David Gemmel
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David Chandler, Les Sept Lames

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White Square David Chandler, Les Sept Lames

Message par Albéric le Lun 12 Aoû - 18:47


Résumé du tome 1 : L'Antre des voleurs
Dans les bas-fonds de la redoutable Cité Libre de Ness, Malden a survécu en devenant un voleur doué. Son bien le plus précieux reste pourtant son indépendance. Jusqu’à ce qu’il tombe sous l’emprise du maître tout-puissant d’une impitoyable guilde de voleurs... S’il veut retrouver sa liberté, Malden doit accomplir pour lui une mission improbable. Il lui faut voler la fameuse couronne du burgrave, protégée par de terrifiants démons, bien décidés à dévorer l’âme de tout intrus trop audacieux. Rejoint par un chevalier rebelle et une mystérieuse fille aux tatouages vivants, Malden est loin d’imaginer que, s’il s’en sort, ce ne sera que la première épreuve...


David Chandler a dédié son roman à Fritz Leiber, Michael Moorcock et R. E. Howard.
On aurait du donc s’attendre à un festival sword & sorcery de bon aloi, mais malgré quelques clins d’œil cela ne dépasse pas le cadre de la fantasy à capuche, version abâtardie du genre.
Car les auteurs cités auraient pu écrire en mieux la même histoire avec bien moins de pages.


Niveau personnages c’est sympathique mais limité :
Je n’ai pas du tout accroché au héros orphelin adolescent qui se croit très intelligent.
J’ai bien davantage apprécié le personnage du paladin ultra idéaliste Croy.
La sexy sorcière Cythère a du potentiel mais elle est plus passive qu’active.
Les personnages du maître bretteur mercenaire, du roublard passe-muraille et de l’ogre loyal bon sont plus originaux, mais l’auteur préfère se concentrer sur le triangle amoureux entre les 3 puceaux précédemment cités.
Le burgrave, le castellan, l’ambassadeur nain, la maquerelle Elody… ne servent à rien.
Reste donc le méchant sorcier qu’on nous présente comme étant très très narcissique et très très sadique, sauf que cela reste un pervers narcissique avec l’envergure d’un tyranneau de bureau.

Niveau intrigue c’est plutôt assez simple :
C’est l’histoire d’un voleur qui veut tout avoir et tout de suite et qui donc a les yeux plus gros que le ventre.
C’est donc tout naturellement qu’il se retrouve coincé dans un cambriolage à 2 temps qui le dépasse complètement.
On a quelques trucs à la Ocean’s Eleven plutôt sympas, mais rien de terrible non plus car on est plus près des 3 compères que de la douzaine…
L’auteur a voulu se lancer dans un grand whodonit autour de l’identité du chef de la cabale, mais cela tombe à plat car le worlbuilding est inexistant et le nombre de personnages limité.
Et donc on tombe dans le dénouement à la Scooby Doo.

Niveau style franchement c’est plutôt bien si on passe qques facilités !
C’est agréable à lire, merci à Benjamin Kuntzer.
Le ratio action, palabre, atermoiement ne plaide pas en faveur du page turner mais si cela marche bien quand même, et donc on se retrouve avec pas mal de verbiage qui frôle assez dangereusement avec le tirage à la ligne par moment (mais rien de très grave non plus).
Si les scènes d’action sont un peu lisse par rapport à la concurrence, le vrai problème reste qu’elles sont délayées inutilement sur plusieurs chapitres pour créer artificiellement du rythme et du cliffhanger à 2 sous et que cela hache plus le récit qu’autre chose.
De plus quelques passages mettent la suspension d’incrédulité à l’épreuve : on se rapproche pour le meilleur comme pour le pire des shoneneries avec un Croy qui pourrait facilement remplacer Hyoga dans Saint Seiya la série abrégée (ah les monologues sur l’espoir et l’amitié !).
De plus on tease sur les techniques érotiques des locataires des bordels urbains et sur les rapports contre-nature et sado-maso du sorcier, mais cela ne va pas plus loin que le tititillage d’hormones pour préadolescents.

Niveau background tout le roman se déroule intégralement dans la Cité libre de Ness :

Le côté Nightprowler est sympa mais cela ne va pas très loin : rendez-nous Laetith !
Le Château du burgrave, le palais du sorcier, 1 ou 2 demeures marchandes, des quartiers pauvres interchangeables et une place du marché plus ou moins fréquentée.
C’est un worldbuilding rôlistique un peu léger quand même pour 600 pages.
Car on est dans le cadre d’une ville médiévale fantastique lambda, qui appartient à un royaume médiéval fantastique lambda, qui lui-même appartient à un univers médiéval-fantastique lambda.
C’est donc tout naturellement qu’on mentionne des nains montagnards, des elfes sylvestres, des barbares aux frontières et des peaux-vertes dans leurs tanières.

Niveau thématiques qui dit sword & sorcery dit subtext corrosif :
Effectivement on a ça et là des discours anticonformistes contre l’establisment et le système établi, contre la loi des plus forts (aka les riches) qui exploitent les faibles (aka les pauvres).
C’est donc tout naturellement qu’on retrouve une hiérarchie de crevards carriéristes prêts à tout et au reste pour satisfaire leurs egos insatiables (cad être plus puissants et plus riches pour exploiter et écraser encore plus les faibles et les pauvres).
« Plus, plus, toujours plus ! » Telle est la devise de l’internationale ploutocrate éternelle.
Malheureusement tout cela est désamorcé par les 2 héros : l’un désire ardemment rejoindre ledit establisment, et l’autre est un conservateur assumé par absolue naïveté.
Et pour faire bonne mesure l’auteur ne se lasse pas de basher le seul personnage honnête, intègre et sincère du roman… Bref difficile de savoir où il veut vraiment en venir à ce niveau !


Au final rien de très mauvais, mais rien de très bon non plus.
Un roman divertissant donc satisfaisant : bonne pioche en poche pour Bragelonne, mais...
- Michael J. Sullivan avec son côté 2e degré totalement assumé est plus plaisant
- Brent Weeks offre plus de fun, plus de densité, plus d’originalité
- Scott Lynch fait plus honneur à la fantasy de Fritz Leiber avec Locke Lamora et Jean Tannen

PS: David Chandler est aussi David Wellington (1 série zombies & 1 série vampires)


Dernière édition par Albéric le Sam 5 Oct - 19:50, édité 1 fois

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White Square Re: David Chandler, Les Sept Lames

Message par Dark schneider le Mar 13 Aoû - 20:04

Je passe mon tour avec cet auteur. Je doute franchement de l’honnêteté de sa démarche : une trilogie de zombie, une trilogie de vampires, une trilogie fantasy à capuche...hum hum.  Véritable envie de montrer ce qu'il est capable de faire dans divers sous-genre de la littérature de l'imaginaire ou opportuniste pur et simple ? Le coup du pseudo différent quand il s'attaque à la fantasy me laisse croire qu'il s'agit plutôt de la seconde option. Évidemment, je peux me montrer.

Il avait essayé aussi de se montrer un peu corrosif dans sa trilogie de zombie, dont l'une des héroïne est quand même une jeune Somalienne guerrière, très courageuse... mais au final sans que ça n'aille très loin, c'est plus bobo qu'autre chose. Sa trilogie de zombie m'a laissé un trop mauvais souvenir (très bon premier tome mais foirage total ensuite) pour que je lui laisse une seconde chance, .

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White Square Re: David Chandler, Les Sept Lames

Message par Albéric le Mar 13 Aoû - 23:43

Le cycle est ici crescendo : laissons-lui une chance.
Mais cela manque de sincérité : l'auteur est comme Brandon Sanderson un pur produit des ateliers d'écriture. C'est bien écrit, on connaît ses classiques mais comme c'est formaté cela manque d'âme.
Mais David Chandler assume ses inspirations (cf la mention des maîtres de la sword & sorcery), pas comme l'auteur bankable qui pille Eddings, Farland, Moorcock et cie sans jamais les mentionner...


Dark Schneider a écrit:Il avait essayé aussi de se montrer un peu corrosif dans sa trilogie de zombie, dont l'une des héroïne est quand même une jeune Somalienne guerrière, très courageuse... mais au final sans que ça n'aille très loin, c'est plus bobo qu'autre chose.
Osons le dire : comme 90% de ce qui se fait aux USA...
(nos bobos intégristes font eux bien plus de dégâts !)

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White Square Re: David Chandler, Les Sept Lames

Message par Oncle Kiin le Lun 2 Nov - 18:49

Celui-là, malheureusement, ça n'a pas vraiment pas marché du tout sur moi.
Et en te lisant, Dark Schneider, je me rends compte que ton intuition à propos de l'auteur pourrait bien être la bonne.

Ma critique :
Je n’ai pas accroché du tout...
Trilogie unanimement présentée comme de la bonne petite fantasy classique, ça semblait pourtant fait pour me plaire.
L’auteur lui-même prétend « rendre hommage aux œuvres de fantasy qui ont bercé son enfance », et se fend de dédicaces sympathiques : ce premier tome est ainsi dédié à Fritz Lieber, Michael Moorcock et Robert Howard, le suivant à Gary Gygax et Dave Arneson (les créateurs de D&D), et le troisième à J.R.R. Tolkien et George R.R. Martin.
Sauf que je n’ai absolument pas marché. Pour ce premier volume en tout cas, je me suis ennuyé de la première à la dernière page.
J’ai trouvé les personnages artificiels et plats, sans rien d’attachant. Leurs relations entre eux ne m’ont pas touché non plus. Si bien que je suis resté complètement extérieur à ce qui pouvait leur arriver. C’est long, un gros bouquin plein de courses-poursuites et de combats, quand on se fiche du sort des personnages...
L’univers est en carton-pâte : une ville lambda dans un royaume lambda, mais sans faire fructifier le plaisir de la familiarité, plutôt sur le mode « oui bon vous voyez le genre, ne nous attardons pas ». Côté mythologie, l’origine des fameuses Sept Lames est à peine évoquée, et d’une manière qui n’a pas vraiment excité mon imagination.
L’intrigue est cousue de fil blanc, avec un dénouement, là encore, assez artificiel. Certes, il se passe toujours quelque chose, et le chapitrage nerveux donne une impression de rythme, mais en réalité il n’y a pas tellement de tension, plutôt une accumulation un peu lourdingue de péripéties. Enfin, j’ai été agacé par trop de petites incohérences et de trucs tirés par les cheveux.
Pour conclure, cette lecture aura tout de même eu le mérite de me faire réfléchir. Si on regarde sur internet, la trilogie semble assez appréciée. En outre, dans son ambition et son rapport au genre, elle paraît très proche de ce que je suis censé aimer. Du coup, c’est intéressant d’essayer de comprendre pourquoi ça m’a barbé à ce point.
Quelque chose dans le ton général, je dirais. Une fadeur, le sentiment qu’on ne me donnait rien de réellement sympa à me mettre sous la dent. Aussi, ça manque sans doute un peu d’ampleur et de caractère épique pour se conformer strictement à mes goûts, mais même au-delà de cet aspect, j’ai été dérangé tout du long par une impression d’artifice, comme si l’auteur ne s’était pas amusé à écrire cette histoire, qu’il n’avait pas vraiment aimé ses personnages.
Je lirai les deux autres tomes parce qu’on m’a offert la trilogie, mais sinon j’aurais certainement fait l’impasse.

Oncle Kiin
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White Square Re: David Chandler, Les Sept Lames

Message par Albéric le Lun 2 Nov - 19:07

Oncle Kiin a écrit:j’ai été dérangé tout du long par une impression d’artifice, comme si l’auteur ne s’était pas amusé à écrire cette histoire, qu’il n’avait pas vraiment aimé ses personnages.
Tout pareil, le sentiment de faire face à un travail appliqué et sans âme... Il y a beaucoup de titres moins bien ficelés, mais qui transpirent bien davantage la bonne volonté et la bonne humeur.

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