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Richard Morgan, Terre de héros

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White Square Richard Morgan, Terre de héros

Message par Albéric le Jeu 29 Aoû - 14:59



Résumé du tome 1 : Rien que l'acier
II y a dix ans, l’alliance des hommes et des Kiriaths a repoussé les terribles Écailleux. Qui se souvient maintenant des héros de cette guerre ?
Ringil vit en exil, rejeté par sa famille. Mais pour sa cousine Shérin, vendue comme esclave, il décroche son épée et retourne sur les lieux d’un passé qu’il avait tout fait pour oublier.
Dame Archeth, dernière représentante d’un peuple disparu, est la conseillère d’un empereur décadent qu’elle abhorre. Elle seule soupçonne qu’une terrible menace point aux frontières de l’empire.
Egar le Tueur de Dragons est un nomade des steppes, revenu de la guerre auréolé de triomphe. Une gloire aujourd’hui bien émoussée dans un monde qu’Egar ne reconnaît plus.
Ces trois-là ont tout perdu. Sauf peut-être la bataille qui les attend, héroïque et désespérée…



Mes impressions datent un, mais j'ai la flemme de tout revoir...

Rien que l’Acier de Richard Morgan est un solide récit de dark fantasy, bien trash sur les bords
(attention il y du sang et des tripes et d’autres fluides corporels qui débordent des pages du livre).

J’ai plutôt bien apprécié le style sans concession aucune sensé coller à la sordide réalité d’une société bien sombre.
L’univers de Richard Morgan est d’ailleurs truffé de réminiscences de bon aloi, essentiellement moorcockienne
Les 3 personnages principaux sont à des années lumières des héros, adolescents ou non, bien propres sur eux : ils sont toxicomanes, nymphomanes ou les 2 à la fois !!!
3 soldats vétérans, 3 héros de guerre rejetés par les leurs : le 1er parce qu’il est homosexuel, le 2ème parce qu’elle est une immortelle métisse, le 3e parce qu'il incarne le changement dans une société hyper-traditionaliste.
Après tout le ramdam que les anglo-saxons ont fait autour du livre, force est de constater que ce n’est pas le livre ultime qui va tout chambouler en fantasy comme on a voulu nous le faire croire…
Mais si Richard Morgan remet le couvert, je le suivrais d’autant plus que sa prose très couillue fera contrepoids à la mièvrerie habituelle de la Fantasy…

LES + :
- Ringil, noble à la peau pâle et aux yeux rouges à la fois hédoniste et tourmenté n’est pas sans rappeler un certain vous savez qui… (ndt Elric de Melniboné pour les néophytes)
- les confrontations entre Dame Archeth et Sa Munificence Jhiral Hkiran II : les dialogues courtisans à double sens sont d’autant plus croustillants qu’on ne sait jamais si l’Empereur est très intelligent, très décadent ou les 2 à la fois…
- la visite de Trelayne, ses marais, ses quartiers marchands, ses pots de vins, ses complots, sa pègre, ses bas-fonds…
... trop tôt interrompue par les fils de l’intrigue !

LES - :
- le 1er chapitre tout pourri (un combat dans un cimetière contre des mites géantes…)
- la vulgarité des dialogues : Ringil et ses interlocuteurs ne peuvent pas aligner 2 phrases sans sortir pute, putain, enfoiré, enculé… Je ne sais pas si en VO on a fuck et motherfucker à tout bout de champ mais l’auteur a vraiment lâché le lest avec les injures/insultes…
- la crudité des scènes homosexuelles en particulier et des scènes de sexe en général : on a l’impression que Ringil et Egar passent plus de temps à baiser qu’à résoudre leurs nombreux problèmes ! (c’est une marotte de l’auteur : Morgan’s style quoi !)
- certains chapitres sur le passage dans les limbes des dwerdas, un peu fades et nébuleux à mon goût
- la désagréable impression qu’il manque 1 ou 2 chapitres d’Egar pour bien tout comprendre sur la fin…
- une construction bancale : on est un peu floué car on nous a vendu 3 personnages, mais en fait la très grande majorité du récit tourne autour de Ringil… les chapitres d’Archeth sont là pour nous donner des explications sur les enjeux, et les chapitres sur Egar se justifient par la présence d’un deus ex machina bien utile sur la fin (à moins que la suite nous amène d’autres éléments ?)

Les connaisseurs auront reconnu les forts emprunts à Erekosë (les Kiriaths, les Aldrains…)
Pour résumé, assez plaisant mais pas renversant pour autant !


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White Square Re: Richard Morgan, Terre de héros

Message par Albéric le Ven 30 Aoû - 14:10


Résumé du tome 2 : A Pierre fendre
Il y a dix ans, l’alliance des hommes et des kiriath a repoussé les terribles Écailleux. Mais qui se souvient maintenant des héros de cette guerre ?
Déclaré hors-la-loi, banni de son fief ancestral au Nord, renié par sa propre famille et menacé par les magnats du commerce d’esclaves de la ville de Trelayne qui veulent sa peau, Ringil Eskiath n’a plus qu’un endroit où se réfugier : Yhelteth, le cœur de l’empire du Sud, où vit la métisse kiriath Archeth Indamaninarmal, ancienne sœur d’arme et désormais haute conseillère auprès de l’empereur Jhiral Khimran II.
Mais Archeth a ses propres problèmes – tout comme son invité et garde du corps, Egar Tueur de Dragons, naguère nomade des steppes. Loin de trouver le calme escompté, Ringil va se trouver impliqué dans des allégeances douteuses, aussi douteuses que celles qu’il a laissées derrière lui. De vieux ennemis s’agitent, l’ordre ancien pourri jusqu’à la moelle s’effrite, et même si personne ne le sait encore, la cité de Yhelteth est sur le point d’exploser...



Autant le dire tout de suite, je suis encore très en colère contre Richard Morgan.
Cela commençait fort bien avec des esclaves planifiant leur grande évasion, Archeth se rendant à mystérieux rendez-vous dans les landes kiriathes, et Egar enquêtant dans les bas-fonds d’Yheltheh sur les fanatiques religieux de la Citadelle.
Quand on apprend l’identité du Démon du Nord, on se dit que cela va être énorme ! Et bien non…
Quand on apprend l’identité du contact d’Archeth, on se dit que cela va être énorme ! Et bien non…

Il nous sort la même structure en point of view qui hache de manière lourde les histoires de Ringil, Archeth et Egar qui n’ont rien à voir les unes avec les autres pendant ¾ du roman pour se retrouver avec une mise en place de 400 pages sur un total de 500.
J’ai acheté un 2e tome et j’ai l’impression de me retrouver avec une version 1.1 de Rien que l’Acier.
Chaque personnage fait son truc dans son coin :
- Archet la toxicomane lesbienne continue d’être hantée par ses origines métisses et les devoirs de sa charge
- Ringil le toxicomane gay fuit sa famille et son passé : il calme ses nerfs par du sexe et de la violence dans cet ordre ou dans l’autre
- Egar le queutard ressasse ses vieux souvenirs de guerres en attendant une occasion de maraver des tronches
Et au milieu du roman, l’auteur nous refait le coup de l’hommage à Steph Swainston avec des chapitres sous acides complètement incompréhensibles qui se finissent par l’inévitable scène de cul homosexuelle.
Les personnages finissent quand même par se retrouver, et les choses s’accélèrent enfin à 100 pages de la fin.
Mais pour cela on se du farcir du tirage à la ligne avec des tonnes de dialogues complètement superflus pour ne pas dire inutile et des personnages qui apparaissent et disparaissent sans rien apporter du tout ni à l’univers, ni à l’intrigue (Dame Quilien de Gris est le parfait exemple de ces rallongis littéraires assez douteux).
Et que c’est lourdingue tous ses deux ex machina au sens strict du terme qui ne sont là que pour faire avancer l’intrigue quand l’auteur ne parvient pas à dénouer ou à renouer les fils de son histoire.

Et au bout de ces 500 pages qu’apprend-on de plus par rapport au tome 1 ? Et bien pas grand chose !
Qui sont les Ecailleux ? Comment s’est formée la Grande Alliance, comme s’est déroulée la Grande Guerre ?
Qui sont les Kiriaths ? Où sont-ils partis ? Que sont les Pilotes ? Que mijotent-ils ? (ils font très IA de SF)
Qui sont les Aldrains ? D’où viennent-ils ? Que veulent-ils vraiment ?
Qui est la Cour Sombre ? Quelles sont leurs ambitions ?
Comment Ringil a-t-il acquis sa sorcellerie, qui est Hjel cet ange déchu auquel il fait allusion ?
Que sont que ces histoires de révolte et de guerre civile à Demlarashan ???

La 1ère page du 20e chapitre nous en apprend plus sur l’univers que toutes les autres réunies !
Et finalement on se retrouve avec donc un gros teaser de 900 pages pour le 3e tome, bref un foutage de gueule.

Sur la forme, on est quand même dans la bonne voie : le nouveau traducteur Fred le Berre a lâché du lest sur la vulgarité des dialogues, et l’auteur sur la crudité des scènes de cul… C’est donc plus lisible que le 1er tome.
Egar prend la place de Ringil et ses chapitres assument pleinement leur ascendance howardienne : c’est un vrai régal de voir un remake déguisé de la Tour de l’Eléphant.
Du coup c’est Ringil qui fait pièce rapporté à l’intrigue avec une succession de péripéties sans intérêt.
Et on retrouve Archeth coincée entre les intrigues de cour de l’Empire qu’elle a juré de protéger et les celles des Pilotes laissés par son peuple auxquelles elle ne comprend pas grand chose….

J’aime bien la riche phylogénie littéraire de l’auteur (Moorcock, Karl Edward Wagner, Poul Anderson, John Harrisson, Steph Swainston, Glen Cook), ses antihéros so badass, son univers moorcockien dark à souhait, cette amoralité qui transpire dans tous les chapitres, cette prose couillue et sans concession, ces chouettes scènes d’action… Mais pour l’instant en Fantasy Richard Morgan n’a rien prouvé du tout. Et c’est dommage !

Comme dirait JMtimba, 2 tomes et déjà 1 de trop !

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White Square Re: Richard Morgan, Terre de héros

Message par Albéric le Sam 31 Aoû - 10:50

Vous vous dites pourquoi je n'ai pas mis ce cycle dans le topic des déceptions fantasy ? parce qu'avec le 3e tome on n'est pas à l'abri d'une bonne surprise et on pourrait parler à posteriori d'un tome 1 d'introduction inabouti et d'une tome 2 de transition pourri...
Mais à ce niveau-là on est dans le cadre d'un quitte ou triple !

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White Square Re: Richard Morgan, Terre de héros

Message par Sieben le Jeu 12 Oct - 1:13

T1 Rien que l’acier (outre les autres écrivains cités dans les hommages en fin de livre) =
Michael Moorcock
Spoiler:
Pour bien évidemment les « marches Aldrains », référence aux univers multiples que Ringil traverse en compagnie de Seethlaw. Ce dernier possède des caractéristiques aussi bien physiques que morales semblables aux Melnibonéens de Moorcock : teint blanchâtre « comme l’os » (comme Elric en fait surtout), un goût naturel pour le sadisme bien que ceux de sa race n’aient pas réellement conscience de faire le « mal ». L’obsession de Seethlaw étant de redonné son lustre aux dwendas et de remettre ces derniers au sommet de l’échelle politique, tel l’infâme Yrrkoon et ses rêves de gloire passée. Également pour l’Ami des Corbeaux, une épée légendaire (mais cette fois Kiriath) que détient Ringil le personnage principal, arme unique, la dernière épée Kiriath restant sur Terre. Elle semble parfois dotée de sa propre volonté.
+

J.R.R. Tolkien
Spoiler:
En fait, il n’y a pas vraiment d’héritage tolkienien à proprement parler, il n’est pas mentionné par l’auteur. C’est davantage un ressenti de ma part. Chez Morgan, la rivalité ancestrale entre humains, dwendas et kiriaths me fait penser à celle entre humains, elfes (dwendas) et nains (kiriaths ou inversement, des fois se sont les elfes qui me font penser aux kiriaths). Rien que l’acier s’ouvre sur ce qui aurait pu être un après Seigneur des anneaux, et les événements passés récents du monde de Terres de Héros pourrait correspondre aux événements qu’ont vécus les héros du SdA. Nous serions quelques années après l’ultime bataille qui a décidé du sort du monde, celle qui a repoussé l’invasion d’Écailleux (la bataille du Mordor). Chez Tolkien, les elfes s’en retournent sur les terres immortelles tandis que chez Morgan se sont les kiriaths, alliés des humains, qui repartent dans leur monde. Les kiriaths sont beaucoup plus évolués technologiquement que les humains et leur absence provoque une sorte de vide niveau des progrès de la science. Je sais que c’est un peu tiré par les cheveux, c’est juste que le background me fait un peu penser à tout cela.
+

Javier Negrete
Spoiler:
Pour le côté science-fantasy du bouquin et les passerelles entre dark fantasy et les passages sous-entendants qu’on est dans de la SF post-apocalyptique. En fait, cela tient peut être plus de l’héritage moorcockien (Erikosé, Elric, Corum), mais le fait que les différentes races envahissent et s’affrontent dans un même monde… Les dwendas, même si leur vraie nature m’échappe encore, se sont des humanoïdes infiniment plus évolués sur le plan technologique que les humains encore au stade médiéval. Ils ont des armures high-tech et depuis la destruction de leur cité melnibonéenne, airent comme des voyageurs solitaires entre les inter-mondes. Les kiriaths, s’ils m’ont fait penser aux nains de Tolkien, c’est parce qu’ils ont ce besoin de plonger dans les entrailles de la Terre pour repartir avec ce qu’on devine être des vaisseaux « interdimensionnel » on va dire (et non pas spatiaux), et que ça fait un peu nibelung je trouve. Et puis pour le côté background SF il y a aussi les Pilotes dont Angfal, prisonnier démembré par Archeth. On comprend aisément qu’il s’agit en réalité d’un androïde, très humain, façon robot de Asimov, mais avec l’aspect vindicatif des Replicant de Philip K. Dick qui sait… Il y a également cet aspect pour le moment mineur dans le récit mais que je pense sera exploité dans la suite, celui que les « dieux » marchent parmi les hommes. Ils interviennent dans la vie de ces derniers pour façonner l’Histoire. Certes, ils ne font que reparaître pour le moment, et certains ne croient plus en eux, mais je sens qu’il y a un côté « humain à la technologie super développée qui se font passer pour des dieux pour « loler » sur ces pitoyables mortels » comme cette déesse maléfique dont j’ai oublié le nom mais qui tient à sa botte le chaman de Egar. Et en face il y a un dieu plus « bienveillant » qui essaie de contrecarrer ces plans avec le dieu Takavach, pendant du Tariman chez Negrete.

+

David Gemmell
Spoiler:
Bah oui, bon ça ne tient pas à grand-chose mais ces dwendas, moi, ils me font penser aux Venteux. Ces démons et un peu vampire, vaporeux et très ancien présents dans Drenaï. Bon en même temps j’ai cité les melnibonéens plus haut, tout ça se rejoint et se ressemble. Mais au-delà du factuel j’ai aussi trouvé une facilité d’écriture, de bonnes punch line, qui me font penser qu’on est en présence d’un héritier de Gemmell (même si bien sûr Morgan s’inspire plutôt directement de Moorcock et Karl E. Wagner. Mais Wagner + Moorcock = Gemmell, so…
+

Putasseries façon HBO

+

Un soupçon de background à la Warcraft
Spoiler:
L’invasion des Écailleux a sensiblement les mêmes causes que celles des orcs dans l’univers de Warcraft. Un monde à l’agonie oblige une race à s’exiler et à envahir le monde des hommes. C’est la guerre.


J’ai vraiment beaucoup aimé. Quasiment que du plaisir du début à la fin. Il y a une intelligence d’écriture chez Morgan qui me laisse admiratif. C’est écrit avec un style direct, sans fioriture, 456 pages que je n’ai pas vu défiler. Ce que j’ai surtout apprécié c’est la façon dont le passé des personnages, les événements qui ont eu lieu avant et qui ont conduit les 3 protagonistes (Egar, Archeth et Ringil) là où ils en sont au début du livre. À aucun moment je n’ai été dans le flou contrairement à d’autres bouquins où l’auteur te laisse te démerder pendant au moins les 150 premières pages avant de te laisser émerger un peu. Dans Rien que l’acier, Morgan distille des infos par petits bouts, du début à la fin, par flash back introspectif d’un personnage ou bien juste comme ça en quelques lignes. C’est assez rassurant car par exemple on se demande ce que sont les Écailleux, ennemis de la dernière grande guerre et qui sont pourtant totalement absents du bouquin. Et bien je ne m’inquiétais pas car je savais qu’à un moment ou un autre l’auteur allé réglé la question. Et ça s’est réglé en une ligne dans le dernier quart du bouquin : un truc comme « les écailleux sont venus de l’autre côté de l’océan, fuyant un monde à l’agonie, n’ayant pas d’autre choix que l’exil pour survivre », d’où l’invasion…

Et puis il y a toute une imagerie super bien décrite qui laisse songeur : les marais sombres et la maison des horreurs des dwendas avec les têtes coupées mais toujours vivantes, les quartier malfamés de Trelayne dignes d’une Cour-des-Miracles, même le début dans le bled paumé, les flash back de la guerre et la bataille sur la plage de Rajal (on se croirait dans Edge of Tomorrow ou le D-Day), l’empire Yhelteth sorte de croisement melting-pot entre Rome, la Chine (ou n’importe quel empire constitué de diverses ethnies), etc.
Non vraiment j’ai trouvé ça bien chiadé.


Les grossièretés échangées ne m’ont pas dérangé outre-mesure, au contraire même je suis plutôt demandeur. Ce n’est pas si éloigné que cela de la gouaille de certains personnages de Gemmell. En fait j’aime surtout quand c’est drôle et ça donne lieu à des échanges piquants. Cela tombe bien, plus d’une fois je me suis fendu la poire.

Ce qui peut être gênant en revanche c’est le style pornographique, que ce soit sexuellement ou de la violence. Niveau violence, je n’ai aucun problème avec les boucheries de masse et les massacres. D’ailleurs de ce côté là Morgan envoie du lourd lors de l’attaque de Beksanara par les dwendas en fin de livre : du sang à profusion. Après, on est tout de même dans un récit très orienté dark fantasy, donc la morale douteuse, les scènes crues, les morts abruptes, etc. font parties du genre. Quand Paul Kearney déclare qu’il n’écrit pas de la fantasy pour ados, que ces livres sont pour des adultes qui ont envie de lire du réalisme, ce serait formidable. Mais si Morgan fait du réalisme on trouve cela too much…
Ringil Eskiath est homosexuel, ce qui n’est en rien dérangeant (je trouve ça même marrant comme pied-de-nez un héros de fantasy gay). Mais lorsque l’auteur te donne tous les détails de la vie sexuel de Ringil, et Ringil adore s’envoyer en l’air, des fois j’étais un peu mal à l’aise… parce que bon n’étant pas gay… Nan mais le vrai problème c’est qu’il y en a trop en fait. Oui parmi les défauts on peut dire qu’il y a trop de scénettes de cul qu’on aurait pu passer en ellipse (mais peut être est-ce aussi une volonté de Morgan de mettre son lecteur mal à l’aise). Des fois j’avais l’impression d’être dans un Ghita of Alizaar (comics erotico fantasy des 70’s). Cependant quand il s’agit des histoires de fesses hétéro de Egar ou de l’empereur Jhiral, je n’ai rien à redire. Donc ça passe tranquille en fait. Un détail mineur, bien que le thème de l’homosexualité tienne une part importante tout au long du récit.

Après tout, c’est exactement ce que j’attends d’un récit dark fantasy : le désespoir, la nausée, l’inconfort, la dureté, l’insensibilité voire l’inhumanité. Morgan prend un malin plaisir à rendre sympathique certains personnages secondaire pour les éliminer comme de la merde
Spoiler:
Adieu brave Darby, le vétéran au gourdin dont on se dit qu’il ferait un excellent second à Ringil mais pas de bol il meurt pour honorer un duel que manque ce dernier. Adieu capitaine Rakan, droit comme « i », fidèle au poste, on se dit qu’il fait un excellent second d’Archeth mais pas de bol il meurt honorablement, mais en une phrase, face aux dwendas.
C’est vraiment… ouais, c’est le meilleur roman dark fantasy que j’ai lu jusque là.


Pour les portraits de nos 3 lascars, Albéric les a bien décrits : toxicomanes, obsédés sexuels, obsédés de la violence pour certains, 3 vétérans paumés dans un monde qu’ils ne comprennent plus et qui de toute façon ne veut plus d’eux. Il a cet excellent procédé vu dans pas mal de Gemmell où les différents POV développent chacun leur histoire de leur côté avant de se réunir pour la grande bataille finale :

- Il y a d’abord Egar (j’ai d’abord pensé à des mongols puisque se sont des nomades vivants dans des yourtes mais comme certains sont décrits comme blonds, j’ai pensé à des vikings mongols pour le coup. C’est cool ces mélanges ethniques.) est un héros de guerre. On le surnomme le Tueur-de-dragon. De retour après la guerre parmi les siens au Nord du continent. Mais il les trouve arriérés, ignorants, encrés dans leurs rituels archaïques tandis que lui a roulé sa bosse comme dirait John Rambo. Nostalgique d’un passé où il était jeune et n’avait que pour soucis de baiser et tuer (« Je pilotais un tank qui coûtait des millions de dollars » comme dirait Rambo), il n’aspire qu’à tout plaquer pour repartir dans le sud. Mais le poids des traditions et les responsabilités nouvellement acquises…

- Archeth la dernière des kiriaths, une semi-kiriath en fait. Restée en arrière parce que… on ne sait pas trop pour l’instant. Lesbienne et noire (les kiriaths sont des humanoïdes noirs pouvant se reproduire avec les humains), on peut la qualifier d’ultra minorité sans peine. Je l'ai trouvé cool, elle m’a rappelé Karis dans Dark Moon de part son intelligence, et aussi Ciaran (personnage féminin du jeu vidéo Dark Souls qui se bat avec 2 lames d’assassin). Archeth possède 5 lames en acier kiriath qu’elle manie comme n’importe quel Crying Freeman accomplie, ou tel ce bon vieux Tenaka du Roi sur le Seuil : Tueur-de-Spectre, Rieuse, Déchant, Céleste, et Sans-Quartier.

- Ringil d’Eskiath qui a le rôle de Liam Neeson dans Taken. Mission : recherché sa cousine qui a été vendu aux esclavagistes. Le personnage est cynique à mort, sans bat les burnes de ce qu’on pense de lui, mais ne le traitez pas de pédale sinon il vous défonce la gueule. J’aime bien la façon dont il est construit, on ne sait jamais trop de quel côté de la balance il va pencher sauf dans le dernier quart il nous balance des discours de bataille qui ferait se faire tout petit Léonidas et William Wallace :

J’ai fait la guerre, vous savez, pour sauver la civilisation contre les hordes reptiliennes. J’ai saigné, j’ai regardé des amis et d’autres hommes mourir pour cela. Et après, j’ai regardé des hommes comme vous tout gâcher, la civilisation qu’on avait sauvé, pour des querelles sur quelques centaines de kilomètres carrés de territoire et la langue que leurs habitants devraient parler, la couleur que devraient avoir leur peau et leurs cheveux, et les conneries religieuses qu’on devrait leur faire avaler. J’ai vu des hommes, ici même, putain, ici à Ennishmin, qui s’étaient battus pour l’alliance humaine, certains qui avaient perdu un membre, un œil, une partie de leur esprit, chassés de leur foyer avec leur famille et poussés sur la route pour y marcher ou y mourir, tout cela pour équilibrer un putain de raccourcis politique de mes couilles qui permettait à Akal le prétendument Grand et ses alliés du moment de sauver la face… Ferme ta putain de gueule Rakan, je n’ai pas encore fini !
Les yeux de Ringil luisirent d’un éclat métallique quand il fit taire le capitaine.
- J’ai regardé des hommes qui avaient tout donné revenir à Trelayne et découvrir que leur femme et leurs enfants avaient été vendus en esclave pour payer des dettes qu’ils ne savaient même pas avoir contractées parce qu’ils étaient partis se battre à l’époque. J’ai vu ces esclaves expédiés dans le Sud pour nourrir les bordels et les usines et les maisons de maître de votre putain d’empire, et j’ai vu d’autres hommes qui n’avaient rien donné du tout à la guerre s’enrichir de ce commerce et du sacrifice des hommes, des femmes et des enfants. Pas question que ça se reproduise.
Soudain, il était debout. Il prit une profonde inspiration en tremblant. Sa voix se fit basse et grinçante, ne lui appartenant presque plus.
- Seethlaw ne connaît pas l’empire, mais moi oui. Si nous fuyons vers le sud, et si nous parvenons à l’alerter, Jhiral enverra ses levées, et Seethlaw fera venir les dwendas, et derrière lui viendront les armées privées à deux sous que sa cabale de crétin aura pu monter au nord, et tout recommencera. Et je ne le permettrai pas, pas une deuxième fois. Nous les arrêterons ici. Nous en finissons ici, et, si nous mourrons ici pour y mettre fin, je dois vous dire que ça ne me fera pas beaucoup de peine. Soit vous restez vous battre à mes côtés, soit toutes vos belles paroles d’honneur, de devoir et de mort nécessaire sont un putain de mensonge de courtisan en collant. Nous les arrêtons ici, ensemble. Si je vois quelqu’un qui essaie de partir entre maintenant et ce soir, je coupe les jarrets de son cheval, je lui pète les jambes, et je le laisse dans la rue pour les dwendas. La discussion est finie, on ne parle plus de repli tactique. On les arrête ici !
Il prit une autre inspiration forte. Il les regarda tous. Sa voix retomba, se fit soudain plus calme, plus factuelle.
- On les arrête ici.
Il sortit. Ouvrit la porte avec force, la laissa ouverte sur leur silence. Ils entendirent le bruit de ses bottes dans l’escalier alors qu’il s’éloignait. Egar regarda les autres visages autour de la table et haussa les épaules.
- Moi, je suis avec la fiotte, annonça-t-il.
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White Square Re: Richard Morgan, Terre de héros

Message par Albéric le Dim 15 Oct - 14:57

d'accord avec tout, c'est le tome 2 qui m'a énervé (copier-coller du tome 1 avec plein de pistes intéressantes pas exploitées et encore plus de cul gay et lesbien)...

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White Square Re: Richard Morgan, Terre de héros

Message par Sieben le Dim 15 Oct - 19:52

J'ai commencé de le lire ce T2. A part, je lis les livres en epub car: introuvables neuf en librairie, introuvables sur le marché de l'ocaz où alors à des prix complètement excessifs. Et je m'étonne qu'il n'y ait jamais eu de réédition ni même d'édition en poche chez Milady.

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White Square Re: Richard Morgan, Terre de héros

Message par Albéric le Dim 15 Oct - 20:52

Sieben a écrit:J'ai commencé de le lire ce T2. A part, je lis les livres en epub car: introuvables neuf en librairie, introuvables sur le marché de l'ocaz où alors à des prix complètement excessifs. Et je m'étonne qu'il n'y ait jamais eu de réédition ni même d'édition en poche chez Milady.

j'avais les 2 sous la main à vendre... Je sais qu'il m'en reste un des deux, mais je ne suis pas sûr duquel (le tome 2 peut-être, mais à vérifier hein !)
après sur les rééditions, c'est toujours les chiffres de vente qui font la pluie et le beau temps pour une série (12 éditions pour Légende ^^)

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White Square Re: Richard Morgan, Terre de héros

Message par Sieben le Mar 24 Oct - 20:21

Albéric, je découvre ta critique du T2 et je suis complètement d'accord. OSEF !

C’est exactement ça ! Pour moi la déception est à la mesure de l’enthousiasme qu’avait suscité le premier livre. Richard Morgan nous fait du Brandon Sanderson avec 50 dernières pages de fun, mais qui ne font pas avancer pour autant l’intrigue générale, sur 504 pages dont 450 donc grosso modo, dont on n’en a rien à foutre. L’intrigue je le disais, avance de façon molle, c’est un tome de transition comme il en existe trop, qui consiste juste à dire qu’il y a une île-sanctuaire des Aldrains quelque part dans les mers du Nord, qu’elle est sous surveillance de Kiriaths et une cité mythique An-Kirilnar, qu’il faut donc si rendre impérativement, que donc il faut faire les préparatifs et construire une flotte. À suivre dans le tome 3. Et ? Et c’est tout. Ce livre brasse 504 pages de rien et encore, les 50 dernières pages de « fun » ne font que copier-coller le final du premier tome avec encore un affrontement Ringil vs dwendas. Je suis vraiment surpris qu’auteur et éditeur puissent à ce point se foutre de la gueule des lecteurs.

Non vraiment il n’y a pas grand-chose à en dire : toujours les mêmes passages gay qui peuvent parfois durer sur 4-5 pages. Ringil parviendra-t-il un jour à rencontrer un nouveau personnage sans que cela se termine obligatoirement par un craquage de rondelle ? Archeth, on s’en tape complet (on se branle comme de l’an zéro des négociations avec les riches familles du coin qui doivent raquer pour financer l’expédition). Egar, par la magie de la volonté pourrie de l’écrivain est un peu le seul à faire avancer l’intrigue et à apporter une dose d’action au cours du roman, mais au final je n’ai pas compris ce qui le motivait à enquêter sur les religieux de la Citadelle. Morgan évoque l’ennui pour justifier les actions de son personnage, mais en tant que lecteur j’ai eu du mal à y croire.

Ringil bouffe toujours autant de temps de passage sur les deux autres protagonistes en faisant des choses totalement inutiles ou intéressantes mais abandonnées en cours de route, durant les 3/4 de l’intrigue : Ringil libère des esclaves pour ensuite les abandonner à leur sort (ce passage était pourtant fort plaisant avec l’adolescent qui élabore un plan d’évasion, évasion qui s’élabore durant plusieurs chapitres pour qu’ensuite l’écrivain décide de tuer ce personnage comme une merde, sans raison, et de passer à autre chose), à l’aide de mercenaires qu’il abandonne à leur sort quand les renforts impériales arrivent. Puis il se rend à Hinerion où il pense avoir choper la peste alors que non. Du coup par un biais narratif que j’ai pas pigé le pourquoi du comment, il se retrouve dans les limbes et les inter-mondes où ça délire sur au moins 5 chapitres. Puis il se réveille sur l’embarcation de la dame Quilien le gris qui est… on ne sait pas, sûrement un teasing pour le livre 3, et qui le débarque à Yhelteth où enfin, l’histoire peut commencer. Ouf ! Il reste plus que 100 pages.

Quant au background, on n’a rien appris de plus sur les dieux Takovach et cie. Même, la déesse effrayante qui s’était alliée au chaman de la tribut Majak a complètement disparue de l’histoire, le chaman aussi d’ailleurs. Et je n’ai pas compris cette histoire de « porte Sombre », aucune explication.

Je vais tout de même lire le T3, des fois que, mais le soufflet est retombé à une vitesse assez impressionnante. On était au top de mon classement et pour l’instant on est redescendu dans le ventre mou de la fantasy.
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White Square Re: Richard Morgan, Terre de héros

Message par Albéric le Mar 24 Oct - 20:31

Je vais tout de même lire le T3, des fois que, mais le soufflet est retombé à une vitesse assez impressionnante. On était au top de mon classement et pour l’instant on est redescendu dans le ventre mou de la fantasy.
le pire c'est que c'est exactement la même chose pour son cycle SF : on n'est quand même pas loin de l'imposture ! (je comprends mieux pourquoi Jon Courtenay Grimwood a pris un pseudo juste pour écrire une trilogie pour le dézinguer lui et ses idées) Mais j'ai quand même hâte de lire un vrai avis de ces tomes 3 pour savoir s'il des fois il reste une chance qu'ils en valent la peine...

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White Square Re: Richard Morgan, Terre de héros

Message par Sieben le Mar 24 Oct - 20:35

T'inquiète. Je vous dirai si ça sauve l'honneur où si on s'enfonce plus bas.
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White Square Re: Richard Morgan, Terre de héros

Message par Sieben le Mar 7 Nov - 19:35

Cap vers les lointaines îles du Nord, à la recherche de la légendaire cité d’An-Kirilnar, réputée pour flotter au-dessus des eaux. Mais cette quête impossible en vaut-elle la peine ? Est-elle digne des trois parias héroïques, Ringil, Egar et Archeth, bien décidés à se réapproprier leur destin ? Dans les îles grises et désolées, le mystère s’épaissit : on murmure que la tombe du changeling est partout et nulle part. Tout comme la fantomatique ville d’An-Kirilnar...


Je n’ai pas pris de notes donc je m’excuse si mon avis est un peu brouillon, mais j’ai préféré ne pas en prendre parce que sinon je partais dans de longues explications et le commentaire se serait transformé en résumé tellement il y aurait à dire et redire. Aussi n’y allons pas par quatre chemins : après un premier tome prometteur et un second totalement OSEF, ce troisième et ultime tome relève plutôt bien la barre. Sans parvenir à faire oublier le sentiment d’inutilité du précédent et en étant toujours néanmoins criblé de nombreux défauts que je n’omettrai pas de mentionner, j’ai passé un bon moment et lu plutôt vite ce récit dense de 648 pages découpé en 3 parties.

Grosso modo le tome 1 racontait la cabale de la race « ancienne » des dwendas qui souhaitent revenir au premier plan de l’échiquier. Le tome 2 racontait exactement la même chose, et c’est bien le principal reproche qu’on pouvait lui faire. L’un des enjeux de ce tome 3 est encore une fois de déjouer la cabale des mêmes dwendas qui décidément, ne comprennent pas quand il est temps de tirer leur révérence, mais pas que… Oui, c’est redondant mais ce qui ressort davantage ici que dans les précédents tomes est qu’il s’agit d’un récit à intrigues multiples où plusieurs camps ennemis jouent respectivement leur partie d’échec :

* D’un côté il y a donc les dwendas qui usent de leur influence sur la haute société de Trelayne (c’était la Citadelle de Yelteth dans le T2) pour créer un conflit nord-sud entre la Ligue et l’empire Yelteth. Ils souhaitent également faire revenir d’entre les morts une de leurs anciennes grande figure mythique, Cormorion Illwrack le changeling, surnommé le Roi Sombre, et souvenons-nous, c’était la-dessus que se s’achevait le T2 avec la préparation de l’expédition vers les îles nordiques Hironish, là où est supposé être enterré Cormorion. Ringil, toujours plus pencher vers le Chaos que jamais, va peut être finir comme Arthas dans Warcraft III devenant le réceptacle du Roi Liche…


* En face on commence à voir distinctement les fils de la toile que tissent les fameux Pilotes (qui ne sont pas des androïdes comme j’avais pu le penser, leur nature m’échappe un peu) Anasharal (qui est à l’origine de l’expédition vers les îles Hironish…) et un nouveau venu : Tharalanangharst. Ces derniers mènent une cabale d’ordre géopolitique plus terre-à-terre disons. Étant les légataires des Kiriaths, leurs plans et visées concernent directement la protagonistes Archeth et l’empire Yeltheth et souhaitent une gouvernance mondiale purement kiriath.
* Et enfin à une échelle cosmique, il y a la cabale des dieux Hoiran, Takovach, Kelgrish (dont j’ai réalisé en cours de lecture qu’elle était la Quilien le Gris du T2), et aussi Firfirdar qui fait son introduction dans ce T3. On comprend mieux la façon dont est hiérarchisé le panthéon de Terres de Héros, les choses nous sont enfin expliquées, bien que cela demeure parfois nébuleux, mais ce qui faut comprendre, désolé obligé de spoiler :
Spoiler:
c’est que le cycle est de la post-apocalyptique Fantasy située 100 000 ans dans l’avenir avec en résumé et abrégé, un cataclysme ayant entrouvert le multivers et que les portes ne se sont jamais vraiment refermées, et que bien évidemment le champion éternel à qui il revient de décider du sort du monde est Ringil. Les dwendas seraient des super soldats génétiquement modifiés pour vivre dans les zones grises, bannis, ayant perdus la mémoire de leur passé, puis revenu pour asservir les humains mortels. Qu’au-delà des dieux il y a celles qui sont appelées Les Gardiennes du Livre, qu’on pourra comparer pour faire court aux Moires grecs et qui ont elles-aussi leurs propres intérêts…
Même si quoi qu’il se passe les dieux ressortiront gagnants, chaque camp essaie de tirer parti de la situation en utilisant nos protagonistes comme des pions...

… Et qu’au milieu de ce schmilblick il y a Ringil Eskiath qui est manipulé/confronté/attaqué par ces trois camps à la fois. Compte tenu des enjeux multiples j’ai trouvé que Richard Morgan a plutôt bien mené sa barque. L’auteur britannique se pose, c’est désormais claire et net, en héritier pur et dur de Michael Moorcock. Il n’y a plus de différence entre Ringil et Elric désormais : le personnage principal est toujours intéressant de part son côté borderline où on ne sait jamais s’il va choisir de défendre le camp de la Loi ou pencher vers le côté obscur. Il y a clairement plus d’action avec le personnage qui maîtrise la sorcellerie de l’ikinri’ska, certes il y a parfois de la rallonge mais j’y reviendrai, c’est entrecoupé par les passages action-action d’Archeth et Egar. L’auteur britannique nous rejoue en un seul volume à la fois le remake de la Cité qui Rêve avec Ringil en mode vengeance personnelle contre sa propre cité de Trelayne : massacres et incendies au programme ; et en même temps Stormbringer puisqu’il s’agit de prendre une décision entre Loi et Chaos (enfin c’est pas vraiment ça mais z’avez compris l’idée, hein). Son épée Kiriath, l’Ami des Corbeaux est la copie conforme de Stormbringer avec la lame qui à sa volonté propre tout ça, et d’ailleurs c’est l’acier kiriath qui est… il y a aussi les 6 lames d’Archeth en acier kiriath qui réservent de belles surprises. La partie consacrée à Ringil offre de chouettes moments dans les 100-150 dernières pages où là ça envoi du bois sans cesse.


En fait ce qui est un peu gênant c’est qu’encore une fois seul Ringil propose quelque chose faisant avancer l’intrigue. Les deux autres POV Egar et Archeth, qui œuvre de concert ici, ne proposent que de l’action n’ayant aucune incidence sur les grands enjeux de l’histoire. Je m’explique… : la mission des îles Hironish sur lequel s’était conclu le T2, on s’en bat les reins. Sans m’étendre la-dessus, sinon je spoile un max, cela fait parti des plans du Pilote Anasharal visant à éloigner Archeth de la scène politique parce qu'il y a aussi une menace "atomique" sur Yelteth. Cela ne fait que renforcer toute l’inutilité du T2 où on nous disait que « oh la la, c’est hyper important c’te histoire ». Non, en fait c’est vite bazardé et pour aller droit au but, Archeth et Egar font naufrage sur la zone appelée « la Décharge Kiriath » (visualisez la map monde) et qui est un no man’s land inhabitable pour les mortels. Et donc tooooouuuut les chapitres les concernant seront consacrés à un retour au pays. Un retour difficile car outre le fait qu’il faille traverser un pays inconnu, ils sont au-delà des lignes ennemis car entre-temps, pendant que l’expédition voguait vers les îles Hironish, Yeltheth a déclaré la guerre à la Ligue !


Alors il y a du bon et du moins bon là-dedans. Du bon : beaucoup de bons passages orientés action qui sent le revival sword&sorcery avec une cité perdue et une embuscade d’Ecailleux de retour ! Un dragon avec son lot de drama to the max
Spoiler:
où l’auteur dézingue un des trois POV !
Mais d’un autre côté je suis quand même déçu que ces deux-là ne participent pas directement aux événements qui ont de l’importance et qu’il ne reste dans le fond qu’un sentiment de remplissage. Ces 2 POV sont la caution « action et fantastique » du livre, mais ils ne sont d’aucune aide pour peser dans la balance décidant du sort du monde.
Du moins bon : bah oui parce qu’au final je ne comprends rien à ce que cherche Archeth. Avec cette expédition dans le Nord elle espérait trouver une cité kiriath et pourquoi pas d’autres kiriath. Après avoir fait choux-blanc une fois elle tombe finalement sur ce qu’elle cherchait dans la Décharge kiriath, mais… elle n’en fait rien. Ça papote avec Tharalanangharst pour que ça ne débouche finalement sur pas grand-chose. Tout cela est à l’image de ce que elle et Egar font depuis le début du cycle : brasser de l’air.

Après mon sentiment global sur le livre est qu’en même temps qu’on réitère certains défauts, notamment au niveau narratif (parce que 2 POV sur 3 qui sont distrayant mais ne pèsent pas), l’auteur compense largement par un surplus d’action très bien orchestré et par une histoire qui se révèle complexe a menée mais où l’auteur s’en sort bien. Si on veut relire du Elric remasterisé c’est par ici qu’il faut s’orienter. Et puis comme ça en vrac, je trouve cela ingénieux cette façon de rendre intéressant l’intrigue axée autour de Ringil en minimisant le reste des affaires du monde : je veux dire par là que la guerre Trelayne/Yelteth est évoquée, elle fait obstacle aux protagonistes, mais Morgan n’y consacre aucune ligne, juste que c’est la guerre, point. Il y a une grande guerre entre les deux nations les plus puissantes du monde mais on s’en fout parce que ce que vivent nos héros est infiniment plus important.

Hum, quoi d’autres… de bons coups de théâtre avec des personnages qui sont là depuis le début et qui tombent comme des mouches en une ligne, donc toujours cet tonalité dark fantasy. Ah oui ! Beaucoup moins de prono gay ici, je n’ai compté qu’une seule scène plus un viol lesbien. Morgan progresse. Toujours de bonnes punch lines, des personnages bien campés, même les seconds couteaux pas souvent utiles à l’intrigue sont néanmoins bien construits. Je regrette juste qu’il n’y ait pas un tout petit ultime chapitre sur Archeth car…
Spoiler:
j’aurai tellement aimé la voir en mode vendetta contre cette pourriture d’empereur Jhiral qui en plus d’avoir déclenché une guerre dans son dos, a violé sa compagne Irshim.
Mais je pense que c’est sous-entendu d'une certaine manière par Morgan que le gars va s’en prendre plein la gueule.

S’il y a d’autres trucs qui me reviennent je vous en ferai part.
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White Square Re: Richard Morgan, Terre de héros

Message par Sieben le Mar 7 Nov - 19:55

Le T3 n'est toujours pas avisé sur Elbakin alors qu'il est sorti depuis un an. Sur Babelio il n'y a pas énormément de critiques, c'est mi-figue mi-raisin. A croire que le T2 en a dégonflé plus d'un.

Les notes Elbakin:
7.5/10 pour le T1. Je mettrai la même note
8/10 pour le T2. J'aurai mis 5.5/10. Je m'étonne des réactions sur le forum où on s'accorde à dire que le T2 meilleur que le T1... J'hallucine.

Pour le T3... bah, c'est le meilleur des trois, donc un 8 ou 8.5/10 pour ma part.
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