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Jon Courtenay Grimwood : de reMix à néoAddix

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White Square Jon Courtenay Grimwood : de reMix à néoAddix

Message par Albéric le Mar 3 Sep - 9:49


Résumé de RougeRobe : 3e roman d'un non-cycle cyberpunk uchronique
L'ex-tueur à gages Axl Borja a accepté de faire un dernier coup. Le seul problème, c'est qu'il ne l'a pas encore dit à son flingue.
Son Eminence le cardinal Santo Ducque verra ses ambitions politiques ruinées s'il ne parvient pas à récupérer les milliards du Vatican qui ont disparu.
Mai, une prostituée mineure japonaise kidnappée, est retenue en otage sur la station orbitale Samsara, où les Nations unies se débarrassent des réfugiés de l'Europe en guerre.
Trois personnes prêtes à tout pour obtenir ce qu'elles veulent, quel qu'en soit le prix. A tel point que leur rencontre pourrait bien changer le monde...


Après une mise en place survitaminée, je suis resté sur ma faim faute d’action sur Samsara.


Durant la mise en place quelque part entre Quentin Tarentino et Robert Rodriguez (je m’attendais à voir débouler Machete à tout moment) nous suivons les déboires judicaires d’Axl Borja, les déboires financiers du Cardinal Santo Ducque, tandis que le père Sylvestre amène Mai à Samsara et que le Colt Linux est en cavale…

La 2e partie est plus calme : le récit se pose, le rythme ralentit et on peut s’immerger dans l’ambiance miséreuse d’un Tibet orbital géré par un dalaï-lama opportuniste et une IA bouddhiste.
La manière dont Axl parvient à retrouver l’objet de sa mission est vraiment un peu forcée.
Mais la rencontre avec momaDef et Defmoma (doit on lire death ?) est bien marrante.


La 3e partie est une partie de cache-cache et de poker menteur entre Axl, Kate et Emilio accompagné de ses bidasses onusiens sociopathes.
Les péripéties sont un peu plan-plan ou un peu foutraque si on ne comprenait pas rapidement que le premier qui dégaine est mort car ils sont tous sous la surveillance d’un Tsongkhapa pacifiste qui les écraserait à la 1ère incartade. Mais comme Axl est un junkie avec des sentiments, les svenneries débarquent tôt ou tard…

Le concept de la carte son cérébrale qui compose la bande-sonore de votre propre vie tombe un peu à plat (sauf à la fin où…), comme celui des implants oculaires modulable à volonté.
Le flingue a une crise existentielle et passe de John Wayne viril à Richard Gere humaniste.
Bref il victime du karma et se réincarne en Rinpoche : c’est assez WTF !
Mais je pardonne à l’auteur car il nous offre la rencontre émouvante entre 2 paumés évadés des Oiseaux se cachent pour mourir
:
La relation entre Axl l’amant bisexuel secret du cardinal et Kate l’amante bisexuelle secrète de la papesse est assez touchante.
Oui il y a des scènes de cul, mais là où chez Morgan elles ne servent aux personnages qu’à tirer leur coup, chez Grimwood elle servent souvent à effleurer l’intimité des personnages.

Le gros problème c’est qu’on sent des lacunes récurrentes dans la narration.
D’un côté des éléments sont spoilés très tôt dans le roman, d’un autre côté des éléments ne sont accessibles que très tard dans le roman, du coup on reste dans le flou artistique pendant pas mal de temps sans parler de trucs mal fagotés qui sentent presque les coupes au montage.
Les résurgences mémorielles permettent de recomposer le passé d’Axl et de la papesse Jeanne.
Cette dernière a divisé l’humanité entre ceux qui veulent la canoniser et ceux qui veulent la condamner pour crimes financiers et crimes contre l’humanité.
Quant à Axl, il passe du statut de cyberjunxie cinglé à celui de FAB condamné à une VDM.
Toutes ses addictions n’existent que pour oublier la vacuité de son existence et son immense désespérance : j’ai vraiment eu pitié pour lui. :cry:

Pourquoi Axl n’obéit-il pas aux ordres ?
:
Parce qu’il a pitié de Kate qui comme lui est prisonnière de sa VDM.
Parce qu’il a pitié de Mai qui comme lui est en train de sombrer dans la folie
Parce qu’il a pitié des mânes de la papesse Jeanne qui a vraiment voulu améliorer le monde
Mais qui l’a fait assassiner ?
l’UnitedVatican pour continuer à faire du business
les Etats-Unis pour avoir mis le bordel avec sa croisade des enfants
l’Impératrice Maximilia pour avoir mis le bordel avec une énième révolution socialiste
le Triumvirat pour avoir apporter une lueur d’espoir à une humanité mise en coupe réglée

Et on ne sait pas vraiment quel est l’objectif du Richelieu « mexicain » qu’est le Cardinal :
(Car au final les commandos des Nations-Unies ne sont là que pour court-circuiter ses plans)
:
- veut-il récupérer le Grisby avant que les crevards du FMI ne fassent main basse sur l’Italie ?
(parce vu que qu’en a fait la papesse Jeanne des Bois, il peut toujours aller se brosser)
- veut-il trouver le Père Sylvestre ou la secrétaire Kate Mercadores pour avoir un bouc émissaire et sauver sa tête ?
- veut-il prouver la résurrection de Jeanne pour créer un imbroglio juridique et faire un fuck magistral aux requins en costards-cravates du Triumvirat ?

Il y a plusieurs niveaux de lecture dans ce roman qui nécessite de brancher ses neurones pour y accéder :
- le thriller déjanté rodrigo-tarentinien
- l’univers cyberpunk :
les gadgets technologiques sont tous plus délirants les uns que les autres, c’est 100% fun !
les astuces de smétanationales pour lobotomiser les gens et faire de pognon plus sont géniales
- l’univers uchronique : il faut recoller les morceaux pour trouver le point de divergence
- les luttes d’influences entre grandes puissances : c’est plus ouvert que flou, à vous d’imaginer qui veut quoi dans ce monde de merde (le futur n’est jamais aussi flippant que lorsqu’il ressemble au présent)
- les luttes des classes : une réflexion sur l’exploitation de l’homme par l’homme qui n’existe que parce que les gens de bien ne font rien… ou que les gens de bien ne sont pas assez nombreux pour s’y opposer (pas sûr que les lecteurs acceptent de se faire ainsi montrer du doigt !)


Un gritty style très plaisant, une imagination débordante, des réflexions intéressantes, des personnages qui suscitent la sympathie, beaucoup de générosité, beaucoup de sincérité…
On sent le fils caché de Gibson, mais le roman est inabouti voire maladroit.
Toutefois le fun est vraiment au rendez-vous ! Le reste de la bibliographie fait envie…

Maintenant je comprends pourquoi Sven parle de Morgan comme d’un gros con.
Morgan critique le système mais montre qu’il faut faire avec parce qu’il n’y pas d’autres alternatives à part les cocos (bref on tombe dans le TINA thatchérien conservateur)
Grimwood montre que même les plus paumés peuvent dire non à la fatalité de la pourriture et faire un fuck au système (bref on tombe dans l’altermondialiste progressiste).

__________________________________
RES ADVENTURA

Albéric
Nécromancien

Date d'inscription : 16/01/2012

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