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Thomas Burnett Swann, Le Cycle du Latium

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White Square Thomas Burnett Swann, Le Cycle du Latium

Message par Albéric le Mer 25 Déc - 20:06


Résumé du tome 1 : Le Phénix vert
Brûlée, pillée par les Achéens, Troie n'est plus qu'un souvenir. Enée le parjure, qui a réussi à fuir, accoste avec ses pirates sur les rives d'un monde inviolé. La souveraine des lieux est formelle : l'envahisseur doit mourir. Mais la jeune Mellone, dryade chargée d'appliquer la sentence, s'interroge : Enée est-il vraiment le monstre que l'on décrit ? Pour les derniers êtres magiques de l'Âge d'or, un terrible combat s'engage — peut-être le dernier. En lettres de feu, Thomas Burnett Swann réécrit rien moins que l'histoire de Rome et de sa fondation.



Résumé du tome 2 : Le Peuple de la mer
Les échos de la guerre de Troie finissent de s'estomper ; une nouvelle aventure commence...
Fuyant le sac de la ville avec son fils Ascagne, Énée voit sa flotte s'échouer sur les rivages du royaume de Didon, reine fondatrice de Carthage, dont il deviendra bientôt l'amant. Ascagne, lui, se lie d'amitié avec le roi-éléphant Larbas et Électra la néréide. Un nouvel Éden est-il possible ?
Voyage initiatique, conte aux multiples facettes, ce deuxième tome du Cycle du Latium distille, au gré d'une extraordinaire galerie de personnages, une poésie enchanteresse.



Résumé du tome 3 : La Dame des abeilles
Connaissez-vous vraiment l'histoire de Rome ? Remus le sage, Romulus le conquérant : enfants, ils ont failli mourir, condamnés par le vieux roi d'Albe La Longue.
Le temps a passé, et les deux jeunes gens entendent mettre à bas la tyrannie régnante. Alliés aux dryades et aux faunes, ils marchent donc sur la cité...
Batailles sanglantes et passions sensuelles, rien ne manquera à la tragique épopée de ce troisième et dernier volet du Cycle du Latium.



Les 3 romans du Cycle du Latium sortent du même moule que la Trilogie du Minotaure : dans un Âge d’Or champêtre dont s’inspire les pastorales galantes du XVIIIe siècle, allégorie bien évidente de l’enfance, on suit un personnage clé qui va faire la découverte de l’amour et de la sexualité en même que heurs et malheurs de la vraie vue avant qu’un agent du destin se charge d’être l’instigateur du drame qui va mettre fin cet l’Âge d’or donc à l’innocence du personnage principal.


Dans Le Phénix vert, 2e dans l’ordre chronologique, mais 1er dans l’ordre de rédaction, l’Âge d’Or c’est le Bois d’Errance où dryades et faunes vivent ensemble mais séparés et où le mystère de la conception est bien gardé. Nous suivons dans la 1ère partie les 1er émois bien naïfs de la jeune Mellone face à Alcyon, alias Enée, et Phénix, alias Ascagne, jusqu’à sa défloration par le héros troyen. Le secret est éventé, mais l’essentiel est sauf puisque la méchante reine Volumna fait en sorte que la seule qui connaisse la vérité soit cloîtrée. Après une longue ellipse, nous suivons dans une 2e partie la quête d’identité du métis Coucou sur fond de guerre entre les Latins et Italiotes (les amazones volsques de la reine Camille et les barbares rutules, tous armés et aiguillonnés par la méchante reine Volumna). Mais grâce à Coucou Ascagne retrouve Mellone, et grâce Ascagne les dryades connaissent enfin leur révolution sexuelle.
Mais vous si vous n’aviez pas deviné, la reprise de L’Enéide de Virgile sert ici de prétexte aux thèmes fétiches (fétichistes ?) de l’auteur qui ici rappellent beaucoup trop ce qu’il avait concocté pour sa Trilogie du Minotaure.
Reste aussi des remarques ou des passages à la frontière assez limite avec des nymphettes de 12 ans et d’1m30 qui  ne rêvent que de sexualité très active… Je ne sais pas si ce genre de truc passait mieux dans les années 70 qu’aujourd’hui, mais dans tous les cas ils m’ont fait sérieusement tiqué.


Dans Le Peuple de la mer, 1er dans l’ordre chronologique, mais 3e dans l’ordre de rédaction, l’Âge d’Or c’est ce littoral africain où cohabitent hommes et animaux sous la double royauté de Didon Reine de Carthage et d’Iarbas Roi des Eléphants. Nous suivons les tribulations du petit Ascagne qui refuse de grandir tout en voulant devenir un homme. Il tente de retarder l’inévitable en s’échinant à recréer la cellule familiale que finalement il n’a jamais connu à cause de la mort de Créuse lors de la chute de Troie : c’est tout naturellement qu’il se fait entremetteur pour mettre ensemble Enée son père veuf et Didon la reine veuve de Carthage malgré la jalousie du roi indigène et les intrigues de la néréide Electra.
Le prologue était digne du Salammbô de Flaubert. Oui mais non, on revient trop vite dans la zone de confort de l’auteur. Mais je me suis laissé bercé par l’ambiance mi africaine mi oriental avec ses éléphants télépathes, ses bès mi guerrier mi clowns et ses dangereuses sirènes végétales. Le mélange entre naïveté calculée et gentilles polissonneries pourrait faire penser à une version coquine de l’univers de Babar : c’est très mignon !
L’interlude gay fait plus péripétie de remplissage qu’autre chose mais il fait penser à ces quadrangle amoureux de la Table Ronde où on ne sait plus si les couples sont hétéro, gay ou lesbiens. Et c’était bien vu d’avoir complètement réinterpréter le suicide de la reine tragique, mais je vous laisse le plaisir de découverte.


Dans La Dame des abeilles, 3e dans l’ordre chronologique, mais 2e dans l’ordre de rédaction, l’Âge d’Or, déjà bien entamé, c’est les collines du Latium et ses cabanes de bergers révoltés à moins que cela ne soit dans la pacifique civilisation étrusque joliment mis en valeur par des descriptions courtes certes  mais très évocatrices. Nous suivons la quête de vengeance du dur Romulus et du doux  Remus contre Amulius le tyran d’Albe la Longue Amulius qui écrase son peuple d’impôts iniques à l’aide de mercenaires brutasses. Ce Robin des Bois antique sert de toile de fond à la description des premiers émois de Pivert, alias Remus, qui ne rêve que de cohabitation entre hommes, plantes et animaux avant de découvrir l’Amour. C’est à travers les POV à la 1ère personne du jeune faune Sylvan, suspect de crypto homosexualité dans son amour pour Remus, et de la veille dryade Mellone désormais âgé de 417 ans, accusée de crypto lesbianisme pour être restée sans homme depuis la mort d’Ascagne. Autant le POV de Sylvan est frais et humoristique, autant celui de Mellone est assez brumeux… Beaucoup d’allégories sexuelles là encore ne serait-ce que dans le parallèle entre les 2 vieilles louves Luperca et Mellone, ou les sombres pensées du concupiscent Celer ou les discours de Romulus qui se résument souvent à « où sont les femmes ? ».
Mellone va aider le doux rêveur Remus à devenir homme et ses abeilles et ses loups vont aider Romulus à renverser le tyran, mais le fourbe Celer en recherchant à satisfaire ses sombres désirs va se faire l’instigation de la confrontation entres les 2 frères jumeaux…


Sympathique mais pas indispensable. Amateur d’action ou d’intrigues, passez votre chemin, nous ici dans de la fantasy poétique tissée par un amateur de culture classique. Dans cette optique c’est assez réussi mais peu abouti car malheureusement l’histoire, pour ne pas dire l’Histoire, finit avoir d’avoir vraiment commencé…
Les livres sont très courts : on est plus proche de la novela que du roman. Du coup je m’étonne que Les Moutons électriques et Points aient décidé de les sortir séparément au lieu de réalisé un tir groupé avec un intégrale comme le firent Le Belial et Folio SF pour la Trilogie du Minotaure, surtout vu l’étroitesse du lectorat potentiel en France…

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RES ADVENTURA

Albéric
Nécromancien

Date d'inscription : 16/01/2012

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