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R.A. Salvatore, La Légende de Drizzt

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White Square R.A. Salvatore, La Légende de Drizzt

Message par Oncle Kiin le Mer 16 Oct - 16:32



Drizzt est un elfe noir né en Outreterre où le pouvoir s’obtient par la guerre ou le meurtre. L’honneur, l’amitié, l’amour n’y ont pas leur place et Drizzt y fait le rude apprentissage d’une vie de servitude.
Bien qu’il ait été élevé dans un système de valeurs totalement perverti et qu’il soit rompu à l’art du combat, il sait qu’il n’est pas comme les autres. Il aspire à une vie différente et refuse de devenir un assassin au service des siens. Mais pour survivre, Drizzt est obligé de dissimuler et même nier sa véritable nature.
Jusqu’au jour où il devra se battre seul contre tous !


Commentaire :
Les « moins » :
-- Ce premier roman de la série donne souvent l’impression de ne pas être très pro. Des passages d’exposition maladroits, qui paraissent tout droit copiés-collés d’un supplément de jeu de rôles. Une écriture... pas bien terrible, et pas forcément aidée par la traduction (pas vu la VO, mais c’est parfois à peine correct en français).
-- Je retrouve aussi dans ce bouquin un vieux problème qui m’a toujours gêné dans l’univers de D&D : vraiment trop de magie et d’objets magiques. Partout, tout le temps, pour tout et n’importe quoi. C’est tout juste si les personnages ne pissent pas dans des pots de chambre magiques en mithral enchanté +2. J’aime bien la magie, hein, mais à ce niveau d’excès ça enlève tout le charme.

Les « plus » :
-- Le point de vue drow. On voit le monde du côté des méchants, qui croient sincèrement (quand ils sont jeunes, du moins) que le monde de la surface est un enfer, peuplés d’elfes pervers et meurtriers, etc. C’est marrant, et le côté bourrage de crâne des jeunes drows est bien rendu.
-- Le destin de Drizzt. Il s’agit d’un perso à la fois classe et émouvant, et c’est bonnard de le prendre depuis le tout début. L’histoire commence à sa naissance (on voit même l’accouchement !), puis son enfance malheureuse, la problématique de sa différence et de sa solitude, sa formation (avec presque un petit côté Stratégie Ender par moment)... jusqu’à sa décision de quitter Menzoberranzan. C’est sympa que l’auteur ait pris son temps pour nous montrer tout ça tranquillement, je trouve que ça pose bien les bases de la série.
-- L’univers des Royaumes Oubliés. On peut bien entendu lui reprocher bien des choses, un côté carton-pâte, etc., mais n’empêche, ça reste un univers culte, très vaste, d’une richesse presque exhaustive, et personnellement j’ai toujours beaucoup de plaisir à le parcourir.

Du coup, est-ce que c’est la purge annoncée : non, pas pour moi en tout cas. C’est sympathique, ça se lit bien, c’est de la grosse fantasy décomplexée, souvent à la limite de la caricature, mais qui nous brosse dans le sens du poil et qui réserve parfois même quelques surprises.
Pour autant, est-ce que je conseillerais ces livres à n’importe qui : non, probablement pas. Il n’y a pas ici le talent incontestable et objectif qu’on trouve chez certains auteurs franchisés Games Workshop. Concernant la Légende de Drizzt, je pense qu’il faut tout de même avoir un peu de nostalgie pour la fantasy des années 80 et pour les jeux de rôles à la D&D si on veut que ça marche. (Ou alors, plus les plus jeunes, être un joueur de WoW qui n’a pas encore lu beaucoup de fantasy, et qui ne s’attend pas non plus à lire du Game of Thrones, quoi.)

Bref, pour moi c’est de l’ordre du plaisir simple, avec un côté madeleine, et je suis bien content que ça existe. J’ai souvent l’impression que le succès de Salvatore agace et contrarie, mais je ne comprends pas pourquoi. Ses bouquins donnent du plaisir à des gens comme moi, et on a encore le droit de se faire plaisir. Rien n’empêche ceux qui ont des attentes plus élevées de passer leur chemin et de lire autre chose.
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White Square Re: R.A. Salvatore, La Légende de Drizzt

Message par Oncle Kiin le Mer 16 Oct - 16:34



Drizzt a quitté Menzoberranzan, sa ville natale, pour gagner les régions sauvages de l’Outreterre. C’est le début pour lui d’une vie d’errance et de traque. Car Drizzt doit devenir un chasseur s’il veut prendre le dessus sur les créatures qui rôdent dans les profondeurs. Il peut heureusement compter sur l’aide de Guenhwyvar, sa fidèle panthère magique.
Mais le jeune elfe noir n’est pas seulement confronté à la sauvagerie de contrées hostiles, il doit aussi faire face à une menace bien plus ancienne : sa famille ne l’a pas oublié et sa mère, la maléfique Matrone Malice, tient à resserrer les liens du sang... jusqu’à ce que mort s’ensuive.



Commentaire :


Après avoir dû survivre comme un animal dans les régions inhabitées d’Outreterre, Drizzt découvre enfin l’amitié, et l’existence de gens vivant normalement – pas comme ces psychopathes de drows qui l’ont élevé.
Après diverses aventures, mettant notamment en scènes des svirfnebelins (gnomes des profondeurs) et des illithids (sortes de cthulhumanoïdes télépathes et esclavagistes), il boucle enfin la boucle face à son ancien mentor elfe noir (un cousin d’Obi-Wan Kenobi, mais avec une histoire plus torturée).
Il comprend alors que sa place n’est plus en Outreterre, mais que le foyer qui pourra l’accueillir se situera plutôt quelque part à la surface.

Un passage sympa sur la résistance de l’âme à l’oppression, vers la fin du livre. À part ça, l’histoire personnelle de Drizzt suit son cours, et ça se lit toujours confortablement. C’est bon enfant et sympathique.
Je ne regrette pas ces séquences en Outreterre, qui ont leur raison d’être, mais j’avais quand même un peu hâte qu’il arrive enfin à la surface et qu’il vive des aventures un peu moins drow-centrées.
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White Square Re: R.A. Salvatore, La Légende de Drizzt

Message par Oncle Kiin le Mer 16 Oct - 16:38



Drizzt a définitivement quitté l’Outreterre pour gagner le monde de la surface. Il espère trouver le foyer qu’il a toujours cherché. Mais il ne s’agit nullement de la terre promise qu’il avait espérée, bien au contraire. À la surface, les drows sont considérés comme des ennemis, des meurtriers et personne n’imagine qu’il existe des elfes noirs différents, capables de compassion, et qui aspirent à une vie meilleure. Drizzt sera chassé, traqué et il devra apprendre de nouvelles règles, prouver à la face du monde qu’il peut s’adapter et qu’il n’est pas nuisible ou malfaisant. Heureusement, certaines rencontres peuvent tout changer...

Commentaire :
Cette fois, on suit les premières aventures de Drizzt à la surface.
Accusé à tort du massacre d’une famille de fermiers humains, il doit fuir de ville en ville, toujours rejeté, car les gens de la surface ne peuvent pas croire qu’un drow soit animé de bonnes attentions.

Sa traque par le trappeur McCartilage (eh ouais, dans la nouvelle VF tous les noms propres sont traduits, ça fait parfois un peu bizarre ^^) dure ainsi des années, façon Capitaine Achab avec Drizzt dans le rôle de la baleine.

C’est assez triste de voir notre héros se prendre des râteaux partout où il va, néanmoins la dimension humoristique de la série est toujours assez présente, surtout à travers les personnages secondaires.

Durant son errance, Drizzt passe beaucoup de temps à s’acclimater au monde de la surface, et j’ai bien aimé ces passages où il découvre l’hiver, la nécessité de faire du feu, puis le solstice et l’allongement rassurant des jours, etc.
Petit à petit, on sent aussi que se révèle sa nature de « rôdeur » (sa classe de personnage dans D&D), et il ne tarde d’ailleurs pas à se trouver un vieil ermite comme mentor pour l’aider à progresser dans cette voie. (En plus de lui apprendre enfin la langue commune, ce qui résout un problème récurrent depuis le début de la série.)

Autre truc qui m’a plu : la longévité des elfes noirs permet une gestion inhabituelle de l’écoulement du temps, puisque ça fait déjà une cinquantaine d’années qu’on suit les pas de Drizzt, mine de rien. Et par exemple, on découvre ici l’humaine Catti-Brie (que j’avais vue adulte dans un bouquin postérieur, lu autrefois) alors qu’elle est encore enfant. Je suppose qu’il en ira de même pour le barbare Wulfgar dans le volume suivant. Marrant de découvrir les versions « gamins » des futurs héros des Royaumes.

La fin est assez émouvante, puisque grâce à la bienveillance bourrue du roi nain Bruenor, Drizzt trouve enfin un foyer.
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Message par Albéric le Mer 16 Oct - 17:01

Ah merci Oncle Kiin, je vais pouvoir emprunter le 4e tome dans un proche avenir sans me triturer la tête !

Oncle Kiin a écrit:Bref, pour moi c’est de l’ordre du plaisir simple, avec un côté madeleine, et je suis bien content que ça existe. J’ai souvent l’impression que le succès de Salvatore agace et contrarie, mais je ne comprends pas pourquoi. Ses bouquins donnent du plaisir à des gens comme moi, et on a encore le droit de se faire plaisir. Rien n’empêche ceux qui ont des attentes plus élevées de passer leur chemin et de lire autre chose.
C'est pour les néophytes, les nostalgiques voire les easy readers. L'auteur a ma sympathie d'autant que lui au moins n'a jamais pété plus haut de son cul, pas comme certains (celui qu'on ne doit plus nommer, stupidboy Paolini, le sale gosse Sam Sykes...)

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Message par Duvodas le Jeu 17 Oct - 8:54

Personnellement, j'ai eu du mal à finir le premier. Justement à cause de l'overdose de magie, de mithril et de boules de feu. Oui, l'histoire est sympa, Mais bon, le cadre me rebute (même si je sais que Drizzt quitte le Royaume Souterrain) et l'écriture ne me plait pas, je la trouve trop chargée en descriptions. Comme dit Oncle Kiin, on se croirait dans une parti de Jeu de Rôle.

Après, le personnages est sympa, mais c'est quand même toujours le jeune garçon qui déteste sa race et son monde, qui ne comprend pas ses semblables et s'en écarte secrètement... 

Je ne lirai pas les prochains.
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Message par Derfel le Jeu 17 Oct - 15:26

Assez prolifique l'ami Salvatore. Que dire de l'ensemble de son oeuvre ?

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Message par Albéric le Sam 19 Oct - 8:31

Derfel a écrit:
Assez prolifique l'ami Salvatore. Que dire de l'ensemble de son oeuvre ?
Que malgré tout la saga de Drizzt reste tout de même sympathique mais que le reste c'est plutôt mauvais.

Oncle Kiin a écrit:mettant notamment en scènes des svirfnebelins (gnomes des profondeurs) et des illithids (sortes de cthulhumanoïdes télépathes et esclavagistes)
J'avais apprécié les passages chez les svirfnebelins car il y avait un côté Ewoks souterrain sans le côté "il faut vendre des figurines et es peluches", et il y avait un côté révolte servile chez les illithids pas déplaisant.

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Message par Invité le Sam 19 Oct - 9:28

Sérieux? Il a écrit d'autres trucs?
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Message par Albéric le Sam 19 Oct - 9:44

Tarentio a écrit:Sérieux? Il a écrit d'autres trucs?
http://fr.wikipedia.org/wiki/Robert_Anthony_Salvatore
La Pentalogie du Clerc, du Star Wars et du Tarzan comme tout le monde ou presque, Demon Wars, La Saga des Lances...

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Message par Derfel le Sam 19 Oct - 23:23

Mais, ...c'est bon ???

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Message par Albéric le Lun 25 Nov - 22:12

J'ai fini mon Drizzt. Sans surprise c'est un peu moyen.
On dirait du Gemmell light. Très light. Trop light ?
Plein de petits trucs sympas, mais aussi de clichés gras.
Néanmoins la nouvelle traduction est un vrai plus : j'ai trouvé cela très fluide et plutôt plaisant à lire. Néophytes, nostalgiques voire même easy readers pourraient bien aimer au final ! Je ferai un compte rendu plus complet ultérieurement.

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Message par Albéric le Lun 16 Déc - 10:01

J'ai fini Les Torrents d'argent 
La nouvelle traduction est vraiment plaisante.
Salvatore a corrigé le tir : le mago psycho chaotique mauvais de pacotille est remplacé par des ennemis qui ont enfin de la gueule, notamment un assassin badass reflet inversé de Drizzt.
Je me suis pris au jeu et j'ai bien aimé, voire adoré par moment comme le survival horror dans les marécages quand la Compagnie du Hall est pris en chasse par une horde de Trolls ou la traversée de Castelmithral plus tolkienesque tu meurs. Mais c'était presque mieux que Tolkien !

Du coup, je vais repasser par la bibliothèque municipale pour emprunter le suivant !
 

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Message par Oncle Kiin le Lun 16 Déc - 18:03

Albéric a écrit:des ennemis qui ont enfin de la gueule, notamment un assassin badass reflet inversé de Drizzt.



Ah oui, Artemis Entreri, c'est ça ?
J'aimais bien ce perso, moi aussi ! Ca me donne hâte de continuer ma lecture/relecture "dans-l'ordre-et-depuis-le-début" :)
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Message par Dark schneider le Lun 16 Déc - 18:55

Ah bah moi qui m'étais arrêté à L’Éclat de Crystal...

Dès que j'aurai ma liseuse, je mets la main sur les ebook de salvatore, en plus ça fera office de lecture récréative après deux romans plus conséquents.
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Message par Albéric le Lun 16 Déc - 22:14

Oncle Kiin a écrit:
Albéric a écrit:des ennemis qui ont enfin de la gueule, notamment un assassin badass reflet inversé de Drizzt.
Ah oui, Artemis Entreri, c'est ça ?
J'aimais bien ce perso, moi aussi ! Ca me donne hâte de continuer ma lecture/relecture "dans-l'ordre-et-depuis-le-début" :)
Drizzt est chaotique bon et Artemis est loyal mauvais.
Un reflet inversé effectivement, mais il y a aussi l'ambitieuse magicienne Sydney, le guerrier jaloux Jierdan, Bok le T-800 et quelques autres qui dépassent le cadre de vilain de service.
Ce tome 5 était un peu long quand même car très / trop rempli : quelques tirages de moins sur la tables des rencontre aléatoires n'aurait pas été de refus, parce que le boss de fin de niveau du marécage fait vraiment too much par exemple.


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Message par Albéric le Jeu 2 Jan - 16:55


Résumé de tome 4 : L’Éclat de Cristal
Le Valbise tremble. Akar Kessell, un apprenti-sorcier, a maladroitement réveillé une relique pouvant balayer la région de la surface des Royaumes : l'Eclat de cristal. Mais les Dix-Cités doivent faire face à un danger plus immédiat : les barbares. Après une première attaque manquée, ces derniers laissent pour mort un membre de leur tribu : le jeune Wulfgar, bientôt recueilli par le nain Bruenor et son ami Drizzt Do'Urden, l'elfe noir. Condamné à cinq ans d'esclavage, le jeune homme s'aguerrit au contact de ses « maîtres ». Heureusement, car il pourrait bien être leur ultime rempart contre l'effarante puissance du cristal.


Pas de la grande littérature ni même de la grande Fantasy, mais de l’agréable novélisation : les aventures de Drizzt Do’Urden et ses compagnons, c’est des parties de jeux de rôles mise par écrit. Malgré une fanbase assez importante R.A. Salvatore jouit d’une réputation de tâcheron. Ayant par le passé hurler avec les loups, je fais mon mea culpa. D’un autre côté je n’avais en tête que la très mauvaise adaptation de Fleuve noir que je n’ose qualifier de traduction… C’est donc tout naturellement que je remercie Milady et Fanélie Cointot pour cette nouvelle plaisante traduction !

Nous suivons dans cet L’Éclat de cristal la formation d’une compagnie de héros pour ne pas dire d’une communauté :
- Régis (non ce n’est pas une blague) le roublard de petite taille, c’est un clone du Bilbo de Tolkien
- Bruenor le nain bourru mais au grand cœur, c’est un héritier du Thorin Écu-de-Chêne de Tolkien
- Wulfgar le barbare qui hait la magie, c’est une version édulcorée de ce bon vieux Conan d’Howard
- Drizzt, l’elfe noir humaniste c’est une version édulcorée de ce bon vieux Elric de Moorcock
Au sein de cette dream team fantasy Catti-Brie reste en retrait car comme tous les personnages féminins du cycle elle ne dégage pas grand-chose (son parler argotique m’ayant horripilé plus qu’autre chose, pire les romances nouées autour d’elle étant assez mal fagotées…).
C’est parfois bon enfant et on retrouve les belles sensations du shonen classique avec les tirades sur l’espoir et l’amitié, la foi dans le triomphe de l’amour et de la justice. C’est une Fantasy traditionnelle certes, mais c’est plaisant de retrouver cela dans une époque grimm & gritty post GRR Martin.

Partie 1 : Dix-Cités
On nous présente l’univers septentrional de Valbise qui rapidement doit faire à l’invasion du seigneur de la guerre barbare Haalfdane. Entre petits zooms humanistes et grands préparatifs de guerre, le siège de Bryn Shander fait Gemmell like mais aussi Gemmell light. Peu importe tout cela est sympathique.
Partie 2 : Wulfgar
Nous poursuivons avec le destin du jeune barbare Wulfgar qui fait l’apprentissage de la vie entre leçons de forge avec Bruenor et leçons d’escrime avec Drizzt. Entre petites leçons de morale et grandes amitiés naissantes, fait Gemmell like mais aussi Gemmell light. C’est rafraîchissant ou gnangan selon les goûts de chacun
Partie 3 : Cryshal-Tirith
Face au tyran autoproclamé de Valbise Akar Kessell nos amis suivent chacun leur voie pour lutter contre le Mal : escarmouches, batailles terrestres et navales, combats de siège, infiltration et exfiltration… Le message de tout cela étant que chacun peut apporter sa pierre à l’édifice de défense de la liberté et qu’avec un peu de respect et de tolérances les ennemis d’hier peuvent être les alliés d’aujourd’hui et de demain. Entre combat contre un dragon et un duel à mort entre 2 armoires à glace, Wulfgar se fait la part belle mais ses compagnons ne sont pas en reste y compris Ventre-à-pattes le trouillard ! Tout cela fait Gemmell like mais aussi Gemmell light. Peu importe tout cela est sympathique.


Néophytes, easy readers, nostalgiques et rôlistes peuvent aimer cette aventure, mais tout cela ne marche qu’à moitié :
- inévitablement surviennent les moments où on entend rouler des dés...
- le prologue était nullissime de poncifs du genre, et ceux-ci reviennent de temps à autre tirer l’ensemble vers le bas
- les scènes d’actions sont très nombreuses, trop nombreuses sans doute donc on tombe dans la répétitivité tant on privilégie la quantité sur la qualité. J’apprécie les récits SFFF qui font la part belle à l’action, mais il faut que celle-ci soit bien amenée et bien mise en valeur sinon l’absence de tension et de suspens fait que cela trop souvent à plat, et ici le fait qu’à chaque fois que les choses tournent mal on fait appel au rubis hypnotique ou à la panthère magique n’arrange rien.
Les deus ex machina c’est parfois top grave cool, mais à force de tirer sur la corde cela devient ennuyant au possible.
- on sent quand même des inspirations faciles pas toujours bien digérées :
Du Tolkien et du Howard donc, mais aussi du Leiber, du Vance et du Moorcock quand on cherche bien… Ce joli mélange est à l’origine des univers Donjons & Dragons, d’ailleurs je vois renvoi au bon article du Boston Globe
http://www.bostonglobe.com/ideas/2013/12/22/sorry-tolkien-not-father-fantasy/pljM6NOC54JmFaqY8bzNSI/story.html
Mais c’est parfois un peu gros, voire goulbigoulbesque ! Ainsi on sent aussi avec Cryshal-Tirith (OMG le nom déjà) et ses miroirs magiques un recyclage de Conan le Destructeur : il y a quand même un peu mieux comme inspiration...
- le Tyran de Valbise, aka le boss de fin, est un supervilain de pacotille, un mago psycho cabotineur qui présente toutes les caractéristiques du pervers narcissique : difficile de trembler ne serait-ce qu’une seconde tant celui-ci est caricatural, un ersatz complètement raté de Saroumane qui lui-même se contentait d’être un sous Sauron…


Les intéressants monologues de Drizzt en début de parties tranchent avec le reste. On sent que l’auteur met beaucoup de lui-même dans son personnage fétiche. Dès lors on peut réinterpréter la saga : Menzoberranzan et ses traditions de compétitivité mortifère, c’est une certaine société américaine à qui l’auteur à décidé de tourner le dos, comme son héros, préférant essayer de rendre meilleurs les Royaumes Oubliés, comme son héros. Un monde parfois violent, raciste et fanatique dans son communautarisme certes, mais avec de l’amitié, de la solidarité, et la possibilité de s’intégrer dans un multiculturalisme progressiste. Si on ajoute que le héros est rejeté principalement à cause de la couleur de sa peau et des préjugés qui y sont affiliés, il n’y a qu’un pas pour y voir une critique en bonnes et dues formes de certaines mentalités.
Des héros porteurs de valeur qui ont envie de rendre le monde meilleur, cela fait du bien : Justice Forever !


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White Square Re: R.A. Salvatore, La Légende de Drizzt

Message par Albéric le Ven 3 Jan - 9:52


Résumé du tome 2 (5) : Les Torrents d'argent
Drizzt et ses compagnons partent en quête de la cité de Castelmithral, le berceau légendaire du peuple de Bruenor. Confronté au racisme, Drizzt envisage sérieusement de regagner les ténèbres de l'Outreterre. De son côté, Wulfgar commence à surmonter son aversion atavique pour la magie. Quant à Régis, il cherche à échapper à un redoutable assassin qui s'est allié à des magiciens maléfiques. Ces derniers ont juré la perte des compagnons et Catti-Brie est la seule à pouvoir contrecarrer leurs plans.


L'aventure continue, c’est donc tout naturellement que je remercie Milady et Laurence Murphy pour cette plaisante nouvelle traduction !


Nous suivons dans ces Torrents d’argent un très sympathique revival du Hobbit de Tolkien mâtiné de SdA :
- comme Bilbo, Régis possède un puissant bijou magique recherché par un puissant sorcier
- comme Smaug, le dragon Ombreflet surveille son fabuleux le trésor et son royaume souterrain
- comme Thorin Écu-de-Chêne, Bruenor Marteaudeguerre recherche sa patrie désormais perdue
Les héros forment la Compagnie du Hall, une communauté formé d’un elfe, d’un nain, d’un semi-homme et de 2 humains… une configuration qui rappelle d’excellents souvenirs aux amateurs d’héroïc fantasy ! blink
Les copies édulcorées de Conan et Elric accompagnent le maître nain dans sa quête, avec une Catti-Brie atteinte du syndrome de Stockholm pas toujours très cohérente dans ses agissements… Savent pas ce qu’elles veulent ces nanas ! lol

Partie 1 : Quêtes
D’un côté nous avons Bruenor, Drizzt, Wulfgar et Regis qui partent à l’aventure un peu à l’aveuglette, se basant sur de maigres indices pour finalement se retrouver dans les bas quartiers de Luskan. D’un autre côté nous avons Artémis Entreri engagé par Pacha Amas pour lui ramener Régis et son rubis hypnotique, qui s’allie à un mage ambitieux et à ses sbires. Entre les 2 camps une Catti-Brie qui part avertir ses amis avant de tomber dans les griffes de ce Drizzt inversé.
Partie 2 : Alliés
Tandis que nos compères se perdent dans les campagnes de plus en plus reculées des Royaumes Oubliés (faut dire qu’ils partent vraiment à l’aveuglette à chaque étape… lol), Catti-Brie essaye de semer la zizanie parmi leurs poursuivants.
Drizzt broie du noir devant les manifestations de racisme à son égard entre 2 péripéties tirées sur la table des rencontres aléatoires. Parmi elles une traversée de marais infestée de trolls plus Sam Raimi tu meurs (dommage d’avoir gâché ce chouette moment de fantasy horrifique par un boss de fin niveau totalement hors de propos).
Heureusement la Dame de Lunargent, clone de Galadriel, fournit à nos amis biscuits elfiques et baumes guérisseurs avant de les mettre sur la bonne voie.
Partie 3 : Nouveaux chemins
On est quelque part entre reconquête du Mont Erebor et reconquête des Mines de la Moria. Les œuvres de Tolkien très littéraires accusent quand même leur âge, c’est donc très plaisant de retrouver ces scènes mythiques en cinémascope.
Parmie des duergars et autres gobelins, les 2 compagnies s’affrontent dans les sombres tunnels souterrains, alors qu’a lieu le duel au somment entre les frères ennemis Drizzt et Entreri… Le final ne déçoit pas, mais le dénouement n’en est pas vraiment un et que tout est à suivre dans Le Joyau du Halfelin !

L’auteur a fortement corrigé le tir au niveau des bad guys et c’est tant mieux !
On retrouve certes avec Dendybar un mago psycho et avec Ombreflet un dragon mégalomane, mais les tous les autres vilains d’alignement loyaux mauvais ont de la gueule et tirent clairement l’ensemble vers le haut avec Entreri l’assassin bad ass, la vamp magicienne Sydney, le guerrier jaloux Jierdan et le golem Bok à mi chemin du Frankenstein de Mary Shelley et du T-800 de James Cameron qui nous gratifie de scènes assez cool (et en plus ils se tirent dans les pattes !).
D’ailleurs les scènes d’action et les situations sont plus variées et donc donne moins une impression de répétitivité.
Les deus ex machina sont moins nombreux, Guenhwyvar se faisant très discrète, donc le suspens est davantage présent !

Il reste néanmoins des trucs qui ne marchent toujours pas :
- inévitablement surviennent les moments où on entend rouler des dés... surtout quand on sort la table des rencontres aléatoires car on se retrouve avec des péripéties de remplissages qui rallongent la sauce plus qu’autres choses
- la manière dont nos compères partent à l’aventure en arpentant la route dans la joie et la bonne humeur sans préparation alors qu’ils ne savent pas où ils vont et comment ils vont y aller rappelle fortement Le Donjon de Naheulbeuk !
- des poncifs qui nous rappellent malheureusement qu’on est dans une novellisation d’un univers franchisé…
- on en fait des caisses sur l’atavisme des barbares qui haïssent la magie… Que ces passages sont mauvais !
- Catti-Brie qui est un des personnages principaux de La Légende de Drizzt ne fonctionne toujours pas…

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White Square Re: R.A. Salvatore, La Légende de Drizzt

Message par Albéric le Dim 5 Jan - 5:44


Résumé du tome 3 (6) : Le Joyau du Halfelin
Régis est livré au Pacha Amas. Celui-ci veut se venger du halfelin qui lui a volé son bien le plus précieux : le rubis aux pouvoirs hypnotiques.
Les amis de Régis, Drizzt et Wulfgar, se ruent à son secours tandis que Catti-Brie se charge de lever une armée pour reconquérir Castelmithral. Drizzt sera de nouveau confronté à son ennemi, Artémis Entreri. Quant au halfelin, il doit affronter la pire épreuve de sa vie entre les griffes du Pacha Amas...
Y survivra-t-il ?



L'aventure continue, c’est donc tout naturellement que je remercie Milady et Éric Betsch pour cette plaisante nouvelle traduction !

Nous suivons dans ce Joyau du Halfelin un pot-pourri Fantasy d’assez bonne facture :
Les rats-garous défaits par une horde de félins surnaturels ? Enorme clin d’œil aux Epées de Lankhmar de Leiber ?
Les Héros du Nord qui viennent foutre le bordel dans une ville méridionale gangrenée par le crime ? Howard ?
Le barbare Wulfgar qui s’énerve contre un dromadaire récalcitrant ? Petit clin d’œil au film de John Milius ?
Et oui la Fantasy ne se limite pas à JRR Tolkien et aux Terres du Milieu :
http://www.bostonglobe.com/ideas/2013/12/22/sorry-tolkien-not-father-fantasy/pljM6NOC54JmFaqY8bzNSI/story.html

Partie 1 : A mi-chemin de partout
Tandis d’Entreri ramène sa proie à Portcalim, proie qui fait tout pour ralentir son ravisseur, Drizzt et Wulfar se lancent à sa poursuite malgré les pièges tendus sur leur route avant de faire à la Porte de Baldur la rencontre de Deudermont le capitaine de l’Esprit follet de la mer. Dans le même temps Catti-Brie hésite entre les rejoindre et tenir la promesse faite à Bruenor de préparer et mener à terme la reconquête de Castelmithral.
Partie 2 : Alliés
Des chapitres très swashbuckling avec la traversée vers le Sud de la Mer des Epées entre les manipulations des assassins Entreri et Rassiter, les fourberies des magiciens Obéron et Lavalle et l’attaque du capitaine pirate Pinochet (non ce n’est pas une blague).
Dommage que la bataille navale soit gâchée par des trucs grosbills et qu’ensuite on tombe rapidement dans les clichés sur le Moyen Orient avec OMG un marchand gobelin magouilleur et OMG un riche despote capricieux.
Partie 3 : Empires déserts
Une grosse baston de 150 pages qui n’en finit plus : rats-garous, limon, hydre, démons, géants des collines eunuques, assassins, magiciens en plus des pièges mortels et de rebondissements en veux-tu en voilà dans la plus grande tradition pulpienne ! Mais c’est épuisant voire soulant passé un cap malgré le chouette détour par Tartérus qui annonce les belles heures de Planescape (alias le Stargate Fantasy).


Globalement un peu moins bon que le 2e car l’action prend le pas sur tout reste à commencer par l’ambiance.
A ce niveau-là, entre les passages en mer, les passages dans le désert, les bas-fonds de Portcalim et l’excursion extradimensionnelle, il avait largement matière à faire. Et même au niveau action le mieux est l’ennemi du bien : la récurrence des trucs grosbills vient tirer l’ensemble vers le bas.
Cette mise en jambe avec une Dame elfique et un magicien malicieux qui expliquent aux héros tout ce qu’ils doivent savoir et qui leur donnent tout ce qui leur est nécessaire était une facilité scénaristique à la limite du ridicule.
Niveau bad guys, Entretri partage la vedette avec ses compères avec qui ils se tirent la bourre à commencer par Pacha Amas son patron ailurophile et Rassiter l’ambitieux rat-garou (non ce n’est pas une blague). D’ailleurs franchement OMG les rats-garous…ça casse un peu tout malgré la sympathique référence au classique de Fritz Leiber.
L’épilogue qui enquille en quelques pages la mainmise sur une guilde de voleur, la reconquête de Castelmithral et un mariage est assez frustrant, mais c’était un peu le mode à l’époque (voir David Gemmell et Glen Cook par exemple).
Niveau personnages entre recherche d’intégration et exploits héroïques Drizzt est égal à lui-même, Wulfgar a du mal à penser à autre qu’à la baston, mais à travers son calvaire Régis gagne en profondeur et en sympathie. Toujours pas fan de Catti-Brie même si on progresse dans la bonne voie avec ce tome…

Mais tout cela donne furieusement envie de rejouer aux Baldur's Gate like !

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White Square Re: R.A. Salvatore, La Légende de Drizzt

Message par Albéric le Mer 26 Fév - 16:41


Résumé du tome 1 : L'Héritage
Drizzt se sent enfin chez lui à Castelmithral et tout le monde s’affaire pour préparer le mariage de Wulfgar et Catti-Brie. Mais son bonheur est précaire. Des nains disparaissent, et Drizzt découvre bientôt qu’ils ont été massacrés par un drow ! Sa véritable famille se rappelle à lui de la pire des manières : sa sœur, son frère et le mercenaire Jarlaxle complotent dans l’ombre pour assurer sa chute et leur vengeance. Pendant que Drizzt mène son propre combat, Bruenor et les autres doivent faire face à une invasion de gobelins.
L’héritage de l’elfe noir représente un bien lourd fardeau pour lui et ses proches !



Les Drows sont de retour pour nous jouer de mauvais tours ! Pas de la grande littérature ni même de la grande Fantasy, mais de l’agréable novélisation : les aventures de Drizzt Do’Urden et ses compagnons, c’est des parties de jeux de rôles mises par écrit. Malgré une fanbase assez importante R.A. Salvatore jouit d’une réputation de tâcheron. Ayant par le passé hurler avec les loups, je fais mon mea culpa. D’un autre côté je n’avais en tête que la très mauvaise adaptation de Fleuve noir que je n’ose qualifier de traduction… C’est donc tout naturellement que je remercie Milady et Éric Betsch pour cette plaisante nouvelle traduction !


La mise en place nous renvoie peu de temps avant l’épilogue du tome 6. Les prises de becs entre les futurs époux, les fanfaronnades ponctuée de beuveries des sujets du nouveau roi sous le roi sous la montagne (le général Dagna, le prêtre Cobble et Gaspard Pointepique, le guerroyeur effréné qui semble davantage sortir de Warhammer que de D&D), les gémissements habituels (enfin pas si habituels que cela justement) de Régis, cède vite la place au vif du sujet divisé en 5 parties : La peur stimulante, Perceptions, L’héritage de l’elfe noir, Le chat et la souris, Le dernier combat (je n’en dis pas plus parce que les intitulés étant déjà assez signifiants je pourrais tout spoiler).
On commence par une grosse baston contre une incursion gobeline et cela fini par une grosse baston contre une incursion drow, et entre les 2 de l’action, de l’action et encore de l’action… Grosso modo on se pose 5/7 pages avant d’enchaîner sur 30 pages de castagnes. Cela ne s’arrête pour ainsi dire jamais. C’est hyper rythmé et les pages défilent assez vite, mais à la longue c’est épuisant…
Dans les souterrains et les tunnels d’Outreterre qui séparent Castelmithrall de Menzoberranzan, c’est embuscades, escarmouches, captures, fuites, infiltrations, exfiltrations et surtout baston, baston et baston !


Néophytes, easy readers, nostalgiques et rôlistes peuvent une fois de plus aimer cette aventure. Quant aux non amateurs de fantasy ou d’actionners et aux hardcore readers, et bien qu’ils passent leur chemin, car cela leur évitera de déverser du venin.
On retrouve les bons vieux pulps avec le plaisir de la ligne droite et ses très (trop !) nombreux rebondissements : une péripétie et ses dangers mortels mènent directement à une autre péripétie et ses nouveaux dangers mortels. Et entre les ambitions de sa sœur Vierna et les machinations de son vieil ennemi Artémis Entreri, ici arbitré par un nouvel adversaire en la personne de Jarlaxle, l’insondable mercenaire chaotique neutre, Drizzt passe de bien mauvais moments…
L’affrontement entre Drizzt et Artémis sent bon les années 80 tant on peut y déceler des clins d’œil à celui entre Mac Guyver et Murdoc !


Mais ce n’est pas assez varié et le cadre est assez peu mis en valeur, bref c’est quand même assez répétitif. Et comme on va toujours de l’avant sans ménager ses effets, cela amoindrit le suspens et la tension qu’on est en droit d’attendre.
C’est toujours Wulfgar qui fonce dans le tas avec Croc de l’Egide en beuglant « Tempus ! », suivi de près par Bruenor qui balance 1 ou 2 punchlines biens senties à l’adversaire du moment, tandis que Drizzt fait le ménage avec ses cimeterres magiques et que Catti-Brie surveille leurs arrières avec Cherche-Cœur, pendant que Régis se met en boule pour gémir et que la panthère Gwenhyffar attend le moment opportun pour sauver tout ou partie de la Compagnie du Hall.
Compagnie du Hall qui perdre ici un de ses membre, mais comme l’auteur nous a déjà fait le coup à la fin des Torrents d’argent… Ce n’est pas au vieux singe qu’on apprend à faire la grimace !
Au rayon des bémols on retrouve les trucs plus rôlistes du meurs, genre l’exploration de couloirs et de tunnels dans le noir, les objets et les sorts magiques, les dangers parfois dignes d’une table de rencontres aléatoires… Des roulements de dés qui relèveraient presque du fanservice en fait !

C’est parfois bon enfant voire naïf car on retrouve les belles sensations du shonen classique avec les tirades sur l’espoir et l’amitié, la foi dans le triomphe de l’amour et de la justice auxquelles on ajoute ici quelques éléments de réflexion sur la condition féminine, le racisme, le fanatisme, ainsi que des piques bien senties contre les homines crevarices. C’est une Fantasy traditionnelle certes, mais c’est plaisant de retrouver cela dans une époque grimm & gritty post GRR Martin.
L’épilogue nous apprend que finalement, tous les personnages n’étaient que des pions entre les mains de Matrone Baenre. L’histoire se poursuit donc dans le tome 8 intitulé Nuit sans étoiles.


Les intéressants monologues de Drizzt en début de parties tranchent avec le reste. Plus que jamais, on sent que l’auteur met beaucoup de lui-même dans son personnage fétiche. Dès lors on peut réinterpréter la saga : Menzoberranzan et ses traditions de compétitivité mortifère, c’est une certaine société américaine à qui l’auteur à décidé de tourner le dos, comme son héros, préférant essayer de rendre meilleurs les Royaumes Oubliés, comme son héros. Un monde parfois violent, raciste et fanatique dans son communautarisme certes, mais avec de l’amitié, de la solidarité, et la possibilité de s’intégrer dans un multiculturalisme progressiste. Si on ajoute que le héros est rejeté principalement à cause de la couleur de sa peau et des préjugés qui y sont affiliés, il n’y a qu’un pas pour y voir une critique en bonnes et dues formes de certaines mentalités.
Des héros porteurs de valeurs qui ont envie de rendre le monde meilleur, cela fait du bien : Justice Forever !

PS: désolé pour les répétitions, je travaille interfora

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White Square Re: R.A. Salvatore, La Légende de Drizzt

Message par Albéric le Mer 1 Oct - 16:30

Ah ça donne envie, mais j'ai encore pas mal de tomes avant d'arriver à celui-ci...


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