David Gemmell
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James Clavell, La Saga Asiatique

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White Square James Clavell, La Saga Asiatique

Message par Albéric le Lun 17 Mar - 22:56

L'auteur australien nous raconte la rencontre l'Occident et de l'Orient dans une saga fleuve qui embrasse plusieurs destinées sur plusieurs siècles.

Par ordre de rédaction :
King Rat (1962)
Tai-Pan (1966)
Shōgun (1975)
Noble House (1981)
Whirlwind (1986)
Gai-Jin (1993)

Par ordre des événements :
- Shōgun se passe au Japon en 1600 et nous raconte la prise de pouvoir par les Tokugawa vue par un pilote de navire anglais
- Tai-Pan se déroule en 1841 et nous raconte la fondation de Hong Kong vue par un prince-marchand écossais
- Gai-Jin se passe au Japon en 1862 et nous raconte la montée en puissance des mouvements traditionalistes xénophobes qui vont aboutir à la restauration Meiji à travers les yeux du petit-fils du héros de Taï-pan
- King Rat se passe à Singapour en 1945 et nous raconte la fin de la WWII à travers les yeux d'un jeune pilote de chasse anglais prisonnier de guerre*
- Noble House se passe à 1963 et nous raconte la suite des aventures de la dynastie Struan face à ses ennemis de toujours, avec des communistes chinois, des nationalistes taïwanais, le KGB, le MI6, des requins des affaires et des parrains des Triades
- Whirlwind se passe en Iran en 1979 et nous raconte la révolution iranienne vue par le pilote d'hélicoptère Andrew Gavallan

* la parenté avec La Grande évasion est évidente : l'auteur et le scénariste ne font qu'un et James Clavell a puisé dans son expérience personnelle puisqu'il passa 3 ans dans un camp de prisonniers japonais

Une saga fleuve magistrale qui est exigeante avec ses lectures, mais le jeu en vaut largement la chandelle !


Dernière édition par Albéric le Mer 19 Mar - 18:31, édité 3 fois

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White Square Re: James Clavell, La Saga Asiatique

Message par Albéric le Lun 17 Mar - 23:00

Une saga souvent adaptée :








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White Square Re: James Clavell, La Saga Asiatique

Message par Albéric le Mer 19 Mar - 18:17



Résumé de Taï-pan (1966) :
Depuis des années Dirk Struan rêvait d'une île. Un rocher stérile et désert, sur la route des tempêtes. Mais à moins d'un mile de la côte, avec une rade majestueuse : Hong Kong, la porte de la Chine...
Lorsque, en 1841, Struan entre enfin en possession de son île, c'est pour y asseoir la puissance de la noble Maison, la grande firme de commerce dont il est le Taï-pan, le chef suprême. Pour ce faire, il a su résister aux cyclones, aux krachs boursiers, aux traîtrises du clan rival. Il a même réussi à négocier avec Jin-qua, le plus riche des marchands chinois. Un marché dangereux qui le sauve de la faillite mais à quel prix ! En échange, Jin-qua lui donne quatre demi-sapèques de bronze. L'autre moitié de chaque pièce est aux mains de mystérieux personnages qui plus tard viendront réclamer leur dû...
Quatre jokers, est-ce trop donner pour l'île fabuleuse ? Et quelle sera la contrepartie ? Qu'importe : comme toujours, Struan compte sur son joss. En un mot : la chance...



Un roman magistral, mais assez exigeant vu sa longueur, sa densité et la richesse de ses thématiques.
Passé un cap le style est aussi  agréable que facile d’accès pour un roman daté de 1966, et puis tout est bien maîtrisé avec une unité de lieu (le Delta de la Rivière des Perles entre Macao, Canton/Guangzhou et Hong Kong), une unité de temps (l’année 1841-1842) et un eunité d’action (la rivalité entre Dirk Struan et Tyler Brock).
Grosso modo on suit la fondation de Hong Kong à travers les yeux d’un homme condamné d’avance :
- trop visionnaire pour son temps puisqu’il pense libre échange et multiculturalisme alors que les siens pensent monopoles et colonialisme.
- trop réactionnaire pour son temps puisqu’il prend de haut les progrès multiformes de l’Angleterre industrielle
L’épisode du HMS Némésis est ainsi métaphorique : l’homme des clippers a encore de beaux jours devant lui face aux hommes des steamers mais ces derniers sont comptés. Tout le roman est finalement l’histoire de la rédaction de son testament et d’une inconsciente course contre le temps montre : assurer un avenir radieux à la Noble Maison des Struan avant le clap de fin annoncé par marin russo-norvégien doué du don de double vue. On pense que l’agent du destin sera l’un de ses nombreux adversaires, mais la mort viendra de bien plus haut !

Partie 1 : la banqueroute de la Noble Maison
Partie 2 : le renflouement de la Noble Maison
Partie 3 : paris & intrigues avec ventes aux enchères, combat de boxe et prix d’élégance féminine
Partie 4 : épidémie de malaria
Partie 5 : mariage et assassinat
Partie 6 : le typhon

Toutes les péripéties sont construites autour de la rivalité entre le clan Struan et le clan Brock, qui mélange magouilles boursières, intrigues financières, complots commerciaux, actes de piraterie et tentatives d’assassinat.
C’est clairement un revival de la longue rivalité entre Saint Andrew  et Saint George, entre l’arrogance anglaise et la solidarité écossaise, mais aussi de manière assumée une nouvelle confrontation Montaigu / Capulet inspirée de l’œuvre de Shakespeare.
C’est donc aussi un roman d’amour aussi avec Dirk Struan qui a du mal à accepter son attachement pour sa maîtresse chinoise May-May, et avec son fils Culum qui a le coup de foudre pour Tess Brock et inversement.
Dirk remue ciel et terre pour guérir May-May de la malaria et une fois la maladie vaincu elle meurt dans ses bras lors du cataclysme final après que celui-ci ait décidé de l’épouser et de la ramener en Grande-Bretagne.
Un roman sombre aussi avec Mary la prostituée adolescente, Horatio son frère incestueux, Gorth le macho sadique qui aime battre à mort les femmes, la tragique histoire de la famille Scragger qui nous rappelle que l’Australie fut construite par les classes miséreuses envoyées au bagne.
Un roman léger aussi avec les tribulations d’Aristote Quance l’hédoniste ou les hésitations du plénipotentiaire Longstaff.
Un roman d’aventure également avec des abordages, des duels, des embuscades et des quelques cavales.
Un roman d’espionnage également aussi avec le diplomate russe Sergueyev…

Niveau thématique, c’est assez subtil. Il y a clairement matière à réflexion.
Le livre développe énormément les concepts de face et de joss :
- la face, c’est un mélange fierté / gloire / honneur / respectabilité
- le joss, c’est un mélange chance / barraka / destin / kharma
L’auteur se fait le chantre de la libre concurrence mais dénonce régulièrement les exactions des banksters, négriers et autres patrons voyous. Car après tout difficile par moment de différencier les agissements des princes marchands anglo-saxons de ceux de véritables criminels. On pille, on coule, on deal, on contrebande au nom de la libre entreprise.
Bref on glisse rapidement du libre-échange à la libre filouterie. L’auteur pourtant libéral n’est pas dupe du tout !
D’un côté l’auteur se fait le défenseur de l’individualisme face aux superstructures étatiques froides et sans-âme, mais d’un autre côté il nous dépeint les ambitions vaines de créateurs de richesses qui souhaitent obtenir toujours plus, pour oublier la misère dont ils sont issus et intégrer la bonne société qu’ils prennent de haut.
Il faut être attentif car on mine de rien on apprend beaucoup de chose. La 1ère partie s’appesantit sur les tenants et les aboutissants des guerres de l’opium, et comme dans tous les romans de la saga l’auteur renvoie intelligemment l’arrogance occidentale et l’arrogance orientale dos-à-dos.
Mais ensuite beaucoup d’autres thèmes sont évoqués et/ou développés dans les nombreux dialogues du roman. On reprend la vieille opposition entre le sea power et le land power, ici incarnés par l’Angleterre triomphante (qui mange sont pain blanc en exportant sa misère outremer, tandis que les Chartistes creusent la tombe du Parti Whig) et la Vieille Europe post-napoléonienne, mais aussi par les impérialismes naissants des Etats-Unis et de la Russie.
Une bonne culture générale historique est requise pour suivre les prémices de la rivalité franco-prussienne, le démantèlement des empires austro-hongrois et ottoman, le développement des Triades, la naissance du Taiping ou l’acclimatation du thé et de la quinine.

Les bémols outre l’épaisseur du livre ?
- la mise en place du roman est particulièrement indigeste : on nous présente d’un bloc les tous les protagonistes, leurs rêves et leur espoir avant de faire débouler comme un chien dans un jeu de quilles le plus important d’entre eux.
- les nombreux dialogues en sabir peuvent être assez lourds, l’auteur poussant le vice jusqu’à en gratifier les dialogues entre indigènes pour faire ressentir aux lecteurs les spécificités de l’altérité orientale.
- des passages démonstratifs un peu trop téléologiques : Anglais, Américains, Russes et Chinois font des plans sur la comète plusieurs décennies voire plusieurs siècles à l’avance… parce que l’auteur connait la suite des événements !
- quelques bonnes vieilles diatribes contre les catholiques papistes certes, mais contrebalancées par un évêque humaniste.
- des incessants allers retours vers Macao ou Canton pas toujours faciles à suivre…
- et il y a cette fin terrible qui nous au milieu du gué en laissant face à face un fils en deuil et un père en deuil.

Le duel Struan / Brock, les demi-pièces de Jin-qua, le pacte avec les pirates de Wu Fang Choi, le destin des fils Scragger, les folles ambitions de Gordon Chen, les projets de Shevaun Tillman et du Grand Duc Sergueyev… Tout est à suivre dans le reste de la saga (ou pas), et tout le reste appartient à l’Histoire !

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White Square Re: James Clavell, La Saga Asiatique

Message par Sieben le Mar 20 Mai - 23:48

J'ai été déçu par Eiji Yoshikawa et La Pierre et le Sabre. Shogun, quelqu'un l'a lu ? C'est bien ? Il me fait de l’œil depuis un petit moment. Les couvertures sont une horreur pourtant, l'éditeur devrait faire un effort de réimpression.
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White Square Re: James Clavell, La Saga Asiatique

Message par Albéric le Mer 21 Mai - 14:56

Sieben a écrit:J'ai été déçu par Eiji Yoshikawa et La Pierre et le Sabre. Shogun, quelqu'un l'a lu ? C'est bien ? Il me fait de l’œil depuis un petit moment. Les couvertures sont une horreur pourtant, l'éditeur devrait faire un effort de réimpression.
Eiji Yoshikawa est un Japonais qui écrit sur l'histoire du Japon pour les Japonais. la barrière culturelle est assez forte quand on n'est pas habitué aux mentalités japonaises.  D'où les déceptions, la mienne y compris. Peu de chance de retrouver ce problème avec James Clavell qui plaque sur des Japonais du Sengoku Jidai des mentalités occidentales du XXe siècle.
Une prose et un rythme à l'ancienne pour un gros pavé que j'ai bien aimé. J'en parle aussi un peu ici :
http://david-gemmell.frbb.net/t1151-shogun-1980
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White Square Re: James Clavell, La Saga Asiatique

Message par Sieben le Mer 21 Mai - 23:38

Merci à toi. Le mieux reste de voir par moi-même. Le reste de la saga asiatique ne me branche pas des masses. C'est surtout cette partie sur le Japon du 17ème qui m'intéresse et qui s'ouvre difficilement à l'occident. Sacrés pavés en tout cas, je vais les mettre en bas de ma liste de lectures.
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Sieben
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White Square Re: James Clavell, La Saga Asiatique

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