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Prisoners of Power de Fedor Bondarchuk (2008/2009)

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White Square Prisoners of Power de Fedor Bondarchuk (2008/2009)

Message par Albéric le Lun 24 Mar - 20:52



Résumé :
Nous sommes en 2157. L'âge d'or de la civilisation humaine. Les pilotes du Free Search Group sillonnent l'espace à la recherche d'un vaisseau spatial russe piloté par Maxim Kamerrer, 22 ans, qui s'est écrasé sur Saraksh, une lointaine planète habitée. Après de longues années d'une guerre nucléaire, une crise environnementale règne sur la planète et la société en place doit faire face à de graves problèmes sociaux et à une paix fragile. Le vaillant cosmonaute va découvrir une mystérieuse terre régie par les Pères Inconnus, cinq gouverneurs anonymes manipulant la conscience des habitants par le biais d'émetteurs spéciaux. Ici, Maxim fera la connaissance de nouveaux amis, aura des ennemis, trouvera l'amour et, après avoir traversé de nombreuses épreuves, il prendra finalement la tête d'un mouvement rebelle visant à défier les cinq avides gouverneurs…

C’est volontiers naïf sur le fond et kitsch sur la forme mais c’est un film intéressant.
Et je vais mouiller ma chemise pour lui. Marre des rageux hypocrites bordel.

J’ai vraiment aimé cette histoire de SF à l’ancienne, anté TINA, quand on voulait encore améliorer le monde.
Ici c’est Flash Gordon au Pays des Soviet, quelque part entre Cal de Terre et 1984, entre Robinson Crusoé et Warhammer 40000, entre Le Cinquième Élément et Brazil, Equilibrium ou V pour Vendetta.

Un film qui se rattache aux plus belles heures de la SF, dans les années 60/70 quand le space-opera populaire situé dans un futur lointain sans lien avec le temps présent permettait de développer toutes les avenirs possibles pour l’Humanité (maintenant on est dans la SF post TINA : il n’y a pas de SF possible autre qu’anticipation et on n’anticipe rien d’autre qu’une société capitaliste et libérale à outrance donc hyperinjuste et hyperinégalitaire… super l’imagination, super l’espoir d’un avenir meilleur : je ne dis rien, je n’en pense pas moins !)
Si vous reconnaissez Heinlein, Boule, Herbert et compagnie c’est normal : il s’agit de l’adaptation du chef-d’œuvre des frères Strougatski : Prisoners of Power (1969) !
Scénarisation :*
Certains on trouvé l’acteur principal fade voire débile. C’est ballot car l’auteur du livre l’adoré. Pourquoi ? Avec son physique de jeune premier et son regard doux il correspond exactement au personnage de l’histoire cad un héros adulescent qui a tout perdu et qui devoir grandir pour regagner l’essentiel : le sens des valeurs.
Quelles valeurs ? Mettre sa force au service du plus grand nombre au lieu d’exploiter les faibles.
Bref, la solidarité et la défense de liberté. Car seuls les couards et les connards calculent le prix des actes justes.
Et avec sa super intelligence, ses supers réflexes, sa super force, sa super résistance, son immunité aux radiations et son facteur auto guérisseur, Maxim est un non seulement un superhéros qui s’ignore mais également le messie en devenir d’un peuple honteusement exploité par une minorité.
Une quête initiatique donc, qui ici est narrée comme un pulp.
Le héros rejoint la rébellion, puis les barbares mutants, puis l’Empire insulaire (allégorie de l’Occident qui utilise le fascisme pour lutter contre le communisme, et utilisé par les dictateurs communistes pour justifier leur régime de terreur), puis le gouvernement des Pères Anonymes pour détruire une dictature stalinienne mâtinée de poutinisme qu’on dénonce à chaque étape du film, chaque étape qui comprend infiltrations, arrestations, évasions et de nouveaux camarades pour continuer la lutte finale.
Mais le fond est sérieux : tout au long du film on file l’allégorie des marionnettistes et des marionnettes.

la romance est à la fois touchante et peu développée mais*
les intrigues des Pères Anonymes et le worldbuiling sont un peu nébuleux mais*
on est peu loquace sur les trahison de Philosophes et les projets de Pèlerin mais*
la question des barbares mutants est largement éludée, mais*
la rivalité avec l’Empire insulaire n’est pas expliquée mais*
la guerre contre Khonti n’est pas expliquée mais*
l’enfant-sorcier psionique est carrément WTF, mais*
bref c’est confus et léger mais*

Interprétation :*
Aleksei Serebryakov et Fedor Bondarchuk (il s’agit du réalisateur lui-même) incarnent très bien des pourritures prêtes à tout et au reste.

J’ai bien aimé Pyotr Fyodoroven en gros bourrin idéaliste.
J’ai bien aimé Sergey Garmash en Professeur Zarov révolutionnaire.
Evidemment j’ai kiffé Yuliya Snigir en Belle au Bois-dormant ouvrière (ah le cercueil de glace !)
Pour le reste rien de marquant, mais c’est déjà pas mal !*

Réalisation :*
Les gimmicks post Matrix sont limités et assez bien faits.
Non ici pas de shaky cam et pas de ralentis ringards qui pullulent dans les films yankees.
Les scènes d’action sont nombreuses et variées, même si parfois un peu forcées.
Cadrage, montage, etc… On voit bien qu’on a voulu insuffler un sens artistique à la réalisation.
Certaines scènes sont vraiment très belles (le générique dessiné à la Marvel, l’accident de Maxim, le combat contre les voyous ninjas, la forêt de bambou minée, la bataille de chars (relecture de celle Koursk), l’explosion de la tour centrale émettrice, le combat final entre les 2 surhommes qui lorgne sur le wu xia classique…)
Mais on n’a pas le talent nécessaire pour finaliser et sublimer les ambitions.
C’est vraiment dommage, il y avait de l’idée.*

Visuels :
Les pétoires en plastique, les véhicules bricolés fleurent bon les blockbusters kitschs des années 80/90. Mais les décors et les paysages bien fichus sont mis en valeur par une photographie de bon aloi.
On joue sur l’opposition entre la grisaille soviétique et des images très colorées. C’est bien vu. Les FX sont très corrects, mais pas toujours bien incrustés (surtout les exploz en fait).
Moi j’ai trouvé cela beau à voir, la cité à la Métropolis étant très réussie.

Bande-son :
Un score qui accompagne bien l’action et l’émotion.
Que demande de plus le peuple opprimé ?

* bordel, comment-vous porter un jugement sur un film dont on a coupé 50% des scènes au remontage !
L’œuvre original a été amputée d’au moins 100 minutes (et il y a une version director’s cut de plus de 5 heures !) et même le scénario et les dialogues ont été remaniés pour d’insondables raisons. Des passages entiers ont été supprimés (les barbares, les mutants, les zones irradiés, les fascistes occidentaux). Pire, la fin a été à la fois coupée et remaniée, changeant tout le sens du film… Argh !
Spoiler:
En version occidentale Pèlerin explique qu’il a fait ce qu’il a fait car c’était la fatalité (TINA quoi…).
En version russe, Pèlerin explique que le contrôle des cerveaux était la seule chose qui a pu empêché et empêche encore la guerre nucléaire.
Cela change absolument tout !!!
Où trouver une VOST intégrale ? Car trop facile de crier au nanar devant un tel charcutage à la limite de censure en bonnes et dues formes.

Dommage que film comme livre n’ont pas connu leur suite naturelle.
Mais suite il y avait dans l’imagination des 2 auteurs originaux
Car après avoir tout fait et tout sacrifier pour détruire la dictature communiste, le héros apprenait que le plus dur restait à faire : détruire la dictature capitaliste pour que les gens soient enfin responsables de leur propre destin.
Cela a plus de gueule que les films néo-cons hein ? Moi ça me parle les trucs progressistes !



Allez top aux rageux : florilège
Spoiler:

* Si vous voulez regarder un film de SF de qualité, achetez américain. Tout le reste, c’est merdique...
* Un film de SF débile car on ne voit pas les gens téléphoner avec leur iphone !
* Un film de SF incohérent car il n’y a pas de véhicules anti-gravité dans cet univers.
* Passez votre chemin !...qui a pu donner de l'argent pour faire une pareille daube ? des russes ? on voit que le goulag n'existe plus parceque franchement ceux qui ont fait ce film le mériterait presque !
Les millions de personnes qui sont mortes au Goulag trouvent que tu exagères quand même là !
* Mais quel navet !!! Ce film tente vainement d’imiter Mad Max et Blade Runner. Mais Rebelion n’avait semble t-il aucun moyen. Le scénario du méchant gouvernement totalitaire contre le gentil peuple est vu, vu et revu … Mais c’est lamentable !!!
Ce qui lamentable, c’est de confondre comme tous bobos la cause et les effets. Mad Max et Blade Runner ont tout piqué à la SF dont est tiré ce film et pas l’inverse.
Ce qui est lamentable, c’est de se croire comme tous les bobos au-dessus de l’Histoire. L’Histoire bégaye : Staline, Mussolini, Hitler, Mao… ont réellement existé amis bobos, il faudra vous y faire c’est comme ça.
Vous irez dire aux Cubains, aux Biélorusses, aux Soudanais, aux Libyens, aux Syriens, aux Irakiens, aux Iraniens, aux Birmans, aux Cambodgiens, aux Vietnamiens, aux Nord-Coréens… que le gouvernement totalitaire contre le gentil peuple c’est cliché.
Quant au manque de moyens, tout les pays n’ont pas les moyens de claquer 300 millions de dollars dans un nanar de luxe comme Hollywood en a sorti tant durant l’année 2012. Et il n’y a pas qu’Hollywood dans la vie.
*Ah oui, j’ai même lu un gros rageux qui a ragé que le film se passe sur une planète alors que le film est tourné sur notre planète… Je ne sais pas s’il faut rire ou pleurer devant autant de connerie crasse.
Affligeant consternant, pathétique.
J’ai honte de mon pays.  
Heureusement, il y a des gens bien pour sauver l’honneur !
http://www.strange-movies.com/critique-prisoners-of-power-battlestar-rebellion.html
http://www.senscritique.com/film/The_Inhabited_Island_1ere_Partie_Stranger/critique/15467564

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Date d'inscription : 16/01/2012

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