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Michael A. Stackpole, La Guerre de la Couronne

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White Square Michael A. Stackpole, La Guerre de la Couronne

Message par Oncle Kiin le Ven 22 Fév - 23:21



Résumé : La Guerre de la Couronne, 1 - Forteresse Draconis
Lorsque le jeune Will dérobe aux elfes un étrange objet, il n’imagine pas qu’il sera entraîné dans les filets d’une incroyable prophétie. Peut-être est-il la dernière chance de sauver le monde de la tyrannie de Chytrine, la terrible reine du Nord. Ayant eu vent de son existence, la souveraine envoie à ses trousses ses Lanciers Noirs.
Will doit fuir pour sauver sa vie, mais il n'est pas seul. Ailleurs, d’autres se lèvent contre Chytrine. Comme Alexia, princesse d’une nation disparue, qui, à la tête de son armée, défie les royaumes du Nord, ou les sorciers de Vilwan qui ont créé leur propre héros aux pouvoirs surhumains.
Tous vont converger vers la mystérieuse Forteresse Draconis et tenter d’empêcher Chytrine de reconstituer la Couronne du Dragon, un puissant artefact qui, s’il tombait entre ses mains, garantirait son règne éternel… Et la fin du monde.



Pas le pire bouquin que j'ai lu, mais tout de même une déception. Je m'attendais à un truc très fun, décomplexé, un vrai plaisir de Fantasy tradi, et en fait c'est simplement ennuyeux. Que ce soit bourré de clichés, pourquoi pas, mais au moins de manière plaisante et maîtrisée. Ici, à de rares passages près, ce n'est pas le cas.
Les créatures ne sont pas assez bien décrites, alors que leur apparence devrait être hyper lisible et immédiate, dans un livre de ce genre. Là, au bout de centaines de pages, il y en a encore une bonne moitié dont je n'avais pas vraiment pigé à quoi elles ressemblaient. Par ailleurs, on retrouve beaucoup d'archétypes de fantasy à l'ancienne, ce qui pourrait être assez cool, mais je n'aime pas trop la présentation bâclée qui en est faite. On a l'impression que l'auteur se dit : "c'est bon, vous connaissez, pas besoin de vous faire un dessin" ... ben si, moi je veux qu'on me fasse un dessin ! :)
Et aussi, c'est bête mais je n'aime aucun des noms qu'il a choisi pour nommer toutes ces choses empruntées, je ne les trouve pas élégants, ni évocateurs. Idem pour les noms de lieux, etc. On dirait qu'il a systématiquement été chercher les appellations les plus moches et les plus ridicules possibles.
Tout ça me donne l'impression désagréable que l'auteur n'a pas vraiment d'amour pour ces stéréotypes, sans doute même plutôt du dédain, et on est bien souvent à la frontière de la parodie (le poème d'ouverture, franchement...).

Vraiment dommage, parce que sinon les personnages étaient plutôt sympa (surtout le jeune mage surpuissant mais rondouillard et maladroit, on sent tout de suite qu'il s'agit d'un perso à potentiel).
Et ce monde à la Tolkien, avec en plus un côté "guerre moderne" (les dragons sont carrément des avions de chasse, par exemple), ça aurait pu être tout à fait sympathique, évocateur et bien bourrin à la fois. Quelque chose entre de l'honnête BCF et "La Chute du Faucon Noir". Bref, en théorie, tout ça était bel et bon. Mais en pratique, je trouve que l'auteur n'a pas fait du bon boulot. Du début à la fin, j'ai eu le sentiment qu'il n'y croyait pas lui-même... et je déteste ressentir ça quand je lis un roman.
Même les scènes de batailles sont assez chiantes, finalement, et pas du tout aussi épiques et visuelles qu'on pouvait l'espérer.





Résumé : La Guerre de la Couronne, 2 - La Furie des dragons
Les armées de Chytrine déferlent. Vivants et morts ravagent royaumes et cités dans leur quête des fragments de la Couronne du Dragon qui, une fois recomposée, rendra l’impératrice invincible.
Face à elle se dresse la belle et audacieuse Alexia, princesse d’Okrannel, entourée de héros inattendus : Résolu, un Vorquelfe exilé décidé à se venger, Kerrigan Reese, un mage doté d’un pouvoir incertain, et enfin, le jeune Will, voleur orphelin des bas-fonds qui pourrait réaliser une ancienne prophétie… ou en être la victime innocente.
Leur seul atout : un fragment vital de la Couronne du Dragon et… tout leur courage ! Mais est-ce assez pour freiner la terrifiante horde surgie des ténèbres ?



Ah ! Comme quoi, j'ai bien raison de ne jamais abandonner une série en cours :)
Certes, les défauts du tome 1 n'ont pas tous disparu, loin de là. Mais on s'y est en quelque sorte accoutumé, et surtout... il y a plein de trucs bien et de passages réussis, dans celui-là :)
Les images évoquées m'ont paru bien plus crédibles et plus belles, j'ai vraiment apprécié le voyage.
Les personnages se développent et s'approfondissent, jusqu'à devenir tout à fait attachants. En fait, de nombreux persos dont on avait pas grand-chose à fiche dans le premier volume prennent de l'ampleur à travers non seulement leur évolution individuelle, mais surtout parce qu'ils forment désormais une communauté d'amis dont les relations sont assez touchantes. Il y a de l'amour, de l'amitié, des sauvetages réciproques, des sacrifices, ça marche assez bien.
Les batailles deviennent enfin épiques et "bien filmées", tenant ainsi la promesse ratée du tome 1. Cette fois, c'est inventif, varié, visuel, et je ne soupirais pas à chaque début de nouvelle bataille, même si j'ai trouvé qu'il y en avait tout de même un peu beaucoup.
Enfin, quelques références rigolotes, et parfois très explicites sous forme de clins d'oeil assumés à Harry Potter, à Star Wars, etc., et bien entendu au Seigneur des Anneaux. Si on aime les easter eggs, il y a de quoi faire...





Résumé : La Guerre de la Couronne, 3 - La Grande Croisade
Will Norrington devait mettre un terme à la tyrannie de Chytrine et libérer le monde.
Mais il aurait trouvé la mort. La nouvelle met le Conseil des Rois en effervescence et sème la discorde. Tandis que des questions s'élèvent à propos de la succession de Will et même de son identité, une seule chose est claire : la division pourrait favoriser la victoire de l'impératrice. Pourtant, les compagnons de Will sont restés fidèles à sa cause et sont prêts à poursuivre la lutte. Parmi eux se trouvent le héros Kerrigan Reese, et Alyx, destinée à prendre la tête d'une puissante armée.
Mais, alors qu'ils dressent leurs plans de bataille, une retentissante trahison - et une surprenante révélation - pourrait changer le cours des événements.



J’avais commencé à bien y croire avec le tome 2, et j’ai entamé ce troisième volume avec le meilleur a priori, mais je dois avouer que le niveau baisse à nouveau.
Beaucoup trop de considérations stratégiques, à n’en plus finir... C’est au moins deux chapitres sur trois de blablas préparatifs concernant la guerre ou les alliances, et des blablas assez souvent redondants par-dessus le marché. Difficile de ne pas s’ennuyer, surtout quand on s’aperçoit que ce n’est pas juste au début, mais que ça semble parti pour durer tout le bouquin.
L’histoire d’amour principale, que j’avais trouvée mignonne dans le volume précédent, devient mièvre et niaise n’en-jetez-plus. Et la communauté amicale que formaient les différents héros est souvent dispersée, certains sont morts, etc., si bien que nous n’avons plus vraiment ce truc-là non plus, ce côté équipe de compagnons contre l’adversité, qui m’avait bien accroché.
Du coup, il devient à nouveau plus difficile de pardonner les nombreuses incohérences de l’intrigue, les trucs débiles, les noms foireux et le manque de souffle général.
Bien dommage, tout ça... surtout en considérant les espoirs suscités le tome précédent.
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White Square Re: Michael A. Stackpole, La Guerre de la Couronne

Message par Derfel le Ven 22 Fév - 23:58

Stackpole, bien des gens doivent accrocher car les premières de couverture sont plutôt bien réussies.

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White Square Michael Stackpole, La Guerre de la Couronne

Message par Albéric le Sam 23 Fév - 20:03

Sacré post Oncle Kiin... Moi qui lorgnais dessus (ah les jolies couvertures), ils vont attendre !


Dernière édition par Albéric le Dim 24 Mar - 22:01, édité 1 fois

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White Square Re: Michael A. Stackpole, La Guerre de la Couronne

Message par Albéric le Sam 25 Mai - 17:40

Concernant la Forteresse Draconis :

L’univers : c’est très Donjons & Dragons.
L’histoire : c’est très Big Commercial Fantasy.
Les personnages : ils n’ont vraiment aucune profondeur et ont peine à se les imaginer.
On a vraiment l’impression d’être dans un blockbuster hollywodien : on veut en mettre plein les mirettes avec des combats et des explosions mais comme l’histoire est basique et les personnages creux cela reste moyen.

Autant le dire de suite, les 100 à 200 premières pages sont catastrophiques : tous les clichés de la BCF sont là.
Dès les premiers chapitres, on balance tout ce qu’il faut savoir sur le héros orphelin élu et guidé par une prophétie qui va devoir vaincre le grand méchant millénaire de retour pour jouer des mauvais tours (et ce à l’aide de l’artefact ultime perdu qui peut sauver le monde ou le mener à sa perte).
Je ne sais pas si on repompe Tolkien ou Jordan qui repompait Tolkien mais dans tous les cas c’est très mauvais.
(on retrouve Mon Précieux, le sosie d’Aragorn, l’ersatz de Legolas, un faux Fondcombe, des sous Nazgûls…)
Le pire étant qu’on peut checker tous les trucs ridicules en fantasy dénoncés par la satire de Boulet :
http://www.bouletcorp.com/blog/2010/05/21/fantasy/

De plus le worlbuilding est assez foireux alors que l’auteur est un vieux routard des novélisations :
- les baragouineurs, les vylens (= les vilains ?), les griffeglaces, les temeryx, les dragonettes, les pankis, les gyrkymes, les sprithas… au bout de 700 pages faute de description impossible de savoir à quoi cela ressemble tout ce barnum de high fantasy
(Encore que les gyrkymes sont mieux lotis : on peut hésiter entre Hawkgirl et les hommes-oiseaux de Michael Moorcock…)
- l’auteur essaye de faire sérieux avec des chapitres où on parle géopolitique et géostratégie mais au bout de 700 pages faute de description impossible de comprendre les enjeux des intrigues et de localiser tout ce foutoir
- non seulement on a l’impression d’avoir vu l’intégralité des personnages ailleurs, mais en plus ils n’ont pas de consistance, le pire étant le héros au nom ridicule qu’on balade de lieu en lieu sans aucune vraisemblance.
On lui explique qu’il est vachement important et qu’il va sauver le monde, mais il ne sert à rien en fait.


Cela s’améliore bien par la suite avec la princesse guerrière et le mage ultime issu de The Big Bang Theory.
On sent un potentiel certain avec certaines scènes (les batailles sont très réussis lorgnant du côté de Glen Cook ou de Paul Kearney, les conspirations draconiques ressemblent à celle de Pierre Pevel, les intrigues de court lorgne sur celles de G. R. R. Martin), mais on balance trop de trucs en pas assez de pages car on insiste lourdement sur certains points avec un déluge d’informations et d’explications qu’on peine à assimiler, puis on passe à autre chose et c’est noyé dans une tonne de trucs maladroits ou dispensables.
Car dès que la mayonnaise prend, l’auteur nous balance un gros cliché, un nom débile, un OMG ou un WTF !
Rien n’est amené correctement, rien n’est exploité correctement car tout cela est mal réfléchit en amont.
Des incohérences de fond, des lourdeurs de forme, des noms foireux : difficile de s’immerger dans le récit…
C’est rythmé par moult ellipses qui sont autant de hiatus, mais c’est pour sauter de scènes d’action en scènes d’action… ou de scènes d’explications en scènes d’explication pour rattraper les incohérences.

Pourtant, tout n’est pas à jeter loin sans faut : l’auteur a travaillé sur AD&D, Shadowrun, Battletech…
- les sullcanciri (décalque des Asservis de Glen Cook) amènent un côté horrifique intéressant
- les dragons larguant des tonneaux de napalm amènent un côté moderne aux batailles
- le concept des meckanshiis et des dragonels amènent un côté ironpunk intéressant
- le général shaman métisse Adrogans est un perso intéressant
Mais au lieu de développer ces éléments on lorgne lourdement sur le SdA, Star Wars et Harry Potter
Spoiler:
Oui le héros est le fils de Dark Vador et le petit-fils de Palpatine… C’est très original comme vous le voyez.
Luke s’appelle Willburforce, Anakim s’appelle Bosleigh :
on l’aurait fait exprès, on n’aurait pas faire pire !

Et c’est dommage car le potentiel était là malgré tout, mais c’est vraiment mal inspiré et mal construit.
Riarya qui a été conçu pour les adolescents dyslexiques est mieux troussé que cela, c’est vous dire !
C’est un genre de fantasy construit comme l’industrie du comic sur un marché de renouvellement : c’est initialement fun, frais et séduisant, mais rapidement ennuyant quand on en connaît toutes les ficelles… Mais comme les lecteurs adolescents sont censés passer à autre chose, on ne se donne pas la peine d’aller plus loin que de coller aux modes et attentes du moment (d’où ici l’introduction fantasy à capuche qui ne sert à rien).

Je suis sévère car ici on suit les techniques des ateliers d’écriture et les impératifs du cahier des charges.
Et on plus on use et abuse à plusieurs occasions des easters eggs balourds et du fanservice maladroit.
Mais inutile de rager : ce n’est ni meilleur ni pire que le reste de la Big Commercial Fantasy.
En dépité de l’hétérogénéité, les pages défilent car cela se lit bien et il y a quelques bons passages malgré tout.
Ce cycle peut constituer une alternative très intéressante aux 11 000 pages du mégacycle La Roue du Temps.
Au final je dirais que c’est un peu meilleur que les Chroniques de Krondor, car c’est bien rempli et bien rythmé, mais est-ce vraiment méritoire quant on sait que Raymond E. Feist a commencé sa saga il y a 30 ans ?
Si le déjà vu voire l’archi-vu ne vous rebute pas, amis néophytes et easy readers à la recherche d’un truc très classique, n’hésitez pas… Dans le cas contraire passez votre chemin car ce cycle n’a rien d’incontournable.

Reste que le véritable problème c’est que la même catégorie, on trouve bien mieux chez d’autres auteurs.
On se demande par quels mystères ces derniers sont placés en dessous d’un cycle noté 15/20 par ten.nikable…


Dernière édition par Albéric le Mar 17 Déc - 20:04, édité 1 fois

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White Square Re: Michael A. Stackpole, La Guerre de la Couronne

Message par Albéric le Ven 21 Juin - 21:31

Pour vous donnez une idée du désastre des noms dans ce cycle, voici quelques exemples :
- les asservis Kree’chux, Malarkex, Neskaru, Nefrai-kesh, Nefrai-laysh, Frexigo, Ganagrei…
- les grands mages Vulrasian de Croquellyn et Carok-Corax Ryss
- le grand méchant millénaire Chrytine (crétine ?)
On frôle la parodie d'un Space Opera old school !

C'est vraiment dommage car cela tire clairement l'ensemble vers le bas.

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