David Gemmell
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la collection Pandore

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White Square la collection Pandore

Message par Albéric le Mer 29 Mai - 16:26


Résumé de La Dernière lame :
Jadis, le monde a connu un Age d'Or, enchanté par la magie. Mais à présent il est presque entièrement recouvert par les eaux où grouillent méduses, murènes mangeuses de chair et Léviathans d'ombre.
Vorastburg est l'une des rares cités à ne pas être encore submergée. Ses habitants sombrent dans la folie en attendant la fin.
Parmi le chaos ambiant, Joad tente d'apaiser les souffrances. Cet ancien combattant aguerri sait que l'Armée des Cendres va déferler sur la ville, avec à sa tête la belle Marie aux yeux verts. Joad et la redoutable guerrière apprennent que des êtres sublimes demeurent aux confins de l'océan, capables de mettre fin aux souffrances. Ils s'engagent alors dans une course dont l'enjeu est le sort du monde.


D’emblée je tiens à préciser que je ne faisais pas partie du public visé et que je n'ai que très peu de références en littérature jeunesse ou Young Adult, donc je me garderais d’apporter un jugement sur la qualité du roman.
Je ne suis jamais vraiment entré dans l’histoire mais ces chroniques d’un monde à l’agonie m’ont beaucoup touché.


En marchant sur les traces de Fabrice Colin (osons faire des parallèle avec la trilogie eschatologie douce amère Winterheim) et Mathieu Gaborit (osons comparer Marie à Scende des Chroniques des Crépusculaires), on se retrouve avec une émule de Charlotte Bousquet : Estelle Faye nous livre un univers sombre et violent avec un bel imaginaire qui laisse des images plein la tête car sa prose est joliment évocatrice (on sent dans les petites descriptions une vraie passion pour l’océan).

Le roman est divisé en 3 parties :
- une partie centrée sur Marie l’amnésique qui perd peu à peu ce qui lui reste d’humanité
- une partie centrée sur Joad, l’handicapé amnésique qui va tenter de s’opposer à Marie
- une partie centrée sur le destin de Jester la jeune acrobate amnésique
Finalement les chapitres pré-Marie sont les plus homogènes du roman. Les chapitres suivants sont plus décousus puisqu’on change de personnages, de lieu et d’époque dans ce qui ressemble à une succession d’interludes. Et c’est écrit sur le ton de la chronique : faute de fils conducteur autre que la lente chute vers le néant, difficile de s’attacher à quoi ou à qui que se soit.
La figure de Joad permet enfin de s’accrocher à quelqu’un et on entre plus volontiers dans le roman, mais cela repart de plus belle avec l’ellipse de 7 ans qui sépare les 2e et 3e partie
On se retrouve donc avec quantité d’éléments mal amenés ou mal exploités : le concept d’Ombre reste flou (on pensera aux Goju de L5R).


Et on pourrait dire pareillement de l’histoire du capitaine Julian, des interventions des Façonneurs, de l’attaque des crocodiliens ou la découverte du Labyrinthe… Certains d’entre arrivant comme des cheveux sur la soupe.
Cela constitue le gros point faible du roman, mais dans le cadre d’un 1er roman il s’agit d’erreurs de jeunesse.


Impossible de ne pas songer au manga culte de l’immense Hayao Miyazaki : Nausicaä de la Vallée du Vent !


On retrouve donc toute une galerie de petites gens ni bons ni méchants : ils sont justes broyés individuellement ou collectivement par des puissants qui cherchent juste à être les derniers à sombrer avant la fin des temps…
(d’ailleurs pas mal de personnages secondaires auraient mérité plus de pages comme la bourgmestre romantique Annelise ou le mafieux ami des animaux Kwanjaï).
Certains essayent de retarder l’inévitable fin, d’autres essayent d’hâter l’inéluctable fin.
Mais ici l’océan infini et ses créatures marines remplacent la forêt toxique et ses insectes géants.
Dans les 2 cas, un messie féminin apporte le chaos de la destruction et de la miséricorde :
- Nausicaä était une Jeanne d’Arc postapo de lumière qui apportait compassion et espérance
- Marie est une Jeanne d’Arc postapo de ténèbres qui apporte violence et désespérance
De plus des thèmes très profonds sont abordés : outre écologie et développement durable, citons
- l’ambiance délétère de cette apocalypse lente est étouffante car les personnages savent qu’ils vont connaître de leur vivant la fin du monde. Difficile de ne pas songer à notre temps présent ou demain sera probablement pire qu’aujourd’hui (en nous retirant l’espérance, nos élites ont commis un génocide culturel à l’échelle planétaire)
- l’Eglise des Cendres promeut l’ignorance contre la connaissance : on reconnaît là tous les mouvements fondamentalistes qui veulent nous retirer les moyens d’établir un monde meilleur où ils n’auraient plus leur place, ou l’establishment qui veut retirer aux masses les moyens intellectuels de ne plus gober leurs mensonges


Un livre qui inaugure bien la collection Pandore : on nous dépeint une histoire sombre et violente où l’univers et les personnages n’en finissent plus de sombrer… Mais au bout du tunnel se trouve malgré tout la lumière.
(je déconseillerais néanmoins ce livre aux dépressifs chroniques…)
Un roman sincère écrit par une auteure qui veut vraiment bien faire (trop bien faire en l’occurrence).
Personnellement, c’est avec grand plaisir que je retrouverai son imaginaire.
http://www.lepreauxclercs.com/site/pandore/ouvrage/la-derniere-lame/9782842284862

(et dans tous les cas, un roman qui ne méritait pas la critique semi pourrie des blasés d’en face et qui aurait du rejoindre comme tous les autres romans YA leur section jeunesse... les incohérences habituelles quoi !)


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White Square Re: la collection Pandore

Message par Oncle Kiin le Mer 29 Mai - 17:38

Je pensais faire l'impasse, mais il y a plusieurs trucs qui attisent ma curiosité dans ce que tu dis : du coup je pense que je vais le rajouter sur ma liste de lectures YA s'il s'agit d'un one-shot. C'est bien le cas ?
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White Square Re: la collection Pandore

Message par Albéric le Mer 29 Mai - 18:29

du coup je pense que je vais le rajouter sur ma liste de lectures YA s'il s'agit d'un one-shot. C'est bien le cas ?
C'est le cas. Ce n'est pas un page-turner et il ne fera pas partie des livres que j'aurais envie de relire, mais j'en ressort satisfait et des images plein la tête : n'est-ce pas l'essentiel pour un livre de fantasy ?
Le potentiel est vraiment là, ne demandant qu'à être davantage exploité encore, et je reste persuadé qu'il y a matière à réaliser une BD du tonnerre !

Clairement une auteure à suivre !
edit : et l'avenir m'a donné raison


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White Square Re: la collection Pandore

Message par Albéric le Lun 6 Jan - 15:30


Résumé de Katana tome 1 : Vent rouge
Le roi-dragon excerce sa tyrannie sur le Japon. Un jour, Ichirô apprend que le souverain a tué ses parents. Assoiffé de vengeance, le jeune samouraï errant décide de défier le Shogun sorcier. Hatanaka, son père adoptif et samouraï d'élite, va le préparer à l'impossible. Ichirô part pour une longue quête, au cours de laquelle il sera rejoint par des compagnons de route, voleur, paysan ou ninja. Il devra les accepter dans leurs différences, réunir leurs forces et leurs caractères... et se découvrir à son tour.


Ce n’est pas le grand roman de Katana & Sorcery que j’attendais et que j’attends encore. Le diptyque étant résolument Young Adult, je ne peux décemment critiquer les lacunes inhérentes aux partis-pris jeunesse : background trop léger, personnages trop lisses, intrigues trop faciles. Difficile avec le bon prologue ne pas penser à L’Homme qui voulait tuer l’empereur de Thomas Day, qui puise aux mêmes sources d’un Extrême-Orient féodal. C’est plutôt rafraichissant de transposer tous les codes de la Fantasy classique à Japon de l’Ere Edo : le héros adolescent orphelin de noble ascendance, un vieux mentor qui doit faire son apprentissage, les compagnons de route destinés à l’aider dans sa quête de vengeance, la prophétie manichéenne (le Guerrier de Lumière vs le dragon de ténèbres), le supervilain chaotique mauvais et l’artefact magique qui va permettre de le vaincre. Malheureusement, j’ai trouvé que le récit avançait à coup de grosses ficelles, surtout dans la manière dont le groupe se construit, le héros de l’histoire apparaît bien pâlot, le daimyo félon / le mago psycho est tellement simpliste qu’on se donne même pas la peine de nommer (alors qu’on aurait pu construire un chouette whodunit autour de sa véritable apparence) et le traitement du personnage d’Ôno est assez capillotracté (on dépeint très antipathique puis très sympathique, dans la grande tradition du compagnon canaille du chevalier blanc, avait de se lancer sur un laïus sur ses origines pauvres, son enfance malheureuse et sur son mal de vivre, puis sur un coming out gay, puis sur un gros pétage de plomb… alors que tout cela passera à la trappe dans la 2e partie).
De plus j’ai cru qu'on allait nous faire un revival Star Wars avec Ichirô = Luke, Aiko = Leia, Ôno = Han Solo, Buta = Chewbacca et Hatanaka = Obi Wan Kenobi.
Et cela n’aurait été que justice tant la saga de George Lucas a pillé La Forteresse cachée d’Akira Kurosawa
Oui mais non. OMG le cliffhanger de fin : génial ou bidon selon les goûts et les exigences de chacun.

Reste que j’ai vraiment envie de défendre l’ouvrage.
La plume de l’auteur qui s’est donné du mal pour rendre la culture japonaise très accessible s’avère très fluide : cela se dévore vraiment tant cela se lit bien et vite. Le bon équilibre a été trouvé entre descriptions, palabres et bastons. D’ailleurs les scènes d’action sont de bonne facture et apportent un véritable plus à l’ensemble.
Mais surtout cela transpire la sincérité de la part de Jean-Luc Bizien: je soupçonne l’intégralité du naming d’être un bel hommage à la culture chambara : les films d’Akira Kurosawa évidemment avec un passage à la Sept Samouraïs, mais aussi les grands classiques tels que Lone Wolf & Cub, Zatoïchi, Kamui, Gohatto / Taboo… Le connaisseur que je suis s’est régalé !
Si Hatanaka fait trop penser à Toshiro Mifune, que dire de Dame Kachiko ? Remember Legend of the Five Rings !
Mieux encore, on sent les saines références au shonen antique : si un jour si avez kiffé Saint Seiya et compagnie, vous deviez apprécier l’effort à sa juste valeur, mais j’en reparlerai pour la 2e partie…

On sent quand même que pour le meilleur et pour le pire que tout cela était destinée à être une bande-dessinée. Ce qui marche en BD ne marche pas forcément en livre, et ce qui passe assez bien en BD peut être rédhibitoire en livre. BD d’ailleurs que je lirai avec grand plaisir si elle voit le jour… Pour un peu je l’attendrais presque avec impatience.
Pour résumé excellent pour les plus jeunes ou les plus néophytes, assez sympa car très rafraîchissant pour les easy readers, sans doute parfaitement dispensable pour ceux qui sont plus exigeants quant à leurs choix de lecture.

PS : la couverture de Xavier Ribeiro est très réussie, dommage que le vent rouge qui donne son nom au tome 1 n’apparaisse que dans le tome 2, car on a préféré finir sur un gros cliffhanger des familles plutôt que sur sa résolution.


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White Square Re: la collection Pandore

Message par Albéric le Lun 6 Jan - 19:35


Résumé de Katana tome 2 : Dragon noir
Ichirô et les siens ont affronté de terribles épreuves. Ils décident de venger la mort de leurs parents en abattant le seigneur-dragon. Mais ce dernier connaît sa puissance, et désire l’affrontement. Une seule arme peut vaincre le monstre : le katana du défunt Toshirô, dont la lame a été bénie des dieux. Où se trouve cette lame de légende ? Existe-t-elle seulement ? Qui peut se montrer digne de la manier ? Les combattants devront s’unir pour relever l’ultime défi qui les plongera dans la plus terrible des batailles.

Pour moi l’aventure Katana a continué grâce à Babelio et Masse Critrique, mais aussi et surtout grâce à la sympathique collection Pandore de Xavier Mauméjean et la passion de Jean-Luc Bizien pour son bébé.

Ce n’est toujours pas le grand roman de Katana & Sorcery que j’attendais et que j’attends encore. Le ton résolument Young Adult n’est définitivement pas pour moi (« je suis trop vieux pour ces conneries » selon l’expression consacrée), mais avec cette fantasy entre chambara j’ai quand même passé un bon moment grâce à un esprit shonen de bon aloi.


Dès le départ on nous offre un long flashback qui rappelle tous les classiques du chambara avec le daimyo félon, le seigneur loyal bon, sa sublime épouse, son général de légende fidèle jusque dans la mort et les samouraïs déchus collabos ou résistants… Mais pour la suite des opérations impossible de m’enlever de la tête l’idée que cela avait le parfum du Secret de Ji de Pierre Grimbert, autre auteur spécialisé en jeunesse et en YA (et pour moi c’est un compliment, j’ai beaucoup d’affection pour ce cycle) : le passage dans le donjon de daimyo-sorcier, c’est celui du mausolée labyrinthique de Sombre, le passage surnaturel dans le charnier, c’est les héros dans l’infernal Jal'Karu…

J’ai apprécié l’orientation shonen consciente ou inconsciente de cette 2e partie : autour d’Ichirô se constitue un groupe de 5 héros de physiques et de caractères différents qui maitrisent des armes différentes.
D’ailleurs les personnages gagnent ici en consistance, même si Hatanaka nous fait un gros coup de déprime après sa confession et que comme le veut la tradition shonen le héros principal reste trop lisse. Le duo formé par l’impétueux Ôno et le peureux Ryochi fonctionne assez bien et attire la sympathie. J’ai eu un peu peur que le jovial Jôtaro fasse la 5e roue du carrosse, mais son binôme avec la froide Aiko fonctionne bien aussi. Et comme chacun semble représenter un élément, on se demande si on est dans un sentai, dans Les Samouraï de l’éternel ou dans Legend of the Five Ring

Mais le doute ne dure pas longtemps avec des tirades sur les attaques qui ne marchent pas 2 fois sur le même samouraï, ou les techniques de combats qu’on ne peut pas retourner contre son adversaire… Saint Seiya forever ! blink

Le cahier des charges est bien rempli : bagarre d’auberge, attaque de ninja, duels à mort, batailles, sièges, combat final contre le maître du mal. C’est dommage que le seigneur des ténèbres agisse comme un sous-Smaug car cela retire de la valeur aux exploits de notre groupe de héros, et c’est dommage que tout cela soit un peu précipité car j’aurais préféré qu’on développe davantage la phase de recrutement à la Robin des Bois puis la phase militaire contre le seigneur-dragon. Mais qu’importe puisqu’a échappé à la sempiternelle trilogie exposition / transition / conclusion.
Le final d’ailleurs, c’était plus shonen antique tu meurs !
Spoiler:
L’invocation de l’armure / épée magique à l’aide de la cosmoénergie de des compagnons disparus qui ont puisé dans l’espoir et l’amitié pour faire triompher l’amour et la vérité…


Car le héros, son mentor et ses compagnons n’ont été au final que les instruments presque allégoriques d’une justice immanente qui en remplissant leur mission divine sont entrés dans la légende. Et les légendes ne meurent jamais !
Tout est bien qui finit bien malgré l’amère fin… mais je n’ose imaginer ce qu’un Mathieu Gaborit ou une Estelle Faye aurait fait d’une telle dramaturgie avec leur plume tragico-poétique.

On sent toujours pour le meilleur et pour le pire que tout cela était destiné à être une bande-dessinée et j’espère qu’un éditeur permettra un jour au rêve de Jean-Luc Bizien de prendre vie dans ce média, il le mérite bien !
De plus on aurait pu rassembler les 2 tomes en 1 seul de 600 pages, et remanier quelques trucs ici et là…
Pour résumé excellent pour les plus jeunes ou les plus néophytes, assez sympa car très rafraîchissant pour les easy readers, sans doute parfaitement dispensable pour ceux qui sont plus exigeants quant à leurs choix de lecture.

PS : la couverture de Xavier Ribeiro est moins réussie, et on dénote quelques inattentions dans les corrections.

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White Square Re: la collection Pandore

Message par Albéric le Lun 6 Jan - 19:37

Oncle Kiin a écrit:Ah cool, ça m'intéressera de savoir ce que tu en penses.
J'aime bien Bizien, et cette nouvelle série avait attiré mon attention, justement. Mais comme j'hésitais (déjà pas mal de bouquins en attente...), je pense que je vais attendre ton avis avant de me décider pour de bon.
Bon ben c'est fait.
Tu me diras si cela t'a fait sauter le pas... 

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White Square Re: la collection Pandore

Message par Oncle Kiin le Lun 6 Jan - 20:46

Merci pour ces retours :)

Et pour te répondre : eh bien, peut-être un jour, mais pas tout de suite.
Tes chroniques me confirment ce que je redoutais en lisant les quatrièmes de couv, qui font quand même très jeunesse (par exemple la phrase finale de la première, clairement destinée aux prescripteurs : c'est signe que le public visé est sans doute plus jeune que pour du YA habituel). Et j'avoue que si lire du YA ne me dérange pas, j'aime bien malgré tout que ça soit pas trop franchement pensé pour une tranche d'âge spécifique. Là, j'ai l'impression que c'est plus "jeunesse-genre-12-ans" que "Young-Adult-à-lire-à-n'importe-quel-âge", je me trompe ?

Donc a priori je fais l'impasse, au moins pour le moment. A regret parce que le concept me tentait vachement, et il y a aussi pas mal de trucs qui font envie dans les aspects que tu cites, mais bon.


HS : Bonne année à tous :) Je passe très peu ces temps-ci, trop de boulot. Mais je lis tous vos messages même si j'ai pas le temps de répondre ^^
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White Square Re: la collection Pandore

Message par Albéric le Lun 6 Jan - 20:58

Oncle Kiin a écrit:Là, j'ai l'impression que c'est plus "jeunesse-genre-12-ans" que "Young-Adult-à-lire-à-n'importe-quel-âge", je me trompe ?
Je suis vachement exigeant sur la Katana & Sorcery, mais c'est pas du jeunesse-genre-12-ans : j'ai oublié d'en parler mais c'est assez proche du Clan des Otori sauf qu'il y a de la vraie fantasy, du vrai shonen, de la vraie baston et un final épique et tragique.
A ranger dans le même catégorie que Le Secret de Ji, en plus condensé (malheureusement par ailleurs).

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White Square Re: la collection Pandore

Message par Albéric le Sam 5 Avr - 10:25


Résumé de La Fille-Sortilège:
Six Clans dirigent la Cité. Chacun possède une Magie qui commande aux éléments ou aux êtres vivants. De leur union dépend l’équilibre. C’est pourquoi durant la Fête des Échanges, les adolescents sont soumis à des épreuves, en vue d’être initiés. Parce qu’elle a échoué, la jeune Érine est bannie, loin de sa famille et de son Clan. Condamnée à survivre dans la zone d’exil, elle va bientôt découvrir le sombre secret de la Cité. Et le terrible complot qui menace de la détruire.


Un livre Jeunes Adultes français de très bonne facture. Dans un univers tropical, la Cité des Six Clans est une oasis de prospérité au sein d’un désert sans fin. Elle est partagée entre Sourciers, Planteurs, Dresseurs, Façonniers, Couteliers et Guérisseurs qui travaillent de concert pour le bien de la Cité. Nous y suivons une jeune paria qui vient de perdre son partenaire dans le travail et dans la vie. Obligée de se faire déterreuse de cadavres, elle va toucher de trop près d’inavouables secrets... Car la Cité des Six Clans n’existe que grâce à la magie, et celle-ci ne semble plus aussi bien marcher qu’avant.
Marie Pavlenko se la joue Dune de Frank Herbert (l’ouvrage de SF le plus proche des codes de la Fantasy ?) : elle nous immerge dans un univers intéressant avant de le détruire complètement dans une ambiance très lutte des classes ! (vous savez, le truc qui est censé ne pas exister, mais que les certaines élites déclarent être en train de gagner…)

Je n’ai pas encore lu les ouvrages YA de Brandon Sanderson, mais franchement le mélange action / intrigue / thématiques sociales qu’on retrouve dans ses autres ouvrages en est assez proche. Sauf que l’auteur américain tire à la ligne, alors qu’ici on a un roman d’une grande densité mené tambour battant. On courre presque tout le temps et on ne s’arrête que rarement. Les événements sont en branle dès les premières pages et le destin est en marche avant même ces dernières !
La prose percutante est une grand force mais peut éventuellement être aussi un point faible car le style hyperimmersif est volontairement constitué de phrases courtes qui s’enchaînent vite voire s’entrechoquent. En nous racontant sa propre histoire, on craint, on souffre, on vibre, bref on vit avec elle le temps de lire les 430 qui constituent le roman.

Avec ce rythme effréné difficile de développer et approfondir le background (notamment les jeux de pouvoirs entre Clans), pourtant l’auteure parvient à nous offrir un livre de Fantasy avec un univers plaisant, avec un cadre et une ambiance réussis. Pour ne rien gâcher les nombreux personnages de ce roman indépendant le sont vraiment pas mal du tout.
On fait la part belle aux personnages féminins, et cela tombe bien car ils ont tous bien campés.
Il est d’ailleurs assez symptomatique que le personnage masculin le plus présent soit Arkadi, le camarade handicapé d’Erine, autour duquel on est sûr qu’aucune romance bidon ne sera nouée. Car l’auteure ne tombe pas dans le piège traditionnel de ce genre d’ouvrage : exit les triangles amoureux qui permettent de tenir la jambe des lecteurs en tirant à la ligne…
Pourtant des triangles amoureux, ici il y en a deux :
- plein champ nous avons une adolescente qui essaie de retrouver avec son amant mentor plus âgé une figure paternelle bienveillante
- hors champ nous avons une adolescente qui essaie d’échapper avec son amant complice plus âgé à une figure paternelle malveillante
L’intrigue n’est absolument pas parasitée par ces romances car l’un est déjà mort et l’autre meurt assez vite.
Ce sont 2 adolescentes qui vont devoir s’en sortir par leurs propres moyens.
Et je dois reconnaître qu’à ce jeu là, Erine est une héroïne forte et courageuse qui vaut largement une dizaine de Katniss Evergreen (Hunger Games) car elle se prend en main, mieux elle prend son destin en main !
A noter aussi Diulé, chef des Orklas du Sud, dont les propos est les projets n’ont à rien à envier à ceux d’Arlette Laguiller, 6 fois candidate aux élections présidentielles sous les couleurs de Lutte Ouvrière ! Bref, on parle bien du Grand Soir de la Cité des Six-Clans. Et cela fait du bien un peu de réflexion sur la lutte des classes dans un monde de pensée unique assez pour ne pas dire très bourgeoise.

Comme toujours, tout n’est pas parfait évidemment :
- quand le secret de la Cité des Six est éventé, on explique le pourquoi du comment avec des indices peu mis en avant auparavant, alors que d’autres assez évidents sont passés sous silence
- on va vite, très vite, trop vite… le whodunit fait son effet, mais en aurait eu encore plus s’il on avait pris un peu plus de temps pour l’amener et c’est un peu la même chose pour les mystères (révélés en bloc lors des rares pauses que fait l’intrique dans des passages explicatifs qui tranchent un peu avec le reste), ou pour l’affiliation de certains protagonistes du roman (grosso modo un qui roule pour qui ? avec les jumeaux Sootar et Loltar, il y avait de quoi faire…)
- la manière dans la ville bascule dans le chaos m’a parut un peu précipitée, mais est-ce du aux contraintes du format choisi ou a de réelles maladresses, je serais bien en peine de trancher…
- on se retrouve pour mieux se perdre (ah ça on meurt souvent dans le roman, et parfois assez salement !)
Le choix de tout montrer par les yeux d’Erine est assumé, mais du coup les autres personnages font un peu léger…

C’est à regret que j’ai conclu l’aventure mais je suis heureux d’avoir découvert l’imaginaire de Marie Pavlenko.
Et pourtant, je suis loin d’être le client idéal pour tout ce qui touche aux ouvrages YA.
L’univers et les personnages sont plein de promesses : on a vraiment envie de les retrouver. D’ailleurs les prophéties du voyant Chiros sont l’un des éléments qui pourraient laisser penser qu’on avait prévu une suite qu’on ne lira sans doute jamais…
C’est bigrement dommage !

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