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Christopher Priest

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White Square Christopher Priest

Message par Sieben le Lun 28 Oct - 22:33



La ville doit toujours avancer, vers le Nord, vers l’optimum. Et les six guildes de Terre, la cité, veillent au bon déroulement des procédures. Elles seules connaissent les raisons, le but de cette progression, elles seules savent de quoi est fait le monde extérieur. Dans Terre, régie par des codes et des règles draconiennes qui assurent sa survie, Helward Mann a atteint la majorité, soit l’âge de mille kilomètres. Aspirant à devenir membre de la guilde des Topographes du Futur qui détermine le parcours qu’empruntera la ville, il devra travailler, en guise d’initiation, dans chacune des guildes, découvrant progressivement un monde dont il ignorait tout, comme les raisons de ce mouvement perpétuel. Et Helward, comme le lecteur, n’est pas au bout de ses surprises. Christopher Priest est un des auteurs majeurs de la SF contemporaine. On lui doit de nombreux chefs-d’oeuvre, dont La Séparation et Le Prestige.

L'incipit du roman donne le ton, "J'avais atteint l'âge de mille kilomètres". Quelle claque mes aïeux, je n'avais pas lu de la SF aussi prenante depuis Eschbach et ses "Milliards de tapis de cheveux".

Un roman où il y a à boire et à manger et à commenter, plus que je ne le ferais dans ce post.
Une lecture à plusieurs niveaux à la manière d'un Philip K. Dick à la différence que Christopher Priest a un style des plus fluide, propre, certains l'ont trouvé parfois répétitif ce qui n'est pas mon cas, d'autres y ont vu des longueurs et une histoire qui met un peu de temps à se mettre en place, ce qui est bien normal puisqu'on est tout aussi paumé que le personnage principal, Helward Mann, et qu'une bonne centaine de pages pour planter le décors est le bienvenue.

Priest a le sens du cliffhanger. A l'instar des membres des guildes qui pensent tout connaître des tenants et des aboutissants du monde dans lequel ils vivent, le lecteur pense détenir la vérité et voir venir d'emblée la fin du roman, et là BAM ! Retournement de situation, sans cesse et à chaque fin de parties, on n'est jamais au bout de nos surprise.

Formidable parallèle où l'auteur prend un sadique plaisir à jouer avec la réalité et la façon dont chacun là perçoit et l'interpréter selon ses idées.

J'ai d'abord cru dans la première partie à une métaphore, la cité comme allégorie de nos société occidentales dans un microcosme plus réduit. Ce n'est pas pour rien si la ville s'appelle "Terre". D'ailleurs m'a vision n'est pas spécialement erronée, le roman va simplement évolué dans un autre sens. Mais j'ai senti de la part de l'auteur une critique sévère de notre mode de vie. Il souligne toute l'absurdité d'une existence passée à travailler pour des raisons qu'on finit par ignorer. Les gens de la guilde ne savent pas au final pourquoi la ville avance, dans quel but ? Aucune importance, l'important c'est de le faire. Absurdité qui atteint son paroxysme lorsque les membres de la guilde de la Traction annoncent qu'ils vont quand même faire avancer la ville alors que la guilde des Voies n'a pas fini de poser les rails. La ville doit avancer, combien même elle irait à sa perte.
Critique incendiaire des conditions de travail des ouvriers étrangers, sous payés et obligés de se taper le sale boulot pour une misère. Avec de l'autre côté le regard méprisant des gens de la guilde qui les traitent de "fainéants" et de "paresseux".

Une vision qu'on comprend d'autant plus lorsque qu'on lit se poème de Samuel Johnson dans la préface de la VO mais qui a malheureusement été supprimé dans la traduction VF:

Wheresoe'er I turn my view,
All is strange, yet nothing new;
Endless labour all along,
Endless labour to be wrong.

Désolé, toutes mes idées sont un peu mises en vrac et je pourrais en dire encore sur plusieurs pages de cette première partie mais je n'ai pas pris de notes.

Puis cliffhanger, le roman prend enfin une tournure SF, on tombe dans le Hard Science avec beaucoup d'explications mathématiques et géométriques mais franchement, moi qui suis une bille en maths je n'ai pas spécialement éprouvé de difficulté.
Les retournements s'enchaînent et on ne lâche pas le bouquin.

La fin arrive de façon un peu brutale et à cause de cela il y a désormais un camp de lecteurs qui trouvent la fin bâclée et un autre (dont je fais partie) qui trouve cette fin totalement appropriée par rapport au propos de l'auteur.

Priest nous fait comprendre que la réalité dépend surtout de notre propre point de vue, d'où la volonté de ne pas prendre parti pour Helward qui défend bec et ongle les théories anciennes (et obsolètes ?) quitte à foncer droit dans le mur
Spoiler:
en l'occurrence en pleine mer
; ou pour Elizabeth.

Priest laisse le lecteur indécis. Ceci explique pourquoi on n'aurait une narration à la troisième personne dans le dernier chapitre (point de vue neutre) et des POV sous l’œil d'Helward et d'Élisabeth dans les autres parties.

Encore une fois désolé si mon avis et mes idées peuvent paraître en vrac, ou incomplètes (oh oui). Le Monde Inverti fait parti de ces livres qui ne vous laisse pas indemne et donne du grain à moudre même après que l'on ait refermé le livre. Et franchement c'est tout ce que je recherche dans mes lectures. Libre à vous, si vous l'avez déjà lu, de compléter mon avis et de continuer d'alimenter le sujet. Je ne pense pas me tromper en le mettant parmi les classiques.
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Sieben
Navarque de la flotte macédonienne

Date d'inscription : 12/02/2013

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White Square Re: Christopher Priest

Message par Albéric le Mer 20 Nov - 14:57

Oui un digne héritier de K. Dick, mais je ne connais ses oeuvres qu'à travers les adaptations qui en on été faites.

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RES ADVENTURA
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Albéric
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