rose de Sir Randan par Valeria Virga
- la référence aux films cultes « la Ruche de la Mort » et sa suite « la Ruche contre-attaque »
- la référence bien sentie au Prisonnier de Zenda d’Anthony Hope
Et puis quand Silver la quaddie ne voit aucune différence entre les nobles d’Ancien Régime et les chefs d’entreprise modernes, et tant pis pour les bien-pensants qui vont juger cela caricatural ou simpliste, moi cela m’a fait sourire…


« Quelle fascinante technique de management. Il faut que je prenne des notes. »
J’ai un peu peur que les écoles de management soient à l’économie ce que l’Inquisition était à la religion : un lieu de pensée unique qui génère des fanatiques qui ne tolèrent pas l’hétérodoxie. En France la Word Company des Guignols de l’info a été créée par d’anciens étudiant d’HEC dégoûtés par ce qu’ils y avaient vu et entendu. J’ai comme l’impression que l’auteure américaine qui est de même génération suit la même démarche : dénoncer l’idéologie mortifère des héritiers des Chicago Boys.
Si on lit entre les lignes, c’est un véritable pamphlet anti néo-libéraux : ressources humaines et inhumaines, profit brut et profit net, retour sur investissement et marges bénéficiaires, méthodes éthiques et non éthiques, avantage légaux et illégaux, taxation dynamique et fraude fiscale, compétitivité et obsolescence… des éléments de langage qui cachent d’abord et surtout la réinvention légale de l’esclavage pour faire plus et encore plus de pognon (le mot réforme étant actuellement lui-même un cache sexe pour diverses formes de régressions sociales).
Le meurtre devient un avortement rétroactif et le génocide devient une élimination de cultures postfoetales expérimentales…
:
On peut aller encore plus loin : quelle est la différence de mentalité entre racistes et tenants de la pensée unique managériale ?
1) il existe des catégories d’êtres humains différentes
2) certains d’entre elle sont supérieurs et d’autres inférieures
3) en étant au-dessus du lot commun, « nous » faisons partie d’une catégorie supérieure
Ainsi IRL il existerait 20% d’employés supérieurs qu’il faut promouvoir aux tâches d’encadrement, 60% d’employés moyens qu’il faut mettre au pas pour optimiser les rendements et 20% d’employés inférieurs qu’il faut éliminer.
Tant pis pour le point Godwin : il est à parier qu’on peut retrouver quelque chose de similaire dans certains ouvrages de l’entre-deux-guerre. Et comme tous nos dirigeants sont passés par ce moule de la pensée unique qui met en avant « la sélection naturelle des employés », il est malheureusement fort à parier que les années à venir ne vont pas être roses pour 80% des gens…


A ce petit jeu là, le détestable Bruce Van Atta est le parangon des tyranneaux de bureaux que tout le monde a connu et subi au moins une fois dans sa vie professionnelle. Il campe à la perfection le connard carriériste incapable de sortir du « je, moi, le mien… » !
:
- ce n’est pas mon problème, après moi le déluge
- les renvois d’ascenseurs sont toujours à sens unique
- on pense d’abord à couvrir ces arrières avant de prendre la moindre décision
- quand ça marche c’est grâce à moi et je m’attribue le succès d’autrui auprès de la direction
- quand ça ne marche pas ce n’est pas à cause de moi et j’attribue mon échec à autrui auprès de la direction
- on ne calcule qu’en fonction de son intérêt financier personnel (et seuls les couards calculent le prix des actes justes)
- « Le seul souci qui agitait Van Atta était son propre profit. »
- « Après tout, c’est ça, mon travail : l’encadrement »
- « A présent, j’ai carte de blanche pour agir. Je suis entièrement couvert. »
- « Quelle déconfiture ! Une année de ma carrière de foutue »
-« Ça m’attriste pour ces petits chimpanzés. Je me donnais mal de chien pour les rendre rentables. […] Peut-être que quelqu’un, parmi les grands chefs de la compagnie, m’en sera reconnaissant. »
- « Tous ligués contre lui, complices donc la non-coopération. […] Si on laissait faire Yei et ses semblables, personne ne tirerait jamais sur personne, et l’univers sombrerait dans le chaos. »
- « S’il pouvait atteindre à la fois ce nœud de circuits de contrôle et ces canalisations de refroidissement, cela provoquerait une réaction en chaîne qui aboutirait à… une promotion, bien sûr ! »


Un livre court un peu naïf voire kitschoune, mais assez efficace en raison de sa fluidité. Peu importe vu la puissance du message progressiste voire humaniste développé ici. Liberté, égalité, fraternité. Quaddies et Gravs doivent s’aider et non se concurrencer. Ni haine ni violence, ni mépris ni indifférence. Et si Leo c'était un Gandhi de Space-Op ?
Une histoire qui rend meilleur et donne envie de rendre le monde meilleur. Un Prix Nebula bien mérité !



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White Square Re: Lois McMaster Bujold, la saga Vorksigan

Message par Albéric le Dim 1 Juin - 11:11

Je viens de finir Cordélia, j'ai bien aimé (l'humour surtout). Cela serait quand même coolos que Tarentio qui les a tous lu il me semble vienne nous parler de la saga. Barrayar = Russie ?

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White Square Re: Lois McMaster Bujold, la saga Vorksigan

Message par Albéric le Mer 18 Juin - 16:12


Résumé de Cordélia :
La guerre... Stupide, inévitable.
Mauvais endroit, mauvais moment, mauvaise cause. Même l'uniforme n'est pas le bon : Cordelia Naismith, des forces expéditionnaires de Beta, se retrouve en pleine bataille interplanétaire, alors qu'elle a toujours sur le dos sa vieille combinaison d'astronaute.
Et voici qu'elle est tombée entre les mains des Barrayarans. Qui plus est, entre celles de son pire ennemi, lord Vorkosigan, alias le « boucher de Komarr ». Cet homme, elle devrait le hair ; pourtant, elle est troublée. Que va-t-il faire ? La tuer ? Non. Alors que le conflit fait rage, il lui propose... le mariage !
De ces deux êtres que tout oppose dépend l'avenir de deux peuples. Et de l'univers. Mais quel est le vrai moteur du monde ? L'amour, ou la guerre ?



Une belle histoire d’amour entre un militaire quarantenaire traditionaliste et une exploratrice trentenaire progressiste. Les deux protagonistes ont un vécu, avec leurs bons et leurs mauvais moments, donc leur relation sonne vraie.
Le mélange action et émotion, amour et humour, complots et intrigues est très agréable. Le style est simple sans être simpliste et le tout est très accessible : les easy readers devrait apprécier…
Tout est raconté du point de vue de Cordelia, donc on se retrouve avec un space-opera résolument féminin certes, voire même féministe par moment, mais c’est carrément le zéro tirage à la ligne car il se passe toujours quelque chose !

Dans la 1ère partie, Cordelia Naismith, commandante d’une section d’exploration astronomique, et Aral Vorkosigan, Amiral d’un vaisseau barrayan en mission secrète, vont devoir sur la planète Sergyar faire cause commune pour survivre. Entre trek, cavale, mutinerie et contre mutinerie nos deux héros vont devoir affronter un officier politique tout droit sorti d’A la poursuite d’Octobre rouge, le tout dans un esprit Star Strek très plaisant.

Dans la 2e partie, Cordelia, qui doit transporter de nouvelles arme issues de la technologie betane à leurs alliés d’Escobar, et Aral, qui doit s’assurer que le master plan de l’Empereur barrayan se déroule jusqu’à son terme, se retrouvent de nouveau face à face, dans la pire des situations. Car Cordelia est accusée de l’assassinat de Ges Vorrutyer, commandant en second de la flotte d’invasion et âme damnée du Prince Serg Vorbarra, mais d’abord et surtout un pervers narcissique adepte du Marquis de Sade. Aral Vorsokigan va devoir faire des pieds et des mains pour cacher aux hommes de son propre camp l’élue de son cœur devenue une Judith intergalactique ayant massacré son Holopherne intersidéral.

Dans la 3e partie, les deux amoureux mangent leur pain noir.
En sinécure dans sa demeure familiale, Aral est dépressif et alcoolique.
En sinécure dans un hôpital psychiatrique, Cordelia est dépressive et bourrée de médocs.
Depuis qu’elle a mis un coup de pied dans les valseuses du président ayant voulu faire d’elle l’égérie de sa énième campagne d’élection, les services secrets betans sont persuadés qu’elle n’est pas une héroïne de guerre mais un agent double à la solde des Barrayans… mdr ! Foutue pour foutue, Cordelia décide de quitte la Colonie Beta pour rejoindre son bel amiral. Sauf qu’ils se retrouvent au moment où… Je vous le plaisir de la découverte ! ^^

J’accroche grave à l’humour développée par cette grande dame de la SFFF américaine !
Dans Opération Cay, Lois McMaster Bujold envoyait des rafales de scuds contre le néo-libéralisme des Chicago Boys, dans Cordelia elle envoie avec enthousiasme des ogives thermonucléaires à têtes multiples sur les homines crevarices en général et les connards carriéristes TPLG en particulier. Tout le monde en prend pour son grade : aristocrates, ploutocrates et bureaucrates, militaires et scientifiques, médecins et psychiatres, politiciens et journalistes…
Entres les médecins betans qui rendent les bâtards barrayans sous forme de fœtus conservés dans des réplicateurs utérins et les psychiatres betans de la cellule d’aide psychologique qui font plus de dégâts que les tortionnaires de l’armée barrayane, on ne sait plus quelle est la frontière entre l’empire autoritaire barrayan et la démocratie libérale betane.Ce n’est pas hasard croyez moi, car qui est la véritable cible des foudres de l’auteure ? La Russie post-soviétique ou les Etats-Unis post-reagiens ? Le débat est lancé ! Parce que les dynasties politiques, le bureaucratisme débile, le militarisme débile, le darwinisme social débile…

Mieux au final tout le roman repose sur cette démarche car attention spoilers
Spoiler:
le master plan de l’Empereur barrayan Ezar Vorbarra consiste à rassembler dans le même panier les œufs pourris de son régime, son fils et héritier y compris, avant de se servir de la guerre d’Escobar comme d’un paravent pour mieux organiser le traquenard bien ficelé lui permettant de se débarrasser d’un maximum de pourritures carriéristes et de pervers narcissiques, bref de tous les gens ne respectant d’autre cause que la leur, pour offrir une chance à ses successeurs de faire de Barrayar un monde meilleur… Chapeau bas Votre Majesté !

Il y a des trucs un peu fémino et quelques trucs kitschounes, mais le seul vrai bémol que je pourrais souligner c’est le problème de la temporalité : les différentes parties m’ont semblé être séparées par des hiatus plus que par des ellipses, et dans cette optique le dénouement m’a donné l’impression d’être une nouvelle plaquée sur le roman pour le plaisir du beau verbe (et du message humaniste).
Pour tout le reste, La Saga Vorkosigan, l’essayer c’est l’adopter !


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White Square Re: Lois McMaster Bujold, la saga Vorksigan

Message par Albéric le Mer 25 Juin - 16:53


Résumé de Barrayar :
Cordelia Naismith, ex-pilote d'astronef, n'est pas une femme comme les autres : non contente d'avoir vaincu les soldats barrayarans, elle a épousé leur chef, l'Amiral Comte Aral Vorkosigan. Tous deux vivent maintenant à Barrayar : Aral vient d'être nommé régent, et Cordelia est enceinte. Une vie tranquille, enfin...
Et puis une nuit, c'est l'attentat. Si Aral et sa femme s'en tirent sans dommages, le bébé, lui, risque de voir sa constitution affectée. Mais Cordelia ne veut pas subir les conséquences de cet affront, ne peut abandonner l'enfant qu'elle porte. Ce sera un garçon, elle en est sûre. Différent des autres peut-être, mais appelé à connaître un destin hors du commun et à régner sur Barrayar...



Le premier chapitre de Barrayar débute 24 heures après le dernier chapitre de Cordelia. La continuité est parfaite ! Et pour ne rien gâcher, la temporalité est mieux gérée que dans l’opus précédent même si un calendrier plus explicite n’aurait pas été de refus.
Aral entreprend de réformer la très traditionaliste Barrayar tandis que Cordelia affronte simultanément son rôle de Régente consort et son rôle de future mère.
Et contrairement à beaucoup d’autres, l’auteure ne joue par la carte du pathos facile avec son héroïne qui tombe enceinte après le premier rapport consécutif au retrait de son implant contraceptif. Elle joue au contraire à fond la carte de l’humour : problèmes de tuyauterie, comparaison des méthodes de procréation, affres de la grossesse entre délires maternelles et hystéries parentales…
Le mélange action et émotion, amour et humour, complots et intrigues est très agréable. Le style est simple sans être simpliste et le tout est très accessible : les easy readers devrait apprécier…
Tout est raconté du point de vue de Cordelia, donc on se retrouve avec un space-opera résolument féminin certes, voire même féministe par moment, mais mis à part un petit flottement pendant la cavale très western style de Cordelia, Gregor, Bothari et leur guide campagnard, c’est carrément le zéro tirage à la ligne : il se passe toujours quelque chose !

Pour résumer ce tome est l’histoire d’un coup d’Etat vu par les femmes, vécu par les femmes et vaincu par les femmes. Qui sont les drôles de dames d’Aral ? La Régente consort Cordelia Vorskosigan, Ludmilla Droushnakovi la machine de guerre catherinette, la princesse douairière Kareen et l’aristocrate Alys Vorpala.
Ce n’est pour autant un roman qui s’arrête à ses personnages féminins : Bothari le schizophrène et Koubelda l’invalide prêtent main forte à l’intrépide Lady Vorkosigan tandis qu’Aral le régent et Piotr le patriarche organisent la résistance puis la reconquête.

Quelques mentions du passé évoquent un roi fou, un purge politique, une vengeance familiale, une rébellion, une guerre civile et un changement de dynastie… les auteurs américains sont encore plus passionnés par la Guerre des Deux Roses que les auteurs anglais ! (voir GRR Martin qui ne cesse de la recycler/revivaler dans son Trône de Fer). Henri VI le roi fou anglais est le petit-fils de Charles VI le roi foi français : magie de la schizophrénie génétique !
Pour ne rien gâcher Drou m’a donné l’impression d’être la parente cachée de Brienne de Torth…


L’auteure continue sa croisade personnelle puisque que les mots « progressisme » et « progressiste » apparaissent à tous les chapitres du roman ou presque ! La Russie galactique mi tsariste mi soviétique qu’est Barrayar n’est sans doute qu’un paravent pour dénoncer d’autres maux qui frappent l’Occident en général et les Etats-Unis en particulier.
Dans un régime résolument spartiate qui prône un esprit sain dans un corps sain, qui sont les amis de Cordelia ? Un handicapé mental et un handicapé physique.
Dans une société résolument machiste, qui Cordelia choisit-elle de prendre sous son aile ? Une garçonne manquée qui veut faire carrière dans l’armée...
Et j’aime bien le personnage de Bothari, véritable caméléon psychique : si vous en avez peur, il devient un monstre, si vous en êtes fier, il devient un héros. En quoi va-t-il se transformer face à la courageuse et résolue Cordelia qui a foi en lui, à l’énergique Miles pour qui est plus qu’un garde du corps, presque un parrain, et à sa fille adoptive Elena ???

Gregor, Miles, Ivan et Elena vont-ils être les héros d’un monde nouveau placé sous le double patronage de la glasnost et de la perestroïka. Un pour tous, et tous pour un ?
Que va devenir le pauvre Miles, avorton hyperactif coincé entre un père héros de guerre et sauveur de son peuple et une mère héroïne de guerre qui fait figure de Judith intergalactique ayant déjà 2 Holopherne à son tableau de chasse ?
C’est tout le sujet de la suite de La Saga Vorkosigan ! J’ai hâte de poursuivre ce space-opera si sympathique…


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White Square Re: Lois McMaster Bujold, la saga Vorksigan

Message par Albéric le Sam 18 Oct - 16:51


Résumé de L'Apprentissage du guerrier :
Les épreuves physiques de l'examen d'entrée à l'Académie militaire, pour un nabot aux os fragiles comme du verre, c'est l'enfer : en sautant d'un mur, Miles se casse les deux jambes et voit s'effondrer ses espoirs de servir l'empereur de Barrayar. Un avenir morne s'ouvre devant lui.
Morne ? Ce serait mal le connaître ! Elena, la belle Elena, la fille de l'affreux Bothari, a envie de retrouver sa mère. Qu'à cela ne tienne : Miles organise un voyage sur la colonie de Beta. Où il achète un vaisseau. Où il engage un pilote et un déserteur, ex-officier de l'empereur. Où il se fait passer pour le chef des mercenaires Dendarii... Ils n'existent pas ? Aucune importance ! Ils ne tarderont pas à devenir bien réels. Oui, mais il va falloir les payer. Or Miles n'a pas un sou. Il n'a même pas réglé la reconnaissance de dette qu'il a signée pour acheter son vaisseau !
A défaut d'argent, on a intérêt à avoir du génie. Et du génie, cet avorton en a décidément à revendre...



Mieux vaut ne pas gloser sur la distinction entre lecture par ordre de parution et lecture par ordre chronologique puisque L’Apprentissage du guerrier écrit en 1986 est en total raccord avec la fin de son préquel écrit en 1991.
A la fin de Barrayar, j’avais laissé Aral et Cordelia Vorkosigan, Konstantin Bothari et papi Piotr en fort mauvaise posture face à l’infirme mais hyperactif Miles Vorkosigan, unique rejeton d’une longue et prestigieuse lignée aristocratique. C’est tout naturellement que nous retrouvons toute la maisonnée quelques années plus tard avec un Miles tentant désespérément d’entrer à l’Académie militaire barrayane pour respecter la tradition féodale et guerrière de sa famille en dépit des conséquences sur son corps de l’attentat à la soltoxine dont ses parents ont été les victimes…

Ah ça, dans ce tome Miles joue les bons samaritains, voire les chevaliers blancs, en recueillant moult chiens errants… Le vide dans sa vie que ressent Miles trouve écho aux vides dans leurs vies que ressentent tous les paumés qui vont l’accompagner : Konstantin Bothari, le Foutu Au Berceau de la saga, Elena Bothari, la midinette qui n’a jamais connu sa mère, Arde Mayhew, le pilote spatiale dépassé par les évolutions technologiques de sa profession, Bazil Jesek le déserteur barrayan qui ne sait plus quoi faire de son existence, le mésestimé Ty Kung qui jubile de trouver en Miles un fin connaisseur des stratégies et des tactiques d’Aral Vorkosigan (mdr ! ^^), ou ce crétin d’Ivan, pas si crétin que cela finalement, qui échappe aux tentatives d’assassinats grâce et ses nombreuses et imprévisibles aventures d’un jour ou d’un soir…
Chaque acte d’altruisme de notre (anti)héros, génie de l’improvisation doté d’un solide sens de la répartie, est accompagné de son lot d’emmerdes, et bien souvent le seul moyen pour Miles d’échapper aux dites emmerdes, c’est de se coltiner un paquet d’emmerdes encore plus merdiques jusqu’à ce que les services secrets de l’Empire barrayan sifflent la fin de récré ! Bref, une fois de plus les éditeurs français se sont montrés fort peu inspirés en traduisant « L’apprenti guerrier », super clin d’œil à « L’apprenti sorcier » qui structure tout le roman, en « L’apprentissage du guerrier »…
Car Miles dispose à parts égales d’une guigne légendaire, car à chaque fois qu’il parvient à sortir la tête de l’eau la foudre qui tombe sur la tête, et d’une baraka légendaire, car à chaque fois que tout semble irrémédiablement perdu les miracles succèdent aux qui propos et vice-versa.
Spoiler:
Miles est obligé de jouer jusqu’au bout son rôle usurpé d’Amiral Naismith, puisque tous les soldats sous ses ordres sont persuadés qu’il est un général mercenaire vétéran tout juste sorti d’une cure de rajeunissement, et pas le rejeton génial d’un des plus grands stratèges militaire de la galaxie à peine sorti de l’adolescence, à commencer par Ty Kung impressionné par ses connaissances encyclopédiques sur celui qui est pour un père pour Miles et une idole pour Ty Kung. C’est donc logiquement que Miles il prend la tête des commandos du vide lors de la bataille finale, mais en raison de son récurrent mal de l’espace il régurgite violemment dans sa combinaison, et à cause de ses ulcères dus au stress il vomit du sang et du coup tous ses soldats se persuadent que leur amiral a été au-delà de ses limites en voulant combattre au premier rang en dépit d’une blessure récoltée lors d’une bataille précédente… Du coup tout le monde se retrouve gonflés à bloc pour remporter la victoire en son nom et le venger !!! Quelle grosse marrade… ^^
Ainsi de fil en aiguille le génial nabot se retrouve ainsi à la tête d’une flotte de combat de 2000 hommes : Les Mercenaires Libres Dendarii ! Une flotte imaginaire qui de ralliements en recrutements va devenir bien réelle pour ses adversaires… Et seuls contre tous, les Dendarii vont briser le blocu de Tau Verde en appliquant une stratégie naguère utilisée par un célèbre guerrier qui habitait la forêt de Sherwood sur la Terre : voler aux mercenaires riches pour donner aux mercenaires pauvres… Quelle grosse marrade ! mdr au carré
Bref, on nous offre 400 pages de Tyrion Lannister en mode Don Quichotte : il s’agit d’une véritable friandise. ^^

Car tout commence avec Miles prend part en vacances loin dans l’espace pour oublier la déception qu’il pense avoir infligé à sa famille en échouant aux examens d’entrée de l’académie militaire, et après diverses péripéties résultant autant de son altruisme que de sa roublardise, Miles prend la tête de ceux qui voulaient le prendre en otage, tout en étant accusé par les siens d’un crime qu’il n’a jamais commis… Et contre toute attente il mène une brillante campagne miliaire qui se conclut par une bataille finale dont il ne pourra pas voir le dénouement en raison d’une blessure de guerre. Mais il devra quand même faire face à ses accusateurs lors d’un procès à 3 juges qu’il transformera en one-man show, avant d’être confronté au jugement paternel, bien plus douloureux que toutes les épreuves affrontées auparavant.
Cela ne vous rappelle rien ? Moi si. J’avais déjà repéré des points communs entre la saga de Lois McMaster Bujold et celle de GGR Martin, mais là c’est un peu fort de café.
Spoiler:
Après avoir autrefois perdu son frère à cause de Yuri l’empereur fou (Aerys II le Fol ?), le brave et loyal Aral Vorkosigan (Ned Stark ?) est rappelé pour remettre de l’ordre à la cour et dans la nation par le souverain qu’il a mis le trône après une guerre civile (Robert Barathéon ?). Pour affronter les lubies d’un prince sadique (Joffrey Barathéon ?), il a su s’appuyer sur son épouse aux cheveux châtains, courageuse et volontaire, et prête à tout pour défendre sa descendance (Catelyn Stark ?). Et si Cordelia a pu compter sur l’aide de Ludmilla Droushnakovi, garçonne manquée à la blonde chevelure (Brienne de Torth ?), son fils infirme mais brillant, doté d’une langue bien pendue et d’un solide sens de l’humour (Tyrion Lannister ?), pourra lui compter sur son garde du corps pince sans rire Konstantin Bothari (Bronn ou Sandor Clegane ?) et de la sémillante Elena Bothari, à la fois midinette et kryptonite du brillant nabot (Sansa ou Shae ?). Oui, cela fait quand déjà quand même beaucoup trop de similitudes pour que cela soit vraiment honnête… Même les tirades ou les situations sont parfois communes aux sagas de GRR Martin et de Lois McMaster Bujold…

Je me suis régalé, j’ai beaucoup ri du début à la fin du roman. Cela ne s’arrête jamais car Miles ne s’arrête jamais…
On prend autant de plaisir à lire Miles jubiler quand un de ses plans capillotractés se déroule sans accros, qu’à lire stresser quand il ne parvient plus à puiser dans son sac à malices pour se tirer des ennuis dans lesquels il a fourré lui-même et ses protégés. Et il bien enquiquiné de voir son amour d’enfance tomber dans les bras de l’épave qu’il a lui-même remis à flot. Ah, on sent qu’il joue les Cyrano de Bergerac pour Roxane / Elan et Christian de Neuvillette / Baz Jesek ! ^^
Et pendant de ce temps, il ne s’aperçoit pas qu’Elli Quinn la mutilée de guerre est un train d’en faire son héros à elle, ou que ses coups de génie ne laissent pas indifférent / indifférente l’hermaphrodite Bel(le) Thorne…

Pourtant tout n’est pas guilleret avec notre Amiral Naismith qui prend sur lui que chaque soldat tombé sous ses ordres soit ou soigné, ou enterrer avec les honneurs militaires. Il développe même des ulcères à force d’assister personnellement aux funérailles de chacun, quand il ne les organise pas lui-même… et à anticiper les prochaines victimes de ses décisions.
On est bien dans le roman d’apprentissage puisque de peines en peines Miles va apprendre à devenir adulte, à faire face aux conséquences de ses actes et à être responsable de tous ceux qui croient lui… Comme tous les héros fantasy dont il possède les caractéristiques, il suit donc bien le chemin de l’universel héros aux mille et un visages, même si le visage de Miles Vorkosigan, âme de paladin enfermé dans un corps de nain, est bien singulier… C’est d’autant plus manifeste que le personnage met un point d’honneur à respecter l’esprit plus que la lettre de la féodalité en faisant tout ce qui est en son pouvoir pour venir en aide à ceux qui sont devenu ses vassaux.
Je dois quand même avouer que je n’ai que le dernier quart du roman était quand même un ton en-dessous, Miles est rattrapé par les conspirations politiques de son monde natal (tiens encore un point commun avec GGR Martin), et on a l’impression de repartir pour un Barrayar bis avec pleins de ficelles pour rattacher à rebours les intrigues en cours avec le voyage de Miles transformé en campagne militaires sidérale… Surtout qu’il y a comme un trou d’air quand Miles anéanti déprime dans sa cabine après la tragique réunion de famille des parents d’Elena Bothari qu’il avait lui-même organisée dans son permanent souci de bien faire…

Tout cela se lit à une vitesse incroyable avec beaucoup de facilité car la prose de l’auteure américaine est vraiment simple d’accès : elle s’adresse à tous les publics, à toutes les lectrices et à tous à les lecteurs. Ami(e)s easy readers, essayer Lois Mac Master Bujold, c’est l’adopter !
On laissera donc les commissaires littéraires franco-français habituels pérorer sans fin sur son manque de littéralité, et sur les distinctions entre vraie littérature destinée à élever l’élite et sous littératures destinées à occuper les masses. 5 Prix Hugo, 3 Prix Nébula, 3 Prix Locus, 1 Prix Mythopoeic, 1 Prix Prometheus. Mais ce n’est pas bien pour eux, parce que cette grande dame de la SFFF américaine n’est pas diplômée en littérature et donc n’appartient pas au milieu des littéreux.
Pour ma part, j’espère bien retrouver par la suite Baz Jesek, le déserteur en quête d’honneur, Arde le pilote dépressif, Ty Kung l’historien militaire brésilien, Elli Quin la karaté girl, le capitaine hermaphrodite Bel(le) Thorne ou Auson le beauf de l’espace !


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Message par Albéric le Sam 1 Nov - 23:02

Marv a écrit:
Je croyais que tout avait été déjà publié...
Il y a quoi dedans ?

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Message par Marv le Sam 1 Nov - 23:17

C'est un inédit en France, VO 2012, sauf erreur de ma part dernier tome écrit de l'auteur sur le cycle, mais pas le dernier chronologiquement de la saga
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Message par Marv le Sam 1 Nov - 23:19

c'est pas un intégrale
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Message par Albéric le Dim 2 Nov - 5:59

Dans tous les cas, la couv est chouette !

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Message par psysco le Jeu 12 Mar - 17:40

Pour avoir lu La saga dans sa version intégrale, je reste admiratif devant ce monde décrit par l'auteure.
Juste un petit bémol : je n'ai pas aimé les aventures avec le clone de Mike...;mais ça , c'est personnel , j'ai horreur des aventures avec des clones du héros.
Cela ne retire en rien la très grande qualité de cette saga, que je recommande chaudement.
Que les dieux oubliés vous gardent!
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Message par Albéric le Ven 19 Aoû - 17:48

plus j'avance dans la saga plus c'est gros comme un maison que Tyrion Lannister est quasiment un plagiat de Miles Vorkosigan... et on retrouve également bon nombre des prototypes des personnages du TdF : par exemple l'aristocrate psychorigide coincé sur une île, nommé Stanis en plus, manipulé par une femme fatale psychopathe, ça ne vous rappelle rien ? ^^


Dernière édition par Albéric le Sam 22 Oct - 9:01, édité 1 fois

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Message par Albéric le Ven 19 Aoû - 20:12


Résumé : Miles Vorkisigan / La Stratégie Vor
Être officier à bord « Prince Serg » , le vaisseau spatial le plus moderne de l'empire de Barrayar, tel est le rêve de miles Vorkosigan. Mais avant de voir son souhait exauce, il doit remplir honorablement sa première mission, à la station météo de l'île Kyril.
Le plus dur, ce n'est pas tant le froid polaire qui règne sur l'île. Non, le problème, ce sont les moqueries des autres officiers. Il faut dire qu'avec sa taille - a peine un mètre trente -, le nabot surdoué ne passe pas... Inaperçu ! Mais le pire, c'est le général Metzov, le chef de la base. Un forcené de l'autorité. A cause de lui, miles se retrouve accuse de mutinerie et renvoyé dans la capitale...
Prix Hugo 1991.



Les affaires reprennent : c’est le retour du Tyrion Lannister dans l’Espâce ! ^^
Cela a été pour moi n vrai régal, car  il y a des livres qui font du bien et ceux de la grande dame de l’imaginaire qu’est Lois McMaster Bujold sont de ceux là.


1er acte :
Spoiler:
S’il veut obtenir un poste sur le Prince Serg, le fleuron de la flotte barrayane, Miles doit apprendre la patience et respect de la chaîne de commandement à son affectation à la base arctique de Lazkowski. Le climat est féroce, le terrain mortel, et un tiers des habitants y compris son supérieur immédiat, sont ivres la plupart du temps. Le QI moyen est égal à la température de base, il n’y a pas une femme à cinq cent kilomètres à la ronde, et le commandant de la base est un criminel de guerre psychopathe…
Le génial nabot, hyperactif et effronté, est confronté à son pire ennemi : l’ennui… mais il est rattrapé par cette bonne vieille Loi de Murphy avec de dangereux bizutages, une étrange scène de crime et un accident industriel dans un entrepôt d’Arme de Destructions Massives ! Le Sécurité Impériale est obligée d’intervenir quand un mouvement de désobéissance manque de dégénérer en début de guerre civile… Ah, sacré Miles ! ^^

2e acte :
Spoiler:
Miles est au mitard de la Sécurité Impérial, et est sur le point de devenir fou quand son ami le jeune Empereur Gregor Vorbarra, qui comprend mieux que quiconque le poids des héritages et le carcan des conventions sociales, interfère en sa faveur… Sous le commandement du capitaine Ungari et sous la surveillance du sergent Overholt il part réaliser une évaluation miliaire du Moyeu de Hegen, un magnifique plateau de jeu où quatre puissances intersidérales se livrent aux joies de l’espionnage et de la course aux armements (ah, ce bon vieux temps de la Guerre Froide…)
On se retrouve donc un James Bond puceau d’1m45 qui en vertu de la Loi de Murphy ne cesse de tomber de Charybde en Scylla… Il est poursuivi pour meurtre, il est vendu comme esclave, et retrouve de vieux ennemis avant d’en rencontrer de nouveaux avec un empereur fugueur dépressif comme compagnon de cavale ^^
Sinon Stanis Metzkov et Cavilo ont quand même de faux airs de Stannis Baratheon et de Melisandre : c’est à se demander ce que GRR Martin n’a pas piqué à la Guerre des Deux roses et à la Saga Vorkosigan ? ^^

3e acte :
Spoiler:
Miles a enfin compris qui est tire les ficelles, mais il est envoyé à moitié à poil semer la zizanie au sein des mercenaires Oseran/Dendarii qui pourrait interférer avec les plans des méchants. Bien sûr en attend de lui qu’il ne revienne pas de sa mission suicide… Au pied du mur il décide de transformer le gros merdier dans lequel il est tombé en joyeux foutoir dont il sera le chef d’orchestre. L’apprenti guerrier est de retour pour jouer de mauvais tours : avec ses vieux compères l’hermaphrodite Bel(l) Thorne, Arde Mayhew le pilote dépressif, Chodak le sergent roublard, Baz le BG complexé, Elena son amie/amour d’enfance, Auson le beauf d’espace et Ky Tung le stratège eurasien féru d’Histoire (ah on t’a reconnu Wang Yen-li des Héros de la galaxie ^^) ils doivent récupérer l’empereur des griffes de ses ravisseurs, stopper une flotte d’invasion cetagandane et sauver la planète Vervun… Il ne fait pas bon de se faire un ennemi de l’Amiral Naismith donc ça va chier !

L’intrigue est maîtrisée de bout en bout, avec un style particulièrement fluide ici bien rendu par Arlette Rosenblum. C’est bonifié par un feu d’artifice permanent de dialogues truculents et de tirages savoureuses remplis bons mots qui parfois semblent sortir tout droit de la boîte à malice du regretté René Goscinny, mais aussi par de chouettes détournements de grands classiques du roman-feuilleton (à un moment c’était quasiment Le Prisonnier de Zenda dans l’Espâce ^^). Du coup on lui pardonne très facilement les facilités utilisées pour envoyer ses personnages là où elle veut les voir sévir, comme la bataille finale tronquée puisqu’on la prend en court de route à quelques moments de son dénouement (mais, il suffit d’aller faire un tour du côté de la série Babylon V pour la séance de rattrapage)

Pour ne rien gâcher c’est fait avec subtilité et humanité et le dramatis personae est digne d’une comédie humaine :
- On a une beau parallèle entre deux adolescents, l’un voulant marcher dans les pas de son père aux allures de grand héros, l’autre ne voulant pas marcher dans les pas de son père aux allures de grand méchant, chacun des deux trouvant leur héritage et leur destin trop lourds à porter…
- On sent la fracture qu’il existe entre l’enseigne Vorkosigan qui souhaite réaliser les rêves de son père et l’Amiral Naismith qui souhaite réaliser ses propres rêves : difficile de résister à la tentation de devenir l’homme qu’on a toujours rêver de devenir et de garder les pieds sur terres quand le rêve devient réalité
- Chouettes retrouvailles aussi entre KyTung qui considère Miles comme un fils prodigue, et qui est un gros fanboy d’Aral Vorkosigan sans savoir que son protégé est le fils biologique de son idole ^^


Et puis l’Empire Barrayan, incarnation de l’Empire Soviétique (mais pas seulement, j’en reparlerai ultérieurement), continue d’effectuer sa glasnost et sa perestroïka… Aral Vorkosigan et Simon Illyan continuent la démocratisation et la modernisation d’un Etat qui sous leur égide devient peu à peu le contraire de ce qu’il a trop longtemps été : l’Empire du Mal se transforme au cours de se tome en protecteurs des nations trompées et agressées, et j’imagine volontiers qu’il ne va pas tarder à devenir le leader de la galaxie libre… ^^
Il a un vrai univers de SF derrière les tribulations du génial nabot, mais ce qu’il a intéressant c’est que l’auteur s’en sert pour pointer du doigt les travers du monde dans lequel nous vivons, et forcément les Etats-Unis n’en sortent pas forcément grandis (genre les mégacorportation de l'Ensemble de Jackson dont l’argent est la religion et qui criminalisent la pauvreté, ou l’empire cetagandan caricature dystopique des faucons du Pentagone)


Il ne s’est écoulé que 3 ans entre L’Apprentissage du guerrier et La Stratégie Vor, mais derrière la grosse déconne Miles a considérablement mûri : la mort du sergent Bothari l’a marqué à jamais certes, mais ce sont les événements des Montagnes du deuil qui l’ont transformé en quelqu’un de plus grand et de plus noble… Fini le bouffon du roi, fini le vrai-faux chevalier blanc, fini le Don Quichotte au rabais, car désormais Miles Vorskosigan a une mission : montrer aux faibles et aux pauvres qu’avec de volonté de tout on peut triompher… Et s’il doit changer l’univers pour cela, et bien rien ni personne ne l’arrêtera ! Tremblez tyrans galactiques, tremblez aristos intersidéraux, tremblez banksters des étoiles : Tyrion Lannister dans l’Espâce arrive pour vous botter les fesses ! ^^

On n’est qu’au début de la saga, et le destin est déjà en marche avec les ceux qui sont bien partis pour devenir les alter egos space opera d’Arthur Pendragon et des chevaliers de la Table Ronde…



PS: la haine des commissaires littéraires pour la science-fiction populaire sous prétexte qu’il s’agit de sous-littérature pour le lumpenprolétariat ou de perte de temps hebdomadaires pour les masses incultes est d’une profonde connerie pour rester poli. Je leur conseille la consultation de la thèse de doctorat de Laurent Genefort intitulée Architecture du livre-univers dans la science-fiction, à travers cinq œuvres : Noô de S. Wul, Dune de F. Herbert, La Compagnie des glaces de G.-J. Arnaud, Helliconia de B. Aldiss, Hypérion de D. Simmons, et peut-être qu’ils comprendront enfin que les sagas de SF sont aussi le reflet de nos sociétés, de leurs permanences et de leurs mutations, de leurs espoirs et de leurs craintes… Et c’est le cas de la science militaire américaine, car l’armée tient une place très importante dans la société et dans les mentalités outre-atlantique. Ce qui distingue l’auteure de ses nombreux camarades, c’est autant d’être une femme que de ne jamais avoir servi sous les drapeaux … Elle porte donc un regard extérieur sur la chose militaire, souvent critique certes mais toujours bienveillant, et c’est aussi ce qui fait le charme de la saga Vorkosigan.

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Message par Sieben le Sam 20 Aoû - 11:46

Albéric a écrit:
et on retrouve également bon nombre des prototypes des personnages du TdF : par exemple l'aristocrate psychorigide coincé sur une île, nommé Stanis en plus, manipulé par une femmes fatale psychopathe, ça ne vous rappelle rien ? ^^

Sérieux, à ce point là ? Ce serait surprenant parce que cela ne fait pas du tout partie des références connues. On nous cacherai des choses ? A ce niveau là on n'est pas loin du plagiat (avec Stanis).
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Message par Albéric le Sam 20 Aoû - 12:29

Stanis Metzkov, je lui trouvais déjà une bonne de Stannis Barathéon avant même que déboule la femme fatale psychopathe... mais si GRR Martin a repris ça, j'espère que c'est inconscient. Parce franchement Tyrion Lannister, c'est Miles Vorkosigan version grimdark : mêmes situations, mêmes réflexions, mêmes tirades, mêmes problèmes, mêmes espoirs... on rajoute juste du pinnard, des putes, et un père détestable

Je comprends mieux maintenant la guerre entre JMS et GRR Martin... JMS est un fan de Vorkosigan, il l'assume à fond et a inséré des éléments de worldbuilding et de background dans son SdA dans l'Espâce pour y faire de chouettes clins d’œil, alors quand Papy George est venu lui donner des leçons alors qu'il a bien plagié Vorkosigan sans l'assumer un seul instant il a dû voir rouge !


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Message par Sieben le Sam 20 Aoû - 12:35

Même de la bouche des fans du TdF ou sur les sites répertoriant les références de Martin je n'ai vu ni entendu la saga Vorkosigan. Secret d'Etat ? :)

En tout cas ça donne envie. Je connaissais de nom mais trop de trucs à lire.
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Message par Albéric le Sam 20 Aoû - 14:35

Sieben a écrit:Même de la bouche des fans du TdF ou sur les sites répertoriant les références de Martin je n'ai vu ni entendu la saga Vorkosigan. Secret d'Etat ? :)
dans le genre repompage, qu'est-ce que tu penses de Cordelia la mère de famille aux cheveux roux, prête à tout pour protéger les siens, qui est mariée à un mec qui a été nommé Premier Ministre d'un gars qu'il a mis sur trône après une guerre civile contre un roi fou qui avait assassiné son frère aîné... et Cordelia et son mari "main du roi" doivent neutraliser le prince tueur psychopathe atteint de la folie des grandeurs...
Vous en pensez quoi ? ^^

heureusement que les lecteurs de fantasy ni lisent pas de SF, ils tomberaient de haut ! même le discours de Miles au jeune empereur Gregor ressemble aux mots de Tyrion à Tommen...

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Message par Albéric le Sam 20 Aoû - 14:38

Sieben a écrit:En tout cas ça donne envie. Je connaissais de nom mais trop de trucs à lire.
Les romans sont nombreux certes, mais en deçà de 400 pages et ils se lisent bien et vite. On peut aussi lire les novellas pour se faire une idée :
Les Montages du deuil, ça fait 100 pages seulement et c'est Hercule Poirot chez les péquenots... Et puis Les Frontières de l'infini c'est La Grande Evasion à la puissance 10 !

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Message par Sieben le Dim 21 Aoû - 9:37

Nan sérieux ? Catelyn Stark elle aussi ? Ah ouais là il n'y a plus de doutes possibles. C'est abusé papy George , parce que les personnages c'est quand même le gros point fort "original" du TdF. Savoir qu'il a un peu beaucoup pompé chez les copains même pour ça... c'est énorme.
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Message par Albéric le Dim 21 Aoû - 9:51

Ben en fait Aerys II, Ned, Catelyn, Robert, Joffrey, Tyrion, Clegane, Brienne et cie... oui ça fait beaucoup, et j'en suis qu'au début, donc je ne serais pas surpris de retrouver d'autres "similitudes" dans les tomes suivants (on me souffle à l'oreille que Cersei également arriverait à grands pas ^^).

En gros le dramatis personae du TdF qui fait l'admiration du monde entier, c'est les détournement grimdark de La Guerre des Deux Roses, de la saga Vorkosigan et des archétypes de la fantasy classiques. Cela ne me dérangerait absolument pas du tout si c'était reconnu et assumé. Mais les interviews de Papy Georges sur l’originalité de Tyrion, son personnage préféré qu'on a avait jamais vu auparavant... c'est du foutage de gueule !

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Message par Albéric le Lun 29 Aoû - 10:23

Vous vous souvenez de cette scène dans le TdF ou Shae fait du gringue à Tyrion et que celui-ci ne sait pas sur quel pied danser car il ne sait pas si elle est sincère ou si elle joue la comédie, et qu'après il déprime parce qu'il désespère qu'une femme puis vraiment aimer un nain haut comme trois pommes et tutti quanti... et ben il y a EXACTEMENT la même dans Labyrinthe de Lois McMaster Bujold ! ^^

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Message par Albéric le Mer 7 Sep - 23:54

Oh là, je me suis fait peur avec le maître-espion eunuque...

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Message par Albéric le Sam 10 Sep - 11:24

tout le monde n'est pas dupe donc :
https://kingofthenerds.wordpress.com/2011/07/25/food-for-though-tyrion-and-miles/
http://blog.belial.fr/post/2011/11/21/Vorkosigan

mais l'auteure qui n'a jamais lu le TdF reste gentille :
Ever since Game of Thrones got really popular, I’ve heard people say that if you like Tyrion Lannister as a character you’ll also like Miles Vorkosigan. And I know a bunch of people that started reading the Vorkosigan Saga for exactly that reason. Do you see similarities between the two characters?
I have not read Game of Thrones yet, so I don’t know. I must point out that Miles came first. I wrote The Warrior’s Apprentice in 1984, so do your math, folks. I think that probably Martin and I were stealing from the same source. I believe that Game of Thrones is explicitly somewhat inspired by Plantagenet history and Miles is sort of ironically inspired by it. So I think it’s a case of similar sources, in this case. Great minds think alike, I don’t know.
le nain génial à langue bien pendue, victime d'un complexe d'infériorité et en conflit d'amour/haine avec son père, je regrette mais on ne rencontre pas dans l'histoire de la dynastie anglo-française des Plantagenêt...

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Message par Albéric le Sam 22 Oct - 8:54


Résumé Cetaganda :
L'impératrice douairière d'Eta Ceta vient de mourir. Miles et son cousin Ivan se rendent a Cetaganda, capitale de l'empire ennemi. Pour assister aux funérailles. Mission strictement diplomatique : pas question de se lancer dans une de ces aventures insensées dont miles est coutumier !
Facile à dire... Pas encore débarqués de leur capsule spatiale, ils sont attaques par un étrange vieillard. Apres une brève bagarre, l'individu s'enfuit, mais Miles et Ivan ont pu s'emparer d'un objet bizarre, une sorte de bâton. Une clé électronique ?
En fait de bâton, c'est de la dynamite qu'ils détiennent sans le savoir. Bientôt Miles découvre qu'un complot se trame contre Barrayar et décide d'enquêter. Mission " diplomatique " ? A d'autres !



Waouh !!! Cette nouvelle aventure de Tyrion Lannister dans l’Espâce c’était Chrétien de Troyes + Alexandre Dumas + Agatha Christie + Ian Fleming + Isaac Asimov + Jack Vance + Frank Herbert... Que du bonheur, avec en plus une grosse réflexion sur les relations maudites entre eugénisme, société et politique dans un empire spatial qui fonctionne comme Gattaca !
L’auteure jongle avec les registres avec une facilité déconcertante pour nous livrer une formidable tragi-comédie certes, mais mieux encore elle parvient à rendre le très compliqué très simple en accordant à tous les thèmes abordés une effarante clarté… Voilà la marque des grands auteurs n’en déplaise à certains littéros qui qualifient l'auteure de créatrice de divertissements de gare pour les masses : ça tombe bien, l'auteure n’a jamais hésité à rabattre leur caquet ! ^^


Deux années après avoir sauvé l’empereur barrayan, la planète Vervun et le parsec du Moyeu de Hegen, Miles Vorkosigan et Ivan Vorparil sont assignés à une sinécure diplomatique sur Eta Cega où ils doivent assister aux interminables funérailles de l’impératrice douairière.
On connait notre génial nabot d’1m45 : quand il ne recherche pas les emmerdes, les emmerdes viennent à lui (dès la page 10 en fait ^^)… Voilà nos deux compères plongés jusqu’au coup dans un complot cetagandan aux répercussions galactiques et ils sont obligés d’aller au fond des choses, l’un avec ses petites cellules grises, l’autre avec ses attributs virils… (la tête et les jambes quoi ^^)

La star de ce tome c’est l’Empire Cetagandan (qui a visiblement inspiré l’empire centauri de JMS dans Babylone V, les Barrayans devenant logiquement les Narns socialo-communistes en quête d’évolution voire de rédemption^^), qui s’étend sur pas moins de 8 systèmes habités et qui contrôle des dizaines de systèmes vassaux…
Alors oui, il y a tout le décorum des sociétés baroques et bariolée de Jack Vance visant à dézinguer notre propre société avec ces aristos à cheval sur les tenues, les tatouages, les coiffures, les sons, les odeurs et les couleurs (et dont la progéniture organise des concours génétiques flippants avec des licornes naines, des roses alpinistes et cette horreur d’arbre à chatons : oh mon dieu, j’en tremble encore !)…
Mais il y a d’abord et surtout la mise en scène d’une véritable civilisation. On pense d’abord à la gérontocratie soviétique, puis à une version SF du despotisme oriental, mais en fait avec cette Cité Interdite, son empereur, ses épouses, ses concubines, ses eunuques, ses courtisans, ses artistes surestimé, ses administrateurs sous-estimés, j’ai vite pensé à une version SF de l’Empire du Milieu…
Spoiler:
* Il y a d’abord la traditionnelle relation entre pouvoir central et pouvoirs locaux
L’empereur se fait une joie de surveiller étroitement ses gouverneurs planétaires qui évoluent selon un savant roulement digne d’une féodalité dans l’espace (qui a dit Dune de Frank Herbert?)
* Il y a ensuite la relation entre haute aristocratie et basse aristocratie
Les Ghems Lords occupent tous les postes civils et militaires, mais leur seule chance de voir leur carrière décoller est d’accumuler suffisamment de hauts faits / points de fidélité pour obtenir comme épouse une Haute donc de permettre à ses gènes et à sa descendance de monter un échelon à la prochaine génération…
* Il y a ensuite la relation entre hommes et femmes au sein de la haute aristocratie
Engoncées dans leurs technoburkas, les femmes sont l’objet de toutes les convoitises dans le mesure où toute ascension sociale se fait par mariage politique/économique, et qu’1 ou 2 fois par siècle un heureux élu peut se retrouver grand-père du nouvel empereur… Elles sont donc ou femmes ou foyer ou femmes cloitrées, mais dans une société qui a remplacé la procréation naturelle par la procréation artificielle, ces scientifiques en génie génétique ont la haute main sur tout ce qui touche à la vie et décide seules du destin des dynasties familiales, appelées constellation génomiques, en choisissant qui sont les parents et à quoi ressembleront leurs enfants… qui a dit Bene Gesserit de Dune ? ^^

Tout cela nous donne une société ubuesque qui semble d’autant plus sclérosée qu’avec l’eugénisme et les traitements réjuvénants la gérontocratie s’enracine définitivement et prive les jeunes générations de tout espoir, mais en fait c’est une société très complexe faites d’équilibres précaires et de phénomènes de contrôle et de rétrocontrôle donc constamment sur le fil du rasoir donc au bord de l’implosion/l’explosion ! Et c’est finalement dans une véritable pétaudière que débarque notre Tyrion Lannister dans l’Espâce ^^


Pour éviter l’incident diplomatique (et la transformation d’un ennemi connu en moult ennemis inconnus : on sait toujours ce qu’on perd, rarement ce qu’on gagne…), Miles Vorkosigan doit retrouver les ferrets de la reine certes, mais il ne dispose ni d’Athos, ni de Porthos, ni d’Aramis… Pire on le prend pour le Planchet de son cousin Ivan Vorparil, erzatz de James Bond qui de ce dernier ne possède que le sex appeal, alors qu’en plus il est obligé de jouer la comédie devant ses rares alliés qui le croit missionné par le Sécurité Impériale de Barrayar alors qu’en fait il agit en free lance / free style complet ! ^^
Lui qui s’est toujours rêvé en Lancelot d’une Guenièvre est dans cette aventure largement servi avec moult demoiselles en détresse appartenant à la plus haute aristocratie cetagandane donc aux plus belles femmes de la galaxie... Pas de bol pour lui, elles font à peine moitié de leur âge donc ont toutes l’âge d’être sa mère voire sa grand-mère (ah, la magie de l’eugénisme et des traitements réjuvénants)… Du coup il se retrouve chevalier servant de mémés flingueuses, 50% top model 50% scientifiques en ingénierie génétique, et il ne peut s’empêcher de jouer à l’amour courtois avec Haut-Rian Degtar, la Chambrière de la Crèche des Etoiles qui est la seule ne pas avoir atteint un âge canonique !

Derrière les intrigues, les complots, les attentats, on se retrouve également une bonne vieille enquête à la Agatha Christie avec le mystère d’un meurtre en chambre close à résoudre et un Lord X à démasquer (qui a récupéré à son propre compte le plan à la Hari Seldon de Fondation développé par la défunte impératrice douairière)…
Sauf que Miles pensait réduire le nombre des suspects en hantant les réceptions mondaines, or plus il en apprend sur la civilisation cetagandane et plus le nombre de suspects s’accroit, surtout quand le « cherchez la femme » s’en mêle… mdr

Au final Miles Vorkosigan sauve la Dame, l’Empire et sa patrie : il est enfin reconnu à sa juste valeur, mais par les ennemis héréditaires de son peuple… Et que serait un bon héros sans un bon vilain ? Partisan acharné de l’acquis, il trouve en l’empereur Haut-Fletchir Giaja, partisan invétéré de l’inné, un antagoniste à la mesure de son génie ! Vite la suite… To Be Continued !!!
PS : soyez très attentif au ghem-colonel Millisor et son mystérieux projet L-X-10-Terran-C… je vous en reparlerai très bientôt ^^

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White Square Re: Lois McMaster Bujold, la saga Vorksigan

Message par Albéric le Lun 21 Nov - 21:16


Résumé : Les Frontières de l'infini
De retour sur Barrayar, sa planète natales miles Vorkosigan, gravement blessé, se voit accusé de détournements de fonds assommé par les analgésiques après une opération chirurgicale, il doit pourtant se souvenir et prouver le bien-fondé de ses dernières actions... Première intervention: débrouiller une affaire d'infanticide commis dans un village reculé. Puis enlever une mutante surhumaine prisonnière sur l'ensemble. De Jackson, no mans land où règne la loi du plus fort. Et enfin, organiser l'évasion de dix mille hommes dune prison de haute sécurité... Brefs le genre de missions impossibles qui échoient toujours au plus redoutable des agents spéciaux de l'empire !


Dans Les Montagnes du Deuil, Miles Vorkosigan pensait faire une bonne blague à son père Premier Ministre de Barrayar, en lui amenant la paysanne Harra réclamant justice… C’est l’arroseur arrosé puisqu’il se retrouve nommé juge féodal d’une douloureuse affaire d’infanticide eugéniste, lui qui a failli ne pas voir le jour à cause d’une affaire d’infanticide eugéniste…

Cette novella d’une centaine de pages a gagné le Prix Hugo et le Prix Nebula, et personnellement je me suis régalé : on n’est pas dans la haute littérature mais dans la littérature pour tous ! Le récit reprend absolument tous les codes et toutes les qualités du roman policier à la Agatha Christie : avec Miles Vorkosigan dans les Monts Dendarii, on est entre l’aristo de Saint Petersburg perdu dans les Monts Oural et le bobo de New York perdu dans les Monts Appalaches…. Bref, c’est Hercule Poirot chez les péquenots ! ^^
Le récit est à la fois très drôle et très triste, des thèmes très douloureux étant traité avec subtilité et humanité (l’auteur ne s’est aucunement caché de vouloir pointer du doigt un certain type de personne à la fois victimes de mœurs délétères de leur culture et responsables de leur perpétuation)…

C’est une épreuve pour Miles qui a su se réconcilier avec son grand-père et lui pardonner d’avoir essayé de le tuer avant même d’être né… Les autres auront-ils sa force d’âme, pourront-ils aller de l’avant pour marcher de tout leur cœur vers un avenir meilleur ? Malgré une montagne de bonne volonté et tous les efforts du monde, rien n’est moins sûr…
Déjà en pleine crise existentielle depuis la perte de son mentor et de sa muse, notre héros ressort transfiguré de cette ordalie morale qui l’oblige à faire des choix douloureux, pour finalement devenir quelqu’un de plus grand et de plus noble (remember la Quête du Héros aux mille et un visages ^^)… Il est trop tard pour la petite Raina certes, mais pas pour tous les autres : désormais le génie d’1m45 aux os fragiles défendra les faibles et les opprimés pour qu’ils aient leur place dans la grande destinée de l’humanité… Et s’il faut pour cela affronter tous les homines crevarices de l’univers, et bien tant pis ! Longue vie à Tyrion Lannister dans l’Espâce !!!



Dans Le Labyrinthe, c’est en tant qu’Amiral Naismith, commandant des Mercenaires Libres Dendarii que Miles Vorkosigan est missionné par la Sécurité Impériale de Barrayar pour exfiltrer de l’Ensemble de Jackson un transfuge scientifique aux recherches particulièrement convoitées.

Dans cet enfer ploutocratique où le seul crime sanctionné est la pauvreté, allégorie de la débilité de l’ultralibéralisme yankee poussée à son extrémité (ce n’est pas moi qui le dit, mais l’auteure elle-même ^^), notre héros voulait que sa mission se déroule sans accroc… Ça commençait par une ambiance rappelant celle du film Le Faucon maltais, notamment avec la chanteuse quaddie Nicol qui fait ici office de femme fatale parvenant à faire oublier à Bel/Belle Throne le sex appeal de son supérieur hiérarchique… Sauf que le biochimiste Hugh Canaba a dissimulé ses recherches biochimiques dans un virus de sauvegarde placé dans le mollet gauche du dernier survivant de ses super soldats génétiquement hybridé avec de animaux, et que ce dernier va être vendu aux enchères par le maître du vice Ryoval... Du coup on passe en mode espionnage & sabotage, infiltration & exfiltration !
Spoiler:
Comme d’habitude Miles met la main à la pâte et comme d’habitude il se retrouve dans la panade… Et alors qu’il s’apprêtait à rejouer Thésée et le Minotaure, il va devoir rejouer la Belle et la Bête avec lui dans le rôle du Prince Charmant et une créature de 2m50 et de 150 kilos, toute en griffes et en crocs, dans le rôle de la demoiselle en détresse… (a-t-il dans la louve-garoue une âme sœur, elle que tout le monde considère comme un monstre et qui souhaite avant toutes choses être comme les autres ?)
Et tout ça en pleine guerre de l’ombre entre mégacorpos maffieuses : la Maison Fell spécialisée dans le trafic d’armes, la Maison Bharaputra spécialisée dans les biotechnologies interdites, la Maison Ryoval spécialisée dans la prostitution intersidérale (c’était tout aussi tordu que la vendetta entre les princes souterrains d’Epées et Sorcier de Fritz Leiber : très cool c’était !)… Mais pour s’en sortir indemne Miles peut compter tant sur ses subordonnées que sur alliés : un hermaphrodite, une femme à quatre bars et un monstre hybride qui combat comme quatre et mange comme trois ^^

Neuf / Taura comme L-X-10-Terran-C / Terrence Cee dans Ethan d’Athos broie méchamment du noir : ils sont tous les deux les derniers représentants d’espèces artificiellement créées qui ontdisparu avant même de recevoir un nom… Mais Miles Vorkosigan est là pour délivrer son message humaniste (même si ici nous en 1989 et qu’il prend des accents de speech de développement personnel ^^) : « Souhaitez être vous-mêmes. A fond. Découvrez ce pour quoi vous êtes le plus doué et développez-le. Laissez vos faiblesses derrière vous. Ne perdez pas de temps avec elle. Vivez pleinement ! »
Car qui que nous soyons nous avons tous un rôle à jouer dans le grand destin de l’humanité, et ceux qui parlent des masses anonymes qui ne servent à rien peuvent tous aller se faire foutre !!!



Dans Les Frontières de l'infini, Miles Vorkosigan est missionné par la résistance de Marilac pour récupérer le héros de guerre Guy Trémont dans le camp de prisonnier de Dagoola IV tenu par ses vieux amis cetagandans. Pour son opération de sauvetage, il se fait passer pour un nouveau prisonnier, et il découvre un camp de concentration sordide et un héros de guerre agonisant… Miles Vorkosigan est un être humain, et devant tant d'injustices un être humain ne peut que se mettre en colère. Et qu'est-ce qui se passe quand Tyrion Lannister dans l'Espâce est en colère ? L'Univers doit trembler et les crevards doivent vite aller se planquer !

On pense tout de suite à La Grande évasion : oui mais non, le modèle est en fait King Rat / Le Caïd, et ce n’est pas un hasard si les deux camps de concentration ont exactement le même nombre de prisonniers... (King Rat / Le Caïd, c’est une autofiction du romancier James Clavell qui exorcisait ses vieux démons récoltés lors de son passage dans le camp japonais de camp de Changi situé non loin de Singapour)
On retrouve le bon vieux diviser pour régner, ici pour que l’homme devienne un loup pour l’homme : les geôliers sont là pour briser les héros de la bataille de Fort-sous-Essarts piégés sous un dôme de force, les ramener au rang de bête le temps qu’il faut pour les faire passer du Côté Obscur et les transformer en misanthropes cyniques et blasés ne croyant en rien ni personne … Car ils seront ainsi autant de vecteurs du poison de la résignation une fois relâchés… (notez que l’empire aristocratique a recouru à la même méthode pour faire tomber l’alliance démocratique dans Les Héros de la Galaxie, le space opera culte de Yoshiki Tanaka ^^)
Sous l’impulsion de l’illuminé religieux Suegar Miles devient Frère Miles, car il reprend l’intégralité des mots, des méthodes et des dialectiques évangélistes pour convertir ses camarades d’infortune à la cause de la liberté… (l’auteure ne pourrait pas écrire cette histoire aujourd’hui, car tous les intégristes christianistes lui tomberaient dessus à bras raccourcis). Avec l’aide du sergent Oliver, de la vaillante Tris et de la flamboyante Sœur Béatrice, Miles affronte ses geôliers sur le terrain de la guerre psychologique pour ramener l’espoir dans le cœur de ses ouailles, et ramener ses ouailles dans le bercail de l’humanité. Pour Tyrion Lannister dans l’Espâce ceux qui ont tout perdu ont tout à gagner : les hommes peuvent soulever des montagnes, mais il faut des idées pour soulever les hommes et Miles leur promet d’aller au-delà des frontières de l’infini grâce à la puissance de l’esprit !
Toutefois, ce que ne savent ni les prisonniers, ni les geôliers, ni les lecteurs, c’est que la messe est déjà dite :
Spoiler:
Miles a tout prévu avec ses Mercenaires Libres Dendarii, et la seule inconnue de son master plan c’est le nombre de camarades qu’il convertira à sa cause avant le Jour J, donc le nombre de personnes qu’il va devoir laisser sur place et le nombre de personnes qui vont devoir mourir… A commencer par ceux qui lui sont chers…

Miles devait libérer un symbole pour la résistance nationale, et au final il libère 10000 guérilleros gonflés à bloc qui meurent d’envie d’en découdre avec leurs anciens tortionnaires… Pour les Cetagandans l’annexion de la planète Marilac qui devait se dérouler sans accroc devient un nouveau Vietnam, euh pardon, un nouveau Barrayar (donc bonne chance à eux !)… En échange de bons procédés, les têtes des membres de la team Naismith sont mises à prix et tous les chasseurs de primes de la galaxie sont aux trousses de notre héros… Mais ceci est une autre histoire ! ^^

J’avoue que cette nouvelle m’a mis quelque peu mal à l’aise car tous les crimes dénoncés par l’auteure en 1987 sont désormais commis et revendiqués par son propre pays au nom de la lutte contre le terrorisme : recourir à l’humiliation, à la dégradation et à la déshumanisation d’autrui, bref à des techniques de torture diverses et variées, au nom de la défense du monde libre c’est carrément gerbant ! Et le pire, c’est que ça continue avec des spécialistes de la novlangue qui nous expliquent que noyer des gens c’est des techniques d’interrogatoires aquatiques, ou mieux du waterboarding… Nul doute qu’une belle place attend en enfer ceux qui se torchent le cul avec la Convention de Genève et la Cour pénale internationale, et qu’ils seront reçus là-bas à bras ouverts… MDM


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